Nintendo Switch 2

Fallout 4: Anniversary Edition

Test Switch 2

Fallout 4: Anniversary Edition

Par ggvanrom - Il y a 1 heure

Il y a des jeux qui marquent une génération. Et puis il y a ceux qui s’installent durablement, qui reviennent, s’améliorent, s’étoffent, traversent les machines sans jamais vraiment disparaître. Fallout 4 fait clairement partie de cette seconde catégorie. Sorti en 2015 sous la houlette de Bethesda Game Studios, le RPG post-apocalyptique s’offre aujourd’hui une nouvelle vie sur Switch 2, dans une Anniversary Edition présentée comme la version la plus complète jamais proposée sur console Nintendo. Après avoir porté The Elder Scrolls V: Skyrim Anniversary Edition sur Nintendo Switch 2 en décembre dernier, Bethesda retente l’expérience sur la dernière machine de Nintendo, plus ambitieuse. Mais cette fois, le défi est d’une autre ampleur : le Commonwealth est dense, vertical, instable… et historiquement capricieux techniquement.

Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.

Une introduction toujours efficace

On ne présente plus vraiment Fallout 4. Pourtant, difficile de ne pas évoquer son introduction, toujours aussi marquante. Une banlieue américaine figée dans un rêve rétro-futuriste, l’alerte nucléaire, la course vers l’Abri 111… puis le réveil, des décennies plus tard, dans un monde pulvérisé. Le cadre reste d’une efficacité redoutable. Boston et ses environs, transformés en Commonwealth irradié, offrent un terrain de jeu vaste, fragmenté, crédible. Ruines urbaines, autoroutes suspendues, marécages toxiques, laboratoires secrets : l’exploration demeure l’un des grands plaisirs du jeu. Sur Nintendo Switch 2, cette introduction conserve toute sa force. Les temps de chargement sont nettement plus courts que sur les consoles d’origine, et la mise en scène, bien que datée sur certains aspects (animations faciales notamment), fonctionne toujours.



Une Anniversary Edition vraiment complète ?

Cette édition regroupe :

  • Le jeu de base
  • Les six extensions officielles :
    • Far Harbor
    • Nuka-World
    • Automatron
    • Wasteland Workshop
    • Contraptions Workshop
    • Vault-Tec Workshop
  • Un large ensemble de contenus issus du Creation Club (armes, armures assistées, quêtes, habitats, cosmétiques…)

Sur le plan du contenu pur, difficile de faire la fine bouche. Far Harbor reste un sommet d’écriture et d’ambiance brumeuse. Nuka-World apporte une tonalité plus décalée et un terrain de jeu rafraîchissant. Les DLC orientés “construction” renforcent, eux, la dimension sandbox. On parle ici de centaines d’heures potentielles. Pour un joueur découvrant le titre aujourd’hui, c’est un RPG colossal, dense, généreux.

La quête principale visant à retrouver votre fils vous permettra de croiser différentes factions importantes, et une thématique centrale sera posée concernant la cohabitation entre les humains et les synthétiques. Encore une fois dans la licence, rien n'est blanc ou noir, tout est question de nuance de gris, et si vous n'avez pas eu connaissance des révélations finales du jeu lors de sa sortie initiale, nous vous laissons apprécier la découverte aujourd'hui.

Toujours aussi prenant... mais toujours aussi bancal

Fallout 4 avait marqué un tournant dans la série en accentuant sa dimension action. Les fusillades sont plus nerveuses que dans Fallout 3 ou Fallout: New Vegas, le feeling des armes plus solide, le système de loot plus addictif. Le S.P.A.V. (Système de Visée Assistée Vault-Tec), toujours présent, permet de ralentir l’action pour cibler des membres précis. Moins stratégique qu’avant, plus dynamique, il reste un outil efficace, surtout en mode portable où la précision au stick peut parfois trahir. La construction de colonies, elle, divise encore. Certains y voient une richesse incroyable, d’autres une distraction artificielle. Sur Nintendo Switch 2, la manipulation reste fluide, même si l’ergonomie au pad n’est pas toujours idéale lors des constructions complexes. Il est dommage que le titre n'ait pas pu profiter d'une compatibilité avec le mode souris des Joy-Con 2 en revanche...

