Nintendo Switch

Xenoblade Chronicles 3

Test Switch

Xenoblade Chronicles 3

Par ggvanrom - Le 26/07 à 15:00

Après une preview basée sur le premier chapitre du jeu qui nous a laissé une très bonne impression, l’heure est venue de plonger plus en profondeur dans l’aventure de Xenoblade Chronicles 3. De l’action, de belles mises en scène, de l’émotion, il y en aura pour tous les goûts dans ce test qui s'annonce très dense.

Test réalisé sur une partie finie en 96h en mode normal, avec encore pas mal de quêtes annexes à réaliser.

Afin de préserver la surprise de la découverte, ce test ne comprendra aucun spoil concernant l'intrigue du jeu une fois passé le prologue. Merci d'en faire de même dans les commentaires !



Vivre pour tuer ou être tué

L’histoire de ce Xenoblade Chronicles 3 se déroule dans le monde mystérieux d’Aionios, où les nations de Keves et Agnus se livrent une guerre sans fin. Contrairement à nous, ces êtres humains dépendent de leur Ferronis, une machine gigantesque sur laquelle est apposé un Cadran Vital qui doit constamment être rempli. Dans le cas contraire, cela entraîne la mort de tous les soldats liés au Cadran Vital. Pour éviter cela, il n’existe qu’une seule solution, faire la guerre à la nation adverse afin de récolter les âmes nécessaires à remplir le fameux cadran et continuer à exister. Chaque humain est « créé » par les reines des deux nations, et commence dès sa naissance (à un âge déjà avancé) à s’entraîner à guerroyer avec comme objectif d’apporter gloire et honneur à sa colonie, et enfin, au bout de 10 années de service, retourner au château où il est né pour mettre un terme à sa vie durant la cérémonie du Grand Retour. En bref, une vie créée pour mourir prématurément au front, ou pour survivre 10 ans avant de fatalement périr une fois sa marque acquise à la naissance définitivement effacée.

C’est dans ce contexte que nous commençons l’aventure dans l’une des colonies de Keves, en compagnie de Noah, Lanz, Eunie et le Nopon Riku. Appartenant à la même colonie, les amis et alliés posent les bases de fonctionnement de cet univers. Lanz endosse le rôle de protecteur, Eunie soigne les alliés sur le front, Riku sert de soutien technique et répare les armes, quant à Noah, il endosse le rôle de passeur d’âme. Lorsqu’un soldat est tué, il ne disparaît pas comme un humain lambda, la tradition dit que son âme reste piégée sur place, attendant qu’un passeur d’âme vienne jouer de la flûte pour la guider « à la maison ». Si les deux nations semblent prendre ce mode de vie comme quelque chose de normal, en se vouant une haine mutuelle, Noah quant à lui s’interroge sur la nature de ce conflit et pourquoi la guerre perdure autant dans le temps.

Alors que Noah et ses compagnons étaient en pause à leur campement, une étrange information est remontée au commandant de la colonie. Une mystérieuse source d’énergie a été détectée dans une zone neutre, ainsi que la présence de personnes ne semblant appartenir à aucune des deux nations. Désireux de faire l’acquisition de cette source d’énergie, Noah est embarqué avec ses compagnons direction cette fameuse source d’énergie. Hélas pour eux, la nation d’Agnus a également pris connaissance de cette anomalie, et décide d’y envoyer également ses troupes. Le conflit entre les deux nations est alors inévitable.

Durant l’affrontement, Noah Lanz, Eunie et Riku se retrouvent isolés de leur groupe à proximité de la fameuse source d’énergie. C’est là qu’ils entreront en affrontement avec 3 membres de la nation adverse : Mio, Taion et Sena, accompagnés de la Nopon Manana. Alors que leur affrontement allait les conduire vers une fin dramatique, l’homme en charge de la mystérieuse source d’énergie met fin au combat entre les deux groupes en leur demandant pourquoi ils se battent et s'ils savent au fond qui est leur véritable ennemi. Alors que les deux groupes acceptent de baisser les armes et de parlementer, l’homme mystérieux est réduit au silence par une créature appartenant à la race des Moebius. S’en prenant aux membres des deux nations, l’homme mystérieux tente un ultime coup de Poker et active la source d’énergie qu’il transportait. Ceci a pour effet de transformer Noah, ses compagnons ainsi que leurs adversaires en Ouroboros, des personnes affranchies de leur Cadran Vital, et dotées de multiples pouvoirs dont l’interlien qui permet de fusionner deux êtres en une nouvelle entité durant un temps limité.

