Nintendo Switch 2

Resident Evil Requiem

Test Switch 2

Resident Evil Requiem

Par rifraff - Il y a 4 heures

Depuis 1996, la sortie d’un nouvel Resident Evil est toujours un événement, même si ces dernières années cet événement ne concernait pas les consoles Nintendo. Quel belle nouvelle de retrouver le neuvième opus de la saga, Resident Evil Requiem sur Nintendo Switch 2, le même jour que sur les consoles concurrentes.  Mais ce nouvel opus est-il a la hauteur de sa prestigieuse licence et la console de Nintendo lui fait-elle honneur ? Réponse dans notre test complet garanti sans spoiler.

Test réalisé à partir d’une version du jeu remis en avance par l’éditeur

La Mélodie du cauchemar

Au commencement, Resident Evil Requiem nous met dans la peau de Grace Ashcroft, une jeune analyste du FBI un peu gauche qui se retrouve embringuée dans une sale histoire lorsqu’elle doit se rendre dans un vieil hôtel abandonné pour y enquêter sur un meurtre sordide... Une mission difficile qui fait ressurgir des fantômes du passé car c’est précisément dans cet hôtel que la mère de Grace a trouvé la mort sous ses yeux quelques années auparavant...

Resident Evil Requiem est un jeu que je qualifierai de train fantôme grand-guignolesque rempli de monstres, de zombies et de créatures cauchemardesques. C’est un jeu qui file les jetons et qui ne vous laissera pas respirer. Les situations critiques et parfois absurdement monstrueuses s’enchaînent de façon frénétique et par moment, on se demande vraiment comment on va pouvoir se sortir de situations qui semblent inextricables. On sait qu’on doit avancer, qu’on n'a pas le choix mais très souvent, on n'a qu’une envie : se mettre en position fœtale sur le sol en appelant sa maman.

Pour être honnête, cependant, au départ, j’ai eu un peu de mal à enclencher ma suspension d’incrédulité. Une jeune femme frêle et mal assurée, contrainte par sa hiérarchie d’aller enquêter, seule, dans un hôtel délabré flippant ou elle a vécu plus jeune un drame épouvantable, ça ne semble pas vraiment logique. C’est un petit détail mais cela dénote d’un problème d’écriture qu’on retrouve à d’autres moments dans le jeu et qui tranche avec son côté très cinématographique. On aurait pu, par exemple, avoir un personnage tout aussi fragile mais qui décide de lui-même, contre l’avis de sa hiérarchie, d’aller enquêter dans l’hôtel pour affronter son passé, et littéralement, ses démons.

Le bal des zombies

Alors certes, on est dans un jeu vidéo, et plus précisément dans un Resident Evil ou, régulièrement on trouve des herbes dans des placards ou encore des portes fermés par des clés étranges ou des mécanismes à code sophistiqué. Donc, bon, la logique, c’est avant tout celle du jeu mais comme on est plongé dans un univers qui se veut, malgré tout très réaliste, avec une foule de petits détails et des personnages très humanisés, il est dommage que certains pivots de l’histoire ne soient que des prétextes à enclencher des séquences horrifiques.

Il n’empêche, très souvent, on se croirait vraiment dans un film et il y a d’ailleurs des tas de séquences ou l’on est spectateur avec des cinématiques très bien réalisées qui généralement lancent les séquences de gameplay et en favorisent l’immersion.  A ce niveau-là, le jeu assure un maximum. Les développeurs ont véritablement soigné la réalisation, les environnements et l’ambiance de leur jeu. Les décors fourmillent de petits détails visuels les rendant crédibles et « vivants » avec de beaux effets d’ombre et de lumière.

Complainte en sous sol

Alors, attention, la majorité des éléments des décors sont fixes. N’espérez pas renverser des tables ou écarter des rideaux, si ce n’est pas prévu. Les décors sont des décors. Les éléments interactifs sont signalés par des petits cercles qui permettent d’aviser les points d’intérêt dans chaque lieu : tiroir, poignée de porte, interrupteur ou note accrochée sur un mur. On reste dans du classique mais ultra efficace. Idem pour les décors qui sont très "resident-evilesque" et ne surprendront donc pas les habitués de la saga car on n'aurait clairement pu les retrouver dans d'autres opus. Pour autant, ils font leur petit effet, et sont très souvent magnifiques. Les personnages ne sont pas en reste avec de très bonnes animations et expressions, en particulier pour les personnages principaux qui sont d’ailleurs très bien incarnés grâce à un excellent doublage, en français, là encore très cinématographique.

