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COLLECTION of SaGa FINAL FANTASY LEGEND

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COLLECTION of SaGa FINAL FANTASY LEGEND

Par ggvanrom - Le 08/01 à 08:00

Lorsque l’on parle de Square Enix et de J-RPG, les deux licences majeures qui viennent en tête sont forcément Final Fantasy et Dragon Quest. Et pourtant, une troisième licence est également présente depuis 1989 sur GameBoy : SaGa. Licence débutée sur Game Boy au Japon, elle est aussi une des plus prolifiques avec 14 jeux différents sortis à ce jour. N’ayant pas bénéficié de localisation en Europe les années 2000, les trois premiers opus Game Boy étaient alors inconnus aux joueurs Européens sans faire de l’importation, ou jouer à des versions émulées. Square Enix a décidé de rectifier le tir le 15 décembre 2020 en proposant aux possesseurs de Nintendo Switch Collection of SaGa, Final Fantasy Legend, une compilation des 3 premiers opus Game Boy de la licence. C’est parti pour une petite session de rétrogaming.

Une licence culte méconnue des Européens

SaGa, aussi connue sous l'appellation Final Fantasy Legend en Amérique du Nord, fait partie de ses licences qui n’ont pas réussi à profiter d’une localisation en Europe, à une période où l’on pensait les Européens frileux quant au genre J-RPG. Pourtant les 3 premiers épisodes avaient tout pour plaire. Un lore extrêmement riche, un gameplay unique, un système d’évolution avant-gardiste pour l’époque. Et la prouesse et d’autant plus belle que les 3 premiers jeux de la licence sont sortis sur Game Boy, une console portable aux capacités techniquement faibles même à l'époque.

Bien que les 3 épisodes ne se suivent pas directement, les mécaniques sont les mêmes. Vous commencez parmi plusieurs espèces vivant en harmonie. Les Humains, les Mutants, et les Monstres. Chaque espèce évoluant différemment, il vous faudra donc choisir judicieusement vos troupes, sans compter sur la moindre aide dans le jeu, car la franchise est réputée pour être difficile, très difficile.

Un apprentissage dans la douleur

Si les Japonais connaissent les mécaniques de SaGa depuis maintenant 30 ans, pour les Européens, c’est comme si on découvrait en 2020 une tout nouvelle licence. Pensé et développé à l’époque pour être une licence difficile en opposition à Final Fantasy, aucune notice ni guide ne sont incorporés dans cette compilation, vous laissant littéralement vous débrouiller par vous-même. C’est ainsi que vous comprendrez dans la douleur qu’un humain améliore ses statistiques uniquement en achetant des items dédiés, un mutant en utilisant de la magie, et un monstre en mangeant la chair des autres monstres au combat.

Vous aurez également la possibilité de vous équiper d’une myriade d’armes à utilisation limitée, mais aussi d’armures et autres items. Si les monstres ne peuvent pas s’en équiper, vous ne trouverez en revanche aucun détail spécifique sur les statistiques des armes, ou encore leur efficacité sur tel ou tel monstre. Le tout premier épisode du jeu se contentant de vous jeter directement dans la mêlée sans aucune autre introduction que celle d’une tour censée relier la terre et le paradis, la majeure partie du Lore et des indices doivent être trouvés en parlant avec un maximum de personnes. 

Une licence avant-gardiste

Il faut en revanche reconnaître une chose à la licence SaGa, c’est qu’elle était très avant-gardiste pour l’époque. Les armes à usage limité étaient peu courantes, tout comme le fait de proposer plusieurs systèmes d’évolution de personnage dans un seul et même jeu. SaGa inclut également un système de permadeath, ce qui est assez étonnant. Chaque personnage possède un nombre de cœurs, indiquant combien de fois il peut être ramené à la vie. Au-delà, il faudra leur dire adieu, et les remplacer par d’autres nouveaux venus, et donc les faire à nouveau progresser. Si le concept est encore repris aujourd’hui dans les Romancing SaGa, c’est toujours étonnant de voir un tel choix dans un J-RPG.

Si le premier épisode a surtout posé les bases du gameplay et de l’univers, ce sont bien les épisodes 2 et 3 qui apporteront une dimension plus carrée à la licence, avec des héros « fixes » et une trame beaucoup plus structurée. Les menus archaïques seront également améliorés au fil du temps. Si le second opus est idéal pour se lancer, le troisième en revanche risque de faire criser énormément de joueurs notamment à cause de son système de combat. Si on est comme pour les deux autres sur un système de tour par tour standard, voir apparaître au bout de quelques minutes à peine 6 ennemis qui OS toute votre équipe, ça avait de quoi frustrer les joueurs déjà à l’époque. Si les SaGa sont censés pouvoir être terminés en une dizaine d’heures sur le papier, le permadeath et le changement régulier de personnages viendront forcément grossir la durée de vie des softs.

Une compilation bien habillée

Les 3 jeux SaGa étant sortis sur Game Boy, ces bonnes vieilles consoles monochromes, vous vous doutez forcément que la taille de l’écran de la Nintendo Switch n’est pas adaptée au format original. Heureusement, Square Enix n’a pas choisi d’étirer l’écran, et conserve le ratio original, tout en proposant une option de zoom via une simple pression sur une gâchette. Le « vide » restant peut ainsi être comblé avec une des nombreuses illustrations proposées. On saluera aussi la présence d’un bouton d’accélération qui améliore nettement la vitesse de défilement du jeu, tout en faisant attention à garder la vitesse de lecture normale de la piste musicale (ce que ne propose pas Nintendo avec le premier opus de Fire Emblem sorti sur l’eShop en décembre).

Pour ceux souhaitant jouer uniquement en mode tactile (il y en a), vous pourrez également apprécier l’ajout d’une croix directionnelle et de boutons virtuels à placer où vous le souhaitez sur l’écran. On notera même la possibilité d’afficher l’écran à la verticale lorsque vous êtes en mode portable, pour vous rapprocher le plus de l’expérience originale sur Game Boy. Enfin, compilation oblige, le titre nous accueille sur un menu principal nous demandant de choisir le jeu auquel nous voulons jouer, avec comme fond sonore une toute nouvelle musique exclusive à cette compilation, de quoi ravir les fans. On regrettera cependant l’absence d’une bibliothèque nous permettant de visionner les pistes musicales ainsi que les illustrations de l’époque.

 

7.5
Si vous êtes un fan des RPG de Square Enix, cette compilation rétro est un must have pour constater que la firme a une 3ème licence phare sous la main depuis les années 90. Bien que l’on aurait plutôt apprécié voir des remakes, ou au pire une version physique, cette compilation traduite en anglais sera idéale pour que les joueurs européens puissent connaître plus en détail l'univers de SaGa 30 ans après sa naissance, et pourquoi pas, se tourner vers les autres épisodes par la suite.

  • Les 3 premiers jeux de la franchise dans une compilation
  • Un mode accéléré qui n’altère pas la musique
  • Un gameplay très avant-gardiste pour l’époque
  • L’univers de la licence
  • Jeux déjà réputés difficiles à l’époque
  • Pas de notice, de compendium ou de bibliothèque
  • Obligé de comprendre les mécaniques de jeu par soi-même
  • Uniquement en dématérialisé en Europe