Grâce à ce nouveau pouvoir, nos compagnons réussissent à se débarrasser du Moebius, mais ce dernier les met en garde en les déclarant dorénavant ennemis du Monde. Face à ce nouveau statut nos compagnons d’infortune se retrouvent complètement perdus suite à l’acquisition de leurs pouvoirs, et sont également pris en chasse par leurs anciennes colonies respectives. N’ayant d’autres choix que de s’allier pour survivre, les Ouroboros de Keves et d’Agnus vont alors faire équipe pour tenter de comprendre les mystères autour de cette guerre éternelle, l’apparition des Moebius, et ces fameux humains n’appartenant a aucune des deux nations connues et semblant pouvoir vivre beaucoup plus longtemps que nos héros. Pour cela, ils vont suivre les dernières volontés de leur sauveur dénommé Guernica, et se rendre vers La Marche de l’Epée, une zone d'Aionios dominée par une immense épée plantée dans le sol.



Rendez-vous en Terrain Connu

La formule de Xenoblade Chronicles 3 ne déroge pas à ce que l’on a pu connaître avec les précédents épisodes. Le monde d’Aionios est composé de gigantesques zones ouvertes où la faune et la flore sont extrêmement denses, et en lieu et place de villages, nous aurons le plaisir de découvrir diverses colonies appartenant aux factions de Keves et d’Agnus. Notre premier objectif dans l'aventure sera de nous déplacer dans les plaines, grottes et autres forêts afin d’atteindre la fameuse Marche de l’Epée. Notre progression sera régulièrement ralentie par diverses cinématiques où les protagonistes apprendront à se connaître, ainsi que diverses situations venant compliquer leur progression comme un obstacle impossible à franchir, ou encore une colonie à proximité qui décide de leur mettre des bâtons dans les roues. Pour expliquer très brièvement, chaque nation possède un château avec une reine, des consuls, et ce sont ces derniers qui donnent des directives aux colonies, soit en se déplaçant directement, soit en communiquant via un dispositif appelé IRIS, dont est équipé chaque soldat des deux nations. L’apparition des Ouroboros est un phénomène pouvant, selon les consuls, déclencher la fin du monde. Ces derniers vont alors utiliser diverses méthodes que nous vous laissons découvrir pour arrêter Noah et ses compagnons, ce qui donnera lieu à de nombreuses batailles contre les Moebius et les colonies suivant les directives des Consuls.

Lors de votre progression dans la quête principale, vous serez régulièrement ralentis pour diverses raisons. Envie d’explorer les lieux, de vous battre contre toute la faune passante pour augmenter votre expérience, collecter des items par centaine, et compléter des dizaines de quêtes annexes. Si nous avons tous un mauvais souvenir des quêtes dites FEDEX dans la licence Xenoblade, il faut avouer que les développeurs de Monolith Soft ont su remanier la formule pour la rendre plus attrayante. Les fameuses quêtes de collecte sont toujours présentes, mais classées dans un menu dédié, non obligatoire, et non invasif. Les « vraies » quêtes annexes confiées par les habitants, ou déclenchées automatiquement en découvrant un lieu ou un personnage clé pourront prendre différentes formes. Chasse de créatures, jeu de piste, découvrir un lieu précis etc. Ces dernières sont, à mon goût, bien moins rébarbatives que lors des opus précédents. Il y aura un peu de collecte obligatoire, mais on est très loin du concept poussif des anciens opus.

Toujours comme les opus précédents, les différents lieux composant ce nouveau monde sont littéralement gigantesques, jouant un peu plus avec la verticalité, et possédant divers lieux secrets. Afin d’éviter que les joueurs ne s’aventurent dans des zones plus tôt que prévu, vous verrez rapidement apparaître des monstres affichant un niveau bien plus élevé que le vôtre, vous faisant comprendre que vous êtes sur le mauvais chemin. Pour nous inciter à explorer ces nouveaux environnements, on gagne toujours des points d’expérience en découvrant de nouveaux lieux, avec un bonus supplémentaire lorsque l’on découvre une zone secrète. Le cycle Jour / Nuit est toujours présent, et après des années d’attente, on peut enfin combattre en étant en train de nager, autant vous dire que les Salmo vont prendre cher dans ces opus !