D’une manière générale, le travail sur le son est absolument fabuleux. Le tumulte de la ville qu’on entend au loin, des voix ou des sons plus ou moins forts en fonction de l’endroit d’où ils proviennent, la pluie qui s’écrase contre les fenêtres, le bruit d’un casier en fer qui grince, des lattes de bois qui craquent ou des éclats de verre qui se brisent sous nos pas... Rien n’a été laissé au hasard pour favoriser l’immersion et créer l’angoisse et les frissons en particulier en jouant avec les silences. Il n'y a d’ailleurs quasiment pas de musique si ce n’est à certains moments pour faire monter la tension.

Sur Nintendo Switch 2, le jeu en met plein la vue (et les oreilles). C’est une indéniable réussite. 

Le jeu est magnifique aussi bien en mode télé qu’en mode portable. On voit carrément les pores de la peau des personnages et leur sueur dégoulinante ! Il y a malgré tout de l’aliasing et comparée aux versions PC ou PS5, les personnages ont des cheveux un poil (si j’ose dire) rigides. Les cheveux (et les poils de barbe), c’est toujours un problème dans les jeux vidéo. On note aussi quelques baisses de framerate dans les moments très intenses... Pour autant, rien qui ne gène réellement ou ne trahisse une version au rabais.

Les deux visages de la peur

Resident Evil Requiem nous raconte une histoire à partir de deux points de vue : celui de Grace et celui de Léon, ce qui permet au jeu de proposer différentes phases de gameplay qui s’harmonisent plutôt bien.

Avec Grace, on est dans du survival horror pur jus. Généralement, il s’agit de s’échapper d’un endroit en déambulant dans des couloirs pour y trouver des clés, des indices, des armes qui permettent de progresser. Il vaut mieux parfois être discret et se cacher ou passer sans faire de bruit plutôt que d’aller systématiquement à l’affrontement. Grace peut malgré tout se servir d’arme de tir ou de contact sachant que pour les premières, encore faut-il avoir des munitions pour s’en servir quant aux secondes, elles s’émoussent et au bout d’un moment se cassent. La gestion de son inventaire, qui au départ est très réduit, reste de toute façon primordiale en récupérant les bons objets, en mettant de côté ou en laissant sur place ceux qui peuvent servir plus tard et en combinant ceux qui peuvent être combinés.

Au fil du jeu, il est heureusement possible d’augmenter la place dans son inventaire grâce à des pièces à trouver dans le décor. Ces pièces permettent aussi d’améliorer sa santé ou encore la puissance de ses armes. Il y a aussi tout un système de prélèvement sanguin à collecter et à analyser à travers de mini puzzles permettant d’obtenir des compétences en fabrication diverses... La progression de Grace se fera sinon généralement à base d’énigmes à résoudre, de clés, de notes à lire et de codes à trouver. Bien souvent, il suffira de trouver le bon objet à combiner avec le bon élément comme l’utilisation d’un crayon sur un papier pour révéler le foulage d’un code permettant d’obtenir un autre élément important d’une autre énigme. C’est classique mais, vous l'avez devinez, encore une fois, très efficace. Les énigmes sont bien imbriquées les unes aux autres, et les développeurs ont trouvé des astuces pour scénariser leur découverte et nous empêcher d’obtenir trop vite certains éléments. Par exemple, à un moment précis, un ennemi déplace un chariot qui permet ensuite à Grace d’atteindre un élément inaccessible auparavant ou alors que Grace s’est débarrassé de tous les zombies d’une zone, un autre zombie déboule avec un trousseau de clé...

Avec Léon, l’action est plus intense et offensive. Il s’agit souvent d’affronter des hordes d’infectés qui arrivent de toute part ou des créatures monstrueuses en utilisant bien évidemment des armes de tir qu’il faut là encore, comme d’habitude recharger et alimenter en munitions mais aussi des couteaux et une hachette, par exemple, qu’il ne faut pas oublier d’aiguiser de temps en temps. Léon peut aussi ramasser des armes comme une tronçonneuse par exemple sachant que les « zombies » peuvent faire de même-  les zombies du jeu étant beaucoup plus actifs et certains ayant même des particularités ( à découvrir en jouant...) Dans de nombreux jeux vidéo, il y a souvent une frustration à diriger un héros bien moins agile qu’il ne l’est dans les cinématiques. Ce n’est pas le cas ici grâce à de nombreuses actions de circonstances qu’il faut juste enclencher au bon moment pour voir Léon passer  par dessus un obstacle, envoyer un super coup dévastateur ou pulvériser un crane d’un coup de pied. C’est assez jouissif et les séquences avec Léon sont souvent spectaculaires, là ou celles impliquant Grace sont plus terrifiantes.

On joue alternativement Grace et Léon au gré du scénario, certaines séquences de jeu se déroulant en même temps et se rejoignant même parfois. Chaque personnage a son arc et son dénouement parfois tragique. Le titre du jeu est Requiem et pas "y a d'la joie!"...

