Nintendo Switch 2

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales

Preview Switch 2

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales

Par ggvanrom - Le 24/05 à 17:30

Le studio Claytechworks, sous la supervision de Team Asano est de retour en 2026 avec un tout nouvel Action-RPG en HD-2D dénommé The Adventures of Elliot: The Millennium Tales sur Nintendo Switch 2 et supports concurrents. Alors que la HD-2D a déjà eu de bons retours avec les RPG comme Octopath Traveler, Dragon Quest I-II-III ou encore Triangle Strategy pour ne citer qu'eux, est-ce que le genre Action-RPG va réussir à convenir à cette esthétique ? Premiers éléments de réponse ci-dessous.

Preview réalisée à partir de la démo officielle du jeu

Le dernier bastion de l’Humanité

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales se déroule dans le monde fictif de Philabieldia, un continent envahi par des tribus bestiales où l’humanité est quasiment au bord de l’extinction. Le dernier bastion humain est le royaume de Huther, protégé par une barrière magique érigée par la princesse Heuria. C’est dans ce contexte que nous faisons la connaissance d’Elliot, un orphelin exerçant le métier d’aventurier. Comme ses pairs, il s’aventure en dehors du royaume afin d’accomplir des quêtes pour le compte du royaume et des villageois.

L’humanité étant impuissante face à la force des hommes-bêtes, c’est dans un contexte particulièrement tendu que les humains font la découverte d’étranges ruines où semble scellée une mystérieuse magie. Là où le roi estime que cette magie doit rester scellée et inutilisée, par peur que l’humanité soit consumée par ce pouvoir, le ministre Kaifried ne l’entend pas de cette oreille et part explorer ces ruines. C’est ainsi qu’Elliot est envoyé par le roi, et « accompagné » de la princesse Heuria, pour tenter de mettre un terme aux plans de Kaifried. Notre duo ne le savait pas encore à ce moment, mais cette chasse à l’homme va les amener à voyager par monts et par vaux… mais aussi à travers le temps. Car les ruines découvertes cachaient en réalité un portail temporel permettant potentiellement de réécrire l’Histoire.



Quand Chrono Trigger rencontre Sword of Mana

Si beaucoup de joueurs disaient, en voyant The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, qu’il s’agissait d’un Zelda-like en HD-2D, la comparaison, manette en main, est un peu moins évidente. Dans les faits, on est plutôt dans une aventure à la Seiken Densetsu (Final Fantasy Adventure / Mystic Quest), avec un concept de voyage temporel à la Chrono Trigger. À la manière dont fonctionnent les mécaniques, j’avais surtout l’impression, lors de mes sessions, de jouer à une version encore retravaillée de Sword of Mana (qui était à l’époque un remake sur GBA du premier Seiken Densetsu).

Une fois en dehors des enceintes du royaume, les monstres organiques, mécaniques et magiques pullulent autour de vous. Armé de son épée, Elliot devra ainsi les occire afin de récupérer des Tuls, monnaie du jeu, mais aussi des fragments de Magilithe qui permettront de créer des magilithes pour vos armes. Pourquoi vos armes ? Eh bien, parce que l’épée ne sera pas votre seul moyen de vous défendre. En suivant l’intrigue principale, ou en accomplissant des quêtes annexes, vous serez amené à récupérer des armes supplémentaires. Le prologue du jeu, s’étendant sur plus de 3 heures, nous a ainsi permis de récupérer les 5 premières armes : l’épée, le boomerang, la lance, l’arc et les bombes. Vous pouvez ainsi équiper 2 armes simultanément sur les touches X et Y pour éviter de trop switcher entre elles. Chacune possède ses forces et faiblesses, et il vous appartiendra de choisir le style qui vous correspond le plus. En plus de leur efficacité en combat, certaines seront également utiles pour résoudre des énigmes sur le terrain. Les bombes serviront ainsi à faire exploser des rochers et à révéler l’entrée de passages secrets, par exemple.

Le jeu vous proposera, via la minimap et la carte du jeu, un repère évident vers l’objectif principal, mais vous avez tout le loisir de partir explorer la région comme bon vous semble. Cela vous permettra de faire la découverte de grottes où se trouvent des coffres remplis de Tuls, mais aussi des magilithes plus ou moins rares à associer à vos armes pour améliorer leurs performances. Mais les coffres les plus intéressants se trouveront la plupart du temps dans de vieux temples, où des coffres seront moins faciles d’accès. Ces derniers renferment des Fragments de Vie qui, une fois que vous en aurez réuni 4, vous donneront un réceptacle de vie supplémentaire. L’envie d’exploration sera alors récompensée la plupart du temps. Les Tuls seront aussi très utiles, car vous pourrez également mettre la main sur des pièces d’équipement spécifiques qui coûtent tout de même bonbon.

Mais en combat, là encore, Claytechworks a trouvé un moyen de récompenser les bons joueurs. En enchaînant les éliminations sans vous faire toucher, vous déclencherez un « bonus butin » à partir de 5 monstres éliminés. Ce bonus, montant jusqu’à 3 étoiles pour le moment, vous permettra de faire tomber sur vos ennemis de plus en plus de Tuls et de collectibles pour vos armes (les flèches et les bombes se lootent assez rarement, par exemple). Elliot pourra également se défendre à l’aide d’un bouclier, mais gare à ne pas voir votre garde percée et devenir ainsi vulnérable. En 3h30 de jeu, nous avons déjà pu découvrir un bestiaire assez intéressant, mais aussi quelques color swaps (qui proposent heureusement des patterns d’attaque différents, en plus d’une plus grande résistance). Nous avons également eu l’occasion d’affronter plusieurs boss, prenant la forme de gros sprites. Mais il n’y a pas de manière particulière de les vaincre : il suffit de comprendre leur pattern et de frapper entre deux enchaînements. La difficulté est réglée de base sur Normal et n’est pas particulièrement problématique. Si vous avez envie de challenge, ou au contraire de la baisser, 4 niveaux de difficulté sont proposés dans les options de jeu.

