Nintendo Switch 2

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties

Test Switch 2

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties

Par Kosmo56 - Il y a 4 heures

Longtemps considérée comme une série niche, rien ne semble plus faire obstacle à la série Yakuza. Après l’arrivée des trois premiers jeux sur Switch 2, il est très plaisant de voir Yakuza 3 Kiwami, remake complet d’un épisode souvent mal compris de la série, pointer le bout de son nez également. C’est parti pour la castagne, encore une fois !

Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur

Kiryu en paix ? Non, jamais.

Yakuza 3 reprend l’histoire de Kiryu là où elle s’est arrêtée. Juste après avoir défait la mafia Jinweon et les autres vilains de Yakuza 2, Kiryu décide de s’éloigner pour de bon de Kamurocho et de vivre à Okinawa, petite île tropicale du sud du Japon, où il va gérer un orphelinat et remettre de l’ordre dans sa vie. Évidemment, les choses ne vont pas se passer si facilement, puisque à peine quelques mois plus tard, les yakuzas locaux tentent de l’expulser de son domicile, lui et les enfants, car son lopin de terre est l’enjeu de manœuvres politiques complexes visant à moderniser toute la région à grands coups de projets immobiliers. Kiryu devra alors remonter jusqu’aux racines du problème, et expliquer très poliment que non, il ne va pas partir, et que oui, il va coller des beignes si on ne lui lâche pas la grappe cinq minutes. Et cette fois, Kiryu est loin d’être seul, car il a le soutien de sa fille adoptive Haruka et du gangster local Rikiya, qui vont l’aider à gérer à gérer l’orphelinat et à corriger les malotrus, respectivement. C’est, comme d’habitude, une histoire prenante et remplie de personnages marquants, même si elle apporte son lot de twists scénaristiques un peu absurdes comme le retour mystérieux de personnages crus morts. Mais les émotions sont au rendez-vous malgré tout, et ce troisième épisode numéroté est une charnière de la série.



Dans son édition PS3, Yakuza 3 est souvent accusé d’être un jeu lent, poussif et pas super fun en combat, la faute à un rythme inégal, à une intro trop longue et aux mécaniques de jeu datées. Son remake corrige beaucoup des défauts en accélérant l’histoire et en modernisant le tout, mais se prend quand même les pieds dans le tapis à plusieurs reprises à cause des ajouts majeurs intégrés. En soi, nous sommes sur un épisode de la qualité habituelle, où il est possible de se perdre des heures dans les activités secondaires, de rigoler un bon coup devant une quête stupide, de taper des méchants juste parce qu’on a besoin d’argent, le tout avant de revenir à notre histoire principale. L’ennui, c’est que certaines des nouveautés parasitent le début du jeu, comme le mini-jeu où Kiryu prend la tête d’un gang de lycéennes où vous allez facilement passer une heure sans rien pouvoir y faire. Même le studio Ryu Ga Gotoku semble avoir vu la limite du format Kiwami, car ce remake serait le dernier fait de cette façon selon eux.

Autre changement à signaler, certains personnages ont changé d’acteur par rapport au jeu original, nommément Rikiya et Hamazaki, entraînant un nouveau décalage entre la vision d’origine du jeu et sa nouvelle version, en plus de changements dans l’histoire. Cependant, les nouveaux acteurs remplissent très bien leur rôle et Rikiya en particulier est toujours aussi charmant une fois qu’on s’est fait à sa nouvelle dégaine. A remake complet, nouvelle vision, autant s’y faire. La série Yakuza a changé, et rien ne le prouve autant que beaucoup de mini-jeux et éléments de l’interface reprenant directement des éléments de Infinite Wealth, 9ème épisode de la saga. Le moteur de jeu est également repris, et tourne a 30 fps sur Switch 2, de manière plutôt stable. Globalement le jeu est plutôt beau et moderne, et même si on familier avec l'ancienne mouture de Yakuza 3, on ne retrouvera que chichement ses repères à Ryukyu. Il y a un décalage entre l’original et ce remake, entre un jeu jugé daté et une version « trop » moderne, peut-être trop éloignée de sa source d’inspiration.

Super papounet ou justicier des rues, pourquoi choisir ?

Yakuza Kiwami 3 a comme particularité de vous donner beaucoup d‘activités qui portent leurs fruits sur le long terme. La gestion de votre orphelinat vous demandera de remplir beaucoup de micro-jeux afin d’obtenir des ressources, ce qui peut-être répétitif et chronophage mais qui rapporte pas mal, autant en argent qu’en scènes touchantes entre Kiryu et les enfants. Il est tout à fait envisageable d’y passer une heure entière avant de passer à autre chose, jonglant entre la pêche, la potager, la couture et les devoirs des enfants par exemple. La gestion du gang de bikeuses est également de longue haleine, vous demandant baston sur baston, de gérer vos troupes, de customiser vos bécanes et de faire des raids sur les gangs ennemis. En plus de ça, des primes sont disponibles en ville pour d’anciens yakuzas en fuite, vous pouvez monter votre style de combat en niveau, vous faire des amis avec votre téléphone, pimper Kiryu avec des looks improbables ou encore collectionner des tickets de tombola pour gagner des prix. C’est simple, il y a toujours quelque chose à faire, et tout porte la patte habituelle du studio : un grand soin et beaucoup d’humour.

