Nintendo Switch

Romancing SaGa -Minstrel Song- Remastered

Test Switch

Romancing SaGa -Minstrel Song- Remastered

Par Lotario - Le 17/01 à 18:00

Romancing Saga est un titre sorti en 2005 sur PS2 qui était lui même une version plus moderne de l’opus original sorti quant à lui sur Super Nintendo en 1992. Cet épisode va vous plonger dans les prémices de ce que fût l’open world (dans une certaine mesure) et surtout la liberté de progression. Toutefois, les ténors du genre d’aujourd’hui sont bien loin de la structure proposée qui ici qui apparaît comme étant peut-être difficile d’accès pour le public actuel.

Inégaux face au danger

Ce qui peut surprendre dès le lancement de la partie, c’est le fait de choisir un des personnages parmi huit disponibles. Cela apparaît comme grisant et on se met à réfléchir avec lequel débuter. Sachant que bien évidemment chaque protagoniste a sa trame bien à lui. Notons dès à présent que malgré le cheminement propre à chacun, tout converge vers la même menace à un moment donné. Une fois le héros sélectionné, vous vous lancez dans son aventure en découvrant la région dans laquelle il vit et le contexte local (Albert fils de noble, Aisha nomade, Claudia chasseuse, etc.). Après une brève introduction, il est temps de prendre en main votre destin. Votre première quête vous attend (ou presque), car il se peut qu’il y ait peu d'indications et qu'il faille un peu y aller à tâtons dès le début.

Et autant le dire de suite, le choix de votre personnage va laisser transparaître dès le début une vilaine inégalité. Certains peuvent débuter seuls face au danger et en ayant comme classe de combat quelque chose de peu recommandable en étant seul face aux monstres. D’autres héros en revanche seront très bien entourés dès le début, ce qui facilite grandement les choses. Fort heureusement, il est possible de faire des rencontres et par la même occasion agrandir votre groupe. Vous pouvez inclure des personnages presque lambda (mais pas forcément inutiles) mais aussi d’autres héros. On peut faire référence non sans mal à Octopath Traveler dans une certaine mesure puisque les héros qui vous rejoignent sont plutôt mis en retrait et n’ont quasiment aucune consistance. Il sera préférable de découvrir la trame propre à chaque personnage.



Old School mais pas que…

Le gameplay quant à lui peut sembler classique, mais révèle en fait des subtilités plus ou moins bienvenues. Il s’agit bien d‘un RPG au tour par tour, jusque-là, tout va bien. Les ennemis sont visibles dans l’environnement, vous pouvez ainsi les éviter s'ils ne vous coursent pas après vous avoir repéré. L’autre point très intéressant est le fait de pouvoir changer de classe et ainsi développer de nouvelles compétences. Malheureusement, d’autres éléments sont moins bien séduisants. Les armes disposent d'une durabilité. Bien qu’elles ne se brisent pas, elles en deviennent inutilisables et il faudra retourner dans une ville afin d‘espérer les réparer. Et c’est là qu'interviennent deux problématiques majeures : l’argent et la perte de temps. Si sur le papier cela donne un aspect jeu de rôle renforcé, en jeu il en est tout autre. Déjà, gagner de l’argent n’est pas chose aisée, alors devoir réparer une arme n’apparaît pas toujours comme une priorité. L’autre déconvenue est en effet la perte de temps puisque vous êtes obligée de faire des allers et retours à cause de cette mécanique (il est parfois difficile de terminer un donjon…).

Concernant la progression des personnages, là aussi, les choix opérés peuvent déstabiliser. Il n’y a pas à proprement parler de niveau et d’expérience. En fin de combat, il se peut qu’un personnage bénéficie d’une amélioration de statistique ou bien de points de vie et ce, de manière aléatoire semble-t-il. C’est par conséquent assez difficile de se projeter dans le grind de ses personnages de cette manière. Pour contrebalancer, le fait d’avoir des classes comme indiqué précédemment permet de se constituer un groupe plutôt équilibré. Outre l’aspect combat, il est important d’explorer, de visiter chaque ville afin d’étoffer son arsenal (essayer de posséder plusieurs armes à cause de la durabilité), de découvrir de nouvelles quêtes et d’acheter des cartes. Encore une fois, présenté ainsi, tout semble merveilleux et donne un sentiment de grande liberté. Or, on a tendance à se perdre et parfois à tourner en rond sans trop savoir où aller. Le manque d’indication peut vite devenir un frein aujourd’hui.

Un coup de vieux

Remasteriser un jeu PS2 (car oui, ce n'est pas un remake) présente un risque de par le fait que la 3D a tendance à très mal vieillir, surtout celle de l’époque. Si les personnages ne s’en sortent pas trop mal grâce à un petit effet lissage en mode cel shading , du moins en apparence, les décors quant à eux ne sont vraiment pas flatteurs. Les couleurs sont parfois fades, les textures très moyennes et le level design est tout de même plutôt limité. Les zones sont en effet très simplistes et au final relativement petites, ce qui casse la grandeur du concept de liberté. Relativisons tout de même, le titre date de 2005, on ne pouvait avoir des cartes telles que The Witcher 3. Malgré tout, le jeu a un certain charme visuel et si le concept prend, on peut y trouver son plaisir sans problème. 

Pour en finir avec les défauts, la caméra est une véritable horreur. Elle est en quelque sorte fixe. Entendez par là que vous n’avez aucun contrôle dessus et qu’elle pivote d’elle-même en fonction de vos mouvements surtout quand vous revenez vers l’écran proche d’un mur ou d’un bout de carte. C’est parfois à s’arracher les cheveux de la tête jusqu’à ce qu’on arrive à la “maîtriser” un tant soit peu. En revanche, les musiques sont très agréables et n’ont pas pris une ride. C’est peut-être le meilleur atout du titre. Il est aussi important de souligner que le titre est entièrement en anglais (c’est dommage de ne pas l’avoir traduit comme d’autres titres…). L’écriture est particulièrement soignée et plaisante, ce qui induit une bonne maîtrise de la langue de Shakespeare. Notons aussi qu'une certaine partie des dialogues sont doublés en anglais.

5.5
Romancing Saga Ministrel Song sait surprendre grâce à sa structure basée sur la liberté du joueur. malgré tout, peut-être était il en avance sur son temps à tel point que ce qui pouvait sembler novateur à l'époque apparaît comme laborieux aujourd'hui. En l'occurrence, la durabilité des armes est un vrai frein à une exploration et une expérience fluides. Fourmillant de défauts, il peut malgré tout plaire à ceux qui sauront s'accrocher à son concept malgré son manque d'indications (n'est ce pas-là la vraie liberté que de tout chercher par soi même ?) On aurait aussi apprécié à minima une traduction française dans le cadre de ce remaster.

  • Un concept de liberté impressionnant pour l'époque...
  • Un chara-design réussi...
  • Le vaste choix des classes...
  • Une jolie bande-son
  • ... Mais qui démontre rapidement ses limites pour un joueur appréciant une progression fluide
  • ... et des décors vraiment peu flatteurs
  • ... Avec un système de progression un peu trop aléatoire
  • Un anglais pas évident à appréhender
  • Oh mon dieu cette caméra !