Nintendo Switch 2

Mina the Hollower

Test Switch 2

Mina the Hollower

Par Kosmo56 - Le 27/05 à 16:45

Annoncé il y a un bon moment dans un Nintendo Direct avant de prendre beaucoup, beaucoup de retard, Mina the Hollower arrive enfin entre nos mains. Et pourquoi devrions-nous en avoir quelque chose à faire ? Car ce petit jeu a été développé par Yacht Club Games, l’équipe derrière le génialissime Shovel Knight, un des jeux indés ayant VRAIMENT changé la donne. L’exploit sera-t-il réussi une deuxième fois ?

Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur

Tout ce qu’on aime dans le rétro, mais avec tout le confort moderne
 

L’histoire de Mina semble simple : revenue sur une île où elle a elle-même installé des générateurs d’énergie il y a quelques années, elle retrouve l’endroit en proie au chaos, avec une faction séparatiste, de la corruption qui grignote l’endroit, et ses précieux générateurs éteints. A la demande du gouverneur local, elle part alors les réparer, quitte à traverser toute l’île en long, en large, et en travers. Mais pourquoi elle ? Car Mina est une Muloteuse, une sorte d’ingénieure touchant à de la technologie mystérieuse, et ayant à sa disposition tout un tas d’outils formidables pour survivre en milieu hostile. Et bien entendu, seuls les Muloteurs peuvent réparer les générateurs.



Mina the Hollower se présente comme une jeu d’action en 2D en vue de dessus, à la manière des premiers Zelda, mais plus particulièrement des épisodes Game Boy de la série. Un choix décidément très rétro, mais les connaisseurs sauront toute la richesse de ces jeux. Et c’est sans compter tous les ajouts modernes, car nous sommes quand même sur Switch, pas sur une petit portable arthritique. Ainsi, les zones sont grandes, tous les boutons ont une fonction et vous n’êtes pas forcés de regarder le menu pause pendant des heures, et le level design ainsi que tous les systèmes du jeu sont aussi léchés que l’on pourrait attendre d’un jeu dont on ne peut pas compter les pixels indépendamment.

L’aventure néo-rétro par excellence

Vous devrez donc parcourir plusieurs zones afin d’arriver aux générateurs et les réactiver. Mais ici point de niveaux, ni même de carte du monde, toute l’île est un grand terrain de jeu ou les zones s’enchaînent le plus naturellement du monde. Ainsi, dès le début, vous aurez le choix entre plusieurs générateurs en fonction de votre façon de jouer. Car oui, Si Mina the Hollower propose bien entendu une progression encadrée et qui vous récompensera avec des nouveaux outils, ce sera surtout votre familiarité avec le jeu et ses codes qui vous guidera. Le jeu vous apprendra à un rythme doux ses différentes combines, ou vous pourrez vous creuser la tête pour les trouver par vous même, et ce dès le début, avec un passage tutoriel très bien fichu où seul un retour en arrière déclenchera l’aide d’un PNJ pour vous guider. Vous savez quoi faire ? Alors vous pourrez foncer à travers cette première zone sans souci !

Et ce game design est le gros point fort du jeu. Il ne suffit pas de l’appeler ingénieux, il est véritablement génial. Votre progression n’est presque définie que par votre expérience personnelle et non pas celle donnée par le jeu. Ajoutons à cela quelques conventions modernes appréciées, comme un level-design en spirale, plein de raccourcis vers des endroits déjà visités et permettant un beau confort d’exploration, ou des options de gameplay à déverrouiller en se montrant aventureux, et on a vraiment cette impression d’aventure ou NOUS sommes les héros, et nous résolvons les problèmes selon nos termes, et ce sans perdre en plaisir de jeu, structure ou quoi que ce soit d’autre. Et que dire de la rejouabilité, entre les secrets à découvrir lors d’une deuxième visite, les astuces à échanger avec d’autres joueurs, ou la possibilité de complètement casser une zone quand on sait exactement ce qu’on fait ! Ainsi, rien que la ville principale du jeu est REMPLIE de secrets et de bonus à trouver, la rendant intrigante et vivante, et non pas un bête ensemble d’écrans entre les différents marchands.

