Nintendo Switch

The DioField Chronicle

Test Switch

The DioField Chronicle

Par babidu - Le 01/10 à 13:37

The Diofield Chronicles est un jeu d'un nouveau genre, le RTTB (ou Real Time Tactical Battle pour les néophytes) ou une sorte de mélange entre jeu de rôle tactique et jeu de stratégie en temps réel. Il est édité par Square Enix, développé par Lancarse et disponible sur toutes les plateformes dont la Nintendo Switch depuis le 20 septembre dernier. Ce jeu d'un nouveau genre réussit-il le pari de renouveler toute une formule et de débuter une nouvelle ère pour Square Enix ? C'est ce que nous allons voir dans ce test. 

Diofield, ton univers impitoyable !

The Diofield Chronicles est un jeu qui démarre in medias res, après une courte cinématique d'intro vous dévoilant brièvement les tenants et les aboutissements de l'univers qui s'anime devant vous. Si tout semble clair et défini dès celle-ci, vous êtes loin du compte, The Diofield Chronicles met l'accent sur une narration construite qui repose sur un ascenseur émotionnel permanent qui vous poussera à vouloir passer les nombreux dialogues que le jeu comporte tant l'action est plus intéressante que les raisons de la guerre que vous menez. Si l'histoire semble tout d'abord aller dans une direction inédite et originale, vous n'êtes qu'un simple roturier devenu mercenaire qui va monter sa propre troupe d'élite au sein d'une armée déjà établie sans pour autant être le héros d'une quelconque prophétie ou le descendant d'une quelconque lignée...le scénario laisse rapidement place à une série de missions répétitives qui vous demanderont de tuer tel ou tel noble car celui-ci est en désaccord avec votre royaume, ou bien semble nourrir des ambitions contraires aux vôtres ou bien tout simplement parce qu'il a mauvaise haleine. Vous aller perpétuer une véritable révolution française à votre sauce dans The Diofield Chronicles tant nombreux seront les nobles à périr sous vos coups d'épée. Si l'histoire a le mérite de se laisser suivre, il faut bien avouer que celle-ci nous a laissé de marbre... Nous ne sommes probablement pas le bon public pour ces chroniques mais d'autres apprécieront probablement plus que nous les efforts de mises en scène faits par le jeu. 

Entre cinématique en 3 dimensions aux graphismes douteux mais aux qualités indéniables, cinématique en peintures contés par une voix off et dialogues à base de vignettes de personnages sur les côtés et de quelques voix, The Diofield Chronicles varie les plaisirs et permet ainsi de vous passer l'envie de couper court à ces longs et répétitifs dialogues. La mise en scène est aussi sublimée par les différentes musiques composées par le duo Ramin Djawadi et Brandon Campbell qui ont notamment écrit pour la série télévisée Game of Thrones que vous connaissez peut-être. Un choix de qualité pour un jeu aux grandes ambitions mais au budget riquiqui. En effet, il est évident que The Diofield Chronicles aspirait à véritablement révolutionner le milieu des jeux de stratégie tant le soin apporté à son univers et à son système de combat sont notables. Assez court pour son type de jeu, il ne vous faudra pas plus de 25 heures pour voir le bout de son aventure, mais aussi assez avare en missions secondaires et en possibilités de styles de jeux, The Diofield Chronicles a tous les symptômes d'un jeu trop ambitieux et qui mise tout sur ses éventuelles suites pour rattraper un premier épisode un peu faiblard. Si les développeurs croient au potentiel de celui-ci, ce n'est probablement pas le cas de Square Enix au vu du budget de celui-ci, de ses ambitions coupées trop courtes et de sa campagne marketing ridicule. 

Une profondeur dans ses systèmes assez relative

Nous l'avons dit plus haut, The Diofield Chronicles a pour volonté de créer un nouveau genre de jeu, le Real Time Tactical Battle. Pour ce faire il manie habilement les codes du RTS avec la gestion de plusieurs unités sur un champ de bataille en temps réel, les MOBA avec l'utilisation de capacités spéciales dictée par des jauges d'utilisations et des temps de cooldown ainsi que le jeu au tour par tour avec un système de pause dynamique à la Final Fantasy VII Remake lors de combats et du choix d'utilisation de capacités. Vous dirigez vos unités, vous encerclez les ennemis (le bon placement de vos unités, notamment derrière vos ennemis vous donnera à coup sûr la victoire),vous mettez le jeu en pause pour choisir les techniques et attaques à utiliser puis vous attendez un temps donné pour pouvoir les réutiliser. Si cela semble laborieux et épuisant au possible, cela n'est absolument pas le cas et le système de combat de The Diofield Chronicles est sa plus grande force. Vous pouvez donner des ordres à toutes vos unités en même temps en appuyant sur un simple bouton, ou bien les diriger une par une pour un maximum d'efficacité sur le champs de bataille. La stratégie est au cœur du jeu et cela se ressent. Si nous pouvions enchaîner les combats ad vitam æternam, sans dialogues et sans passer par l'affreux hub du jeu (nous y reviendront), nous aurions tout simplement doubler notre nombre d'heures sur ce jeu. Malheureusement ce n'est pas possible et vous serez obligés de subir sa narration qui devient de plus en plus brouillonne à mesure que les chapitres passent. 

