Nintendo Switch 2

Tales of Arise - Beyond the Dawn Edition

Test Switch 2

Tales of Arise - Beyond the Dawn Edition

Par ggvanrom - Le 21/05 à 08:00

On ne va pas se mentir, les sorties des jeux Tales of sur consoles Nintendo, c’est un sacré bazar ces dernières années. Si nous avons eu droit à des versions remasterisées des précédents opus sortant dans un ordre chaotique, la Nintendo Switch 2 va avoir droit ce 22 mai au dernier opus en date de la licence : Tales of Arise - Beyond the Dawn Edition. Sorti initialement en 2021 sur PS4, Xbox One et PC, le titre s’offre en 2026 une version augmentée grâce à la présence de l’extension Beyond the Dawn. Est-ce que la Nintendo Switch 2 est idéale pour découvrir le dernier opus en date de la licence ? La réponse ci-dessous.

Test réalisé à partir d’une clé fournie par l’éditeur.

Dans la vallée de Dahna

L’histoire de Tales of Arise met en scène deux mondes que tout oppose : Dahna, considéré comme une planète à la technologie primaire, et Rena, dont la technologie est nettement supérieure, et qui a réduit en esclavage les Dhaniens. Dahna est ainsi coupée depuis 300 ans en 5 zones distinctes, occupées par 5 seigneurs réniens qui exploitent de manière plus ou moins virulente les Dhaniens. C’est dans ce contexte que nous incarnons « Masque de Fer », un jeune homme amnésique se trouvant dans la région de Calaglia, une région volcanique sous le joug de Balseph. Les esclaves n’ont d’autre choix que de creuser les mines de la région dans des conditions horribles. Le but est de récolter de l’énergie astrale via des implants greffés aux esclaves. Cette énergie sert à élire un Seigneur Rénien tous les 7 ans.

Notre héros fera ainsi la rencontre de la résistance locale dénommée les Corbeaux Écarlates, ainsi que de Shionne, une jeune femme originaire de Rena qui possède une mystérieuse malédiction blessant quiconque la touche. Par chance, Masque de Fer est insensible à la douleur, et suite à une embuscade, il apprendra que Shionne est en possession du Noyau Primordial du feu, noyau duquel notre héros arrivera à retirer l’épée ardente, d’une puissance monstrueuse, mais causant d’importantes brûlures à son porteur. Les Corbeaux Écarlates y voient ainsi l’opportunité de profiter des compétences de ce duo atypique pour tenter de renverser le seigneur local.

C’est ainsi que l’aventure emmènera Masque de Fer, qui se souviendra par la suite de son prénom, Alphen, et sa camarade Shionne, à collaborer ensemble. L’un cherchera à mettre fin à l’esclavage de son peuple, tandis que l’autre désire éliminer l’ensemble des seigneurs réniens pour une raison encore obscure. Ce n’est qu’après avoir quitté la région de Calaglia que nos héros, qui ont tout à s’opposer, feront la connaissance de nouveaux compagnons dans les régions voisines. C’est ainsi que nous découvrirons que la relation entre les deux peuples n’est pas la même partout, mais aussi qu’une raison bien plus obscure semble lier Dhaniens et Réniens. Mais ça, vous le découvrirez au bout d’une quarantaine d’heures de jeu, et 20 heures de plus pour son extension Beyond the Dawn. Cette extension, se déroulant après les événements de la trame principale, est plus à voir comme un gros épilogue. Elle met en avant notamment un nouveau personnage dénommé Nazamil, qui jouera un rôle crucial dans cette intrigue. Il est possible de jouer à l’épilogue d’entrée de jeu avec un niveau spécialement ajusté en conséquence, mais on vous déconseille l’expérience : privilégiez de refaire l’aventure principale en premier pour profiter pleinement du scénario dans son intégralité.



Un gameplay dynamique et prenant

Comme dans tous les autres opus de la licence, l’essentiel de la progression dans Tales of Arise se résume à explorer différentes régions tout en affrontant divers ennemis, humains ou monstres (nommés Zeugles). Les régions sont des zones fermées, mais avec divers embranchements qui vous permettront, par le biais de détours, de mettre la main sur des coffres aux trésors, des minerais, ainsi que des Zeugles Géants qui feront office de « mini-boss » permettant de récupérer XP et PC précieux pour votre progression. Les ennemis apparaissant sur les zones, il suffit d’un contact avec ces derniers pour entrer en mode combat. Et comparé aux opus précédents, il y a quelques changements côté gameplay.

