Annoncé en grande pompe par Capcom lors du PlayStation 5 Reveal Event en juin 2020, PRAGMATA s’est rapidement imposé comme l’un des projets les plus mystérieux de l’éditeur japonais. Les reports à répétition, un silence radio prolongé et une communication parcellaire ont transformé le jeu en véritable énigme industrielle ces dernières années. Sorti de sa torpeur en décembre 2025 lors des The Game Awards, le titre voit enfin la lumière au bout du tunnel avec une sortie finalement calée au 17 avril 2026. Si la démo nous avait plutôt rassurés, un développement aussi problématique cache généralement de mauvaises surprises aux joueurs, mais rassurez-vous, ce n’est pas le cas ici.
Test réalisé à partir d'une clé fournie par CAPCOM
Allo Houston ? On a un problème de fibre !
PRAGMATA nous plonge dans un futur proche où les Hommes ont découvert sur la Lune un nouveau matériau révolutionnaire dénommé le lunum. En le raffinant via des nanomachines, il permet d’obtenir de la lunafibre, un matériau capable de reproduire des données structurelles et fonctionnelles en utilisant des sortes de grosses imprimantes 3D. Le Berceau est une station de recherche lunaire dans laquelle se déroulent les travaux de recherche sur ce nouveau matériau.
C’est dans ce contexte que nous incarnons Hugh Williams, un astronaute envoyé au Berceau avec des amis pour enquêter suite à l'arrêt total des communications avec la Terre. Une fois ces derniers arrivés, un séisme isole notre protagoniste, le faisant chuter dans une pièce isolée. Blessé et risquant de mourir, il est heureusement secouru par D-I-0336-7, une Pragmata de pointe, renommée Diana par Hugh pour plus de commodité. Malgré son apparence et son comportement de jeune enfant, Diana est avant tout un androïde qui a des capacités de hacking avancées. Suite au séisme, l’IA du Berceau, dénommée IDUS, semble dysfonctionnelle et prend les humains pour des cibles hostiles. C’est ainsi que les robots construits au Berceau vont être « détournés » pour attaquer nos deux compagnons d’infortune. La lunafibre va également subir des altérations plus ou moins importantes, et compliquer votre progression dans la base.
La mission est donc simple : survivre aux assauts des machines, comprendre pourquoi IDUS s’est rebellée, savoir où sont passés tous les humains de la station, et trouver un moyen de retourner sur Terre. Cette aventure va permettre également de voir se lier un lien presque filial entre Hugh et Diana, qui vont devoir unir leurs forces pour se sortir de ce bazar lunaire.
Je serai les bras, et toi la tête
À peine déclarés comme hostiles par IDUS, des robots sont envoyés contre Hugh. Équipé d’un simple pistolet cinétique, ce dernier est malheureusement inefficace contre les robots ennemis qui sont protégés par un blindage renforcé. C’est là que Diana entre en scène. Grâce à ses capacités, elle est capable d’afficher une matrice de hacking en ciblant un ennemi. Se déclenche alors un mini-jeu de puzzle qui vous demandera de déplacer le curseur jusqu’au nœud d’objectif vert. En l’atteignant, vous infligerez des dégâts de hacking et vous exposerez les points faibles de l’ennemi, qui, une fois visés par Hugh, feront nettement plus de dégâts. Le travail d’équipe sera donc indispensable pour pouvoir progresser dans la station.
Très vite, vous verrez votre arsenal augmenter de manière significative. Hugh possédera jusqu’à 4 types d’armes différentes : une arme principale, une unité d’attaque qui causera de lourds dégâts, une unité tactique pour disperser et gêner vos ennemis, et une unité de défense qui vous permettra de créer des leurres ou des zones sécurisées, par exemple. Les différentes armes de l’arsenal se débloqueront au fur et à mesure de votre progression dans la base.
Diana, de son côté, verra progressivement ses capacités de hacking s’améliorer. Sur la matrice, passer par les nœuds de hacking bleus vous permettra de renforcer les dégâts de hacking. Vous débloquerez progressivement des modules de hacking, qui seront représentés par des nœuds jaunes. En les traversant lors d’un hack, vous pourrez déclencher de nombreux effets, comme provoquer une surchauffe, paralyser les ennemis, ou encore pirater les robots à proximité de celui initialement ciblé. Ce sera à vous de déterminer quelles armes et quels modules de hacking vous correspondront le mieux pour vous constituer votre propre arsenal et résoudre les mystères de la station, et pour cela, le Refuge sera votre meilleur allié.
Tous les chemins mènent au Refuge
Après le séisme et le dérèglement de l’IA de la station IDUS, il devient extrêmement difficile pour nos héros de pouvoir se déplacer. Fort heureusement, ils réussiront à embarquer dans une ligne de tram qui les conduira jusqu’au Refuge, qui fera office de hub central. Cette zone, occupée par le robot Cabin, vous permettra de vous préparer avant de partir à l’assaut des cinq zones principales du jeu. C’est également ici que vous pourrez dépenser la lunafibre que vous récolterez pour améliorer vos armes, modules de hacking, mais également les capacités de votre combinaison ou de Diana.
Vos explorations vous permettront également de mettre la main sur de nombreux collectibles : composants d’amélioration, porte-cartouches (pour les soins), du lunum pur qui permettra d’améliorer les armes à un stade avancé, des modules à équiper à notre héros pour booster ses statistiques, et des jetons de Cabin, qui permettront de compléter des grilles de bingo pour débloquer des récompenses spéciales. Les amateurs de chasse aux bibelots seront contents de savoir que de petites figurines de Cabin se cacheront dans plusieurs niveaux, et elles n’attendent que d’être tirées dessus.
