Nintendo Switch

Persona 5 Strikers

Preview Switch

Persona 5 Strikers

Par ggvanrom - Le 17/01 à 20:00

Un peu plus d’un mois avant la sortie officielle de Persona 5 Strikers, Atlus et SEGA nous ont permis de mettre la main sur ce spin-off se passant 6 mois après les événements de Persona 5 pour nous faire notre première impression. Qu’il s’agisse de retrouvailles ou bien de votre première rencontre avec les Voleurs Fantômes, l’heure est venue de voir ce qu’il se passe lorsque l’on fusionne l’un des meilleurs J-RPG de 2017 avec la formule des Musou chère à Koei Tecmo et Omega Force. It’s Showtime !

Une suite directe adaptée à tous ?

Suite directe de Persona 5, nous suivons les péripéties de Joker, un jeune lycéen ayant monté il y a 6 mois de cela le groupe des Voleurs Fantômes, dont l’occupation était de pénétrer par le biais du Métavers dans les Palais de plusieurs personnages dont les désirs et ambitions ont entraîné crimes et malheurs dans la vie réelle. Ne pouvant rien faire de par leur statut de jeunes lycéens, c’est dans le Métavers qu’ils feront la connaissance de Morgana, un « chat » parlant, et de leur capacité à invoquer des Personae, et surtout à « voler le cœur » des personnes dans leur Palais, provocant une métanoïa leur faisant avouer leurs crimes dans le monde réel. 

6 mois plus tard, notre protagoniste Joker, que vous aurez nommé à votre convenance, décide de revenir à Tokyo lors des vacances d’été pour retrouver ses amis et passer un bon moment ensemble. Alors que le Métavers et les pouvoirs de nos compagnons ne sont plus censés exister depuis la fin des événements de Persona 5, ils découvrent par hasard que des changements de personnalité radicaux ont fait leur apparition chez certains habitants suite à leur rencontre avec la star locale Alice Hiragi. Joyer, Ryugi et Morgana ayant fait sa rencontre, et après avoir accepté son invitation comme amie via l’application EMMA en utilisant un mot-clé, découvrent un univers parallèle semblable aux Métavers et aux Palais qu’ils ont dû visiter par le passé.

Dans cet univers, les ombres des personnes entrées dans la « Prison » d’Alice se font capturer leur Désir, matérialisé sous la forme de gemmes, devenant ainsi de petits toutous à la solde d’Alice Hiragi dans le monde réel, les amenant jusqu’à la ruine ou à couper les ponts avec leur moitié pour lui être entièrement dévoué. Avec leurs Personae de nouveau accessibles dans ce monde, les Voleurs Fantômes décident alors de reprendre du service pour tenter de faire subir une Métanoïa à Alice pour lui faire avouer ses crimes, et redonner les Désirs volés aux ombres de ce monde alternatif. 

Persona 5 Strikers ne prenant presque pas la peine de s’épancher sur l’intrigue de sa préquelle, ni d’introduire en détail l’ensemble des Voleurs Fantômes, leur histoire ou encore leurs Personae, vous comprendrez ainsi aisément que ceux n’ayant pas fait le jeu original paru en 2017 vont se retrouver perdus sur pas mal de dialogues ou de situations faisant référence aux incidents d’il y a 6 mois. Autre point important, Persona 5 Strikers ne prend pas en considération les éléments survenus dans le chapitre supplémentaire rajouté dans Persona 5 Royal. En connaissance de ces éléments, si les joueurs PS4 et PC ont tout le temps de jouer à Persona 5  pour démarrer ce spin-off sur de bonnes bases, ceux qui ont pour unique console une Nintendo Switch se voient alors extrêmement désavantagés dans leur compréhension de l’univers du jeu. Il reste toujours la possibilité de regarder l’animé dénommé Persona 5 The Animation, mais dans les faits il est extrêmement dommage que ce cinquième volet n’ait jamais été porté sur la console hybride de Nintendo.

Un Persona à la sauce Musou, et non l’inverse

À l’inverse de Hyrule Warriors : L’Ère du Fléau sorti il y a quelques mois maintenant, Persona 5 Strikers a gardé en grande partie son identité en tant que « Persona ». On reste devant un jeu extrêmement narratif avec des phases de dialogues en continu pouvant atteindre facilement entre 30 et 45 minutes. Les rues de Tokyo et les « Prisons », remplaçant les Palais de l’opus précédent peuvent être explorées à notre guise, et nous devons une fois encore acheter armes, équipements et soins dans le monde réel pour les utiliser dans ce nouveau monde alternatif. La différence majeure marquant l'implication de Omega Force concerne les combats qui abandonnent la dimension J-RPG pour effectivement avoir un rendu beaucoup plus centré sur l’action avec un nombre important d’ennemis à l’écran.

