Nintendo Switch

R-Type Final 2

Test Switch

R-Type Final 2

Par ggvanrom - Le 09/05 à 17:30

Après avoir enchanté les amateurs de shoot’em up sur borne d’arcade dans les années 80, et accompagné ma petite enfance sur Super Nintendo, la licence R-Type développée par Irem a progressivement disparu des radars, la faute à un genre de plus en plus boudé par les joueurs. Après un épisode Final paru en 2003 sur PS2, le studio Granzella Inc. composé d’anciens membres de Irem réussissent à coups de multiples campagnes participatives à réunir suffisamment de fonds pour proposer un nouveau titre : R-Type Final 2. Retour en force de la licence ou suite de trop ? C’est ce que nous allons vérifier.

Une formule classique respectée…

Le scénario de la licence R-Type n’a pas changé d’un iota depuis le début de son existence. Alors que les Bydo, une race créée par l’Homme et s’étant retournée contre lui, ne rêve que d’étendre son emprise sur l’univers, vous prendrez le contrôle d’un pilote que vous aurez nommé et genré au préalable, avant de lui faire prendre position dans un des différents vaisseaux à votre disposition, directement repris des opus précédents. Après avoir parcouru un stage parsemé d’ennemis, vous finirez ce dernier par une confrontation avec un boss imposant où il vous faudra faire preuve de calme et de maîtrise de soi pour arriver à esquiver les différents projectiles qui vous sont adressés, et donner le coup final.

Outre les classiques tirs de blaster et tirs chargés, la licence propose dans son gameplay l’utilisation de la Force, un petit satellite pouvant se greffer à l’avant ou à l’arrière du vaisseau, augmentant ainsi votre puissance de feu. Le jeu évoluant sous la forme d’un shoot’em up à scrolling horizontal (et vertical occasionnellement) des ennemis sont amenés à apparaître devant, mais aussi derrière vous. Il ne tiendra qu’à vous de bien choisir comment greffer la Force à votre vaisseau, car en plus de fournir une force de frappe supplémentaire, ce dernier peut également absorber les tirs ennemis. Et pour causer davantage de dégâts, il est aussi possible de projeter le satellite contre vos adversaires et le rappeler vers vous.

Enfin, vous pouvez également ramasser le long des stages de multiples power-up transformant vos tirs de blasters en lasers, rayons circulaires ou encore gerbes de flammes faisant plus ou moins de dégâts en fonction de l’espace dans lequel vous vous trouvez. Enfin, il est également possible d’augmenter ou de ralentir la vitesse de notre vaisseau. Ce qui n’est pas négligeable car au niveau 1 le vaisseau se traîne comme un retraité qui resterait à 80km/h sur la voie de gauche d’une autoroute. Ne reste plus qu’à arriver jusqu’au bout des stages proposés, et ça, ce ne sera pas une mince affaire. Fort heureusement, le titre vous proposera 5 niveaux de difficulté pour pouvoir être apprécié par un maximum de personnes.



… Mais un niveau de finition douteux.

Si sur le papier R-Type Final 2 a tout pour être le digne successeur des anciens opus, la finition apportée sur cet épisode reste vraiment à la limite de l’acceptable, encore plus pour de la Nintendo Switch. Si Granzella nous promettait des graphismes HD, idée renforcée par la présence au démarrage d’images fixes resplendissantes, le rendu en jeu est loin d’être satisfaisant. Outre les environnements qui demeurent très génériques, les effets pyrotechniques font aussi peine à voir et paraissent la plupart du temps pixellisés.

Mais l’autre point faisant encore plus peine à voir consiste en la précision des hitbox. Il est essentiel pour un shoot’em up d’avoir une hitbox irréprochable sur son vaisseau, d’autant plus quand ce dernier explose au moindre impact. R-Type Final 2 propose au contraire une hitbox des plus hasardeuses. Couplé à une caméra beaucoup trop proche du vaisseau empêchant de voir l’action de manière optimale, il arrive trop souvent que nous voyions notre engin exploser à cause d’un petit projectile s’étant dissimulé dans la bouillie de pixels des effets visuels couplés à un arrière-plan peu élégant. Certains passages du stage 4 et son ambiance très organique vous feront tirer la langue à de nombreuses reprises par exemple.

Quelques options de personnalisations

Lorsque vous terminez un stage, vous engrangez un certain nombre de ressources. Les Rpt vous permettront d’acheter des stickers pour vos vaisseaux, ainsi que divers éléments de combinaison pour votre pilote. Si il est toujours agréable de personnaliser les vaisseaux comme on l’entend, la garde-robe de votre personnage en revanche est des plus inutiles, n’apportant absolument rien au développement du jeu.

Lorsque vous ne partez pas en croisade galactique, vous aurez également l’occasion de vous perdre dans les menus du jeu. Vous pourrez par exemple admirer la galerie d’images et ses illustrations « in-game » qui ne sont en aucun cas tirées de la version Switch, le Labo Bydo qui nous renseigne sur le bestiaire du jeu, ou encore le Musée R. C’est dans ce dernier que vous pourrez crafter les 99 vaisseaux du jeu qui ne se débloqueront qu’en ayant réunis les ressources nécessaires (Solonium, Etherium et Bydogène), ainsi que quelques conditions spécifiques comme finir un stage en particulier. En revanche c’est étrange, plusieurs vaisseaux sont bloqués par des mots de passe…

Un système économique douteux.

Comme nous en parlions en tout début de test, R-Type Final 2 est le fruit de non pas une, mais deux campagnes de financement participatif. Après avoir récupéré pas moins de 900,000$ de donations sur Kickstarter, Granzella a décrété que ce n’était pas suffisant, et a continué une campagne de collecte alternative directement sur leur site dédié. Si l’on a pu penser que l’argent engendré allait permettre de peaufiner le niveau de finition du jeu, la réalité en est manifestement toute autre.

Ainsi, les donateurs auront quelques privilèges comme la possibilité de renommer l’écran titre du jeu, ou encore faire l’acquisition de quelques vaisseaux exclusifs. Et les plus généreux quant à eux ont eu accès « gratuitement » à une demi-douzaine de stages supplémentaires. Pour les joueurs lambdas, ils devront passer à la caisse à plein tarif (39,99€) et payer 19,99€ supplémentaires pour débloquer les 6 stages restants. Sachant qu’un stage se termine en moins de 5 minutes, et que le jeu de base est composé de 6 missions, la pilule risque d’être difficile à avaler pour les fans de la licence. Et je ne m'étendrai pas sur la traduction FR qui sent que Google Trad à plein nez.


 

4.5
Si l’arrivée de R-Type Final 2 aurait pu être une excellente nouvelle pour les fans de la franchise, le niveau de finition de cet épisode, combiné à son système économique relativement douteux rend l’expérience globale relativement désagréable manette en main. Loin d’être injouable, on vous recommandera plutôt une bonne session de rétrogaming sur Super R-Type pour retrouver le plaisir d’antan.

  • Le retour de la franchise R-Type
  • 99 vaisseaux à crafter
  • 5 niveaux de difficulté
  • La personnalisation des vaisseaux
  • Des musiques oubliables
  • Le level design peu inspiré
  • Approximation des hitbox
  • Plus de 900.000$ de financement participatif pour proposer un jeu en kit
  • Un rendu graphique horrible sur Nintendo Switch, en mode salon et portable