Vos explorations de la station seront l’occasion de découvrir de nombreux documents qui vous permettront d’en apprendre davantage sur les travaux en cours au Berceau, mais vous pourrez aussi mettre la main sur des Mémoires vectorielles, qui vous permettront, une fois au Refuge, de reproduire des éléments de la Terre pour le plus grand bonheur de Diana. Les trouver est purement facultatif, mais voir Diana s’émerveiller devant une balançoire ou des crayons de couleur vient contrebalancer le ton grave de la situation avec l’innocence d’une jeune enfant. On la verra d’ailleurs offrir à plusieurs reprises des dessins à Hugh au fur et à mesure que leur relation grandit.
La lune sous plusieurs facettes
Avec un jeu se déroulant exclusivement sur la Lune, on aurait pu penser que les environnements se montreraient vite répétitifs, mais il n’en est rien. Chacune des zones principales possède son propre style. Vous aurez ainsi l’occasion de visiter des labos très sobres, mais aussi des zones avec végétation, et vous aurez même l’occasion d’aller combattre des robots à l’extérieur, avec les effets de pesanteur qui vont avec. Le jeu est divisé en cinq grandes zones dans lesquelles vous devrez vous frayer un chemin à travers les pièges et les ennemis qui seront déployés par IDUS. Et chacune des zones proposera son lot de nouvelles armes et d’ennemis à affronter. Chacune des zones est relativement grande, mais vous pourrez faire fréquemment des pauses et retourner au Refuge en trouvant et en réactivant les nombreuses trappes de secours disséminées un peu partout.
En conclusion de chaque zone, vous trouverez un boss qu’il vous faudra éliminer. Il y en aura pour tous les goûts : du gigantesque, du technique, du… tentaculaire (on sent d’ailleurs de temps à autre une vibe Resident Evil). Fait amusant, on aura également le droit à quelques légers sursauts avec des robots planqués dans des angles morts. Mention spéciale pour le Camoufleur qui peut se rendre invisible et qui vous attendra la plupart du temps dans des zones sombres où vous n’aurez que votre lampe de poche.
Un jeu qui tient la route sur Nintendo Switch 2
Quand on a su que PRAGMATA allait arriver sur Nintendo Switch 2, on avait logiquement un peu peur de savoir comment tournerait le jeu. Heureusement, avant son arrivée, nous avons aussi pu (re)découvrir Resident Evil VII et VIII, et nous avons même pu apprécier Resident Evil Requiem, certes avec quelques concessions, mais parfaitement jouable sur la console hybride. PRAGMATA, de son côté, tourne également sur le moteur RE Engine, qui s’adapte une nouvelle fois à la console de Nintendo. Tout n’est pas parfait pour autant : il y a quelques textures qui peinent à se charger dans les environnements un peu fouillis comme le Terradôme, et certaines textures peuvent également être à la traîne durant les cinématiques. Les cheveux de Diana ont également cet effet un peu bizarre, mais on s’y habitue. Heureusement, côté fluidité, tout tourne parfaitement, que ce soit en mode salon ou en mode portable. Mais pour profiter au mieux de l’expérience, je recommanderais tout de même de privilégier le mode salon.
L’audio n’est pas en reste de son côté. Le titre arrive à merveille à habiller les scènes d’action avec des musiques dynamiques. Mais le jeu sait également maîtriser le silence, ce même silence qui nous rappelle que dans l’espace, personne ne nous entendra crier. Le titre arrive à maintenir des effets de tension et de peur en éliminant la musique lors de nos passages dans le vide de l’espace, ou encore dans les zones du Berceau vides de toute présence humaine et où la lunafibre est partie en vrille. Si la démo ne proposait qu des voix anglaises et japonaises, la version finale contient bien un doublage français de qualité, et notre progression sera régulièrement ponctuée de dialogues intéressants entre Hugh et Diana.
Côté scénario, on reste sur une structure très classique. Une IA détraquée, un matériau mystérieux capable de tout créer… que pourrait-il mal se passer ? L’aventure vous tiendra en haleine entre 12 et 15 heures en fonction de votre vitesse de progression et de votre envie de récupérer tous les collectibles et d’accomplir les simulations d’entraînement. En revanche, le vrai point fort narratif reste cette relation si particulière entre Hugh et Diana. Au fur et à mesure des découvertes au sein du Berceau, les deux protagonistes vont tisser des liens forts, Hugh racontant à Diana sa vie et ses voyages, et Diana, amnésique et ne connaissant que le Berceau, désireuse de découvrir les merveilles de la Terre et de pouvoir accompagner Hugh à son retour sur Terre. Bien que l’on ne s’y attende pas au premier abord, l’aventure est sujette à de nombreux rebondissements, que nous vous laissons le plaisir de découvrir par vous-même.
Enfin, côté contenu annexe, CAPCOM ne se moque pas de nous encore une fois. En terminant le jeu une fois, les joueurs pourront débloquer le mode New Game +, le mode de difficulté Lunatique, ainsi que le scénario annexe Signal Inconnu. Ce dernier vous permettra de découvrir une salle secrète vous permettant de débloquer de nouveaux costumes, modules et armes en réalisant des simulations qui requièrent d’accomplir des actions spécifiques pour être débloquées. Le meilleur conseil que l’on puisse vous donner pour vous donner envie de faire le jeu est de vous inciter à faire la démo, certes courte, mais qui vous permettra d’appréhender au mieux ce curieux mélange d’action et de puzzle-game.


