Nintendo Switch

Voice of Cards: The Beasts of Burden

Test Switch

Voice of Cards: The Beasts of Burden

Par ggvanrom - Le 20/09 à 19:00

Troisième épisode de la nouvelle franchise de RPG « sur plateau » signée Yoko Taro, Voice of Cards: The Beasts of Burden nous plonge dans une aventure qui va une nouvelle fois nous amener à réfléchir. Mais avec 3 opus parus en moins d’un an, est-ce que ce nouvel épisode arrivera à suffisamment se démarquer de ses pairs ?

Vengeance sous un ciel étoilé

Voice of Cards: The Beasts of Burden introduit son univers avec un monde dans lequel monstres et humains se livrent une guerre sans fin. Coupée du monde extérieur et reclus dans une grotte avec quelques habitants, nous faisons la rencontre d'Alphée, une jeune fille tentant de survivre aux assauts des monstres et vivant en totale autarcie avec quelques compagnons et sa mère. Hélas, une vague de monstres fait irruption dans le village en creusant directement depuis la surface, et la jeune femme fait face à son arrivée à un spectacle macabre. Ayant perdu toute envie de vivre, et s’apprêtant à se faire tuer par le monstre géant qui a mené le raid, elle est sauvée in-extremis par un jeune homme. Désormais sans foyer ni famille, le jeune Argor vous propose alors de le suivre, et vous demande quel est votre rêve. « Vous venger, et voir les étoiles ». Car si le concept de lumière naturelle faisait clairement défaut à Alphée jusqu’alors, il s’avère que le monde dans lequel nos compagnons évoluent ne connaît pas le principe de nuit.

Cherchant dorénavant à éliminer le moindre monstre passant à leur portée, Alphée et Argor vont être amenés à voyager. Alphée découvrira rapidement qu’elle est une Tellurienne, une personne pouvant capturer des monstres dans des cartes pour s’en servir au combat. Le sénat de la ville voisine l’équipe et lui demande alors de capturer une créature mystérieuse tapie dans une grotte, et responsable de ses maux. Elle était loin de se douter que cette quête la conduirait, elle, Argor, et ses nouveaux compagnons Rima et Tarali jusqu’aux confins du monde à la recherche d’une Terre Promise, et de réponses sur les mystères de ce monde.



Une aventure à la carte

Tout comme ses prédécesseurs, Voice of Cards: The Beasts of Burden se démarque des autres RPG de par sa structure. Le jeu se déroule uniquement sur des cartes de jeu. Le décor, les personnages, les monstres, tout est modélisé sur une grande table, où nous déplaçons un pion représentant notre personnage. Dans les villes, nous pourrons ainsi arpenter les rues et faire les boutiques (auberge, armurerie, stand de jeu et autre boutique de biens communs). A l’extérieur en revanche, vous évoluez sur un monde avec des cartes présentées face cachées. En vous approchant à proximité, les cartes se retournent, et vous permettent ainsi d’avancer. A noter que pour les plus impatients, vous avez aussi la possibilité de faire des sauts avec le stick droit pour voyager rapidement dans les villages et sur la carte du jeu. RPG oblige, une part de RNG domine, et à chaque déplacement, vous aurez la possibilité de tomber sur des adversaires à combattre, ou alors des événements aléatoires dont le résultat se décidera sur un jet de dés tels les bons vieux jeux de rôle sur table.

Le titre étant divisé en chapitres, la formule est quasiment toujours la même. Vous arrivez dans une nouvelle zone, vous découvrez un village et une intrigue, et vous vous rendez dans un lieu plus ou moins hostile pour éliminer des monstres par dizaine avant d’arriver à un gros boss. Les donjons sont généralement de grandes zones à intersection multiple. S'il n'est pas compliqué de s’y repérer malgré l’absence de « carte », les détours valent souvent le coup d’œil, car on aura l’occasion de dénicher quelques trésors très utiles comme des objets de soin qui ne seront pas du luxe contre certains boss, ainsi que des pièces d’équipements.

Des combats, du hasard, et beaucoup de chance

Comme indiqué préalablement, que vous vous déplaciez sur la carte du monde ou dans les donjons, vous tomberez fatalement sur des monstres. Si vous avez déjà joué à un jeu de la série, vous ne serez absolument pas dépaysé par les mécaniques de gameplay. Une fois le combat enclenché, vous vous retrouvez sur une « table de combat ». Les personnages et monstres attaquent suivant leur vitesse de déplacement. A chaque tour allié, une gemme est générée, servant à déclencher les techniques de nos compagnons. Niveau action, nos personnages peuvent attaquer normalement contre 0 gemme (sauf Rima qui génère 1 gemme à la place d’une attaque), utiliser des objets, et enfin utiliser ces fameuses techniques. Là où dans les anciens épisodes, un personnage apprenait une technique en montant de niveau, ici l’affaire est toute autre. Les techniques vont s’apprendre grâce à votre compétence de Tellurienne.

