Seb', c'est bien.
Epic Mickey : Avant-première inédite !
On va peut-être me dire " Eh pas bien, ta copie-colle d'un siteWarren Spector, l'homme de tous les défis
Warren Spector a passé sa vie à créer des jeux hors du commun comme Ultima ou Deux Ex, des jeux qui ont marqué à leur façon toute une génération de gamers. Alors quand on a appris que Warren Spector avait été choisi par Disney pour donner un coup de jeune au personnage de Mickey, la réaction fut à la fois celle d'une surprise pure mais aussi celle d'un choix évident.
L'exclusivité mondiale de GameInformer a certes permis d'apprendre beaucoup de choses au sujet d'Epic Mickey, mais cette présentation organisée par Disney nous a permis d'approcher le jeu de nous-mêmes. De loin, certes, mais d'approcher le jeu quand même ! Après une conférence de presse qui sentait un peu la redite par rapport à l'interview diffusée dans GameInformer, nous avons eu la possibilité de voir Warren jouer et parler pendant une vingtaine de minutes.
Parler et jouer de biais est un exercice difficile, même quand on a parcouru le niveau en question des dizaines de fois : c'est donc un Warren dépité de ne pas progresser aussi facilement que depuis son confortable bureau à Austin au Texas ! Mais c'est aussi un fan complet de la souris de Disney que nous avons retrouvé : c'est donc à une Bible Disney ambulante que nous avons pu parler hier soir, Warren étant un grand fan de la société américaine depuis son plus jeune âge.
Epic Disney : un destin... épique !
Un groupe presque secret chez Disney, le Think Tank, est chargé de réfléchir aux grandes évolutions des personnages de l'entreprise pour les années à venir. Et le groupe, composé d'étudiants tous plein d'idées neuves, s'est rendu compte que le personnage de Mickey avait été quelque peu négligé, et ce depuis près d'une quarantaine d'années, tandis que les jeux vidéo avec Mickey, depuis 1993, se sont faits plus rares, et moins bons que Disney l'aurait souhaité pour son personnage fétiche.
Le Think Tank a donc décidé de récupérer Mickey pour le préserver d'une possible dégradation, en attendant de trouver celui qui sera capable de rajeunir un personnage né en 1928, il y a de cela 80 ans. Pour ce groupe, le renouveau de Mickey passe par un projet dans lequel on découvre sa vie bouleversée. En 2005, Warren a eu l'opportunité de présenter un concept de jeu à Disney, dans le cadre de ses nouvelles activités au sein de sa toute nouvelle entreprise, Junction Point. Les exécutifs ont ainsi eu l'occasion de découvrir un homme qui, selon eux, était tout-à-fait à même de mener leur projet de jeu Mickey moderne et ambitieux à terme. Confiants d'avoir trouvé leur homme, ils lui confient leur projet, et Warren demande alors quelques mois de réflexion.
Au bout de ces quelques mois, Warren revient présenter sa vision du projet. Disney s'avoue particulièrement intéressé par la tournure prise par les événements, mais confier la réalisation du projet à Junction Point pose néanmoins une condition : Disney doit racheter Junction Point, un événement auquel Warren Spector est loin d'être prêt. Il décline donc l'offre, et Epic Mickey s'endort donc pour deux longues années. Nous sommes ainsi en 2007, et Disney revient à la charge. Tout compte fait, travailler sur une icône telle Mickey fait partie des opportunités qui ne se refusent pas, et Warren Spector accepte, juste avant la conférence de presse officialisant l'union sacrée entre Disney et Junction Point, de revendre sa société : Junction Point passe sous le giron Disney Interactive Studio, avec pour responsabilité de donner un sérieux coup de jeune au plus emblématique des personnages de Disney.
Un profil psychologique en perpétuelle évolution
Nous avons pu voir la séquence d'introduction du jeu, dans laquelle Mickey se fait kidnapper par le fantôme noir, transporté contre son gré dans un pays inconnu. Une maladresse de Mickey a provoqué un drame dans cette sorte de monde parallèle, et le Fantôme noir entend bien montrer à Mickey ce que sa bêtise a eu pour conséquence. Ce monde parallèle est une sorte de sanctuaire des idées Disney oubliées, dans lequel vont tous les projets non aboutis, toutes les idées non retenues de cette machine à produire du rêve. Dans ce monde, on y trouve notamment le personnage d'Oswald, le lapin qui a permis à Walt Disney de faire ses débuts dans l'animation avant qu'Universal ne le renvoie. Il est intéressant de noter qu'Oswald n'était pas un personnage Disney jusqu'à très récemment, car Universal avait les droits sur ce personnage pourtant animé par les studios Walt Disney. Ah... les contrats ! En 1927, un différend sur la rémunération d'un court métrage fait perdre Oswald à Walt Disney. Il a fallu chercher loin l'existence de ce lapin qui n'est finalement apparu que dans 26 dessins animés, dont douze ont à ce jour disparu. C'est de ce conflit qu'est né Mickey Mouse, Walt Disney ayant eu dès lors besoin d'un nouveau personnage à animer sur grand écran.