Concrètement comment cela se présente : lorsque vous vous baladez dans les couloirs d’une Prison, vous avez des Ombres qui montent la garde. Votre objectif est de ne pas vous faire repérer pour ne pas faire grimper votre taux de repérage, et d’entrer en contact de manière furtive avec l’ennemi pour déclencher les combats. Vous voici alors encerclé par une foule d’ennemis, qu’il vous faudra combattre en utilisant Y pour les coups standards, et X pour les coups spéciaux. Seulement une mécanique propre à Persona est encore bien en place dans les combats : les résistances et faiblesses élémentaires. Afin de connaitre ces deux informations concernant vos adversaires, la jeune Futaba effectuera régulièrement un balayage de la zone de combat pour vous faire apparaître les informations à l’écran. Il ne vous restera alors qu’à déployer vos Personae avec la touche R pour ficher le temps, et ainsi déclencher une technique physique qui consommera vos PV, ou une magie élémentaire qui consommera vos PC. Tout comme dans Persona 5, Joker sera le seul de l’équipe à pouvoir posséder plusieurs Personae, et donc Switcher entre les créatures. Vos compagnons quant à eux retrouveront leur Persona attitrée comme Zoro pour Morgana, Carmen pour Ann etc.

Ainsi, même les simples combats contre des ennemis standards deviendront rapidement compliqués si vous ne maîtrisez pas le principe de force et faiblesse, valable pour les ennemis, mais aussi pour vos alliés, sans compter les différents sorts de buff et de débuff qui peuvent très vite causer des ravages dans les deux rangs. En plus des attaques standards et des Personae, vous aurez aussi la possibilité d’utiliser des armes à feu à munition limitées, et vous aurez bien sûr la possibilité de verrouiller une cible ainsi qu’un bouton d’esquive. Même si la difficulté est réglable avec 3 modes différents, les premiers combats de semi-boss risquent de vous faire criser, certains pouvant vous avoir en 1 ou 2 coups si vous êtes mal préparé. Heureusement, chaque combat remporté vous permettra d’engranger XP et Yens.

Il est à noter que la dimension « infiltration » est toujours présente dans le jeu. Chaque Palais dispose d’un niveau de sécurité, plus vous serez repéré, et plus la jauge grimpera, amenant ainsi un tas d’inconvénients comme l’apparition de monstres plus forts. Il vous faudra alors user du sprint fantôme pour vous déplacer rapidement sur divers éléments du décor en toute discrétion, et réaliser des embuscades pour éliminer vos ennemis. Les différents éléments du décor peuvent également être utilisés comme arme secondaire pour causer des dommages importants. Enfin, si le jeu principal nous demandait de finir les Palais dans un temps donné sous peine de Game Over, vous pouvez ici sortir et rentrer dans les Prisons autant de fois que vous voulez pour vous restaurer, sans craindre un éventuel compteur de temps. Les jours défileront automatiquement lors de votre progression dans l’histoire.

À l’exception de Kasumi issue de Persona 5 Royal, nous retrouvons dès le début de l’aventure nos 8 Voleurs Fantômes ayant chacun des armes, Personae et compétences différentes, à savoir Joker, Ryuji, Morgana, Ann, Yusuke, Makoto, Haru et Futaba. Concernant Futaba, elle fera une fois encore office de navigatrice et ne participera pas directement au combat. Lors de cette preview, nous avons également pu faire la connaissance de Sophia, une intelligence Artificielle autoproclamée « amie de l’humanité » découverte dans un container par Joker. Cette dernière se révélera extrêmement attachante de par sa « méconnaissance » des émotions humaines, et sera très utile pour permettre aux héros de se ravitailler en équipement alors que les boutiques du jeu précédent sont fermées pour cause de vacance d’été, ou encore sur le champs de bataille armée de ses deux yo-yo.

