Nintendo Switch

Return to Monkey Island

Test Switch

Return to Monkey Island

Par rifraff - Le 28/09 à 09:30

Si vous jouez depuis l’âge de Pong, comme certains membres de la rédaction- et ne me regardez pas comme ça, vous avez forcément connu les grandes heures du point’n click, ces jeux d’aventure se jouant principalement à la souris et vous demandant de cliquer un peu partout sur l’écran à la recherche d’éléments diverses pour résoudre des énigmes. Parmi ces jeux, Les Voyageurs du temps, King Quest, Leisure Suit Larry, Indiana Jones and the Fate of Atlantis, Day of Tentacle ou encore The Secret of Monkey Island ; des titres qui aujourd’hui encore font briller des petites étoiles dans les yeux des joueurs les ayant découvert à l’époque de leur sortie (enfin, c’est ce qu’on raconte- faudrait leur demander pour être sûr.)

Retour vers l'aventure

Ainsi même si le genre point’n click n’est plus aussi populaire qu’auparavant, cela n’en reste pas moins un véritable évènement que de découvrir un nouvel opus de la série Monkey Island, plus de 30 ans après la sortie initiale du premier opus. Un événement d’autant plus grand que la licence revient avec une partie de l'équipe originale dont Ron Gilbert, le papa de la licence et Dave grossman, le co-scénariste des premiers jeux.

L'armée des six singes

Officiellement, il existe cinq épisodes de Monkey Island (six avec celui-là) :  The Secret of Monkey Island sorti en 1990, Monkey Island 2: LeChuck's Revenge sorti l’année suivante, The Curse of Monkey Island sorti en 1997, Escape from Monkey Island sortie en 2000 puis Tales of Monkey Island sorti sous formes d’épisodes en 2009 (notamment sur WiiWare.) Cependant, Ron Gilbert ayant quitté LucasArts en 1992, il n’a participé qu’aux deux premiers et n’a jamais vraiment adoubé les suivants qui n’entrent pas dans sa vision de la licence.

Mémoire de singe

Ron Gilbert a d’ailleurs toujours considéré Monkey Island comme une trilogie inachevée, faisant fi des autres opus- ce qui n'est, entre parenthèse, pas très sympa mais bon. Ce Retour est donc la suite directe de Monkey Island 2: LeChuck's Revenge et fait office de conclusion. Les trois épisodes développés sans Ron Gilbert, ne sont cependant pas totalement occultés puisqu’on en trouve quelques traces (et même quelques piques…) dans l’album qui résume (un peu vite) la licence aux moussaillons (et aux vieux loups de mer qui auraient la mémoire qui flanche- trente ans, tout de même...) C'est peu mais en même temps, cela montre qu'il n'y a pas grand chose à savoir pour apprécier pleinement ce retour.

Doux, dur et dingue 3

Return to Monkey Island nous ramène donc dans les caraïbes au temps ou les pirates faisaient la loi. On retrouve les lieux mais aussi les personnages des deux premiers opus à commencer par son héros, Guybrush Threepwood. On retrouve aussi l’intrépide Elaine et bien sûr, le grand méchant, LeChuck, le pirate zombie. Le temps ayant passé, le jeu opte (après une petite aventure faisant office de tutoriel) pour une narration intelligente. En effet, à la manière du film Princess Bride de Rob Reiner (que l’on vous conseille au passage- un classique des mêmes années que Monkey Island) Guybrush Threepwood plus âgé et devenu papa, se décide enfin à raconter à son fils (et aux joueurs), la véritable fin de l’histoire du secret de l’île aux singes ! On apprend alors que des années après les évènements de l'opus 2, frustré de n'avoir pas découvert le fameux secret, Guybrush est retourné sur l’île de Mêlée bien décidé à changer la fin de l'histoire. Cependant, l'île n'était plus vraiment ce qu'elle était, contrôlée alors par d’inquiétants pirates... Pour couronner le tout, LeChuck aussi était de retour, bien décidé lui aussi à percer le secret de l’île aux singes…

Dance Monkey Island

Comme les jeux originaux, Return to Monkey Island est un jeu d’aventure en « point’n click ». Le joueur dirige un personnage dans des environnements fixes dont certains éléments sont interactifs : entrée d’un bâtiment, prospectus à lire, pierre à ramasser, personnage à questionner… Les interactions sont classiques et évidentes. Et on les avise facilement grâce à un petit cercle discret qui distingue chaque possibilité en surimpression sur l’image.  Lorsqu’on joue avec une manette, on passe d’une interaction possible à l’autre avec les gâchettes L et R ou simplement en plaçant son personnage devant. Parfois, pour un objet par exemple, il y a plusieurs choix correspondant à des boutons différents. C'est assez instinctif et bien plus simple que le système original à base de verbes. Cependant, il faut reconnaître que parfois, on galère (un peu) à choisir le bon élément à l'écran, surtout lorsqu’il y a beaucoup d’interactions possibles... Mais globalement, le système marche plutôt bien et on prend vite le coup. Il y a bien quelques petits ratés mais rien de bien grave. A l'arrivée, le gameplay est étonnamment fluide pour un point'n click et mine de rien, les développeurs ont donné un vrai coup de jeune au genre qui devrait faire date. Evidemment, en mode portable, l'écran tactile est activé et tout peut se jouer avec le doigt, soit en le tapotant soit en le faisant glisser. C'est parfois pratique mais honnêtement, avec les boutons, ça marche très bien.  En mode portable, cependant on pourra varier et mélanger notre façon de jouer, tactile ou classique en fonction des situations.