Notez que pour chaque personnage, on peut choisir indépendamment de jouer à la première ou à la troisième personne, permettant à chaque joueur de jouer comme il le souhaite. Il y a d’ailleurs de très nombreuses options permettant notamment d’activer une aide à la visée, de se déplacer directement en courant ou encore de limiter les informations à l’écran. Il y a trois modes de difficulté sachant qu’en standard, le jeu est assez équilibré entre montée de stress et d’adrénaline, ce qui n’empêchera pas des morts inopinées et des galères de munitions. C'est vraiment le mode à privilégier pour réelement l'apprécier, se surpasser et faire preuve d'audace et de créativité pour s'en sortir. Pour jouer sans craindre de mourir au premier monstre rencontré, il y a sinon un mode facile qui laisse une assez grande marge de manœuvre pour se sortir de situations délicates- même si ce ne sera pas toujours possible...

Requiem pour un conte

Resident Evil 9 est un jeu savamment construit qui reprend les bases de Resident Evil 4 et lui ajoute des phases d'action pure. Plus on joue, plus le gameplay se complexifie, obligeant à faire des choix stratégiques (et souvent des allers-retours, un poil fatiguant) mais ne vous attendez pas à une révolution. On reste dans du déjà vu mais en plus spectaculaire et monstrueux. C'est vraiment un grand huit (à défaut d'être un grand neuf) ! Si vous aimez avoir peur et sursauter devant votre écran, vous allez être servi. Les développeurs ont fait en sorte de garder une tension constante- à condition bien sûr de ne pas jouer en mode facile. Désormais les zombies ont gardé une part d’humanité, et continuent leur vie d’avant, ils parlent et ils interagissent même parfois entre eux ce qui donne parfois des séquences horriblement savoureuses.

Le jeu est bourré de rebondissements, de jump-scare et de coup de théâtre ébourrifants (parfois, il faut le dire, un peu too-much). En cela, la première partie est forcément la plus intense et mieux vaut éviter les spoilers pour garder intact le plaisir de la découverte. Je ne dis pas que le jeu sera moins bien une fois fait la première fois mais ce sera une expérience différente surtout qu'il y a pas mal de choses à collecter ou à améliorer. Ce n’est de toute façon, forcément plus la même chose lorsqu’on sait ce qui nous attends.

Honnêtement, inutile de vous donner des bribes d’histoires, sachez juste que cela s’enchaînent bien et très vite et que les fans de Resident Evil y reconnaîtront leurs petits... Évidemment, il faut s’attendre à des surprises car plus le jeu avance, plus son intrigue se dévoile avec de nouveaux personnages...

Massacre à la tronçonneuse dans le train fantôme de la mort qui tue

Resident Evil Requiem est une réussite car c'est un jeu généreux qui vous en donnera pour votre argent. Comptez entre 12 et 15 heures de jeu en mode standard selon vos habitudes de jeu, si vous farfouillez partout ou foncez. Il ne transcende pas la formule comme l'avait fait Resident Evil 4 qui reste bien mieux structuré et mis en scène (rien que la séquence de début du jeu dans le village est très supérieure à celle de cet épisode où on se retrouve dans une ville animée mais forcé de suivre un couloir...) Il n'en reste pas moins qu'avoir un tel jeu, le jour de sa sortie, sur Nintendo Switch 2 est plus qu'appréciable. Malgré quelques petits défauts techniques, le jeu assure visuellement et pouvoir y jouer n'importe où, à n'importe quel moment est vraiment génial - dommage juste que la durée de la batterie de la Switch 2 soit si mauvaise (mais ça c'est un autre problème).

 

Retrouvez le barème des notes des tests de Nintendo-Master 

 

8
Resident Evil Requiem est un jeu spectaculairement gore et grand-guignolesque. Ultra rythmé, bourré d'action et de séquences horrifiques, le jeu plaira autant aux nouveaux venus qu'aux fans de longue date à qui le jeu fait pas mal de clin d'oeil. Ce n'est pas la révolution que certains espéraient mais un super train fantôme qui vous fera sursauter et frissonner pendant près de 15 heures de jeu. Sur Nintendo Switch 2, le jeu assure le spectacle, malgré quelques légers défauts techniques.

  • Véritablement horrible et très gore
  • Visuellement magnifique
  • Ultra rythmé
  • Deux gameplays différents bien imbriqués
  • De nombreux éléments à débloquer
  • Des tas d'options de jeux
  • Quelques petits défauts techniques sur Switch 2
  • Un scénario cousu de fil sang
  • Des allers-retours parfois fatiguants