Nintendo Switch 2

MOUSE: P.I. For Hire

Test Switch 2

MOUSE: P.I. For Hire

Par Kosmo56 - Il y a 4 heures

N’en déplaise à certains, les jeux vidéos peuvent être une forme d’art. Alors quand Mouse : P.I. For Hire a été annoncé, il a retenu l’attention pour son style cartoon noir et blanc qui tranche avec le reste de l’industrie, et avec son genre de choix: le First Person Shooter. Mais un jeu, ce n’est pas qu’une jolie vitrine, c’est aussi un ensemble de designs, de gameplay, de rythme… enfin bref, a t-on à faire à une jolie poupée à la tête vide, ou à une vraie femme fatale ?

Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur

Digne de votre grand écran

Dans une ville sombre à l’ambiance maussade, Jack Pepper, détective privé se morfond dans son bureau, son cendrier fumant encore des reste de ses dernières cigarettes, son assiette tout juste vidée d’un bon gruyère. En fond, un vinyle de jazz langoureux crachote ses notes de cuivre. Soudain, des pas à l’extérieur, puis la porte s’ouvre. C’est un nouveau job qui attend Jack Pepper, et celui-là ne va être une partie de plaisir. Mais depuis quand son job l’est ? Il va falloir enquêter sur la disparition d’un magicien, sur les enlèvements ravageant la communauté des musaraignes, et sur la montée d’un parti politique radical et… meurtrier. L’histoire et l’ambiance générale sont celles d’un film noir classique aux multiples intrigues, mais le visuel est tout autre, car Jack et tous ses potes sont des souris ayant le look d’un dessin animé des années 30.




Parlons tout de suite de la présentation, certainement la qualité la plus remarquable du jeu au premier abord, évidente dans tous les trailers. Mouse : P.I. For Hire est un jeu ayant les traits d’un cartoon des premières années Disney, tout en noir et blanc. Les ennemis, les armes et les PNJs sont en 2D animée, les éléments interactifs sont en cel-shading et le décor est en 3D classique, mais ne jure pas avec le reste grâce à une direction artistique maîtrisée. Il faut un temps pour se faire au visuel, et à qu'est-ce qui est interactible ou pas, mais ça s'arrange vite. Vous pouvez si vous le voulez régler le degré de flou de l’image afin qu’elle ait l’air d’un film ancien, ou la rendre nette si vous voulez, un confort certain, mais vous n’échapperez pas au manque de couleurs. Pas très grave, car cela est vital pour l'atmosphère. Et en parlant d’atmosphère, la bande-son superbe entre jazz et swing va rythmer vos aventures, ainsi que tous les dialogues doublés par des très bons comédiens, dont Troy Baker pour le rôle de Jack. En d’autres termes, pas moyen de faire mieux dans le genre bien particulier qui a été choisi.

Mais alors, quand on joue ça donne quoi ? Mouse : P.I. For Hire est en fait un pur FPS à l’ancienne, très dans la veine des premiers DOOM. Si les ennemis en 2D qui vous font toujours face ne vous avaient pas mis la puce à l’oreille, la succession de batailles et de salles avec quelques énigmes vous convaincra. Pourtant, loin de se contenter d’un game design éculé, Mouse prend aussi de l’inspiration chez les derniers épisodes du FPS culte en réduisant drastiquement les ressources à disposition et en vous forçant à vous adapter, à changer d’arme, et à fouiller votre environnement pour trouver des munitions et de la santé. Et ceux-ci peuvent se révéler complexes, sans pourtant tomber dans le piège d’être des labyrinthes. Cerise sur le gâteau, quelques systèmes modernes sont également présents, comme des améliorations d’armes, de mouvements (double-saut, grappin, etc.) ou même des raccourcis dans les niveau qui ne sont pas rappeler les meilleurs designs de From Software. Mais prenez garde à sauvegarder quand vous le pouvez : les checkpoints, c’est pour les petites souris.

De la violence à la télé ! Ouaaaaaaais !

