Nintendo Switch 2

Disgaea Mayhem

Test Switch 2

Disgaea Mayhem

Par ggvanrom - Il y a 6 heures

Après avoir régné en maître de longues années sur le genre du Tactical-RPG, la licence Disgaea se frotte à présent à l'Action-RPG avec Disgaea Mayhem, mais est-ce que passer de la réflexion chaotique brillante à un jeu d'action garantie un gage de qualité ? Rien n'est moins sûr…

Test réalisé entre deux parts de flan, via une clé fournie par l'éditeur.

Ne me raconte pas de flan N/A !

L'histoire de Disgaea Mayhem débute dans le Sous-monde suprême, aux commandes d'un protagoniste ténébreux répondant au nom de N/A. Ce dernier est en train de castagner une ribambelle de démons sur commande de Tichelle, la jeune souveraine de ce sous-monde. Fille de feu Sa Majesté Malgraf, elle décide d'engager le mercenaire N/A pour une tâche de la plus haute importance : récupérer les parts du Flan Primordial, dérobées par les Six Pourfendeurs, d'anciens vassaux de Malgraf. N'y allons pas par quatre chemins, toute l'intrigue tourne autour des histoires de flans. Si ceux qui ne connaissent pas l'univers de Disgaea pourraient être interloqués, les fans au contraire retrouveront sans mal l'humour absurde propre à la licence.

C'est donc dans ce joyeux bazar que N/A va être invité à retourner le Sous-monde à la recherche des Six Pourfendeurs. La licence Disgaea étant connue pour être extrêmement chronophage (dans le bon sens du terme), j'avoue avoir été choqué de voir les crédits de fin au bout de 12h de jeu, dont 6h à peine ont été allouées à l'aventure principale. Et si d'habitude les joueurs se concentrent davantage sur le post-game des jeux de la licence, ici il est famélique, et on sait d'ores et déjà qu'un scénario est prévu en DLC…



Un Flan sans additif…

Côté construction de jeu, les fans de Disgaea ne seront pas perdus une nouvelle fois. Nous évoluons dans le château de Tichelle qui fait office de Hub central. Nous pourrons y trouver au début de l'aventure le Rosen Queen, boutique emblématique pour acheter armes, armures et objets de soins, ainsi que le guide dimensionnel qui va vous permettre de progresser dans l'aventure principale. Les joueurs vont ainsi devoir traverser 8 épisodes + 1 épilogue post-game pour découvrir l'ensemble de l'histoire du jeu. Chaque épisode est constitué de plusieurs chapitres où l'objectif est extrêmement simple : éliminer des vagues de monstres jusqu'à faire apparaître le boss de la zone. Une fois éliminé, le chapitre se termine, vous permettant ainsi de gagner de l'or (HL), de l'XP pour monter de niveau, et des points de mana qui seront très importants pour la suite. Vous débloquerez également des objets et des équipements plus ou moins rares après un chapitre.

Côté combat, on est sur un Musou-Like ce qu'il y a de plus classique, sauf que nous contrôlons un unique personnage en la personne de N/A. En contrepartie, on a la possibilité d'utiliser 7 types d'armes, les poings, l'épée, la lance, la hache, l'arc, les pistolets et les bâtons. Vous aurez ainsi le choix entre un gameplay bourrin et un autre basé sur les attaques à distance. À noter que chaque arme possède jusqu'à 4 capacités en fonction de la rareté de l'arme. À vous de choisir quel sera votre type d'arme préféré. Enfin, il est à noter que vous ne pouvez pas switcher d'équipement lors des missions… Enfin presque.