Lorsque vous décimez un monstre, vous avez une petite chance de pouvoir tirer au sort parmi 1 ou 2 coffres. Dans ces derniers, vous trouverez des objets, mais surtout des monstres que vous pourrez enfermer dans des cartes pour les utiliser ensuite. Un Loup pourra par exemple effectuer des dégâts fixes contre 1 gemme, une Vouivre générer des dégâts de vent contre 3 gemmes, ou un Orc infliger un malus d’attaque contre 2 gemmes, si le dès lancé fait un 5 ou plus. Ce n'est que quelques exemples de comment marchent lesdites techniques, qu’il faudra penser à équiper à chaque personnage entre deux combats. Notez enfin que l’aventure principale vous permettra également de capturer deux grosses créatures qui nécessiteront 5 et 6 gemmes d’invocation, et qui sont nécessaires à l’histoire. Concernant les monstres lambdas, ils sont classés de 1 à 5 étoiles, plus les étoiles sont nombreuses et plus ils seront efficaces en combat. Ne pouvant posséder 2 fois le même monstre, si un monstre trouvé a plus d’étoile que celui en votre possession, il sera automatiquement changé. Vous le comprendrez, la récolte des monstres laisse place à un hasard assez important, et qui se relève extrêmement frustrant. Cela vous pousse parfois à enchaîner les combats pour espérer avoir LE monstre qui vous fait envie. Le marchand de monstre est toujours là pour aider, mais il n’a pas toutes les cartes en main…

Pour revenir au combat, chaque carte a une valeur d’attaque, un nombre de PV, et une valeur de défense. La règle de base est de déduire la défense de l’attaque de votre combattant pour vous faire une idée des dégâts occasionnés. A cela, vous aurez la notion de point faible et de résistance élémentaire qui viendront augmenter, ou au contraire diminuer les dégâts, ainsi que la possibilité d’asséner des coups critiques. De nombreux malus comme le gel, le poison ou la paralysie sont également de la partie, et sont clairement expliqués dans les tutoriels du jeu. En règle générale, les combats sont assez nombreux et très redondants, mais on arrive à se défaire des monstres tant bien que mal. Pour les boss en revanche, c’est une autre paire de manche, car si vous n’avez pas un bon jeu de cartes ou que vous êtes mal préparé, ils auront raison de vous en quelques coups. Le pire reste encore une fois le boss de fin qui, si vous n’avez vraiment pas de chance dans le lancement de ses attaques, peut rapidement vous décimer. C’est d’autant plus frustrant que ce boss possède plusieurs phases qui vont vous tenir occupé une bonne heure de jeu sans possibilité de sauvegarder entretemps.

La mort, omniprésente

Qui dit Yoko Taro aux commandes dit forcément réflexions sur la condition humaine. Voice of Cards: The Beasts of Burden ne déroge pas à la règle et vous confrontera très souvent à diverses questions existentielles. Qu’est-ce qu’un Monstre ? Qu’est-ce qui le différencie de l’Homme, etc. Si l’on a également l’habitude de voir pas mal de morts dans l’univers de Yoko Taro, il faut avouer que cet épisode est assez chargé en la matière, du début jusqu’à la fin de l’œuvre.

Côté contenu, pas de grande surprise là encore, l’aventure vous occupera une douzaine d’heures, et pourra augmenter beaucoup plus si vous vous lancez dans du post-game et tentez de débloquer toutes les cartes du jeu. Le mode salle de jeu et son petit jeu de cartes dans le jeu fait encore une fois son retour. Enfin niveau habillage, petite déception avec cette sensation de recyclage des personnages et des monstres. A part quelques rares exceptions et les personnages clés de l’œuvre, on retrouves pour la 3eme fois encore et toujours les même pnj. Côté musique, enfin, on se délectera encore une fois des différentes pistes musicales qui, bien qu’assez courtes, raviront les fans de NieR et Drakengard.


 

7.5
Pour ce troisième épisode, Voice of Cards: The Beasts of Burden se maintient qualitativement dans ce que proposait ses grands frères. Avec une aventure beaucoup plus marquée par la mort, et une tentative de modification du gameplay avec les monstres, on reste sur un titre sympathique, mais souffrant toujours d’un rythme inègal, et de combats de boss ardus.

  • Une histoire sombre et prenante
  • L'aspect monstre à collectionner, sympa même si frustrant
  • La narratrice nous plonge dans l'histoire
  • Une OST toujours d'aussi bonne facture
  • Un rythme irrégulier
  • Des boss toujours aussi punitifs
  • L'énième réutilisation de contenu des anciens épisodes