Niveau combat, vous aller pouvoir choisir entre deux styles : combat à mains nues ou combat armé de style Ryukyu. L’un est très axé sur les cibles uniques tandis que l’autre va vers le contrôle de groupe, mais les deux sont agréables et bien réalisés, et apportent beaucoup de dynamisme et de nouveaux coups spéciaux brutaux à souhait. En plus, ils peuvent être montés en niveau et améliorés au fil de votre progression, proposant des combos complexes et des manœuvres pointues pour ceux qui aiment de la profondeur dans leurs combats. Le style armé vous fera alterner entre six armes ayant chacune leurs utilités, et le style mains nues est plus rapide et souple, vous permettant de ramasser des armes improvisées et de saisir vos adversaires comme d’habitude. En plus, vous possédez également une jauge de rage qui vous fera entrer en mode Super Sayan (ou presque) vous permettant de vous déchaîner sur vos ennemis avant de leur asséner un coup final. Vraiment, de quoi ne pas se lasser du combat toujours aussi central dans le jeu. En effet, les voyous sont nombreux et les bastons sont inévitables, alors autant péter des rotules avec plaisir.

Globalement, la seule faute de Yakuza Kiwami 3 est sûrement d’en faire trop : trop de nouveautés, trop de choses à faire, trop de rebondissements improbables. Est-ce bien ce qui convenait à cet épisode ? C'est un peu comme le doublage anglais: le résultat est bon, mais manque de raffinement, d’un certain charme. (La traduction des textes en français est par contre très soignée) Ou avons-nous été trop gâtés par les nombreux superbes jeux de la série, et par ses sorties très, voir trop régulières ? Ah ? On me dit dans l’oreillette que ce n’est pas terminé : il y a tout un autre jeu qui vient avec Kiwami 3 ! Du coup… oui, peut-être que c’est trop.

Le « dark side » de Yakuza. Jouons un méchant, pour une fois !

« Dark Ties » n’est pas qu’un petit chapitre additionnel. C’est pratiquement un jeu complet, s’il est un peu plus court que d’habitude, et qui vient compléter l’histoire de Kiwami 3 en nous donnant l’opportunité de jouer un des antagonistes principaux de cet épisode : Yoshitaka Mine. Il sera ainsi possible de découvrir le pourquoi du comment des motivations de cet homme mystérieux et un peu tragique, mais aussi de voir le monde des yakuzas par un autre œil que la vision chevaleresque de Kiryu, le tout dans une aventure vous lâchant dans un Kamurocho fourni avec tous ses mini-jeux, quêtes secondaires et autres plaisirs habituels.

Nous suivons donc Mine, qui intègre les yakuzas par curiosité envers Daigo Dojima, le boss du clan Tojo. Il prend rapidement contact avec un dénommé Kanda qui lui servira de porte d’entrée dans la clan, et qui est une personne répugnante. Pourtant, Mine devient son complice, puis son protecteur presque malgré lui, car c’est là la route qui va le plus vite le mener vers son objectif : Daigo Dojima. Vous, joueur, devrez donc supporter l’idée d’aider un imbécile heureux agresseur de femmes tout ça pour votre profit personnel. C’est une gymnastique mentale qui ne conviendra peut-être pas à tous, mais qui a le mérite d’être raccord avec les thèmes abordés.

Mais Mine n’est pas que fourbe, il est aussi fort ! Son style, plus lent et plus délibéré que celui de Kiryu, est aussi plus brutal dans ses actions, et vous pouvez même passer en super mode pour vous déchaîner sur les ennemis à grands coups de finishers vicieux et, il faut le dire, super jouissifs. Lui aussi peut-être amélioré, alors n’hésitez pas à multiplier les activités lucratives, car c’est l’argent qui vous fera monter en puissance. Et si vous voulez vous mettre un l’épreuve, l’arène de l’enfer, un mini jeu de combat plutôt poussé, vous permettra de vous défouler. Quand il y en a plus, il y en a encore !

 

8
Yakuza Kiwami 3 est encore une superbe production, mais le format commence à souffrir de ses excès et à s’essouffler. D’un côté, vous avez un superbe jeu d’action avec beaucoup à faire, une très bonne histoire et des heures de fun, et de l’autre, une montagne de quêtes et de systèmes qui semble presque insurmontable. Le mieux est encore de faire ce qu’il vous plaît dans le jeu, et d’en tirer le maximum. Vous ne serez pas déçus du voyage, surtout si c'est la première fois que vous le faites grâce à la traduction française.

  • Enfin une version moderne de Yakuza 3
  • Beaucoup, beaucoup à faire
  • Plutôt beau et fluide
  • Très bonne VF
  • Le système de baston évolutif et fun
  • "Dark Ties" est presque un jeu à part entière
  • Peut-être trop à faire
  • Quelques soucis de rythme au début
  • Certains changements qui diviseront les puristes par rapport à l'original