Combats et difficulté à la carte

Mina the Hollower ne propose pas simplement une aventure très fun et pleine de mystères. Il propose également des combats dynamiques. Laissé tel quel, le jeu se montre difficile au début, et va véritablement vous demander de penser à vos possibilités, mouvements et équipements. Les boss sont relativement nombreux, et redoutables, leur barre de vie éclipsant la vôtre, et même les ennemis normaux sont retorses. Votre chance ? Votre arsenal d'équiopements, d’armes et de mouvements. Déjà, vous pouvez progresser: chaque ennemi vaincu et "os" récupéré va s'accumuler jusqu'à vous faire passer un "nivos" vous permettant de renforcer vos stats, rappelant le système de Zelda 2. Attention à ne pas les perdre en mourant! Heureusement vous pouvez vous protéger contre cette perte grâce à votre "bluette," une machine qui fonctionnera une fois avant d'être rechargée. Mais vous disposerez également des "colifichets," des équipements vous donnant de nouvelles possibilités de mouvement, de combat, ou vous renforçant. Côté combat, vous avez le choix entre différentes armes principales permanentes et armes secondaires temporaires (pensez Castlevania) pour vous débarrasser des ennemis de plein de façons différentes. A vous de trouver les combinaisons qui vous correspondent: vous voulez des dagues rapides et une arme à distance? Ok. Ou plutôt un gros marteau à charger et un bouclier déployable? Ca marche aussi. En plus de ça, Mina peut s’enterrer pour esquiver et passer derrière l’ennemi, mais aussi sauter, et croyez-le, c’est un gameplay complexe et en trois dimensions, pas seulement deux ! Pour vous soigner, vous devrez frapper les ennemis pour accumuler du Plasma à consommer lors d’une petite animation, donc les combats seront toujours frénétiques, agressifs et tendus, un peu à la manière de Bloodborne.

Ohlala, non, pas Bloodborne et les Dark Souls ! Mais non, ne partez pas, Yacht Club a pensé à ceux qui aiment jouer à des jeux accessibles. Dans les options, vous trouverez d’entrée de jeu toute une palette de modificateurs afin de régler l’expérience à votre guise. Marre de tomber dans les trous ? OK, on vole au-dessus. Les ennemis font trop mal ? OK, ils tapent moins fort. Ou peut-être qu’ils ne font pas assez mal ? Laissez les taper PLUS fort, ou annulez toutes les améliorations de santé, pourquoi pas ? Grâce à cette solution élégante, Mina the Hollower se destine à tous, speedrunners, casual gamers, masochistes ou débutants. Bien que le jeu soit bien équilibré dans sa forme d’origine et vous pousse à vous creuser la tête, vous avez toujours la possibilité de changer les choses, et pas seulement en plus facile. Certains modificateurs sont même carrément bizarres ! En fait, vous pouvez carrément vous créer une expérience personnalisée. C’est sans nul doute une superbe idée, et on espère qu’elle sera reprise plus tard.

Les pixels et le rétro : hommage, flemme, ou outil ?

Il n’y a pas à dire, les graphismes sont peut-être le point le plus contentieux du jeu au premier abord. A l’heure où trop de jeux indés utilisent une esthétique pixelisée simpliste comme excuse pour ne pas trop demander de travail, le choix de Yacht Club de proposer un design respectant en bonne partie les limitations de la Game Boy Color peut intriguer. D’un hommage à un clin d’œil trop appuyé à un gimmick ennuyeux, il n’y a que quelques pas, et nous avons vu Yacht Club proposer de superbes graphismes 16-bit par le passé, bien plus beaux que ceux-ci. Mais non, rassurez-vous, les graphismes faussement rétro sont plein de personnalité et de charme, et tout reste clair. En fait, l’esthétique est si parfaitement maîtrisée qu’on se retrouve souvent à s’émerveiller de ce qui a été réussi en l’utilisant. Il suffit de voir le jeu tourner, vous ne serez certainement pas déçus du voyage.

La bande-son, elle aussi, utilise des sonorités rétro, mais nous savons à quel point Jake Kaufman peut créer des merveilles avec ces sons synthétiques, sans compter qu’il est accompagné du grand Yuzo Koshiro cette fois-ci. Autrement dit, vous allez en prendre plein les oreilles et adorer cette bande-son, c’est certain. En fait, Mina the Hollower est un jeu tout à fait moderne sous son apparence rétro, et n’utilise cet aspect faussement vieillot que pour nous surprendre et nous en mettre plein la vue. Et les oreilles, bien entendu. Et tant qu'on est dans le néo-rétro, le jeu propose même un manuel digital ainsi que de trophées intégrés. De quoi contenter tout le monde. Et oui, une sortie physique est prévue pour bientôt.

 


Retrouvez le barème des notes des tests de Nintendo-Master 

10
Mina the Hollower est un coup de maître, sans aucune doute, le deuxième de la part de Yacht Club Games. Il est la quintessence même du jeu d’aventure 2D et propose un contenu riche, prenant, qualitatif et accessible à tous, avec en plus une rejouabilité incroyable et un habillage délicieusement rétro. Est-il parfait ? Peut-être, peut-être pas, mais il y a une bonne chance que Mina the Hollower crée un nouveau précédent, rehausse la barre, et réussisse à convaincre même les allergiques aux jeux de son genre ou de son apparence. Allez-y les yeux fermés, vous ne serez pas déçus.

  • Un game design tout à fait génial
  • Une rejouabilité incroyable
  • Des combats dynamiques
  • Une aventure prenante et personnalisable
  • Accessible à tous grâce à des modificateurs
  • Une habillage rétro superbe
  • Une traduction française très réussie
  • Enormément de contenu
  • Les graphismes rétro peuvent sembler basiques à première vue. Ils ne le sont vraiment pas!
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