Nintendo Switch 2

Smalland: Survive the Wilds

Test Switch 2

Smalland: Survive the Wilds

Par ggvanrom - Le 17/05 à 18:23

Les jeux de survie se multiplient depuis plusieurs années, mais rares sont ceux qui parviennent encore à proposer une identité suffisamment forte pour sortir du lot. Avec Smalland: Survive the Wilds, le studio Merge Games tentait justement d’apporter sa propre vision du genre en misant sur un concept simple mais efficace : faire évoluer le joueur dans un monde où ll’on incarne le représentant d’un peuple miniature, les Hominis, obligé de survivre au milieu d’une nature gigantesque si l’on se met à leur niveau. Disponible sur Nintendo Switch 2 depuis le 14 mai, votre serviteur, pourtant pas un amateur des jeux de survie, s’est laissé séduire par cette proposition… mais tout le monde n’est pas taillé pour survivre dans la nature…

Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.

Bienvenue chez les Hominis

Dans Smalland: Survive the Wilds, vous incarnez un Hominis, une petite créature humanoïde vivant dans les vestiges d’un monde dominé autrefois par les “Géants” (nous). Après des années passées sous terre, votre peuple tente désormais de reprendre possession de la surface et de survivre dans cet environnement hostile où insectes, intempéries et prédateurs représentent des dangers constants. Le scénario n’est clairement pas le cœur du jeu, mais l’univers possède suffisamment de charme pour donner envie d’explorer davantage. Le gigantisme ambiant fonctionne particulièrement bien : un carré de mauvaises herbes devient une plaine à parcourir, tandis qu’une simple araignée peut rapidement devenir un cauchemar ambulant. Cette sensation de redécouvrir notre propre monde à une échelle minuscule reste probablement l’une des plus grandes réussites du jeu. On observe la faune et la flore avec un regard totalement différent, et certains panoramas parviennent même à créer une vraie impression d’aventure malgré un environnement finalement très familier.



Marche ou crève (souvent)

Si Smalland: Survive the Wilds possède de bonnes idées, il faut toutefois reconnaître qu’il ne fait absolument aucun effort pour accueillir les nouveaux joueurs. Ici, pas de véritable introduction progressive ou de tutoriel digne de ce nom : le jeu vous lâche presque immédiatement dans la nature avec quelques indications textuelles et débrouillez-vous. Pour tout dire je suis parti bille en tête une fois l’intro terminée, sans même avoir été fichu de voir le PNJ à côté de moi censé m’expliquer les « bases » du jeu. Un choix qui risque clairement de rebuter les joueurs peu habitués au genre. Certes, un menu dédié tente d’expliquer certaines mécaniques, mais l’ensemble reste assez confus et parfois incomplet. Le jeu peut par exemple vous avertir que votre personnage a soif… alors qu’aucune jauge de soif n’est visible à l’écran (et après recherche sur le net, je me suis rendu compte que la soif n’est absolument pas gérée in-game…). Ce genre de détail paraît anodin, mais finit rapidement par créer un sentiment de frustration, au point de devoir consulter des guides externes pour comprendre certains systèmes pourtant basiques.

Le gameplay repose malgré tout sur des bases solides. On récolte des ressources à mains nues ou grâce à des outils fabriqués avec les matériaux trouvés dans l’environnement. Bois, fibres, pierres ou résine servent ensuite à fabriquer armes, équipements, ateliers et structures défensives. L’aspect construction fonctionne plutôt bien et devient rapidement essentiel. Les bases servent non seulement à stocker ses ressources, mais aussi de points de réapparition après un game over. Petit à petit, on améliore son campement, on débloque de nouveaux objets et on commence réellement à prendre ses marques dans cet univers hostile, tout en faisant attention à ne rien porter ayant trop de valeur avant de partir en exploration, au risque de tout perdre à cause d’une crise d’hypothermie, ou d’une mauvaise rencontre avec la faune locale (arachnophobes et autres personnes allergiques aux insectes, ce jeu n’est pas pour vous).

Le jeu propose également une météo dynamique qui influence l’exploration. Une tempête peut réduire la visibilité, tandis que certaines zones deviennent particulièrement dangereuses en fonction de la manière dont vous êtes vêtus. Cela apporte un peu de variété à l’exploration et renforce le sentiment de survie, au détriment d’une certaine logique tant les conditions changent du tout au tout. Les combats, eux, demandent davantage d’investissement. Entre les esquives, la gestion de l’endurance et les patterns des créatures, certaines rencontres deviennent rapidement exigeantes. Le problème vient surtout des commandes, qui manquent clairement d’intuitivité sur manette. Plusieurs actions donnent une impression de rigidité, et certains menus ne semblent pas vraiment pensés pour une utilisation confortable sur console.

Enfin, même si le jeu propose un mode multijoueur en ligne permettant de survivre à plusieurs, mes sessions ont été réalisées exclusivement hors ligne faute de joueurs disponibles au moment du test. Difficile donc de juger pleinement cette composante, même si le concept semble naturellement taillé pour la coopération en proposant des salons avec une dizaine de joueurs.

Une Switch 2 plutôt solide malgré quelques épines

Sur le plan technique, Smalland: Survive the Wilds s’en sort plutôt correctement sur Nintendo Switch 2. Le framerate reste globalement stable durant l’exploration, y compris dans les environnements les plus chargés, et les temps de chargement demeurent raisonnables. Visuellement, le titre bénéficie surtout de son univers et de sa direction artistique. Le gigantisme fonctionne immédiatement et certains décors parviennent réellement à impressionner grâce au changement d’échelle permanent. De même, la possibilité d’avoir des familiers et des montures donne un sentiment d’exploration vraiment plaisant.

En revanche, tout n’est pas parfait du côté de l’interface. Un des problèmes principaux me concernant est la taille des textes en mode salon. Certains menus deviennent rapidement fatigants à lire à distance, au point de réellement se casser les yeux durant les longues sessions. Un souci d’ergonomie difficile à ignorer pour un jeu aussi riche en menus et en descriptions, sans options d’agrandissement des textes de l’interface. L’interface globale manque également de lisibilité par moments, notamment lorsqu’il faut naviguer dans l’inventaire ou comprendre certaines mécaniques de crafting. De même, les commandes peuvent se « chevaucher ». Certaines actions se réalisant avec un bouton en particulier ne son plus possible si vous tenez votre marteau de construction par exemple.

6
Smalland: Survive the Wilds est un jeu de survie intéressant, porté par une excellente idée de départ et un univers qui parvient réellement à se démarquer. Le sentiment d’exploration fonctionne, le crafting devient une composante essentielle à notre progression, et on se plait à découvrir notre monde sous un nouvel angle (beaucoup) plus près du sol. Malheureusement, le titre souffre aussi d’un manque évident d’accessibilité. Tutoriel insuffisant, commandes parfois maladroites, interface peu lisible et nombreuses mécaniques peu ou mal expliquées donnent souvent l’impression que le jeu s’adresse avant tout aux vétérans du genre. Ceux qui accepteront de dépasser cette phase d’apprentissage parfois brutale pourront néanmoins trouver une expérience riche et immersive. Les autres comme votre serviteur risquent malheureusement de décrocher avant même d’avoir pu réellement comprendre tout le potentiel du jeu.

  • Un concept de gigantisme très réussi
  • Le crafting et la construction plutôt satisfaisants
  • Performances plutôt solides sur Nintendo Switch 2
  • On commence dans le grand bain sans les brassards…
  • Textes beaucoup trop petits en mode TV
  • Une météo dynamique assez illogique
  • Des commandes peu intuitives à la manette