Un buffet dessert presque à volonté

Très rapidement, vous allez débloquer du contenu additionnel pour augmenter l'intérêt du jeu. Exit l'assemblée démoniaque, bienvenue l'assemblée sucrée. Contre une certaine quantité de mana, c'est ici que vous pourrez faire voter de nouvelles lois, comme par exemple tripler l'expérience au prochain combat, apporter plus d'objets en combat, ou débloquer de nouveaux modes de jeux. Chaque proposition est soumise au vote de plusieurs artisans, et si vous avez une majorité de voix pour, le vote est validé. Dans le cas inverse, 3 solutions : repartir la queue entre les jambes, tenter de soudoyer les artisans avec des pièces d'or, ou bien les convaincre par la force brute. Avant chaque vote, vous avez aussi la possibilité d'impacter leur vote en leur offrant des pots-de-vin… à se demander qui a recopié sur qui entre le jeu vidéo et le monde réel. Bien évidemment, chaque sénateur a un niveau de combat dédié, donc les demandes les plus farfelues comme détourner les fonds de l'assemblée vous fera affronter des monstres dépassant sans soucis le niveau 999, tenez-vous-le pour dit.

On n'en avait pas spécialement parlé jusqu'à présent, mais côté difficulté, on est sur un jeu qui est relativement facile. Certes, en début de partie vous devrez peut-être refaire une mission 1 ou 2 fois histoire de ne pas être en sous-level par rapport à la recommandation faite par le jeu, mais ce problème de niveau va très rapidement être éclipsé par une autre mécanique bien connue des fans de la licence : le Monde des objets. Pour faire simple : chaque objet possède un niveau de rareté et des statistiques propres. Plus une arme est rare, plus ses stats sont intéressantes. Le monde des objets vous permet ainsi de rentrer dans un objet que vous voulez améliorer afin d'affronter des vagues d'ennemis. L'objet gagne progressivement des niveaux jusqu'à ce que vous soyez mis KO, ou que vous finissiez les vagues. Plus l'objet est précieux, plus le niveau recommandé pour vous y atteler sera élevé. Mais le jeu en vaut grandement la chandelle car si vous avez par exemple une arme légendaire au niveau 1 avec 100 d'attaque, vous pouvez la faire monter au-delà du niveau 500 avec un peu de chance et récupérer un bonus d'attaque qui dépasse les 1500 points, faisant passer votre arme de départ pour un cure-dent en l'espace de quelques minutes. Si le niveau de votre personnage est un point important, ce dernier peut être complètement négligé si vous avez monté le niveau de vos équipements via le monde des objets. À noter qu'entre chaque vague, vous pouvez débloquer un bonus comme un boost d'attaque ou de défense, un bonus XP pour vous permettre de prendre encore plus de niveaux pour votre personnage, ou encore visiter un Antre des mystères pouvant vous apporter des bonus comme des malus. Le nerf de la guerre dans chaque opus de Disgaea réside dans l'amélioration de son équipement.

On notera également la présence d'un mode triche permettant d'impacter le taux d'XP, d'or ou de mana, ainsi que la maîtrise des armes et le nombre d'objets débloqués. Très sincèrement, si vous avez compris l'intérêt du monde des objets, vous roulerez littéralement sur le jeu et vous n'aurez pas besoin de ce mode. Une autre mécanique très intéressante réside dans la réincarnation. Vous pouvez, après un vote à l'assemblée, faire repartir N/A au niveau 1 et, en échange d'une quantité plus ou moins importante de mana, lui donner des bonus de PV, d'attaque ou de défense définitifs. Autant vous dire qu'après avoir passé 6 heures sur les 12 de ma run dans le monde des objets pour améliorer des armes légendaires, et après 3 bonnes réincarnations bien placées, si vous équipez N/A de plusieurs équipements légendaires qui dépassent le niveau 500, que vous soyez niveau 1 face à des monstres de niveau 100 ne vous empêchera pas de détruire d'un coup tout le bestiaire qui se présente à vous, simples mobs comme boss. Vous pourrez toujours passer par le comptoir de la triche pour augmenter la force des ennemis, mais quel intérêt au final ?

