Nintendo Switch

Layers of Fear 2

Test Switch

Layers of Fear 2

Par rifraff - Le 06/06 à 12:00

Layers of Fear est à la base un jeu «d’horreur psychologique» développé par le studio polonais Bloober Team sorti en 2016 sur diverses plateformes et deux ans plus tard sur Nintendo Switch dans une version définitive. On y incarne un artiste dont la vie et les œuvres se confondent au point de le faire sombrer dans la folie au fur et à mesure qu’il peint des œuvres de plus en plus dérangeante. Jeu d’ambiance, jouant sur les nerfs des joueurs et les apparitions surprises, le jeu a su séduire les amateurs de frissons en imposant une narration torturée entre cauchemar et réalité en même temps qu’une réflexion sur les affres de la création. Dans ces conditions, il était logique qu'une suite voit le jour. Sortie en 2019 sur PC, cette suite, nommée fort logiquement Layers of Fear 2 est désormais disponible sur Nintendo Switch. Alors faut-il avoir peur ? Très peur ?  Réponse dans notre test express

La croisière s'amuse pas

 

D'abord, avant de commencer, une petite précision s'impose. Malgré son nom Layers of Fear 2 n'a aucun rapport avec l'épisode précédent tout du moins dans son intrigue. Ainsi même si vous n'avez pas joué au premier titre, vous pouvez parfaitement jouer à cet opus sans risquer de passer à côté d'une subtilité quelconque. Le jeu raconte donc une nouvelle histoire avec un nouvel héros. Cette fois, le joueur se retrouve dans la peau d'un acteur invité sur un paquebot pour être la vedette d'un film mystérieux : le film de sa vie. Le souci, c'est que le navire semble avoir été abandonné de toute vie humaine... Il n'y plus aucun équipage ni aucun passager et le réalisateur et les techniciens du film, se sont volatilisés laissant derrière eux leur matériel, décors, lumières, notes de production mais aussi tout un tas de mannequin en bois reproduisant des séquence de la vie de tous les jours..... On se retrouve donc esseulé entourés de mannequins étranges sur un navire à la dérive en pleine mer dans lequel semble roder une ombre maléfique prête à frapper.

Comme le jeu précédent, il va donc falloir déambuler dans les couloirs et farfouiller dans tous les coins à la recherche d'indices et d'objets susceptibles de nous faire comprendre ce qu'il se passe. Ce n'est qu'au fil de nos recherches que l'intrigue se dévoilera- celle du jeu comme celle du film, les deux étant en réalité étroitement liées.  Ainsi, très vite, le jeu nous perd dans un labyrinthe de faux semblant où l'on ne sait plus ce qui est vrai ou faux et ce qui tient de la réalité ou de la fiction. De ce point de vue là, le jeu est raccord avec l'opus précédent puisque c'est une véritable mise en abîme et, encore une fois, une réflexion sur la création. Bon faut avouer que l'on ne comprend pas toujours tout et le titre peut sembler parfois un peu prétentieux mais ce n'est pas très grave tant l'ambiance prend le dessus. Le jeu est aussi un bel hommage au cinéma avec ses effets-spéciaux, ses artifices ou encore ses coulisses. Les cinéphiles noteront aussi des tas de références plus ou moins évidentes à des œuvres connues. On pense notamment à Shining de Stanley Kubrick ou encore à Metropolis de Fritz Lang ou encore évidemment à Titanic de James Cameron.

Comme son aîné, le jeu adopte une vue à la première personne. On se déplace avec le stick gauche et on dirige le regard avec le stick droit. Les interactions avec le décor bien que limitées sont immersives. Elles se matérialisent avec une icone indiquant l'endroit ou il faut laisser son doigt appuyer sur le bouton ZR avant de se servir du stick droit pour, selon les situations, pousser, tirer, ou encore tourner.  Cela fonctionne plutôt bien et permet au joueur de véritablement incarner le héros du jeu.

