Nintendo Switch

LIVE A LIVE

Test Switch

LIVE A LIVE

Par Lotario - Le 21/07 à 16:00

Début juillet, nous vous avions fait part de nos premières impressions concernant Live A Live au travers d’une preview. Après avoir parcouru l’intégralité du titre, il est temps de passer au test complet. Pour rappel, Live A Live est le remake d’un RPG sorti à l’époque sur Super Nes et qui sera disponible à compter du 22 juillet 2022 sur Nintendo Switch.

Un concept bien à lui

Comme évoqué lors de la preview, la grande particularité du titre est de vous proposer d’incarner différents personnages à travers le temps. Chacun aura sa propre histoire ainsi que son propre dénouement. Nous confirmons ainsi que l’un des points forts du titre réside dans le fait de nous offrir une bande son ainsi qu’une direction artistique en cohérence avec l’époque traversée. C’est tout de même assez impressionnant de voir avec quel soin chaque époque a été travaillée tant par l’écriture et donc, les dialogues, mais aussi l’ambiance qui s’en dégage. D’ailleurs, on peut aussi se questionner, et dans le bon sens du terme, sur l’inspiration prise sur la pop culture par le titre. En effet, le Far West pourrait laisser penser au film les sept mercenaires alors que le futur lointain nous donne le sentiment d’être dans une ambiance à la Alien. Que dire du présent qui clairement semble s’inspirer de la licence Street Fighter et que le futur proche pourrait un peu se rapprocher des Sentaïs. Mais il est clair que tout ce melting pot fonctionne divinement bien. Nous allons détailler sans en dévoiler trop les destins de ces héros ci-après à peu près dans l’ordre des époques (en sachant que les 4 histoires déjà évoquées lors de la preview seront reprises telles quelles. Le but étant de ne rien dévoiler du scénario central de chaque époque).

7 héros parmi le temps

Commençons par le début, à savoir la préhistoire : l’aube de l’humanité. Le personnage se nomme Pogo. Il ne parle pas. En effet, nous en sommes à un moment où le langage ne semble pas avoir été encore acquis. Vous vivez au sein d’une tribu accompagnée d’un primate appelé Gori. Votre chef de clan vous mandate pour aller chasser et ramener de la nourriture. En parallèle, une jeune femme semble être prisonnière d’une autre tribu et lorsque Pogo tombera sur elle, autant dire qu’il sera complètement sous son charme et il saura le montrer. Cette période a reçu un traitement très particulier et ô combien réussi. Les personnages n’étant pas doués de parole, tout se manifeste par le non verbal. Ils s’agitent, font des signes ou manifestent leur humeur. Le plus drôle, c'est que c’est réussi et que l’on comprend tout de manière limpide. D'ailleurs l’humour est plus que présent bien que primaire mais impossible ne pas esquisser un sourire de temps en temps. Mais ça ne s’arrête pas là, les développeurs s’en sont donné à coeur joie pour les attaques des personnages (la localisation y est aussi pour beaucoup) avec des Pé Kipu, Fé dodo ou autre Frottfrott Brûl. Pogo a aussi la capacité de repérer l’ennemi grâce à son odorat (pratique pour faire du leveling facilement). Typique aussi de l’époque, l’équipement s'acquiert par troc en rapportant des peaux et autres matériaux. 

Présentons désormais le Japon d’Edo. Ici, vous incarnez Oboromaru, un Shinobi. Une mission très périlleuse doit être menée contre le clan d’Ode. Il faut sauver quelqu’un captif dans le château et votre seigneur pense que seul votre maître peut assurer cette mission mais ne souhaite surtout pas le perdre. Votre maître vous propose donc vantant votre potentiel. Vous êtes ainsi envoyé en mission. Ici, vous avez le choix entre tuer tout ennemi se mettant sur votre chemin ou au contraire opter pour l'infiltration. Vous pouvez vous camoufler en pressant Y afin d’éviter les combats. Libre à vous de choisir ce que vous préférez. Il faut donc arpenter tout le domaine afin de trouver votre cible, grimper parfois sur des toits et même vous infiltrer dans des combles. Mais attention, l’ennemi guette partout. L’ambiance de cette période du Japon est très bien rendue tant par la direction artistique que par les musiques.

