Six ans après Captain Tsubasa : Rise of New Champions, un nouvel opus voit le jour avec Captain Tsubasa 2 : World Fighters. Développé par Tamsoft et édité par Bandai Namco, ce nouvel épisode s'ouvre désormais au football international, avec 22 équipes nationales et plus de 110 personnages jouables. Fidèle à l'esprit du manga et de l'anime imaginés par Y?ichi Takahashi, le jeu assume totalement son côté arcade. Ici, les passes deviennent des armes, les tacles prennent des proportions démesurées et chaque frappe spéciale peut donner lieu à une véritable explosion visuelle. Avec un mode Histoire annoncé comme étant plus ambitieux, la possibilité de créer son propre joueur et un système de jeu revu, cette suite affiche de belles promesses. Reste à savoir si World Fighters parvient réellement à franchir un cap, notamment sur nos bonnes vieilles Nintendo Switch premières du nom.
Test réalisé à partir d'une clef de jeu fournie par l'éditeur
Du football spectaculaire
Dès les premières minutes, Captain Tsubasa 2 : World Fighters rappelle ce qui fait tout le charme de l'opus précédent : nous ne sommes pas ici face à un jeu de football traditionnel mais clairement typé arcade. Chaque rencontre ressemble davantage à un affrontement entre deux équipes de super-héros qu'à une simulation sportive classique. Les joueurs peuvent désormais utiliser des techniques spéciales dans pratiquement toutes les situations, qu'il s'agisse de dribbler, de réaliser une passe, d'intercepter le ballon ou de tenter un tir. Cette évolution donne davantage de possibilités pendant les matchs et rend les affrontements plus dynamiques que dans le précédent épisode. Les duels deviennent particulièrement importants et demandent de surveiller ses ressources afin de ne pas gaspiller ses meilleures capacités au mauvais moment. C'est à la fois un peu bourrin et stratégique, il ne faut pas hésiter à tacler à tout va pour mettre la main, ou plutôt le pied sur le ballon, mais il faut être bien démarqué pour pouvoir charger la jauge de tir. Le rythme des parties est donc volontairement exagéré, mais c'est précisément ce que l'on attend d'une adaptation de Captain Tsubasa.
Les confrontations entre tireurs et gardiens constituent également l'un des éléments les plus intéressants de cette nouvelle formule. Les frappes spéciales donnent toujours lieu à des séquences particulièrement impressionnantes, mais les gardiens disposent eux aussi de davantage de possibilités pour répondre à ces assauts. Le jeu cherche ainsi à introduire une petite dimension stratégique derrière son apparente simplicité. Il faut choisir le bon moment pour utiliser une technique, préserver suffisamment d'énergie et tenter de déstabiliser son adversaire avant de porter le coup décisif. Le résultat semble parfois un peu brouillon quand les effets visuels s'accumulent et que l'action s'emballe - c'est à dire souvent - mais l'ensemble procure un plaisir de jeu immédiat. Le gameplay est facilement à la portée de tous les types de joueurs, confirmés ou non. Les fans retrouveront surtout cette sensation unique de participer à un épisode de l'anime, avec des actions totalement impossibles sur un véritable terrain de football, mais parfaitement cohérentes dans l'univers d'Olive et Tom. Une touche pour tirer, une pour passer, une pour courir, c'est simple et efficace, et c'est précisément ce que n'importe quel joueur recherche dans un jeu de ce type.
Une aventure généreuse en contenu ?
