Nintendo Switch

Indivisible

Test Switch

Indivisible

Par Rubix_Man - Le 23/05 à 10:00

C’était la surprise de la fin du mois d’avril: Indivisible arrivait enfin, et contre toute attente (même de celle des développeurs eux-mêmes) sur la Nintendo Switch, sept mois après son lancement sur les autres plate-formes. Mélange d’A-RPG, de jeu de baston et de jeu de plateforme, découvrons ensemble le dernier né du studio derrière le célèbre Skullgirls.

Originalité et variété: le talent de Lab Zero Games

Vous êtes Ajna, une jeune adolescente impétueuse et énergique qui va voir sa vie plus que chamboulée lorsque des soldats viennent détruire son village et tuer son père presque sous ses yeux. Décidée à venger la mort de ce dernier, Ajna découvrira rapidement qu’elle possède un don étrange: la capacité d’absorber certaines personnes et de les piéger dans son esprit. Ces différents personnages, devenus des “Incarnations”, vous accompagneront tout le long de votre quête et constitueront, pour la plupart, votre équipe de combattants. Variés et prouvant une fois de plus la maîtrise de Lab Zero Games en matière de character design, ces combattants font une des forces principales d’Indivisible. Comptez plus de vingt personnages à votre disposition, où vous trouverez forcément chaussure à votre pied pour former votre équipe de rêve, de la brute surpuissante au lanceur de sorts, en passant par l’éternel “healer”, soigneur pour les francophones. Indivisible n’a pas peur de mélanger ces rôles avec des alliés offrant de multiples options, pensons notamment à Razmi, dotée d’une grande puissance d’attaque mais ayant aussi la faculté de soigner toute l’équipe. Une chose est à noter toutefois, vous constaterez assez rapidement que si le nombre de personnages est plus que généreux (en plus d'offrir des gameplay sensiblement distincts les uns des autres), il eût peut-être été préférable de s’en contenter de la moitié, ou de diversifier la nature des combats, car au final, les premiers personnages débloqués s’avèreront largement suffisant pour arriver au bout de l’aventure sans trop de peine. Défaut ou qualité, cela reste une question de point de vue, car cet aspect évite en fin de compte de se retrouver avec des personnages débloqués à la fin du jeu bien trop puissants par rapport aux premiers et faisant délaisser au joueur ces derniers. A votre guise.

Mais il est temps de parler de la manière dont tout cela se déroule manette en main. Concrètement, Indivisible se découpe en deux phases alternées: les phases de plateforme et les phases de combat. Pour parler tout d’abord de la première, l’aspect général du titre prend beaucoup au genre Metroidvania, avec ce que cela comporte d’exploration, de niveaux labyrinthiques et de compétences à débloquer permettant l’accès à de nouveaux chemins auparavant inaccessibles. Si certains ont dit ou diront que ce n’est pas dans ces moments qu’Indivisible brille, c’est que ces séquences pêchent assez souvent dans leur exécution, l’un des principaux problèmes étant la mauvaise gestion de la carte, manquant cruellement d’informations et qui n’offre pas de possibilité de navigation lorsqu’on la consulte, ce qui ne facilite pas l’exploration des niveaux où il est facile de se perdre, la faute à un level design assez hasardeux, manquant de points de repères pour le joueur. Malgré tout, ces séquences de plateforme n’en sont pas pour autant particulièrement désagréable. Ajna est facile et plutôt agréable à contrôler et certains passages proposent des défis intéressants, mais sans être suffisamment originaux pour marquer les esprits.

Nous en arrivons donc au point le plus fort d’Indivisible, à savoir les affrontements. Ici encore, Lab Zero Games montre son savoir-faire avec un système de combat simple mais diablement efficace. Quatre membres de votre équipe partent sur le terrain, chacun d’entre eux se voyant assigner une seule touche pour exécuter leurs attaques, l’orientation de votre joystick(Haut, bas, centre) interférant sur la nature de leurs capacités. Chaque personnage possède un nombre limité d’attaques exécutables dans un même tour, et il vous faudra choisir judicieusement l’ordre dans lequel vous souhaiterez les lancer car un système de combos est là pour pimenter les combats. En clair, plus vous enchaînez les attaques, plus vous faites de dégats. Il est donc rudement conseillé de garder ses meilleures attaques pour la fin, afin d’infliger un maximum de dégâts. Lorsque le tour vient aux ennemis, il est possible de parer leurs attaques en appuyant sur le bouton assigné au personnage attaqué. Si tout ou une partie de votre équipe est visée, appuyez simplement sur le bouton L afin de déployer une parade pour tous en même temps, mais cela consommera toutefois une partie de votre barre d’énergie. Cette barre d’énergie constitue un point capital dans le déroulement des affrontements, augmentant ou diminuant en fonction de la réussite ou de l’échec de vos attaques et parades. Outre la possibilité de défendre toute l’équipe en même temps ou de régénérer les équipiers dont les points de vie sont tombés à zéro, cette barre permet surtout de déclencher des compétences spéciales tantôt dévastatrices, tantôt régénérant votre équipe, ces compétences variant en fonction du taux d’énergie consommée.