Côté écriture, le jeu assumait son orientation plus “grand public”, au grand désarroi des amateurs de la première heure de la licence : système de dialogues simplifié, choix moins radicaux que dans New Vegas. Cela ne l’empêche pas d’offrir des quêtes secondaires mémorables et des factions aux visions opposées (Institut, Confrérie de l’Acier, Le Réseau du Rail etc.).

Un technique optimisée sur Nintendo Switch 2 ?

C’était la grande inconnue. Sur Nintendo Switch 2, Fallout 4: Anniversary Edition propose plusieurs taux de rafraîchissement ciblé : 30/40/60 FPS. De base, le jeu est réglé en 60 FPS, mais cela peut être rectifié dans les options. En docké, le jeu affiche une image propre, stable, avec un niveau de détail convaincant. Les ombres et la végétation restent en deçà des versions current gen, mais on est clairement au-dessus des standards de la Nintendo Switch première du nom, et le titre n'a pas à rougir par rapport aux premières versions sur jeu. En portable, la surprise est réelle : le jeu reste lisible, relativement stable, et surtout jouable confortablement. Les chutes de framerate existent dans les zones urbaines très chargées ou lors d’explosions massives, mais elles ne rendent pas l’expérience injouable.

Les bugs, en revanche, font partie de l’ADN Bethesda, et ils sont toujours là (comme pour Skyrim). Scripts qui se bloquent, PNJ figés, collisions étrange, bugs avec le déclenchement de certains dialogues audio. Rien de dramatique, mais rien de totalement corrigé non plus. Dix ans plus tard, Fallout 4 reste Fallout 4.

La Guerre ne meurt jamais, mais elle gagne en confort

La direction artistique conserve toute sa force : ce mélange de ruines, de couleurs délavées, de néons rétro et de stations radio jazzy fonctionne encore à merveille. Se promener dans les terres désolées en écoutant Diamond City Radio procure toujours ce sentiment unique, entre mélancolie et ironie mordante. La bande-son orchestrale accompagne efficacement les phases d’exploration, même si elle n’atteint pas les sommets émotionnels d’un The Elder Scrolls V: Skyrim.

Mais c'est au niveau du confort que cette version trouve sa légitimité. Pouvoir lancer une quête secondaire, explorer un bâtiment abandonné ou optimiser sa colonie en session courte change la relation avec le jeu. Fallout 4 devient plus modulable, et on progresse différemment. En revanche, on regrette l’absence de fonctionnalités spécifiques poussées : pas d’usage avancé du tactile, pas d’options gyro particulièrement mises en avant. C’est un port solide, mais classique dans son approche.

8
Fallout 4: Anniversary Edition sur Nintendo Switch 2 ne réinvente rien. Il ne corrige pas tous ses défauts structurels. Il ne devient pas soudainement un RPG plus profond qu’il ne l’était. En revanche, il devient portable, stable, complet et confortable. Pour qui n’a jamais foulé le Commonwealth, cette Anniversary Edition est une porte d’entrée idéale. Pour les vétérans, c’est l’occasion de replonger dans un monde immense avec une liberté nouvelle. Ce n’est peut-être pas la version ultime techniquement, mais c’est probablement la version la plus flexible à ce jour.

  • Un contenu colossal avec les DLC et le Creation Club
  • Portage techniquement solide
  • On peut opter pour cibler les 30, 40 ou 60 FPS
  • Le scénario, toujours en nuance de gris
  • Des bugs persistants, 10 ans après
  • Le système de dialogues simplifiés
  • Pas de fonctionnalités spécifiques aux capacités de la Nintendo Switch 2
  • Une version boîte sans cartouche, avec un code de téléchargement...