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Wonder Boy Collection

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Wonder Boy Collection

Par Thatgunman - Le 17/06 à 08:00

Si la série a été mise en hibernation jusqu'à tout récemment (avec la sortie du très bon Monster Boy and the Cursed Kingdom), la série des Wonder Boy jouit d’une bonne réputation au point de voir régulièrement apparaître des portages/remakes ou même des successeurs spirituels. Dernier événement en date pour la licence de Westone, la sortie d'une toute nouvelle compilation : Wonder Boy Collection.

Le retour de l'enfant prodige

Wonder Boy Collection comporte 4 jeux : Wonder Boy, Wonder Boy in Monster Land, Wonder Boy in Monster World ainsi que Monster World IV. La liste est tristement vide, faisant l’impasse sur certains classiques de la série dont Wonder Boy III : The Dragon's Trap et Wonder Boy III : Monster Lair. De la même manière, chaque opus est disponible dans une seule version. Dommage, quand on sait que les portages des deux premiers épisodes sur console étaient soignés et proposaient quelques améliorations notables comme deux nouvelles zones pour Wonder Boy ou un système de mot de passe pour sa suite. Tout ce contenu se retrouve en revanche sur la version physique disponible en édition limitée. Il s’agit d’une stratégie que l’on a déjà pu observer par le passé, qui nous laisse face à une version numérique un peu trop dépouillée, mais qui provoque aussi l’incompréhension, car ce n’est pas moins de 3 versions qui sont disponibles dans le commerce.

Quatre jeux d'exception...

Mais reprenons depuis le début : Wonder Boy est une série ayant été développée par Westone (anciennement Escape). Tout commence avec le jeu éponyme sur Sega System 1 (contrairement à ce qu’indique l’écran de sélection du jeu, affichant l’écran-titre de la version Master System). Dans ce jeu de plateforme plutôt basique, on avance en évitant les obstacles et en éliminant les ennemis, tout en veillant à ce que la jauge d’endurance ne tombe pas à zéro. Sur le chemin, on trouve des aliments permettant de récupérer de l’endurance, mais aussi des œufs, distribuant à la fois bonus et malus.

On peut noter la présence d’un skateboard, vous faisant avancer automatiquement, et permettant de finir plus vite les niveaux. Sorti en 1986, Wonder Boy propose un gameplay basique, mais réjouissant. Les contrôles répondent très bien et on se surprend de la variété des niveaux et des ennemis dans un jeu de cette époque. Jeu d’arcade oblige, la difficulté est extrêmement relevée. Wonder Boy faisait partie de ces jeux ayant la réputation d’avaler très rapidement les pièces des joueurs, ce qui ne lui a pas empêché d’atteindre un succès retentissant. Encore aujourd’hui, Wonder Boy est un titre plaisant, offrant un challenge conséquent.

Pour sa suite, intitulée Wonder Boy in Monster Land, toujours sur Sega System 1 (là aussi, l'écran titre nous montre la version Master System plutôt que la version arcade), les développeurs optent pour un gameplay atypique pour un jeu d’arcade. Ayant été fortement inspirés par Wizardry, des éléments de jeu de rôle, comme la gestion de l’équipement et de l’inventaire ou encore l’exploration de niveaux plus vastes sont implémentés rompant totalement avec le premier volet.

À première vue, il est difficile de remarquer la filiation entre les deux premiers épisodes de la série. Pourtant, la maîtrise des phases de plateforme, le design général, bardé de couleurs témoignent de toute l’expérience acquise du premier Wonder Boy. Wonder Boy in Monster Land est agréable, avec une variété d’ennemis ayant chacun un pattern particulier, des décors encore plus diversifiés que ceux de son prédécesseur et des musiques plus complexes, dont certaines sont devenues des éléments récurrents dans la série.

Nous passons donc malheureusement sur Wonder Boy III : The Dragon's Trap et Wonder Boy III : Monster Lair pour nous attaquer à Wonder Boy in Monster World, dans sa version Mega Drive. Voulu comme un Best Of de Monster Land et Dragon’s Trap, Monster World en reprend le gameplay, les ennemis et une partie des environnements, avec une carte encore plus vaste. On y retrouve tout ce qui fait le sel de la série, sans grande nouveauté. La maniabilité n'a pas trop bougé, et on retrouve très souvent les mêmes gimmick des jeux précédents. On apprécie tout de même les quelques nouveautés avec notamment la fameuse séquence d'ocarina.

Attention cependant, Monster World est un épisode majeur de la série, avec un gameplay bien maîtrisé, un level-design demandant de multiplier les allers-retours sans lasser le joueur, et des graphismes tout bonnement incroyables. L’univers est encore une fois très coloré et les panoramas, dont l'aspect est similaire à un coloriage au crayon, en font probablement l’un des plus beaux jeux de la Mega Drive. Les musiques sont magnifiques et très entraînantes, avec en prime quelques reprises des thèmes bien connus de la série. Souvent oublié, Monster World est un excellent jeu d'action et de plateforme à ne surtout pas sous-estimer.

Terminons par Monster World IV, sorti en 1994. Inspiré cette fois-ci de l’esthétique orientale, Monster World IV dépoussière la série des Wonder Boy avec une maniabilité totalement revue, une panoplie de mouvement plus large et des ambitions plus poussées concernant l’exploration. Notre protagoniste, Asha, est accompagnée de Pepelogoo, un monstre sphérique bleu servant à surmonter les nombreux obstacles du jeu. Encore enrichie de nouveaux mouvements grâce à son acolyte, la palette de mouvement d'Asha nous fait découvrir une nouvelle approche du level design rafraîchissante pour la série, s’approchant d’une sorte de parkour vidéoludique. Le nombre de dialogues a été revu à la hausse, avec des personnages inoubliables et une fois n’est pas coutume pour la série, les somptueux graphismes et les animations rendent l'ensemble très vivant.

... Et c'est tout

On commence à connaître Ratalaika Games, développeur de la compilation. Comme toujours, on retrouve la possibilité de rembobiner le jeu (très pratique pour le premier Wonder Boy), et quelques filtres pour les amateurs de scanlines. Pour le reste, rien de bien folichon : les menus sont tristes, la galerie d’illustrations est rachitique, pas d’options un tant soit peu originales comme on peut le voir avec Digital Eclipse, M2, ou tout simplement les portages de Gynoug et Gleylancer des mêmes développeurs… À titre d’exemple, Sega Vintage Collection : Monster World de M2, même s’il ne comprenait pas le tout premier Wonder Boy, proposait bien plus en termes de contenu annexe, et pour 20 € de moins. La localisation française est encore une fois au fraises, avec des options dont le nom nécessite une sacrée gymnastique mentale pour leur trouver une signification.

6
La compilation Wonder Boy Collection délivre le service minimum de ce qu’on attend d’une anthologie d’une licence aussi mythique que Wonder Boy. Les jeux ont très bien vieilli, mais on regrette un manque d’imagination pour nous les faire redécouvrir dans les meilleures conditions qui soient.

  • Quatre excellents jeux qui n'ont quasiment pas vieilli
  • Beaucoup d'options d'affichage
  • La présence du rembobinage et de l'avance rapide
  • Des impasses sur deux titres majeurs pour la série
  • Une seule version disponible par jeu
  • Finition laissant à désirer (localisation, menus)
  • Pas de modes de jeux bonus, et peu de contenu supplémentaire

Thatgunman

For great justice
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