Si les missions se suivent et se ressemblent (débarquement sur une carte, élimination de tous les ennemis/escortes de charriot/survie face à des ennemis -> Victoire), affronter ses ennemis et voir la beauté des différentes animations d'attaques et d'invocations ne devrait guère vous lasser avant un bon moment. Effectuer les attaques au bon moment et transformer vos différents personnages en machines à tuer des nobles devient rapidement addictif. Vous aurez de plus le choix entre plusieurs membres pour composer votre commando d'élite de 4 personnages et ainsi varier les plaisirs (sans pour autant révolutionner le jeu). Il faut toutefois noter qu'un cruel manque de variétés dans les cartes et dans les missions se fait malheureusement ressentir à l'orée des derniers chapitres du jeu. Le jeu prend subitement fin lorsque Square Enix décide de le sortir et que le studio se résout à garder ses meilleures idées pour un potentiel The Diofield Chronicles II (que nous attendons avec fermeté mais sans trop d'espoirs). En témoigne la structure du jeu qui vous oblige à repasser sans cesse par un hub aussi laid que peu pratique. Vous voulez améliorer vos armes ? Passez dans l'aile gauche du château. Entendre un dialogue lié à une quête pour pouvoir débloquer une mission ? Montez les marches et tourner à droite. Vous voulez continuer l'histoire principale ? Allez parler à tel personnage et rendez-vous ensuite à la table sur laquelle repose la carte du royaume. Si l'utilisation d'un hub visitable à la Fire Emblem : Three Houses peut se concevoir, pourquoi le rendre aussi obligatoire que pénible ? Passer par le hub est une corvée dont nous ne comprenons pas ni l'utilité (vous pouvez effectuer toutes les actions réalisables dans ce hub dans les menus de pré-missions) ni la mise en avant d'une étape aussi ratée.

Merci pour ce moment
 

Si l'histoire ne vaut clairement pas un prix goncourt, que nous ne nous rappelons pas du nom des personnages de notre propre escouade après une vingtaine d'heures de jeu et que nous faisons encore régulièrement des cauchemars des dialogues insipides obligatoires pour accéder à une quelconque mission secondaire, il faut tout de même reconnaître que The Diofield Chronicles propose une belle expérience. Bien pensé dans ses systèmes de combat, prometteur dans ses ambitions pour une éventuelle suite dont la fin sème déjà des pistes et addictif dans ses combats, The Diofield Chronicles pourrait plaire aux amateurs de jeu de rôle tactique en manque d'un Fire Emblem ou aux curieux désireux de s'essayer à un RTS à la manette qui fonctionne. Le jeu est plaisant à prendre en main, ne nous fait jamais regretter l'absence de contrôle tactile et ne nous perd pas tant que cela dans ses sous-menus (en comparaison avec les autres jeux du genre sur consoles). La gestion de vos unités demandera votre attention quelques minutes et vous priera de lire quelques lignes de textes sans pour autant vous perdre dans la profondeur de ses systèmes. Il se dégage du jeu une impression de jouer à un vrai jeu de stratégie profond et pour lequel il faut se plonger dans divers systèmes sans pour autant vous filer le mal de tête inhérent à ce genre de jeu. Par ailleurs, y jouer en mode portable est plus que recommandé tant la différence entre un rendu sublime en mode portable et le flou du mode télévision est flagrant. La version Nintendo Switch n'a en effet pas à rougir de ses concurrentes et va même jusqu'à se payer le luxe de proposer la meilleure version du jeu après la version PC (pouvoir y jouer en mode portable fait marquer beaucoup de points au jeu). 
 

7
The Diofield Chronicles est un jeu de stratégie ambitieux, bien pensé dans ses systèmes de combats et dans son gameplay mais qui s'essouffle rapidement. La seconde moitié du jeu sent fortement le réchauffé et le manque de budget tout en appelant à garder un œil ouvert sur une éventuelle suite. Jeu de stratégie sympathique et qui fonctionne bien sur Nintendo Switch, le jeu propose une très bonne expérience malheureusement diluée par une narration bien pensée mais trop brouillonne et dans des passages obligatoires dans le hub du jeu toujours plus fastidieux.

  • Un très bon jeu de stratégie
  • Des systèmes complexes mais accueillants
  • Les batailles qui fonctionnent du tonnerre
  • Les animations d'invocations sont incroyables
  • Un univers et une bande-son soignés
  • Une impression de préquel à la Metal Gear Solid V : Ground Zeroes...
  • Plutôt flou en mode télévision et pas si beau
  • Trop répétitif dans ses missions