Dans la série de ressortir les Tales of, Bandai-Namco ne ralentit pas et nous propose enfin Tales of Berseria en édition remasterisée, un beau cadeau car cet épisode est souvent cité comme un des meilleurs de la série, ne serait-ce que par contraste avec Tales of Zestiria dont il partage le monde. Mais si vous ne connaissez pas la série, pas de soucis, Tales of Berseria se déguste très bien seul ! Voyons voir s’il a passé sa date de péremption quand même.
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Un RPG où on joue les méchants
Tales of Berseria nous met dans la peau de Velvet, et tout ne va pas bien pour elle. Elle vit dans un monde où, depuis cinq ans, le « demonblight » transforme les gens en monstres sans signes avant-coureurs, et ceux-ci massacrent des populations entières tant qu’ils ne sont pas stoppés par un des rares exorcistes liés à un Makar, ou esprit. Vivant avec son petit frère et son beau-frère par alliance, Velvet vis donc sa vie au jour le jour, prête à fuir, car elle a déjà perdu sa sœur et ses parents face au « demonblight. » Mais, une nuit, une monstrueuse lune rouge se lève, et Velvet est alors trahie par son beau-frère, qui sacrifie son frère lors d’un rituel au milieu d’une attaque de monstres. Tuée également, Velvet refait surface sous la forme d’un démon humanoïde pouvant absorber les pouvoirs de autres, et entreprend de venger son frère mais se fait capturer par son beau-frère.
Quelques années plus tard, elle réussit enfin à s’échapper et découvre un monde en paix, où son beau-frère a réussi à enrayer le « demonblight » en soumettant les esprits Makar grâce à de nouveaux rituels. Les gens sont plutôt heureux malgré la main de fer de l’ordre, et l’avenir promet, au moins, d’exister. Velvet et un groupe de renégats se mettent alors en tête de tuer son beau-frère malgré tout, quitte à damner le monde, juste pour se venger de la mort de son frère, et pour détruire cet avenir basé un mensonge. Ou tout avenir, tout court, Velvet ne s’embarrassant pas de sa sécurité ou de son futur.
Vous l’aurez compris, Tales of Berseria nous propose une histoire loin des classiques où le pitch de base est de jouer ce qui serait les antagonistes dans la plupart des jeux, et il n’est pas timide là dessus. Velvet est une rageuse patentée se mettant constamment en danger, et son équipe est constituée de tarés ayant tout perdu ou presque, et prêts à la suivre jusqu’en enfer pour peu qu’ils puissent emporter leur pire ennemi avec eux. Toutefois, la part d’humanité qui reste dans ces compagnons les rend attachants, et on peut compatir à leurs malheurs, et même les comprendre parfois. En plus, le nouveau régime a un visage caché peu reluisant, autoritaire et limitant, entre loi martiale et endoctrinement religieux. Il n’y a donc pas de blanc ou de noir, mais que du gris, le tout est très bien exécuté, et nous plonge dans l’univers du jeu.
Massacrer les boutons = massacrer les ennemis ? C’est plus subtil que ça !
Le reste du jeu se montre bien plus classique, mais reste très qualitatif. Tales of Berseria est un RPG de l’ère PS3, et sa structure en témoigne : les endroits où vous allez vous balader sont composés de plusieurs grandes zones où les ennemis sont affichés, pas de rencontres aléatoires, et les donjons sont plutôt grands, avec des endroits cachés, et sont soit des couloirs remplis de vilains, soit des « puzzlebox » avec des énigmes à résoudre pour avancer. Le tout est agréable à regarder grâce à une DA très manga qui a su traverser le temps, et un fourmillement de détails dans les environnements tels que les villes. Quand vous ne combattez pas des monstres, vous trouverez des choses qui traînent, compléterez des mini-jeux, ou gérerez un bateau qui explore des terres inconnues, le tout pour vous enrichir et améliorer votre équipement.
D’ailleurs, les systèmes en place fonctionnent très bien, et vous récompensent toujours pour votre temps de jeu. Entre les titres à gagner avec vos prouesses, qui boostent vos stats, et les équipements à démonter pour en renforcer d’autres, ce qui récompense le fait de tuer des ennemis, il est rare de s’ennuyer ! Et vu que bien combattre vous rapporte plus de récompenses, vous êtes encouragés à rester attentif pour faire avancer la machine ! Tales of oblige, les combats ne sont pas au tour par tour mais bien une affaire d’action où vous pouvoir attaquer, former vos propres combos, enclencher un mode rage ou même changer de personnage à la volée pour des affrontements dynamiques, s’ils sont un peu brouillons vus de l’extérieur. Mais force est de constater que la souplesse du système de combos, basé sur une jauge qui se vide quand vous attaquez mais qui peut-être remplie instantanément en tuant des ennemis, et pouvant être personnalisée même en plein combat, nous donne toujours de quoi faire ! Et le tout est bien expliqué lors de tutoriels parsemés lors des premières heures de jeu, histoire de ne pas avoir trop d’informations d’emblée.
Niveau présentation, ce remaster nous offre de belles couleurs allant avec les graphismes mangas, et si on peut clairement dater le jeu à l’ère PS3, rien n’est ouvertement moche, et le tout est très fluide. Niveau sonore, on appréciera une superbe bande-son par Motoi Sakuraba (Golden Sun, Baten Kaitos, Dark Souls) ainsi qu’un doublage très complet en japonais ou en anglais, même et surtout lors des nombreuses saynètes qui nous font connaître nos personnages, le tout superbement traduit en français. En bonus, ce remaster nous inclut également tous les costumes qui étaient auparavant en DLC, ainsi que la « boutique de points » pour changer les valeurs d’expérience ou de force de votre équipe dès le début de jeu, ce qui est très appréciable, ainsi que beaucoup de petits réglages de confort afin d’amener Berseria dans l’ère moderne et rendre l’expérience moins lourde.