Quant à la Chine impériale, il s’agit cette fois de vivre la fin de vie d’un vieux maître du Kung Fu : Shifu Cœur de la montagne. Sentant ses derniers jours arrivant, il souhaite transmettre tout son savoir à des disciples. Or, il n’en a plus pour le moment, son école ne comportant plus d’élèves. Il se met donc en quête de nouveaux disciples. Sur sa route, il croise donc Lei, une voleuse qui tend des embuscades dans une forêt de bambous. N’ayant rien sur lui, Shifu ne cède pas aux exigences de la voleuse. Un combat se lance alors, et la petite Leï ne fait pas de vieux os. Shifu la détourne de sa voie de larcins afin de lui faire suivre la sienne. Nous vous laissons découvrir la suite vous-même. Outre les combats que vous aurez à mener à certaines occasions, attardons-nous surtout sur la spécificité de cette trame : l’entraînement de vos disciples.  Lors des séances d’entraînement, vous pourrez combattre quatre fois vos élèves. Ce sera à vous de choisir avec lequel pour chaque essai. Bien évidemment, il vous faut gagner le combat. Toutefois, ce n’est pas le maître qui gagne l’expérience mais bien l’élève gagnant ainsi niveaux et compétences. 

Visitons à présent cette époque fort appréciée qu’est le Far West. Sundown, le Kid, est un homme solitaire qui est à priori recherché (les fameux “wanted” de l’époque). Il est traqué par un certain Mad Dog qui lui tombe dessus. S’engage alors un duel qui vous permet d’appréhender les combats de cette époque en tant que Pistolero. Après être sorti vainqueur, votre adversaire vous demande de l'achever mais vous tournez les talons. Vous vous dirigez vers une petite ville appelée Fortune, autrefois très prisée pour sa quête de l’or. Arrivé au saloon, vous vous installez tranquillement pour boire un verre jusqu’à ce qu’un intrus vienne perturber l’ambiance et terrorise tout le monde. Après avoir essayé de s’en prendre à vous, vous le mettez en déroute. C’est alors que vous apprenez qu’un terrible hors la loi va débarquer au petit matin et vous décidez de prêter main forte aux locaux. Or, seul, il sera difficile de venir à bout de tout un gang. Vous allez donc inspecter toute la petite bourgade afin de trouver de quoi confectionner des pièces et réduire le nombre d’ennemis à affronter. Attention toutefois, seuls les villageois peuvent installer ces pièges et le temps vous est compté. Trouvez un maximum d’objets et donnez vos directives afin d’être dans les temps (un timer vous donne l’indication du temps restant).

Le présent est de son côté très particulier. Ici, vous incarnez Masaru Takahara, un jeune homme désirant devenir le combattant le plus fort du monde. C’est d’ailleurs assez perturbant puisque vous ne vous déplacez pas dans cette trame. Vous choisirez votre adversaire comme vous le feriez sur un écran de Versus Fighting (la fameuse référence à Street Fighter). S'ensuivra ainsi un dialogue avec cet adversaire puis inévitablement un combat. Il n’y a pas de leveling non plus. En revanche, votre objectif est de vous approprier les techniques de chaque maître dans sa discipline que ce soit dans le sumotori ou bien Muai Thaï. En effet, Musara a la capacité de pouvoir apprendre une technique qu’il subit. C’est donc à vous d’être stratégique dans vos placements afin d‘obliger votre adversaire à utiliser les techniques convoitées et ce sans être KO. Il faudra alors par la suite le battre. Rassurez-vous, si vous terrassez un combattant sans avoir appris une seule technique ou seulement l'une d'entre elles, vous pourrez retenter votre chance. Il est à noter que cet épisode est extrêmement court et qu’il peut se terminer aisément en bien moins d’une heure.