En pratique, on se déplace dans des couloirs plus ou moins balisés (par des signes ou des portes fermées) qui nous entraînent aux endroits prévus par le scénario. On se déplace ainsi de pièce en pièce sachant que chaque pièce renferme généralement une énigme ou un puzzle à résoudre. La plupart du temps, on ne peut d'ailleurs pas revenir sur nos pas face à un problème ce qui implique que que la solution est à notre portée. Ainsi on ne perd pas (trop) son temps à faire des allers et retours inutiles à devoir chercher des clés particulières pour des serrures précises. Si une porte est fermée à clé. la clé ou le mécanisme pour l'ouvrir est à côté. C'est vraiment basique tout comme les énigmes qui font parfois penser à Myst (mais version junior.)

Pour autant, on ne joue pas à Layers of Fear 2 pour faire chauffer ses petites cellules grises et, heureusement car les énigmes sont vraiment trop simplistes. Ce que l'on attend avant tout : c'est le frisson et de ce côté là, le jeu peut compter une nouvelle fois sur une très belle ambiance construite grâce à des cadrages savants et à une réalisation solide réhaussée par une excellente bande son ou le moindre bruitage  interpelle. Et puis le jeu est aussi visuellement très beau- même sur Nintendo Switch (pour celles et ceux qui se poseraient la question.) Il y a des séquences magnifiques et oniriques pleines de poésie macabre. Layers of Fear 2  a fait l'objet d'un véritable soin dans le choix de ses décors. C'est un vrai plaisir de découvrir les différentes salles et leurs mécanismes surtout celles nous permettant de découvrir l'envers du décor. Bien qu'on soit sensé être sur un bateau, le jeu s'amuse à chambouler nos repères et on se retrouve très souvent ailleurs comme si le navire était rempli de studio de tournage avec des décors  différents. La navire peut d'ailleurs être considéré comme le personnage principal du jeu.

Evidemment, comme le premier épisode, le jeu n'est pas avare en "jump scare" avec des apparitions subites et des fracas intempestifs... Malheureusement, cela ne fonctionne pas toujours car certaines apparitions se font hors champs, soit parce qu'elles se déclenchent trop tôt ou trop tard, soit parce qu'on regarde dans une autre direction.  Le titre fait tout de même peur notamment lors de courses poursuites impitoyables ou poursuivi par le mal, il faut suivre un chemin précis ou la moindre erreur oblige à recommencer. Des séquences furieusement flippantes mais aussi très énervantes et frustrantes puisque la moindre hésitation et c'est la mort. A la rigueur, au bout du moment, on a plus peur qu'elles se déclenchent que les séquences en elle-même. Il est vrai que ces séquences cassent le rythme et l'ambiance du jeu. Elles sont aussi très répétitives ce qui a tendance à lasser.  Le jeu tout entier d''ailleurs a du mal à se renouveler et il faut bien dire qu'au bout d'un moment, on a l'impression de tourner en rond .Le jeu est découpé en plusieurs actes et comporte plusieurs fins différentes. Il n'est globalement pas très long (comptez six ou sept heures pour terminer une première fois) mais suffisant pour ce type de jeu.

Notez pour finir que le jeu a parfois des bugs gênants nécessitant un redémarrage du jeu- cela nous ait arrivé deux fois durant le test du jeu. Heureusement le titre sauvegarde régulièrement.

 

 

 

 

6.5
Dans la lignée de l'épisode précédent, Layers of Fear 2 est avant tout un jeu d'ambiance, beau et élégant, dans lequel on prend plaisir à se faire peur en se perdant dans d'interminables couloirs. Le jeu est un peu répétitif et limite prétentieux mais si vous aimez le genre vous aurez votre dose de frissons... Visuellement magnifique, le jeu est aussi un bel hommage au cinéma qui nous permet de véritablement découvrir l'enfer du décor !

  • De magnifiques décors
  • Une belle ambiance
  • Quelques sursauts
  • Une réalisation solide malgré...
  • Des bugs gênants
  • Répétitif
  • Des effets qui tombent parfois à l'eau
  • Les séquences die and retry

rifraff

https://twitter.com/rifraff_NM - WiiU : rifraff Playstation : La-Griffe
Pas d'images pour ce test.