Véritable petit bijou de technologie, l’Iris permet également à nos personnages d’avoir accès à la topographie des lieux explorés. En affichant la carte via le menu dédié, les lieux principaux peuvent alors faire office de points de téléportation, pratique lorsque vous avez besoin de vous déplacer pour une quête ou pour faire des allers-retours dans les différentes zones pour voir où en est l’intrigue principale, ou dénicher d’éventuelles quêtes annexes signalées alors par un point d’interrogation. Avec des environnements gigantesques, on peut logiquement avoir peur d’avoir au final qu’un simulateur de marche entre chaque mission. Heureusement les équipes de Monolith Soft ont mis en place suffisamment de contenu pour meubler. Comme expliqué plus tôt, certaines zones seront « bloquées » par la présence d’ennemis bien trop forts, ce qui vous incitera à revenir plus tard.

Vous avez aussi des obstacles comme des pentes des cordes ou des lierres grimpants qu’il ne sera pas possible de traverser sans la capacité adéquate (nous y reviendrons). Côté collectibles, nous pourrons dénicher des conteneurs renfermant différents trésors dont des doublons nopons d’or et d’argent faisant office de monnaie alternative pour du contenu supplémentaire. On notera également la présence de nombreuses dépouilles qui vous demanderont de jouer quelques notes de flûtes pour faire transiter leur âme. Ce faisant, vous gagnerez des points d’affinité avec la colonie d’où venaient les soldats, vous permettant d’obtenir des petits bonus comme une vitesse de course plus élevée ou encore une collecte de matériaux de meilleure qualité pour ne citer qu’eux. Enfin, vous pourrez de temps à autre tomber sur des Ferronis désaffectés (d’anciennes bases de colonie) que vous pourrez réactiver grâce à de l’éther récupéré dans la nature pour pouvoir profiter de quelques bonus non-négligeables. 

C’est ma vie, ma bataille

Ce Xenoblade Chronicles 3 garde lui aussi cette vision de Tetsuya Takahashi à vouloir transposer ce style de jeu MMORPG dans un RPG solo plus classique. Si les bases sont sensiblement identiques au fil des épisodes, cet opus a tout de même bénéficié de quelques réajustements. Nos 6 héros seront ainsi jouables extrêmement tôt dans le jeu, et combattront de manière simultanée dans chaque combat. Mieux, ils pourront également être rejoints par un 7ème compagnon également appelé héros, que vous rencontrerez au fil de votre aventure. Une fois le combat déclenché, on retrouve une interface se voulant une fusion des épisodes 1 et 2. Quand nous avons l’arme dégainée et que nous sommes suffisamment proches d’un ennemi, le personnage que nous contrôlons (modifiable à loisir durant et en-dehors des combats) effectuera une auto-attaque contre l’adversaire ciblé. Mais le plus intéressant concerne les arts. Du côté des soldats de Keves, les arts, assignés aux touches B, X, Y sont représentés par des cercles, et se chargent peu à peu avec le temps. Du côté d’Agnus, ces mêmes arts sont représentés par la forme de losanges qui se remplissent après chaque auto-attaque réussie. Les arts peuvent être de type offensif ou de soutien, et ils peuvent avoir des effets supplémentaires comme octroyer un coup critique à un ennemi qui lance un art, ou le déséquilibrer en tapant sur son flanc. Un art signature est également disponible en appuyant sur A. Cette jauge spéciale se remplie uniquement sous certaines conditions (les attaquants en spammant les attaques, les soigneurs en soignant, les défenseurs en accumulant l’hostilité des ennemis sur eux).