Les attaques standards sont désormais attribuées à la touche R, tandis que l’esquive est placée sur la touche ZR. Un changement qui peut paraître mineur, mais qui a de quoi surprendre après avoir relancé récemment Symphonia, Vesperia, Graces, Xillia et Berseria sur Nintendo Switch. Les Artes, techniques propres à chaque personnage, sont attribués aux touches A, X et Y, et peuvent être soit des attaques au sol, soit des attaques aériennes (portant jusqu’à 6 le nombre d’Artes déclenchables par personnage lors d’un combat). Les Artes dépensent des JA, représentés par des losanges bleus à côté de votre personnage. Ces derniers se rechargent entre deux enchaînements, et il est donc important de réussir à doser attaque, esquive et replacement pour avoir suffisamment de JA afin de déclencher vos coups les plus puissants.

Les combats peuvent faire participer jusqu’à 4 personnages, et comme dans les précédents opus, vous pouvez contrôler le personnage de votre choix via une petite manipulation avec la touche L (qui permet également de switcher d’ennemi). Petit bonus : lorsque votre équipe comptera plus de 4 personnages, vous pourrez aussi en combat switcher un personnage actif avec un de ceux qui ne participent normalement pas au combat. La magie de soin est également présente en jeu, et fera dépenser des PS, qui est une jauge commune à l’équipe. Cette jauge sera également importante lors de l’exploration puisque certaines interactions vous demanderont aussi des points pour soigner un PNJ ou briser une barrière naturelle par exemple.

Côté attaques, il y a encore quelques éléments additionnels venant renforcer le gameplay. Les Attaques Bonus par exemple. Chaque personnage possède une jauge de bonus (JB) qui, une fois complète, peut vous permettre d’effectuer une action spécifique. Alphen peut déclencher une attaque de zone enflammée, là où Rinwell pourra annuler un Arte astral ennemi par exemple. Vous avez aussi les Frappes Bonus qui peuvent se déclencher si vous faites un long combo à un ennemi, ou que ses PV sont bas. Cela fait apparaître un bouton bleu avec la mention « Frappe », et cela déclenche une puissante attaque en tandem avec d’autres alliés. On retrouve également le classique Hors-Limite qui permet de déclencher les Artes Mystiques iconiques de la licence. À cela s’ajoutent encore de nombreuses mécaniques comme la contre-attaque, les points faibles, ou encore la possibilité d’améliorer les Artes à force de les enchaîner. Mais nous vous laissons découvrir toutes les subtilités du gameplay lors de votre découverte.

Tout est dans le titre

Afin de progresser dans l’aventure, il est important d’enchaîner les combats afin d’engendrer de l’expérience (EXP), mais aussi des Points de Compétence (PC). Changer de niveau vous permettra ainsi d’améliorer vos statistiques, mais il sera également très important de passer par le panneau de compétences de nos personnages. Plus vous obtenez de titres en jeu, plus vous débloquerez de panneaux de compétences par personnage. Grâce à vos points, vous pourrez ainsi obtenir de nouveaux Artes, ainsi que de nouvelles compétences et bonus statistiques. Et si vous débloquez l’ensemble des compétences d’un titre, vous obtiendrez un bonus additionnel. Il est donc très important de veiller à débloquer un maximum de titres, soit en progressant normalement dans l’aventure, soit en accomplissant des actions spécifiques comme éliminer X ennemis volants ou préparer X plats avec un personnage par exemple.

L’autre point important reste bien évidemment l’équipement, réduit au strict nécessaire. Chaque personnage équipera ainsi une arme, une armure et un accessoire. Les équipements peuvent être achetés auprès des marchands, trouvés dans des coffres en fouillant un peu dans les différentes zones, ou bien fabriqués via des forgerons. Grâce aux matériaux récoltés sur les monstres et les gisements de minerais, vous pourrez ainsi créer des armes ainsi que des accessoires. Les accessoires pourront d’ailleurs être confectionnés avec des minerais de plus ou moins grande qualité. Plus la qualité est grande, plus vous pourrez débloquer des effets bonus additionnels.

S’il n’y a pas d’autres options dans les équipements dits « utiles », les développeurs ont fait le plein concernant les cosmétiques. En débusquant les hiboux cachés un peu partout en ville et en extérieur, vous débloquerez des accessoires qui vous permettront de personnaliser vos héros. Ajoutez à cela la possibilité d’avoir des skins pour vos personnages et des armes bonus grâce aux extras disponibles dans cette version : il y a de quoi faire pour habiller, équiper et personnaliser nos héros au combat.