Explorer un donjon avec un Guide Michelin

Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion de voir sur les réseaux sociaux des vidéos montrant à quoi ressemblerait un jeu rétro qui sortirait en 2026 avec le niveau d’assistance que l’on peut voir dans les jeux modernes. Cet exemple montre par exemple un passage de Ocarina of Time assez marrant (et énervant). Et malheureusement, j’avoue avoir ri jaune en y voyant une certaine similarité dans The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. Comme indiqué plus tôt, notre héros est accompagné de la princesse Heuria lors de ses pérégrinations. Plus précisément, elle l’accompagne par télépathie grâce à une boucle d’oreille, et elle voit tout ce que vous voyez, lui permettant ainsi de commenter le décor, mais aussi la faune et la flore locales. Elle a également un pouvoir de soin fort pratique lorsque vous êtes dans la timeline du présent (nous y reviendrons plus tard).

Par contre, la princesse parle… trop. Il n’y a pas d’autre mot. L’idée était de proposer un personnage qui fait la conversation avec notre héros, et sur le papier, c’est agréable car elle raconte des anecdotes lorsque vous déclenchez des quêtes annexes ou que vous trouvez des ouvrages parlant de l’histoire des humains. Par contre, quand vous explorez un donjon et qu’elle y va de ses commentaires comme « la porte est fermée, il vous faut une clé », ou « tu as trouvé une clé, elle sert à ouvrir une porte », on a vraiment l’impression d’être un peu trop tenu par la main. Elle a aussi un petit gimmick lorsqu’il n’y a plus rien à trouver dans une grotte secrète, par exemple. C’est utile, mais il y a déjà un marqueur indiquant le nombre de trésors disponibles dans la zone quand vous ouvrez votre carte, cela fait alors doublon.

À voir si cette présence permanente va évoluer, mais normalement Elliot est également censé être accompagné d’une fée dénommée Faie. À voir si elle remplacera définitivement la princesse dans le reste de l’aventure, ou si elle sera aussi bavarde que cette dernière. Mais pour le coup, j’avoue que le fait d’avoir un allié un peu trop bavard lors de vos explorations est assez énervant. Et je pense que les développeurs ont dû se faire la réflexion, puisqu’il y a justement une option dans les paramètres permettant de changer la fréquence des dialogues avec les partenaires. À voir selon votre niveau de patience sur le sujet.

Attention aux paradoxes temporels

On ne le dira jamais assez, un jeu ou un film qui se lance dans des intrigues à base de voyage temporel, cela a souvent tendance à se casser la figure. Dans le cas de The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, ce sont 4 époques qui seront ainsi explorées, et nous avons d’ores et déjà pu en voir deux. L’Âge de l’Égide, qui fait office de présent, et l’Âge du Renouveau, se déroulant à une époque passée où l’humanité vit des jours sombres car elle n’a pas la protection de la princesse. Il est intéressant de noter que malgré le voyage temporel, on garde toujours un lien audio et visuel avec la princesse Heuria. Qu’implique le fait que deux espaces temporels coexistent simultanément ? Est-ce une simplicité scénaristique, ou y aura-t-il une explication plus précise dans le jeu complet ? Ce sera un élément à surveiller. Mais cela semble assez déroutant lorsque l’on sait que l’antagoniste présenté parle bien de réécrire l’Histoire (ce qui impliquerait logiquement une seule timeline, et non des timelines parallèles).

En tout cas, la démo se conclut parfaitement avec un événement scénaristique qui donne forcément envie de découvrir ce qui se passe juste après. La démo propose ainsi d’enregistrer notre aventure pour pouvoir reprendre là où l’on s’est arrêté lorsque le titre sera disponible le 18 juin prochain. D’ici là, vous pouvez, comme votre serviteur, repartir explorer les deux époques pour tenter de mettre la main sur les coffres que vous avez laissés de côté, et tenter de débusquer toutes les grottes et passages secrets inaccessibles avant l’acquisition des bombes, par exemple. On en parlera plus en détail dans le test complet, mais concernant l’habillage graphique, la HD-2D fait très bien le travail. J’aurais personnellement préféré avoir la possibilité de régler la distance d’affichage par rapport à notre personnage, que je trouve assez éloignée lorsque l’on joue sur grand écran. Les musiques sont également très soignées et collent parfaitement à l’ambiance fantasy. Quant aux doublages, ils sont proposés en anglais ou en japonais. Le doublage anglais est, là encore, de très bonne facture.


 

Fort
Avec cette première prise en main, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales laisse entrevoir un Action-RPG particulièrement prometteur. Claytechworks semble avoir bien assimilé les codes du genre en livrant une aventure qui évoque autant Sword of Mana dans sa structure que Chrono Trigger dans ses ambitions narratives. Si l’exploration, la variété des armes et la direction artistique HD-2D séduisent immédiatement, quelques interrogations subsistent encore, notamment autour de l’omniprésence parfois envahissante de la princesse Heuria et de la manière dont le scénario exploitera ses mécaniques de voyage temporel sur la durée. Au final on se retrouve avec une très bonne démo qui donne envie de replonger dans Philabieldia dès la sortie du jeu le 18 juin.