Au fur et à mesure de votre progression, les combats vont gagner en intensité. En tant qu’Ouroboros, les héros vont ainsi débloquer de nouvelles techniques de combats qui seront assignées aux touches Haut, Gauche et Bas de la croix directionnelle. Par la même, il vous sera ainsi possible de fusionner des arts de chaque côté de l’interface une fois ceux-ci chargés pour déclencher des attaques beaucoup plus efficaces. Un appui sur la touche droite vous permettra de créer un interlien avec votre compagnon pour vous transformer en une entité beaucoup plus puissante. Causant de sérieux ravages dans les rangs adverses, cette transformation est limitée dans le temps, et la faire surchauffer entraînera alors quelques secondes d’attente avant de pouvoir réutiliser la technique. Côté statuts, il existe toujours les habituels combos d’états à savoir Déséquilibre / Chute / Hébétude / Projection / Commotion. Si vous avez les bons arts sous la main, un combat peut être fini de manière très expéditive. A force d’enchaîner les attaques, vous remplirez également la jauge d’enchaînement à activer avec +. Vous devrez alors sélectionner une attaque spéciale parmi 3 choix, et tenter d’atteindre au moins 100 points pour la déclencher en attaquant tour à tour avec vos compagnons, et continuer le processus jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de compagnons disponibles.

Si vous pensiez en avoir terminé avec les bases que nenni, on va également passer dans du plus technique avec les feintes d’arts. Si vous déclenchez un art juste après une auto-attaque avec un bon timing, vous aurez la possibilité de faire une feinte d’art, ce qui rendra la technique déclenchée plus puissante. Mais ce n’est pas tout, il sera aussi possible de faire des feintes d’arts sur un autre art, et ces mêmes feintes seront également utilisables lorsque vous êtes "interliés". Enfin, vous remarquerez dès le début du jeu des cercles lumineux au sol ainsi que des lignes de couleurs reliant ennemis et alliés entre eux. Le rôle des défenseurs est de défendre les attaquants et les soigneurs grâce à leur champ de protection, il faudra alors prendre grand soin de rester à proximité d’un défenseur si vous utilisez une des classes citées ci-dessus. Enfin, les lignes de liaison indiquent tout simplement quel personnage est ciblé par l’ennemi. Une ligne bleue signifie que c’est un défenseur qui est ciblé. Une ligne rouge que c’est un attaquant ou un soigneur, et que s'il ne va pas se mettre à l’abri derrière un défenseur, il risque rapidement de passer un sale quart d’heure.

Présenté tel quel, je peux comprendre que le cumul de toutes ces informations a de quoi donner le tournis, mais je vous rassure, les spécificités arrivent petit à petit, vous laissant ainsi le temps de bien apprendre les bases. Et si besoin, un mode entraînement ainsi que tous les tutoriels sont disponibles dans le menu du jeu. Les seuls reproches que l’on pourrait impacter aux combats, c’est la difficulté de lisibilité quand il y a trop d’ennemi au combat, et le fait que changer d’ennemi ciblé avec les gâchettes L et R ne soient pas toujours intuitif (des fois on veut passer sur l’ennemi situé à gauche de celui qu’on vise, à la place la console va cibler un ennemi tout au fond du champ de vision qui ne combat même pas). Et pour réussir à contenter un maximum de monde, le jeu embarque 3 modes de difficulté différents pour profiter pleinement de l’aventure.

Au niveau des monstres, ces derniers ont également eu un petit chamboulement dans leur classification. Nous avons désormais les ennemis normaux, d’élite (légèrement plus puissants), uniques (nom personnalisé, meilleures récompenses et vrai challenge), ainsi que les ennemis fortunés du même acabit que les classiques, mais faisant tomber de meilleures récompenses. Si nous pourrons retrouver des figures bien connues de l’univers Xenoblade comme les Lapix, Volfs et autres Ramphas, nous auront la joie de découvrir d'autres espèces, Nous terminerons avec quelques spécificités des combats : désormais, en cas de héros KO, il suffira à un soigneur de se déplacer jusqu’à la cible à réanimer.