Ça joue la sécurité sur Nintendo Switch 2

On ne va pas se mentir, les portages des précédents Tales of sur Nintendo Switch nous ont fait grincer des dents à plusieurs reprises devant la fainéantise, le manque d’ambition et parfois des portages bâclés (la V.1 de Tales of Symphonia sur Switch était tout simplement horrible). Donc voir Tales of Arise arriver sur Nintendo Switch 2 mêlait satisfaction et inquiétude. Le jeu original est certes sorti sur PS4 en 2021, mais son esthétique globale aurait à mon sens rendu son portage sur Switch 1 impossible sans grosses concessions, poussant alors sans doute Bandai Namco à se reporter sur la Nintendo Switch 2, qu’ils boudaient jusqu’à présent pour la licence Tales of.

Et bien, contre toute attente, le titre tourne très bien sur Nintendo Switch 2. Que ce soit en mode portable ou salon, les développeurs ont préféré miser sur la stabilité avec un 1080p quel que soit le mode. Sympa en mode portable, mais on aurait aimé un petit boost en mode salon tout de même. Côté framerate, là encore les développeurs ont joué la sécurité en visant le 60 FPS pour les cinématiques et un 30 FPS constant en jeu (avec de rares micro-chutes lors de passages chargés en éléments). Les seuls petits défauts que l’on peut apercevoir sont au niveau des chargements de certaines textures après la visualisation de saynètes, et la reprise en jeu après une mini-cinématique.

Les saynètes ont d’ailleurs évolué avec cet opus, abandonnant les portraits 2D pour un rendu dynamique avec les modèles 3D en jeu. Si l’idée était bienvenue de base et plutôt dans l’ère du temps, elle montre aussi une certaine limitation technique au niveau des expressions faciales, où un simple éternuement peut paraître assez cheap. Si je suis plutôt satisfait du chara design global de cet opus, je trouve effectivement les expressions faciales assez limitées. Est-ce dû à l’abandon du cel-shading ou à des modèles 3D simplement pas assez expressifs ? Chacun jugera. Par contre côté musique…

La musique à l’image

On a tous dans un coin de la tête une ou plusieurs musiques de la licence Tales of qui reviennent de temps en temps à notre bon souvenir, mais soyons honnêtes, il est rare qu’elles restent gravées dans la mémoire collective comme la BO de Clair Obscur, de NieR Automata ou encore de Xenoblade. Avec Tales of Arise, Bandai Namco a décidé de changer la donne en employant Motoi Sakuraba, qui a aussi travaillé sur des licences « plus modestes » comme Dark Souls ou Star Ocean pour ne citer que quelques exemples. Ici, le choix est simple : tout miser sur l’orchestral, et une approche musicale beaucoup plus ambitieuse que dans les précédents opus.

Le titre reposant sur des thématiques puissantes, à savoir l’oppression, l’esclavagisme, le colonialisme, la politique, la vengeance, les inégalités et la coexistence. La bande-son arrive justement à accompagner avec brio les différentes zones de jeu. Le thème de la région de Calaglia est épique, et épouse parfaitement cette ambiance de feu et de cendres, où l’on sent la détresse des locaux. L’ambiance orchestrale généralisée de la bande-son renforce l’ensemble des scènes du jeu avec brio. Mais on notera quand même un peu de répétitivité, surtout lorsque l’on enchaîne des allers-retours pour accomplir les quêtes annexes.



8.5
Avec Tales of Arise - Beyond the Dawn Edition, cette version Nintendo Switch 2 propose une porte d’entrée solide pour découvrir un des derniers épisodes majeurs de la licence. Le jeu conserve toute sa force narrative et son système de combat particulièrement dynamique, tout en bénéficiant d’un portage techniquement stable, même si volontairement bridé. L’extension Beyond the Dawn apporte un épilogue intéressant, mais ne révolutionne pas une formule déjà bien établie. Une version propre, efficace, mais qui manque peut-être d’audace sur le plan technique.

  • Un système de combat dynamique, riche et gratifiant
  • Une histoire ambitieuse, portée par des thématiques fortes
  • Les relations évolutives entre nos personnages (mention spéciale pour Alphen et Shionne)
  • Une durée de vie conséquente avec l’extension incluse
  • Un portage propre sur Nintendo Switch 2...
  • ... mais avec une technique très prudente (1080p figé, peu d’optimisation visuelle)
  • Pas spécialement fan des saynètes en 3D
  • Une répétitivité ressentie sur certaines quêtes annexes et déplacements
  • Quelques chargements de textures visibles lors de transitions