Rêve de vieux singe

Pour éviter que l’on s’éparpille, le jeu est découpé (sans que l’on s’en rende vraiment compte) en différents petits arcs qui ont chacun une liste de tâches à accomplir. On peut malgré tout, très souvent s’en détacher et suivre d’autres chemins même si forcément pour progresser dans l’histoire, certaines tâches sont obligatoires. Dans Monkey Island, le game over n'existe pas et le jeu n'est pas punitif. On avance, quoiqu'on fasse.  Pour autant, il y a des petites énigmes qui peuvent parfois nous faire tourner en rond- mais pas longtemps. Pour les marins d'eau douce, une aide est disponible grâce à un livre qui vous indique ou il faut se rendre pour obtenir telle ou telle chose. Le jeu propose dès le départ un mode Facile et un mode Difficile sachant que le mode Difficile propose l'expérience complète avec des énigmes bien plus tarabiscotées et une durée de vie en conséquence. Notez qu'il faut choisir son mode lors de sa première partie; l'expérience étant différente d'un mode à l'autre, il ne sera pas possible de changer par la suite.

Les aventuriers du texte perdu

Comme dans les jeux précédents, les dialogues sont très importants dans Return to Monkey Island et il est donc impératif d’aimer lire un tant soit peu (et même tout simplement de savoir lire.) Les dialogues sont à choix multiples même si souvent, ces choix sont illusoires (mais pas tout le temps) et certains dialogues des impasses. Cependant, l’écriture du jeu est de très haute tenue. Contrairement à d’autres jeux d’aventures textuelles, ou on finit par cliquer sur tout mécaniquement, on prend véritablement plaisir à lire les dialogues qui sont toujours bourrés d’humour, un humour fin et irrésistible, typique de Monkey Island. Le plaisir est d‘autant plus grand que les dialogues sont aussi parlés- en anglais. On retrouve d’ailleurs toutes les voix originales (exceptée celle de LeChuck) et il est clair que les acteurs (anciens comme nouveaux) ont pris un vrai plaisir à interpréter leurs personnages et ce plaisir est communicatif.  La bande son est un des points forts du jeu. Outre le doublage, la musique qui s’adapte en fonction des situations (et composée par l'équipe d'origine, Peter McConnell, Michael Land et Clint Bajakian) est tout simplement épique et participe à (re)créer une ambiance pleine de mystères et d’aventures.

C'est beau une île, la nuit

Il ne faut d’ailleurs pas longtemps pour se retrouver embarquer dans l’aventure, emporté par l’histoire, les voix, la musique et la réalisation du jeu. Contrairement à l’épisode WiiWare Tales of Monkey Island ou au remakes, les développeurs ont préféré opter pour une représentation graphique audacieuse mêlant personnages stylisés en 2D et décors en vraie-fausse 3D. C’est vraiment très réussi, à la fois très respectueux du matériel d’origine et totalement nouveau. Le directeur artistique Rex Crowle (Knights & Bikes, Tearaway) a fait un travail fabuleux. Visuellement, le jeu ressemble à un dessin animé avec des personnages extravagants et bariolés, des environnements mystérieux et magiques et une réalisation dynamique. On en prend vraiment plein les yeux. Notez que la qualité du rendu de l'image est mise d'office sur "moyen" et qu'avant de commencer à jouer, vous serez bien inspiré de la mettre sur "élevé" pour mieux apprécier les graphismes du jeu aussi bien en mode télé qu'en mode portable. On apprécie d'ailleurs la possibilité de grossir ou de réduire le texte des dialogues et des actions pour s'adapter aux différents écrans et à la vue des joueurs (sans parler de leurs doigts !)

The Monkey (Island) King

Return to Monkey Island est un pur bonheur de gamer qui plaira avant tout aux fans mais pas seulement. Le jeu bénéficie d’une réalisation hors pair et d’une écriture comme on n'en voit que trop rarement. On prend véritablement plaisir à arpenter les environnements à la recherche du moindre indice pour résoudre des énigmes certes classiques mais toujours stimulantes et amusantes (surtout en mode "Difficile") Sans s'en rendre compte, les heures défilent (entre 7 et 10 selon le mode et votre façon de jouer) et on suit les aventures de Guybrush  comme dans un film interactif délirant, impatient de découvrir enfin le secret de l'île au singe. Mais au fait, existe-t-il vraiment ce secret ? Tout ce que l'on peut vous dire, c'est qu'à la fin, on n'est pas déçu du voyage.

Retrouvez le barème des notes des tests de Nintendo-Master 

 

9
Il aura fallu attendre trente ans pour découvrir enfin le secret de l'île aux singes mais l'attente en valait la peine. Hommage autant que relecture moderne d'un genre que l'on pensait à jamais perdu, Return to Monkey Island est une ode à l'aventure, bourrée d'humour et de surprises. Un jeu comme on n'en fait plus et comme on en veut plus, à conseiller sans modération aux marins d'eau douce comme aux vieux pirates !

  • Réalisation impeccable
  • Bande son spectaculaire
  • Dialogues et apartés à mourir de rire
  • Une aventure pleine de surprises
  • Un point'n click modernisé
  • Une conclusion mémorable
  • Quelques légers ratés dans le gameplay
  • J'ai mal aux doigts...
  • Et à la mâchoire (j'ai trop ri)
  • Je cherche des points négatifs, c'est fatiguant
  • Comment ont-ils fait pour rater Les Anneaux de Pouvoir ?