Des Ouroboros qui ont la Classe

Présentés comme les ennemis naturels des Moebius, les Ouroboros présentent différentes particularités qui sont fort utiles en combat. Premièrement leur statut les fait s’affranchir des contraintes du Cadran Vital de leur colonie. On a déjà vu précédemment que 2 Ouroboros peuvent "s'interlier" mais ils peuvent également partager leurs classes entre eux ! Parmi les 3 catégories citées plus tôt (attaquant, défenseur, soigneur) il existe une multitude de classes. Epéiste, Zéphyr, Artilleur Soigneur, Tacticien, Gardien Lourd, et Ogre seront d’ailleurs les toutes premières à votre disposition. Rapidement nos héros vont voir qu’ils peuvent s’échanger leurs classes entre eux, adaptant leur tenue de combat ainsi que leurs armes. Bien que chaque héros ait une prédisposition pour un type de classe, il est tout à fait possible de changer un attaquant en soigneur, un soigneur en défenseur etc. La seule différence se sentira au niveau de la capacité à maîtriser les classes. Comme dans un MMORPG, chaque classe peut avoir jusqu’à 20 niveaux de rang (10 de base et 10 bonus). Monter de niveau dans une classe vous permettra d’apprendre des compétences qui seront des bonus supplémentaires (comme un boost de stat), et surtout des arts maîtres qui, une fois la classe maitrisée, pourront être utilisés même lorsque vous n’utilisez pas ladite classe (via les fameuses commandes assignées aux touches directionnelles).

Pour monter de classe, il faut tout simplement cumuler des PC ou Point de Classe en combattant les ennemis, ou alors en utilisant des nopons d’argent si vous souhaitez gagner du temps. Plus un personnage a d’affinité avec la classe sélectionnée, plus il montera rapidement son niveau de maîtrise. Il est ainsi extrêmement intéressant pour les capacités et les compétences d’apprendre à maîtriser un maximum de classe, ce qui va vous faire de longues heures de farm au programme. Avec 23 classes recensées à l’heure où j’écris ces lignes, il y a du pain sur la planche. D’autant plus que les classes ne sont pas non plus disponibles d’office pour chaque personnage. En général, un personnage possède une classe, et les autres doivent combattre aux côtés de ce personnage pour pouvoir enfin avoir la possibilité d’équiper cette classe à leur tour. 

Côté équipement, exit les armes et autres pièces d’armures à revêtir de la tête aux pieds. Désormais vous pourrez seulement vous équiper de 1 à 3 accessoires et de 1 à 3 gemmes en fonction de votre niveau. L'arme quant à elle est unique. Cela peut paraître dommageable, mais il faut avouer que ne plus à avoir à passer des heures dans le menu équipement, ça a du bon. Il est en revanche dommage que quand on passe d’une classe à une autre des objets et gemmes soient tout simplement déséquipés, nous forçant à remettre diverses manipulations. Gros point faible de ce Xenoblade Chronicles 3 également, la gestion des objets. On ne va pas se mentir, naviguer dans les accessoires est une véritable plaie. Ayant accumulé des centaines d’accessoires, je passe désormais par l’optimisation d’équipement automatique pour ne pas à avoir à passer des heures dans le menu à faire défiler les objets. Pour le coup nous avons vraiment un gros souci d’ergonomie concernant les objets cumulés.

On terminera enfin avec le menu Interlien qui nous permet de voir nos 3 personnages spéciaux. On peut alors choisir les arts à équiper, et surtout accéder à leur Arbre d’Âme où il est possible de leur apprendre diverses techniques et capacités passives contre des PA. Là encore vous aurez de longues heures de jeu devant vous pour tout débloquer. Enfin, une touche purement cosmétique vous permet si vous le souhaitez d’utiliser toujours la même tenue en apparence même si vous changez plusieurs fois de classe. Bien que totalement gadget, il faut avouer que c’est un petit plus qui fait toujours plaisir.

Mon Commandant ce Héros

Comme expliqué plus tôt, Il y a un total de 23 classes à débloquer dans le jeu. Nos héros commençant avec 6 classes au total, comment faisons-nous pour débloquer les autres ? Au fur et à mesure de votre progression, vous ferez la rencontre de plusieurs colonies et de leurs commandants. Si la plupart se montreront hostiles à cause de votre statut d’Ouroboros, vous arriverez rapidement à sympathiser avec les colonies et leur commandant. Vous débloquerez ainsi un sociogramme de la colonie qui vous permettra de voir les liens entre chaque habitant, mais vous aurez surtout la possibilité de déclencher des Quêtes de Héros qui vous permettront d’enrôler les Commandants (et autres personnages annexes) en tant que Héros. Il s’agit du fameux septième compagnon qui peut vous accompagner lors de vos pérégrinations, changeable à loisir via le menu héros dédié. Là où ça devient plus intéressant, c’est que ces fameux héros vont alors faire un Don de Classe à l’un de vos personnages principaux une fois ceux-ci enrôlés. Il ne tiendra alors qu’à vous de dénicher toutes les quêtes annexes pour trouver ces fameux héros, ce qui signifie la plupart du temps filer à la recherche des colonies de chaque région. A noter que certains héros seront débloqués au fil de l’aventure principale, étant donné que certains vous apprennent aussi des techniques de déplacement impératives pour progresser.