Dans ce monde parallèle, Mickey va rapidement découvrir qu'il n'est lui aussi que le fruit d'un coup de crayon - une sacrée prise de conscience pour une souris ! Armé de notre WiiMote, notre mission première sera de peindre ou au contraire d'utiliser des dissolvants pour supprimer le décor environnant. Ces modifications permettent ici de faire apparaître une porte, là de dessiner une plate-forme pour atteindre un endroit sinon inaccessible. La raison de tout cela ? Le comportement que vous voulez donner à votre personnage, parce que n'oublions que nous sommes dans un jeu de Warren Spector, que l'on peut appeler le père de la psychologie vidéoludique : faire le bien ou faire le mal sera donc décisif pour décider du style de Mickey, qui pourra prendre plusieurs états.
Nos choix guideront donc le profil psychologique - et donc physique en raison de la représentation à l'écran du personnage en fonction de son style, de la petite souris malicieuse des débuts au héros des enfants qui nous accueille dans les parcs d'attraction : ces états se traduiront par une représentation graphique différente de Mickey, comme en témoignent ces images :
Cette notion est essentielle dans un jeu qui sera ainsi orienté par notre conduite : Mickey essaiera-t-il d'aider les autres personnages du jeu, agissant en vrai héros ? Ou foncera-t-il droit au but, sans se soucier de son prochain ? Selon Warren Spector, il est même possible de faire le jeu sans jouer à peindre ou dissoudre le décor, ce qui nous fait nous poser une question sur l'utilité finale de cette option. Ne perdons pas de vue le fait que parmi les objectifs assignés à la souris dans chaque niveau figure la libération de petites créatures, les gremlins, enfermées dans des cages. Les aiderons-nous, parfois au péril de notre vie, ou bien les laisserons-nous là ? D'ailleurs, à la fin d'un niveau, notre guide nous demandera si on veut vraiment s'en aller sans avoir secouru tout le monde.
Peignez, c'est gagné !
Le comportement de Mickey aura bien sûr des conséquences sur le jeu : ainsi, les autres personnages auront tendance à se méfier d'un Mickey un peu plus malicieux que héros. De même, sa capacité à effacer le décor sera renforcée. Au contraire, si Mickey est le héros qu'il a toujours été, alors le décor est un peu plus magique, plus heureux en fait, et sa capacité à peindre en sortira renforcée à son tour. L'apathie des personnages pour Mickey permettra d'accéder ou non à certaines zones, certains niveaux, modifiant ainsi parfois profondément notre expérience de jeu.
Pour évoluer dans le jeu, Mickey peut compter sur des dessins, sketches, qui permettront par exemple de ralentir le temps avec une horloge, ou bien de distraire les ennemis avec un poste de télévision. Précisons par ailleurs qu'il n'y a pas qu'une seule façon de régler un problème : nous sommes libres car l'essentiel est de franchir l'obstacle, pas de trouver comment le développeur veut qu'on le franchisse !!! Nous sommes si libres que combattre un boss de fin est optionnel... mais non sans conséquence sur le karma de notre Mickey et non sans avoir compris comment échapper à cette rencontre délicate ! Nous avons pu voir ces sketches à l'oeuvre au cours de la démo, dont la plus grande partie a été consacrée au laboratoire dans lequel Mickey se retrouve au début du jeu :
Warren avait du mal à jouer et parler en même temps. De ce fait, la démo n'a été que partielle sur un niveau dont graphismes ont encore besoin d'un peu de travail de la part des développeurs. Les bordures des plate-formes que l'on peut compléter d'un coup de pinceau apparaissent en couleur vive pour qu'on les repère bien. Il faut néanmoins reconnaître que cette façon de voir le monde merveilleux de Walt Disney a de quoi séduire : tout rappellera quelque chose dans les décors, des dragons aux fenêtres des châteaux, en passant par les personnages que nous croiserons. Donald est l'un d'eux, sous une forme un peu bionique ici qui n'a pas fait l'unanimité dans l'assistance. Pourquoi un Donald bionique ? Tout simplement parce qu'Oswald était malheureux de ne pas avoir d'ami avec qui partager son existence, une situation qui crée une situation de jalousie avec Mickey sur une période de 80 ans. Ca va faire mal le jour où il va falloir crever l'abcès !