?Voyageons dans le futur proche avec Akira. Ce jeune homme à l’esprit rebelle a la capacité de pouvoir lire dans l’esprit des gens. D’ailleurs un gang semble sévir en ville et Akira se retrouve mêlé à eux malgré lui. Toutefois, ce gang étant à priori responsable de la mort de son père policier, il mettra du cœur à l'ouvrage à s’occuper d’eux. De plus, il connaît un chercheur capable de choses inouïes qu’il vaut mieux ne pas dévoiler ici. En outre, il confie à Akira qu’il souhaite retrouver le Titan d’Acier qui peut être capable d’assurer la paix. Ambiance mécha et Sentaï à souhait, cette période se paie même le luxe de débuter par un générique. Nous ne mentions pas quand nous affirmions que chaque époque bénéficiait d’un soin vraiment particulier. Il faut tout de même souligner que ce générique est interprété par le grand Hironobu Kageyama qui n’est autre que le chanteur de Cha-la-Head-Cha-la, We Gotta Power ou encore Soldier Dream (ils touchent à ma nostalgie les bougres) entre autres.

?Enfin, passons au futur lointain pour trancher totalement d’ambiance. L’histoire commence sur un vaisseau cargo au milieu de l’espace. Ce vaisseau est en route pour la Terre après une mission d‘expédition. Vous retrouvez Kato, un ingénieur qui vient de terminer sa conception, une sorte d’androïd qui se nomme Cube et qui est le personnage que vous allez incarner. Il est temps d’aller réveiller le reste de l’équipage qui est encore resté en stase. Une fois tout ce joli monde réveillé et le briefing du capitaine passé, un incident survient sur le vaisseau. Il faut donc en trouver la raison et réparer l’anomalie causée. Cette fois, point de combat à l’horizon. Tout est axé sur une ambiance subtilement bien huilée. Il y a une musique à peine perceptible, des sons très SF (Science-Fiiction). Des endroits très éclairés alors que d’autres particulièrement sombres. On en ressent presque le vide de l’espace et la solitude qui s’en dégagent. Pour tout dire, le début faisait presque penser au film Alien, premier du nom en allant jusqu’aux interfaces des ordinateurs en vert. Vous l’aurez compris, ici c’est l’atmosphère qui est très prégnante durant le scénario et c’est diablement efficace.

La convergence

?Ce que nous nous demandions, c’est comment tout allait pouvoir se rejoindre et si cela se ferait de manière cohérente. Comme le dirait un certain Illidan d’une autre licence : Vous n’êtes pas prêt ! En effet, un autre scénario apparaîtra à l’issue de chaque histoire qui vous fera regarder tout ce que vous avez vécu d’un autre œil surtout si vous êtes, et avez été, relativement observateur. Sachez aussi que sur la toute dernière partie du titre, beaucoup de choses vous attendent si vous êtes assez curieux et que vous prenez soin de tout fouiller. Il se peut même que vous vous sentiez complètement perdu dans un premier temps car vous n’avez aucune indication. Mais plus vous essaierez d’explorer, plus vous pourrez trouver des choses intéressantes et gratifiantes, tout particulièrement en matière d'équipement. Sachez que la difficulté sera au rendez-vous et que le challenge est bien présent. En somme, nous avons été conquis par cette écriture très soignée pour un titre n'étant pour autant pas d’aujourd’hui. Nul ne peut contredire que le sel d’une bonne histoire est d’être surpris et ici, ça a été le cas. Inutile d’en dire davantage, le plaisir est dans la découverte.

Un système de combat qui fait ses preuves

?Ici aussi nous allons détailler de la même manière le système de combat en reprenant les éléments de la preview. Il est assez difficile à décrire mais présentons-le comme un hybride entre un RPG avec ATB passif (Active Time Battle) et un Tactical. Lorsque le combat se déclenche, vous êtes sur une surface de combat représentée par des cases. En plus de la jauge de vie, vous avez une jauge de vitesse sous chaque personnage (allié comme ennemi). Quand la jauge est remplie, le personnage peut réaliser une action comme se déplacer ce qui ne consomme pas la jauge ou utiliser une compétence. Au passage noter que chacun de vos déplacements fait augmenter la jauge de tous les autres personnages. Ensuite les compétences sont très diverses et ont toutes une zone d’action même pour les cibles uniques. Par exemple, certaines ne peuvent être utilisées que lorsqu’un ennemi se trouve sur une case adjacente à la vôtre, ou en diagonale ou à très grande distance. Il faut donc s'adapter en fonction de l'ennemi et ses faiblesses. En effet, chaque compétence est liée à un type / élément : tranchant, contondant, sacré, feu… C’est là que la stratégie entre en scène, il faut veiller à vous placer de manière à pouvoir utiliser la bonne compétence en fonction des faiblesses de l’ennemi. Pour aller plus loin, il y a aussi des attaques de zones laissant au sol des malus (zone de feu, de glace, de poison, etc.), attention à ne pas exposer aussi vos équipiers lorsque c’est vous qui les lancez.