En ayant scellé une amitié avec une colonie, vous pourrez également accomplir diverses quêtes annexes pour les aider à se développer. Elles seront soit déclenchées automatiquement, soit à débusquer via des bulles de dialogues jaunes qui apparaîtront un peu partout dans le monde lorsque des PNJ discutent entre eux. Une fois les informations récoltées, il sera possible de filer dans un campement ou bien dans la cuisine d’un camp pour « faire le point » et débloquer des quêtes annexes. N’ayant pas eu l’occasion d’en parler jusque-là, petit topo rapide sur les campements. Trouvables dans la nature ou dans les colonies, les campements sont extrêmement utiles. Ils nous permettent de créer des gemmes, de nettoyer nos vêtements (purement cosmétique), de gagner des niveaux en dépendant de l’XP bonus récoltés durant nos voyages, et de faire cuisiner des plats à Manana qui nous octroient des effets temporaires. A noter que pour apprendre de nouvelles recettes, il faudra que vous alliez manger dans les différentes cantines que vous croiserez en jeu.

Pour terminer avec les héros et les classes apprises, vous remarquerez très rapidement que ces dernières sont bloquées au niveau 10, alors qu’elles peuvent aller jusqu’à 20 si on en croit leur descriptif. Pour accéder à cette seconde moitié de palier, il vous faudra une nouvelle fois tendre l’oreille (ou plutôt l’œil) à la recherche des bulles jaunes et des fameux points d’interrogation, et revenir régulièrement dans les différentes colonies pour tenter de dénicher de nouvelles quêtes de héros qui renforceront un peu le lore du jeu, et qui une fois terminées vous permettront enfin de faire sauter ce fameux barrage. Ce n’est pas impératif, mais certains bonus valent clairement le détour.

Un univers profondément émouvant

Présenté par Tetsuya Takahashi comme l’épisode censé réunir les épisodes 1 et 2 vers un nouveau futur, tout en promettant une aventure accessible à tous, ce Xenoblade Chronicles 3 partait avec un challenge de taille à relever. Satisfaire à la fois les fans de la licence tout comme les néophytes. Comme expliqué en préambule, je ne m’attarderai pas à détailler l’intrigue tant cette dernière mérite amplement qu’on la découvre par ses propres moyens. Sans trop en divulguer, sachez seulement que des clins d’œil aux précédents opus existent, ils feront plaisir aux fans de la licence, mais ne pas les voir en tant que néophyte n’entachera pas le plaisir de faire cette aventure. Côté scénario on se retrouve une nouvelle fois sur quelque chose de vraiment plus mature, nous faisant oublier ce côté « bon-enfant » et fan-service de Xenoblade Chronicles 2. Nous dirigeons ici un groupe qui était composé d’ennemis « naturels », mais qui après avoir effleuré une des vérités du monde se met à tout remettre en question. La mort, l’absurdité de la guerre, le côté éphémère de la vie, le destin… Enormément de pensées philosophiques vont s’entrechoquer durant l’aventure et amener nos héros à murir et à regarder le monde d’une nouvelle façon.

Passeurs d’âme oblige, le voyage de nos compagnons sera régulièrement marqué par des morceaux de flûtes joués par Noah et Mio afin de guider les âmes des disparus. Bien que la Nintendo Switch ait des limitations techniques que n’ont pas ses consœurs la PS5, le PC et la Xbox Series, force est de constater qu’avec une bonne mise en scène et des pistes musicales percutantes, le jeu va avoir de quoi vous faire lâcher une larme ou deux durant le long de votre aventure, et pas seulement des larmes de tristesse. Après tout, la réflexion des personnages, et la réflexion de soi est une marque de fabrique estampillée Tetsuya Takahashi.

