Nintendo Switch

Eiyuden Chronicle: Rising

Test Switch

Eiyuden Chronicle: Rising

Par Thatgunman - Le 10/05 à 09:00

Après une campagne Kickstarter réussie et quelques années à patienter Rabbit and Bear Studios nous délivre une partie du projet Eiyuden Chronicle, avec la sortie de Eiyuden Chronicle: Rising. Chapeauté par l’un des créateurs de Suikoden, Yoshitaka Murayama et développé par Natsume-Atari, cet action-RPG fait office de préquel à Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes.

Un univers captivant

Eiyuden Chronicle: Rising raconte les péripéties de CJ, “fouilleuse” professionnelle ayant été mise à l’épreuve par les siens afin de prouver sa valeur. Elle va donc tenter de surpasser les exploits de son père, en trouvant une lentille runique, un objet aux propriétés magiques. C'est dans cette optique que New Nevaeh, village accueillant de nombreux explorateurs, attire son attention. Dans ce village, dévasté par de multiples tremblements de terre, elle fera la connaissance d’Isha, la maire suppléante et de Garoo, un kangourou mercenaire (après l’écureuil de Suikoden II et le canard de Suikoden III, rien de bien choquant). La fouille du village est de ses alentours occasionneront des intéractions avec les villageois et les autres explorateurs, ainsi que la réparation du village et de ses commerces, pour lui redonner son lustre d’antan.

L’univers de Eiyuden Chronicle: Rising est terriblement charmant. Même si une dizaine de personnages ont une réelle importance dans l’intrigue, ces derniers ont un charisme et un background suffisant pour porter à eux seuls le scénario. Le souci majeur vient de la localisation, fleurant bon la traduction automatique, avec ses vouvoiements hasardeux et ses tournures de phrases étranges, qui ne rendent pas hommage au soin apporté à l’univers du jeu. Le jeu étant très verbeux, il faudra supporter ces nombreux égarements tout du long. On se consolera en appréciant les magnifiques décors, et ce magnifique éclairage crépusculaire qui nous accompagne pendant tout le jeu. Même les sprites affichent une qualité satisfaisante, à un point où il va parfois être difficile de remarquer qu’il s’agit de pixel-art. Les couleurs sont sobres, avec un immense nuancier qui rappelle les plus beaux jours des RPG pendant les années 90. Les animations, sont dans le même registre que les mouvements des marionnettes, avec un rendu finalement peu convaincant car trop académiques, reproduisant mal l'effet souhaité.

L'esprit d'équipe

Quant au gameplay, il est on ne peut plus simple: un bouton pour le saut et un autre pour attaquer avec l’un des personnages dans l’équipe. Cette dernière fonctionnalité est essentiellement utilisée pour franchir certains obstacles ou battre certains boss, mais confère des propriétés offensives très intéressantes lors de l’exploration des niveaux. CJ envoie des attaques rapides au corps-à-corps et peut s’accrocher à une paroi pour l’escalader, Garoo, beaucoup plus lourd, peut détruire de gigantesque rochers, et renvoyer des projectiles avec son épée, et enfin Isha est capable d’envoyer des projectiles sur les ennemis et de se téléporter. Les combats consisteront à enchaîner les attaques en changeant de personnage au bon moment. Si contre les ennemis basiques, la technique du bourrinage est une excellente option, les boss demanderont un peu plus de patience, car le seul moyen de leur infliger des dégâts sera de trouver leur point faible. Ce système de combat, bien que simple, fait l’affaire et ne lasse pas. 

Une chasse aux ressources redondantes

L’exploration prend une dimension très importante, puisque l’avancée est contrainte à la réalisation de quêtes plutôt rébarbatives, qui demanderont au joueur de collecter certaines ressources dans un niveau, puis d'aller les remettre à un PNJ. Des allers-retours sont à prévoir, surtout lors des premières heures de jeu, qui seront fastidieuses de par leur répétitivité. Fort heureusement, la suite est beaucoup plus enthousiasmante avec la diversification des environnements à visiter. Eiyuden Chronicle se contente des thèmes classiques du jeu vidéo, avec sa forêt, sa mine, ses ruines, son volcan et sa montagne enneigée, mais parvient à garder l’attention du joueur en insérant de sympathiques saynètes brisant un début de monotonie. La progression est fluide, dépourvue de périodes de farming et le niveau de difficulté n’est pas très élevé. L’équipement, les compétences et l’expérience s’accumulent sans trop de problèmes, requérant juste de bien passer un certain nombre de fois récupérer les ressources d’un niveau. 

En tant que spin-off du futur Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes, Eiyuden Chronicle: Rising offre un contenu plus que correct, mais pas exceptionnel. Si l’univers est charmant et les dialogues amusants, on peut se demander si le jeu n’a pas cherché à être plus long que ce qu’il aurait dû être. L’impression de piétiner les premières heures et les longues phases de dialogues viennent légèrement entacher le tableau. L’intrigue avance laborieusement, parsemant le trajet d’embûches et de quêtes Fedex inintéressantes. 


 

6.5
Servant de mise en bouche à une toute nouvelle série, Eiyuden Chronicle: Rising enthousiasme sur les qualités scénaristiques grâce à un panel de personnage attrayant. En ce qui concerne le gameplay, le constat est beaucoup plus mitigé, avec certes un bon système de combat, mais aussi beaucoup de longueurs. Que les personnes intéressées par la suite spirituelle de Suikoden se rassurent, ces défauts ne gâchent pas totalement l’expérience, et les développeurs ont pensé à récompenser les joueurs persévérant en incluant des bonus déblocables dans Eiyuden Chronicle: Hundred Heroes avec leur sauvegarde de Eiyuden Chronicle: Rising.

  • Des personnages charismatiques
  • Un système de combat plutôt accrocheur
  • La qualité du scénario, digne de la réputation de ses créateurs
  • Le pixel-art jouant sur les nuances de couleur
  • Textes traduit en français...
  • ... mais parsemés de coquilles
  • Début de jeu très lent
  • Les quêtes qui se résument à livrer des ressources