Mouse : P.I. For Hire se situe donc à la limite entre les « boomer-shooter » et les FPS d’exploration plus posés. Basé sur un système de niveaux accessibles à partir de la carte de la ville, le jeu vous propose même un hub central avec votre bureau et de quoi refaire le plein. C’est aussi ici que vous retrouverez des PNJs amicaux avec qui tailler le bout de fromage. Pas que les PNJs soient absents des autres zones, mais ils sont rarement interactibles, et on se rend compte que le tout reste plutôt linéaire. Et oui, c’est un jeu d’action avec un scénario qui concerne une enquête, pas un jeu d’enquête tout court ! Il faut bien savoir à quoi s’attendre sous peine de se décevoir tout seul. Mais pas d’inquiétude, en termes d’action, Jack Pepper connaît bien son métier : il est rapide et mortel.
Le jeu vous propose plusieurs armes, basiques pour commencer, comme un pistolet ou un fusil à pompe, puis plus tordues que je tairai mais qui prêtent à sourire, et chacune peut être améliorée, et possède un tir secondaire à débloquer. Avec une dizaine d’armes à dispo, vous finirez par être un arsenal ambulant, même si étrangement, le bouton de changement d’arme ne vous fait basculer qu’entre les deux dernières choisies, vous forçant à passer par un menu. Au delà de ça, vous disposez également d’un coup de pied au corps à corps, d’une esquive, mais aussi de la capacité à prendre et à lancer des tonneaux explosifs qui traînent. Combinez ça avec les options de mouvement et des décors souvent riches en éléments interactifs, et chacune des nombreuses batailles est haletante et unique. Les animations du jeu donnent une nouvelle couche plaisante aux affrontements en montrant vos adversaires se transformer en squelette, tas de cendres ou autre selon la façon dont vous les envoyez ad patres. Une violence à peine contrée par l’aspect mignon des personnages, et qui ancre tout le même le jeu hors des titres accessibles aux plus jeunes malgré son aspect cartoon.

Noir comme les veines d’un bon roquefort

Mouse : P.I. For Hire n’est pas qu’un beau jeu avec un gameplay solide. Il respecte également à la lettre les codes du film noir tout en ne se prenant pas au sérieux quand il le faut. Femme fatale, trahisons, vieilles connaissances, tout y est, et aussi une sacrée dose de références au fromage ou à tout ce qui touche les souris en général. Le monde est superbement construit et l’écriture en général est un vrai point fort. Si la traduction française est excellente, on perd un perd de mordant sur certaines références ou thèmes qui n’auront pu être transmis, comme les musaraignes maltraitées qui sont en anglais les « shrews » soit un mot ressemblant beaucoup à l’anglais pour « Juifs » (jews) et qui donne un ton bien plus sombre à la montée du Parti et la discrimination qui nous est présentée. Toutefois, rien qui ne gâche l’expérience, et il arrive même que le français se permette de tous nouveaux jeux de mots hilarants.

Cerise sur le gâteau, la durée de vie du jeu est vraiment honnête atteignant les 10 heures en ligne droite, et bien au-delà en allant cherchant les très nombreux secrets du jeu, y compris les coffres qui ne vous laissent qu’une chance de les ouvrir, les petites BD, ou les journaux. Ai-je mentionné le petit jeu de cartes à collectionner basé sur le baseball ? C’est qu’il y a beaucoup à faire en ville, et pas grand-chose à bouder. Sauf si vous n’aimez pas les FPS du tout. Ou les souris. Ou que vous travaillez pour IGN et que vous savez pas écrire un article sur un jeu vidéo. Mais personne ne peut être si incompétent… si ?

 

 

9
Mouse : P.I. For Hire est bien plus que la somme de ses composants : c’est un jeu d’ambiance, un FPS dynamique, une petite œuvre d’art, un hommage au cinéma et aux jeux vidéos, et surtout, son propre produit qualitatif. Sans nul doute l’œuvre d’un studio acharné rempli de passionnés il serait dommage de passer à côté, sauf si vous êtes vraiment, mais VRAIMENT allergique aux FPS. Entre ses visuels léchés, sa bande-son incroyable, son ambiance si réussie et son gameplay frénétique, Mouse : P.I. For Hire hisse très très haut la barre pour les jeux indés.

  • Un aspect visuel unique et réussi
  • Une bande-son de folie
  • Un gameplay frénétique qui associe le meilleur du neuf et du vieux
  • Un level design très bien pensé
  • Une présentation au top
  • Une écriture intelligente et bien rythmée
  • TrOp De BlAgUeS sUr Le FrOmAgE... Non je rigole. Ca reste un FPS et les allergiques ne seront pas forcément convaincus.
  • Très linéaire malgré sa rejouabilité et son aspect ouvert