Du côté des personnages, on a là encore de très bonnes surprises. Si l’on aurait pu avoir de l’attachement pour seulement quelques héros du groupe, chacun a son histoire qui reste très intéressante à découvrir et un développement qui fait que l’on s’attache à tout ce petit groupe. Mention spéciale d’ailleurs pour les Nopons Riku et Manana. Dieu sait que les Nopons n’ont pas la cote chez certains joueurs, mais pour cet opus je les aie trouvé à la fois sérieux et attachants. Mio et le fait qu’elle soit dans sa 10ème période, Taion, le tacticien de génie qui cache une blessure de son enfance, Lanz et Sena qui derrière leur côté brut cachent une grande fragilité. Le tout couplé aux différents personnages que nous allons rencontrer, on à là un univers d’une grande variété et extrêmement intéressant à regarder se développer.

Quid de la technique ?

Qui dit gigantisme des décors dit fatalement beaucoup d’éléments à afficher. Si les épisodes 1 et 2 de Xenoblade réussissaient à se débrouiller pas trop mal niveau résolution et framerate en mode salon, c’est bien au niveau du mode portable que cela commençait à piquer. Résolution dynamique qui chutait à une vitesse vertigineuse, de gros ralentissements lorsque beaucoup d’éléments étaient affichés à l’écran etc. Pour cet épisode, avec 6 ou 7 héros en simultané et des effets lumineux qui spamment de partout, on pouvait légitimement s’attendre au pire.

Et bien contre toute attente ce n’est pas aussi catastrophique que ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Graphiquement on est sur du cel-shading comme proposé pour le second opus. Le chara-design des personnages est tout à fait correct, les effets de lumière plutôt jolis et l’ensemble tourne de manière parfaitement fluide que ce soit en mode salon ou en mode portable. Côté portable on revanche on retrouve une nouvelle fois ce framerate moins important, et une a tendance à « flouter » les personnages quand la caméra recule. On peut aussi avoir quelques effets de scintillement, ou des jeux de lumière qui viennent donner une sensation désagréable, mais rien de bien méchant une nouvelle fois. Etant un gros joueur portable, je suis surtout rassuré de ne pas avoir rencontré de ralentissement en traversant la première grosse zone du jeu, voire une résolution en 240p en mode portable comme on a pu avoir dans la première ville de Xenoblade Chronicles 2. Ce qui est sûr en revanche, c’est que beaucoup d’efforts ont été faits sur la mise en scène lors des cinématiques.



Retrouvez le barème des notes des tests de Nintendo-Master 

9
Que dire de plus si ce n'est que Xenoblade Chronicles 3 est le RPG de cet été 2022 tout supports confondus. Réussissant le pari de proposer une histoire accessible et prenante aussi bien aux fans qu'aux néophytes, les thématiques abordées sont une nouvelle fois profondes et intéressantes, tout en étant sublimées par la direction artistique du titre et le développement de ses personnages. Si l'on apprécie la mise à jour effectuée au niveau des combats et des quêtes annexes, le titre pêche une fois encore avec l'ergonomie de ses menus liés à la gestion des objets. Hormis ce petit point noir et certains ennemis faisant office de sacs à PV, Xenoblade Chronicles 3 a tout ce qu'il faut pour satisfaire les amateurs de RPG.

  • Un univers profond et mature
  • On s'attache très rapidement à nos compagnons
  • Jusqu'à 7 combattants en simultané pour les combats...
  • Un gameplay très riche en combat
  • Aionios qui est une "fusion" des mondes des deux premiers opus (X étant exclu)
  • De nombreuses quêtes annexes et secrets à découvrir
  • Les quêtes de collectibles remaniées et moins invasives
  • On se plait à voir évoluer les différentes colonies
  • Des mises en scène puissantes
  • Certaines cinématiques sont riches, émotionnellement et qualitativement parlant
  • Une bande-son qui sublime les moments les plus marquants du jeu
  • On peut enfin combattre en nageant !
  • La gestion des objets est une plaie
  • Pas d'armes et d'armures à acheter, on aime ou on déteste
  • ...ce qui peut donner lieu à des soucis de lisibilité lors des combats