Mon pote pour la vie a aussi droit à sa part de flan

Côté bestiaire, ne nous mentons pas, on est sur un casting assez pauvre. Vous pouvez compter au total 16 types d'ennemis différents, eux-mêmes classés en 3 catégories, ayant des couleurs et des patterns d'attaques différents. Vous retrouverez ainsi les classiques Prinnies, Mites et Champignons propres à la série, mais vous aurez aussi quelques créatures plus exotiques comme les Félines, Sahagins ou encore les Totaupes pour ne citer que quelques exemples. Très rapidement, vous débloquerez l'éleveur de monstres dans votre hub. À chaque fin de mission, vous aurez une chance de pouvoir capturer de manière aléatoire un ou plusieurs monstres que vous avez battus. Le monstre s'obtient alors en dépensant des points de mana, et il vous rejoint avec un niveau spécifique, mais nu comme un ver. Il ne tiendra qu'à vous de l'équiper avec une arme de monstre et du matériel adéquat pour en faire une bête sauvage. Tout comme N/A, vous aurez également la possibilité de faire réincarner vos monstres dans une version améliorée pour profiter d'un boost de statistique non négligeable.

Avant de partir en combat, vous pouvez emmener un monstre de votre choix avec vous. Chaque monstre possède des affinités élémentaires et des statistiques propres. Je vous dirais bien de faire attention à ces affinités, mais une fois équipé avec du matériel amélioré dans le monde des objets, eux aussi font des ravages. On regrettera cependant que l'IA de notre compagnon ne soit pas plus développée que le QI d'un flan qui serait resté un peu trop longtemps dans le four. Mais le principal intérêt d'emmener un monstre avec soi, c'est pour l'utilisation du Magimorph, une capacité propre à la licence Disgaea. Les monstres peuvent en effet se transformer en une arme spécifique une fois la jauge de Magimorph pleine, permettant ainsi à N/A de manier une autre arme en plus de celle de base, et de pouvoir déclencher une attaque combinée dévastatrice avant que le familier ne reprenne une forme normale.

Vous aurez également l'occasion de débloquer, en plus de l'animalerie, le Monde des persos, qui vous permet cette fois-ci de jouer à une sorte de jeu de l'oie en « incarnant » Tichelle et un groupe de 4 de vos monstres. Vous vous rendrez alors dans le monde « à l'intérieur » de N/A, et en arrivant au bout du plateau à coups de dés, vous pourrez obtenir des bonus intéressants comme une amélioration des statistiques, l'obtention d'un nouveau maléfice (une technique passive), débloquer un nouveau slot pour vos maléfices, ou encore augmenter votre maîtrise d'armes. Pour apprendre les maléfices, c'est très intéressant, mais personnellement pour le boost des personnages, rien ne vaut la réincarnation et le monde des objets.

Comme un arrière-goût de regret en bouche

Avant de me lancer dans le jeu complet, j'avais téléchargé la démo du jeu sur l'eShop, et très sincèrement, je crois que l'on est face à une des démos les plus mauvaises que j'ai vues ces dernières années. Une démo trop courte qui n'explique rien, qui nous largue en combat et qui nous ramène à l'écran d'accueil au bout de 3 minutes montre en main. Le meilleur conseil que je pourrais donner aux joueurs serait de réussir à tester le jeu complet et de ne pas se pencher sur la démo.

Si le jeu complet m'a un peu rassuré en mettant en avant cette histoire abracadabrantesque et le contenu additionnel comme le monde des objets, force est de constater qu'il y a un vrai problème de rythme avec Disgaea Mayhem. Les objectifs en combat sont toujours les mêmes, à savoir « Terrassez les monstres gênants ». Les décors, bien que variés, sont pauvres en termes de détail et de level-design. N/A est rigide comme pas possible et la palette de coups n'est pas assez diversifiée. On a vraiment l'impression de se retrouver devant un Musou de la fin de l'ère PS2, voire début PS3 pour être gentil. Les patterns des monstres sont limités au possible, il n'y a pas de recovery lorsque l'on est touché par des lasers, les monstres d'une même espèce crient la même chose à chaque attaque, bref, on est vraiment sur un niveau de finition insuffisant pour un Action-RPG de 2026. Au moins l'humour typique de la licence et l'ambiance musicale sont là pour sauver un peu les meubles… On note tout de même la présence de deux modes de traitement d'image : Qualité pour une bonne qualité mais avec de possibles chutes de framerate, et Performance pour avoir l'action la plus stable possible. Personnellement je suis resté en mode Performance, ayant majoritairement joué en mode portable, et je n'ai pas eu de chutes de framerate constatées.