Après avoir parcouru l’intégralité du titre, il s’avère que ce système est très convaincant. En effet, deux mêmes combats peuvent avoir une issue différente si vous vous y prenez mal stratégiquement parlant. De plus, vos personnages acquièrent des niveaux plus ils disposent de compétences puissantes et utiles. Il sera alors très important de se créer une équipe homogène en fin de jeu afin de gérer toutes les situations tant pour exploiter les faiblesses que couvrir rapidement un maximum de terrain en ayant le compromis attaques proches et distantes. Enfin, le plus dur sera de gérer les soins car il n’y a pas tant de compétences de soin, et le titre ne possédant aucune monnaie, il n’est pas possible d’acheter des objets de soin. Il faudra alors espérer en trouver en fin de combat ou dans des coffres, essayez de les gérer au mieux. Malgré tout, en cas d’urgence, sachez que vous pouvez fuir et ce sans aucune contrainte si vous sentez que le combat vous échappe (sauf lors des combats de boss bien sûr).

Un remake aux petits oignons

Il est temps de faire le point sur la technique du titre. Adoptant un style appelé 2D HD, on remarque sans peine la patte Octopath Traveller ou encore Triable Strategy. Mais reconnaissons qu’ici c'est encore bien mieux maîtrisé et que visuellement c’est vraiment beau pour ce style. Les sprites 2D des personnages sont bigrement bien animés. Par exemple, Sundown transpire la classe lorsque son poncho virevolte au vent tout comme Akira qui voit ses cheveux s’animer dans un style magaka assumé. De plus, même le menu met bien en avant chaque personnage qui reste dans sa représentation 2D. Les décors ont été réalisés avec grand soin et chaque période est parfaitement bien illustrée. N’oublions pas les boss qui bénéficient d’un soin particulier et ne manqueront pas d’être impressionnants..Bien évidemment tout est fluide et tourne parfaitement, aussi bien en mode salon qu'en mode portable. 

Enfin, attardons-nous sur le plan sonore. Chaque piste est orchestrée de manière magistrale et pour aller un peu plus loin, chaque période comprend une “OST” de quelques titres qui lui est propre et qui contribue merveilleusement bien à l’immersion. Mais n’oublions pas un autre point crucial, nous sommes en 2022 et ça a été donc l'occasion d’inclure des doublages. Comme à l’accoutumée, les doublages japonais sont d’une qualité exemplaire. Quel plaisir offert et quel talent d’interprétation ! Ce fut ainsi un voyage merveilleux tout au long de l’aventure pour nos petites oreilles. Pour conclure, le titre nous a prouvé que la direction artistique est un atout puissant en termes de qualité et qu’il a su en tirer partie de la meilleure des manières.


 

7.5
Live A Live est un titre unique en son genre. Il vous permet en effet de parcourir au départ sept histoires qui ne semblent pas avoir de lien avec les autres, mais qui arrivent finalement à converger vers une nouvelle direction. Avec une écriture pointue et une bande-son magistrale, Live A Live vient confirmer que sa direction artistique est un argument de poids. Son système de combat à la fois stratégique et RPG est ultra convaincant, il offre un dynamisme et une stratégie insoupçonnés. Un RPG à (re)découvrir cet été qui vous surprendra sans aucun doute. Mention spéciale à l'attachement que nous arrivons à avoir pour les différents personnages.

  • Plusieurs scénarios écrits avec grand soin...
  • Un chapitre final extraordinaire
  • Un système de combat efficace et pointu
  • Une magnifique Direction Artistique qui ne manquera pas de vous dépayser
  • Une bande-son excellente
  • ... bien que le présent reste tout de même sous exploité
  • Une difficulté inégale par moment
  • Un peu de frustration sur le fait de faire progresser des personnages secondaires absents au chapitre final