Des liens toujours aussi puissants

Impossible d’évoquer un jeu Persona sans avoir le droit à une visite dans la Velvet Room (ou Chambre de Velours dans la VF), ce lieu mystique accessible uniquement par notre protagoniste. Si Igor est d’habitude celui qui nous y accueille, il a également pris congé dans cet épisode, nous laissant avec Lavenza comme seule interlocutrice. D’une importance capitale, la Velvet Room est le lieu ou nous pouvons améliorer les Personae de Joker en montant leur niveau grâce à des points récoltés, ou alors en les sacrifiant pour faire naître une créature plus puissante. Attention cependant, le niveau de la créature invoquée ne peut pas être supérieur à celui de Joker. Si la guillotine servant de mise en scène pour la fusion des Personae a été remplacée par une vierge de fer, je n’ai pas encore pu voir en 7 heures de jeu si d’autres options de fusion étaient disponibles comme la fusion de groupe, ou encore la fusion ratée, donnant lieu à un résultat inattendu.

Persona 5 permettait également aux joueurs de créer des liens plus ou moins forts avec les autres membres de l’équipe ou des PNJ, permettant ainsi d’accéder à des capacités passives ou encore à des bonus statistiques extrêmement pratiques en combat. Dans Persona 5 Strikers, cette fonctionnalité a été remplacée par une barre de Lien. Chaque interaction fait monter cette barre qui à chaque niveau passé vous donne un nombre de points plus ou moins important. Ces points sont à utiliser dans le menu Lien afin de débloquer de nouvelles capacités comme un boost de statistique, un meilleur taux de drop lors des combats, ou alors l’activation de capacités lors des combats. Il ne tiendra qu’à vous de choisir judicieusement comment dispatcher vos points.

Quid de l’aspect technique ?

Avant toute chose, il est bon de rappeler que Persona 5 Strikers ne sortira officiellement que le 23 février 2020, ce qui laisse encore plus d’un mois aux développeurs de sortir un ou plusieurs patchs en fonction des différentes remontées des testeurs. Ce qui est donc indiqué dans ces lignes peut éventuellement être amené à être modifié ou amélioré d’ici là. Au niveau de l’habillage, on est content de retrouver la palette de couleurs qui faisait déjà le charme en 2017 de Persona 5, même si le style graphique et le manque de finition étaient décriés par de nombreuses personnes sur PS4. Ce Persona 5 Strikers reprend ainsi le même habillage graphique pour le plus grand bonheur des fans, incluant au passage une traduction française des dialogues, des bulles de textes de la foule ambiante, ou encore une traduction complète des menus dynamiques dont Atlus a le secret.

Côté audio, il est également agréable de retrouver l’ensemble du cast officiel ayant travaillé sur Persona 5, avec un doublage anglais de très bonne facture comme pratiquement à chaque fois chez Atlus. Mais les puristes seront également ravis de retrouver le doublage japonais dans les menus. Allant du personnage de Joker doublé par Jun Fukuyama (VO) et Xander Mobus (VA) jusqu’à Futaba, doublée par Aoi Yuuki (VO) et Erica Lindbeck (VA), le CV des comédiens de doublage reste de très bonne facture et ils ont déjà eu de nombreux rôles dans différents animés et jeux vidéo. Les musiques du jeu orignal sont elles aussi bien présentes dans ce spin-off, que ce soit leur version instrumentales ou encore chantées, donnant toujours autant de pep’s à l’action en cours.

Pour en revenir plus spécialement sur la version Nintendo Switch, 2 points négatifs sont hélas à déplorer. Si l’ensemble des cinématiques reste de très bonne facture que ce soit en mode portable ou salon, le jeu souffre d’un aliasing constant plus ou moins prononcé suivant que vous soyez en mode portable ou en mode salon. Les temps de chargement quant à eux déjà peu rapides sur le téléviseur risquent de vous frustrer en mode portable, notamment lorsque vous quittez la Velvet Room. Nous terminerons avec un problème englobant toutes les versions du jeu : l'encombrement de l'écran. Il n'est effectivement pas rare de se retrouver perdu dans l'action entre le nombre important d'ennemis, le gros encart "Requête" en haut à droite, les fiches d'informations sur les stats des ennemis qui apparaissent de temps en temps, et les bulles de dialogues entre personnages. L'action se retrouve parfois noyée sous un amas de texte, mais heureusement ça reste exceptionnel.

 

Fort
Si Persona 5 Strikers vous fait de l'œil, mais que vous n'avez pas fait l'opus original, vous avez encore quelques jours pour rattraper votre retard que ce soit avec le jeu ou la série animée. Même si cet opus prend la forme d'un spin-off avec une dimension Musou pour les combats, l'âme de la licence Persona est toujours présente que ce soit au niveau des dialogues, de ses mécaniques liées au monde du J-RPG ou encore son habillage visuel et musical. À voir si le jeu va continuer à s'étoffer durant la quarantaine d'heures de jeu promise par Atlus. Verdict dans notre test à paraître dans quelques semaines !