Le jeu nous proposera bien entendu un jeu avant tout en 3D, avec des plate-formes que nous pourrons dessiner plus en détail avec notre pinceau, si le coeur nous en dit. Mais le jeu contiendra également des phases en 2D, basées sur des dessins animés des années 1930. Ce respect du travail accompli dans les années 1930 est un sujet sensible chez Junction Point, dans la mesure où il a fallu retranscrire en langage informatique les mouvements de Mickey Mouse. Et il faut reconnaître que le travail accompli est surprenant, comme en témoignèrent les animations diffusées pendant la conférence de presse de Warren Spector.
Un jeu à surveiller de près !
Nous sommes très positifs sur Epic Mickey, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, il ne fait aucun doute que Mickey a besoin d'être repris en main. Ce n'est pas le Noël de Mickey ou Les Trois mousquetaires (2004) qui nous feront dire le contraire. Ce personnage essentiel de l'univers Disney semble comme endormi, et l'aventure imaginée par les équipes de Warren Spector va certainement le réveiller !
D'autre part, Disney ne confierait jamais son personnage principal à n'importe qui. Et l'intérêt de Warren Spector pour Disney ne remonte pas à 2004, mais au contraire à ses plus jeunes années : n'a-t-il pas reçu des actions Disney pour son 18e anniversaire ? Fasciné par l'histoire de Disney, il a très vite su comment intégrer les différents personnages des jeunes années de l'histoire de la Walt Disney Company, avec Oswald le lapin jaloux du succès de Mickey : sans le différend entre Disney et Universal, Oswald serait peut-être aujourd'hui l'emblème de la société. En tout cas, s'il y a bien une personne sur Terre capable de gérer au mieux la modernisation de Mickey, c'est bien Warren Spector !
Par ailleurs, nous sommes curieux de voir comment Disney va réussir là où les autres ont échoué : l'éditeur a beau clamer que le jeu est un jeu pour tous, qu'on soit un enfant de 12 ans ou un fan de Disney de 35 ans, il nous semble que l'aspect psychologique ne peut qu'intéresser une certaine partie de la population de joueurs. L'idée d'avoir un Mickey évolutif en fonction des actions réalisées est certes excellente, mais elle n'est pas nouvelle comme a pu nous le prouver Warren Spector lui-même avec ses précédents jeux vidéo. Faire un jeu simple et accessible avec des mécaniques de gameplay perceptibles des seuls core gamers est un défi fou, pour ne pas dire dangereux, et on espère que tout le monde suivra Warren dans son trip !
Enfin, Epic Mickey est un jeu que Nintendo surveille aussi de près. Disney aimerait beaucoup éviter un choc frontal avec un certain Super Mario Galaxy 2, les deux plus grands personnages imaginaires de tous les temps ne semblent pas prêts à partager le porte-feuille des 56 millions de possesseurs de Wii. Pour Mario et Mickey aux JO, il faudra donc patienter un peu. En attendant, Disney table sur une sortie au cours de l'automne 2010, sans cacher que le jeu sera certainement prêt avant mais en stand-by pour d'évidentes raisons commerciales.
Nous avons hâte d'en savoir plus sur ce jeu, dont la présentation nous laisse quand même un sérieux goût de trop peu : la perpective de jouer avec le personnage de Mickey est réjouissante, et cet Epic Mickey se promet à la fois riche en surprises et surtout particulièrement bien pensé. Cela fait quand même 5 ans qu'ils travaillent la question, chez Disney et Junction Point ! L'utilisation de la peinture et du dissolvant méritera certainement de nouvelles explications dans le futur de la part des développeurs, mais les bases d'un grand jeu vidéo sont posées : Disney nous donne rendez-vous en fin d'année prochaine pour ce jeu exclusif à la Wii. En tout cas, si le succès est au rendez-vous, Warren nous indique qu'il a assez d'idées pour en faire une trilogie : à bon entendeur !
Article PN
Inutile de dire que le projet a pris de l'ampleur, puisque Warren compte en faire une trilogie, ainsi que des BD, et peut-être même un film d'anumation ! D'après certaines rumeurs, des vidéos de gameplay devraient arriver sous peu, patience
Sebastian