Double-Face

Qui dit A-RPG dit généralement scénario au moins un peu plus développé que “héros doit sauver princesse”. Ici, Indivisible opte pour le classique “personnage principal devant découvrir les secrets de son passé”. Si le développement de cette histoire possède un fort potentiel sur la forme, le fond est malheureusement assez décevant sous bien des aspects. Le premier point noir est la pauvreté du caractère des personnages et de la qualité des dialogues. Difficile de s’attacher aux personnages tant ceux-ci semblent bâclés, peut-être en raison de leur trop grand nombre. Leur character design a pourtant tout pour plaire, mais rien n’y fait, mis à part quelques-uns d’entre eux, trop peu sortent du lot et enrichissent le déroulement des événements. Seuls Dhar, l’assassin du père d’Ajna ou Razmi, la lugubre chaman à l’humour grinçant attirent la sympathie du joueur, mais là encore sans être suffisamment approfondi. Certains personnages débloqués n’interragissent même pas dans l’histoire et n’offrent qu’un seul et unique dialogue dans le “For Intérieur” (le HUB du jeu, accessible à tout moment puisque situé dans le crâne d’Ajna). Par ailleurs, le personnage principal se montre bien trop cliché et n’offre pas grand intérêt avec son côté rebelle-mais-téméraire-mais-avec-un-lourd-passé qui semble avoir déjà été vu mille fois.

Ce scénario en demi-teinte résume en fait la quasi-totalité de l’expérience globale. Indivisible a un fort potentiel, indéniablement, et le parcourir est dans l’ensemble vraiment satisfaisant. Mais il en ressort une grande maladresse générale qui vient faire souvent dire au joueur “cet aspect là aurait mérité plus d’attention afin d’être plus approfondi”, car le fond même du jeu présente des félures. Nous avons parlé des phases de plateforme et des lacunes au niveau du level design et de l’exploration, mais il en est de même pour l’aspect A-RPG et des combats. Pas de sytème d’équipement, pas de précision concernant la montée de niveau, et même si les affrontements restent jouissifs, leur profondeur tactique laisse parfois à désirer et l’option “j’appuie sur les quatre boutons comme un gros babouin” semble bien souvent être une tactique portant ses fruits. Ajoutez à cela des affrontements un peu déséquilibrés, avec des ennemis de moindre importance infligeant de lourds dégâts précédant des boss ridiculement faciles à battre.

Enfin, comptez une vingtaine d’heures pour arriver au bout de l’aventure principale. Concernant le post-game, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent, avec des quêtes annexes vous envoyant promener dans des lieux déjà visités, dans le seul but d’obtenir une palette de couleur en bonus pour le personnage vous ayant envoyé en mission. L’intérêt est donc assez limité, sans compter que le New Game+, récemment rendu disponible sur les autres plate-formes, est à ce jour indisponible sur la version Nintendo Switch, et il en va de même pour le DLC “Razmi’s Challenge”. Indivisible fait penser aux gens ayant une très forte personnalité, dont les défauts et les qualités sont clairement définies et remarquables, leur impact sur le joueur différant selon l’appréciation de ce dernier.

 

7.5
Indivisible est un titre qui traite l’acceptation de soi, de nos imperfections, ce qui est assez ironique dans ce sens où cela résume assez bien le ressenti que l’on a après avoir y avoir joué. Le bébé de Lab Zero Games est loin d’être dépourvu de défauts, et ceux-ci sont suffisamment visibles pour être remarqués par la plupart des joueurs. Heureusement pour lui, Indivisible sait se défendre et ses qualités prennent au final le dessus et on ne peut que conseiller de se jeter dans cette aventure à l’esthétique somptueuse et au système de combat terriblement jouissif.

  • Animation 2D et bande-son de première qualité
  • Le mélange des genres fonctionne plutôt bien
  • Un système de combat simple mais très varié
  • De nombreux personnages jouables uniques
  • Une bonne durée de vie
  • Razmi.
  • Scénario un peu cliché et dialogues pauvres
  • Progression inégale
  • Des phases de plateforme moins réussies
  • A ce jour, des manques par rapport aux autres versions (New Game+, DLC...)