World Fighters mise beaucoup sur son contenu narratif et sur son ouverture vers le football mondial. Le jeu reprend l'aventure après les événements du précédent épisode et propose notamment de suivre notre jeune héros, Ozora Tsubasa, dans de nouveaux scénarios inspirés de l'arc international. Le titre bénéficie également d'histoires supplémentaires supervisées par Y?ichi Takahashi, l'auteur du manga, ce qui devrait particulièrement séduire les amateurs de la licence. Comptez plus d'une centaine de scènes cinématiques, qui viennent accompagner cette aventure et renforcent clairement le côté anime de l'ensemble. La mise en scène se montre plutôt réussie, même si le rythme narratif peut parfois ralentir l'expérience. C'est qu'on a rapidement envie d'en découdre sur le terrain... Les nombreuses discussions et interruptions entre les matchs ne conviendront pas forcément aux joueurs souhaitant simplement enchaîner les rencontres, mais heureusement on peut passer le tout d'une simple touche. Pour les fans de l'univers, en revanche, cette générosité scénaristique permet de retrouver de nombreux personnages et de prolonger l'aventure bien au-delà d'une simple succession de matchs.
La fameuse Route Nouvelles Étoiles permet quant à elle de créer son propre joueur et de l'intégrer à l'aventure aux côtés de la sélection japonaise, étape impérative lorsque vous lancerez le jeu pour la première fois. Cette dimension de personnalisation apporte une touche supplémentaire à la durée de vie et donne envie de développer son avatar au fil de sa progression. Le casting particulièrement fourni constitue également un véritable plus par rapport au précédent opus, avec plus de 110 personnages jouables et 22 sélections nationales. Mais toutes les équipes ne sont pas accessibles d'emblée, il faudra progresser en mode Histoire pour les déverrouiller, ce qui peut être un peu frustrant lorsque nos joueurs préférés issus de l'anime ne sont pas dispos d'emblée... Une fois l'aventure principale terminée, on se contentera de matchs en ligne ou en local, et c'est à peu près tout. World Fighters est donc généreux dans son approche narrative et son casting, mais moins convaincant lorsqu'il s'agit d'offrir une grande variété d'activités sur le long terme, même si l'action frénétique sur le terrain empêche clairement l'ennui de s'installer.
Une technique discutable.
Visuellement, Captain Tsubasa 2 : World Fighters adopte une direction artistique particulièrement adaptée à l'univers de la série. Les personnages sont immédiatement reconnaissables et le jeu privilégie une esthétique proche de l'anime plutôt qu'un réalisme inutile. Les effets accompagnant les super techniques contribuent largement au spectacle et donnent aux actions importantes une véritable ampleur, on est clairement immergé dans l'ambiance proposée et ça fait vraiment plaisir. Les mises en scène, les changements de caméra et les animations spéciales permettent régulièrement de retrouver l'énergie des épisodes télévisés. Ne manquerait plus que la bande-son d'époque ainsi que la VF, et le tout serait parfait ! Le doublage japonais a beau être qualitatif, on peut légitimement pesté sur l'absence de version française intégrale concernant cet univers footballistique culte, par chez nous. En tout cas, sur nos Switch vieillissantes, le résultat reste globalement propre durant les rencontres et suffisamment fluide pour profiter de l'action. La machine montre néanmoins ses limites avec un aliasing plus visible et une résolution parfois moins flatteuse, notamment en mode portable.
La version Switch apparaît donc comme une adaptation tout à fait jouable, mais pas forcément idéale pour ceux qui recherchent la meilleure expérience technique possible. Les matchs hors ligne restent généralement fluides, tandis que le multijoueur en ligne peut se montrer plus dépendant de la qualité de la connexion. Les temps de chargement peuvent sembler un peu longuet par moment. A force d'être campé sur nos Switch 2, on remarque plus nettement certaines limitations techniques, qui rappellent également que la console accuse désormais son âge face aux versions disponibles sur des machines plus récentes. Malgré tout, le principal objectif est atteint : pouvoir profiter de cette adaptation spectaculaire aussi bien sur son téléviseur qu'en mode portable reste un véritable avantage. La Nintendo Switch conserve donc ici un intérêt certain pour les amateurs de Captain Tsubasa qui souhaitent emporter leurs matchs et leurs tirs surpuissants partout avec eux.