Côté objets, la liste des items à récupérer est vraiment longue, mais ne nous mentons pas, vous allez privilégier un voire deux types d'armes, en améliorer 1 ou 2 via le monde des objets, faire pareil pour 2 pièces d'équipement, et avec ça vous êtes paré pour retourner l'aventure principale. Si NIS a fait l'effort de traduire et de donner un doublage anglais / japonais au personnage, pourquoi diable ne pas leur avoir fait doubler les dialogues lorsque l'on est dans les phases d'action ? Personnellement, j'ai loupé les 3/4 des dialogues en combat car trop occupé à taper sur ce qui bougeait et à courir dans tous les sens. Un chapitre se termine en 3-5 minutes maximum, chaque épisode contient 5 ou 6 chapitres, mais à un moment donné, un des épisodes ne contient que 2 chapitres, et l'épisode final n'en contient qu'un seul, avant de voir les crédits qui laissent supposer que l'histoire continue… mais en fait non…

Une fois l'épisode final terminé, vous pouvez débloquer l'épilogue via l'assemblée sucrée, ce qui vous demandera une quantité importante de mana et très peu de chance de réussite via un vote normal. Mais, personnellement, après le temps passé dans le monde des objets, j'avais plus d'un million de points de mana qui ne demandaient qu'à être utilisés, et malgré le fait que j'étais face à une assemblée qui avait des artisans avec des niveaux qui passaient sans problème le niveau 500, c'est mon petit N/A du haut de son niveau 185, réincarné 3 fois et équipé d'armes et d'armures légendaires, qui a fait plier l'assemblée par la force sans aucune difficulté. Tout cela pour débloquer un mini épisode en 3 chapitres, recommandant d'être niveau 200, 400 et 600, alors qu'encore une fois, en étant même pas niveau 200, j'ai vu tout balayer grâce à un équipement à peine optimisé. Au final, mon temps global sur le jeu, post-game inclus, aura été de 13 heures, mais vu qu'à part l'épilogue il n'y a plus de post-game, je ne me vois pas enchaîner le monde des objets pour améliorer des armes et armures qui ne me seront d'aucune utilité étant donné que j'ai déjà retourné le jeu et l'épilogue avec de l'équipement légendaire débloqué aux 2/3 de l'aventure principale. Si cela ne vous dérange pas de jouer encore et encore sur la même map mauve propre au monde des objets simplement pour améliorer vos armes, effectivement la durée de vie du jeu s'en retrouvera décuplée, mais, très sincèrement, je n'y vois aucun intérêt pour ce jeu.


 

5.5
Si la licence Disgaea fait office de mastodonte dans le monde du Tactical-RPG, longue sera la route avant que la licence ne s'impose dans le domaine de l'Action-RPG. Si le jeu donne l'impression d'un contenu énorme avec ses objets à foison, on se retrouve au final avec un scénario qui peut se boucler en un après-midi, des décors variés mais pauvres, et un aspect technique ayant 1 ou 2 générations de retard. En tant que fan de la licence Disgaea, j'ai apprécié retrouver la licence sous un nouveau jour, mais pour reprendre la thématique principale du jeu, j'ai l'impression qu'il manque à ce flan encore quelques ingrédients essentiels pour pouvoir proposer aux joueurs une expérience gustative digne de ce que nous propose la licence Disgaea depuis des années.

  • L'humour décalé propre à la série Disgaea
  • Le Monde des objets toujours aussi addictif
  • Les nombreuses possibilités de personnalisation
  • Une prise en main accessible
  • Sous-titré en français
  • Une campagne principale beaucoup trop courte
  • Un contenu post-game étonnamment limité pour un Disgaea
  • Un gameplay répétitif, les objectifs et les affrontements évoluent peu
  • Une réalisation technique datée
  • Un équilibrage perfectible, le Monde des objet peut littéralement casser le jeu
  • Un bestiaire au final peu varié