Bien qu’ayant passé 45 heures sur le jeu principal, avec une énorme contrainte de temps afin de pouvoir rendre le test dans les délais, j’avais gardé un très bon souvenir de Légendes Pokémon Z-A, malgré un scénario légèrement poussif sur la fin. Voir arriver le DLC Méga-Dimension aussi tôt après la sortie du jeu de base m’avait surpris, mais après tout, après un bon moment passé sur l’aventure principale, que pourrait-il mal se passer ?
Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.
Un scénario qui a des failles (spatio-temporelles)
Accessible officiellement après avoir terminé le scénario principal, le DLC Méga-Dimension vous invite à vous rendre à l’Hôtel Z pour entamer cette nouvelle aventure. Vous y ferez la connaissance d’Anya, une curieuse jeune fille accompagnée du Pokémon Hoopa. Cette dernière a un goût très prononcé pour les donuts aux cacahuètes — et ça tombe bien, puisqu’ils seront l’élément central du scénario.
En offrant ces donuts confectionnés par Anya à Hoopa, le Pokémon est capable d’ouvrir des portails via des failles spatio-temporelles qui commencent à apparaître un peu partout dans la ville d’Illumis. Ces portails mènent nos héros vers une version alternative et monochrome de la ville, sobrement baptisée Extra-Illumis.
Anya a pour objectif de parcourir ces failles afin de trouver un Pokémon légendaire bien précis. Malheureusement, ces anomalies vont rapidement prendre de l’ampleur et menacer d’engloutir Illumis. Il vous sera donc demandé d’enquêter sur ce phénomène étrange, à l’origine de nombreux événements annexes.
Des Pokémon dopés aux donuts
Pour voyager dans les failles, deux éléments sont indispensables : Hoopa et un donut préparé par Anya à l’Hôtel Z. Ces pâtisseries sont confectionnées à partir de baies que vous fournissez généreusement en tant que protagoniste. Le choix des baies est primordial, car elles possèdent plusieurs caractéristiques :
- une statistique de goût (épicé, acide, frais, amer ou sucré) ;
- un bonus de niveau octroyé à vos Pokémon ;
- un niveau gustatif déterminant la qualité du donut (de 1 à 5 étoiles) ;
- et enfin la Satiénergie, qui définit le temps passé dans les failles.
Plus vous progresserez dans l’intrigue, plus vous pourrez combiner différentes baies afin de créer des donuts toujours plus efficaces. Autant dire que les baies vont chauffer. De plus, certains effets bonus peuvent s’ajouter aux recettes, ce qui vous fera passer un temps conséquent à expérimenter diverses combinaisons. Les failles se renouvellent chaque jour et apparaissent de manière aléatoire, avec un niveau recommandé exprimé en étoiles. Une fois à l’intérieur, vous comprendrez rapidement — si ce n’était pas déjà clair — que ce DLC s’adresse avant tout au post-game. Les Pokémon rencontrés affichent des niveaux oscillant entre 100 et 200. Heureusement, grâce aux donuts, vos propres Pokémon bénéficient eux aussi de bonus de niveau temporaires. Les failles donnent accès à trois types de dimensions :
- Sauvage, axée sur la capture de Pokémon ;
- Combat, qui reprend le principe de la Zone Z-A ;
- Inconnue, où l’on trouve de nouvelles Méga-Gemmes ainsi que des missions secondaires.
Si vous ne disposez pas encore d’une équipe niveau 100, rassurez-vous : ces dimensions regorgent de Bonbons XL, de Super Bonbons et autres objets permettant de faire progresser rapidement vos Pokémon. Les premières explorations peuvent toutefois manquer de piquant, mais vous découvrirez progressivement des Extra-Baies, bien plus intéressantes que les baies classiques. Si l’idée est séduisante sur le papier, la mise en pratique laisse malheureusement place à une frustration croissante…
Méga-DLC, Méga-Évolutions, Méga-Recyclage
L’un des points qui avait le plus frustré les joueurs souhaitant terminer Pokémon Z-A résidait dans les 15 combats d’affilée à effectuer dans la Zone Z-A au rang infini pour conclure la quête principale. Pour le DLC Méga-Dimension, les développeurs ont eu la bonne idée de réintroduire un système de progression par points, basé sur des mini-quêtes : détruire des Poké Balls volantes, capturer un certain nombre de Pokémon, utiliser des capacités super efficaces, etc. Ces objectifs sont fixes une fois la dimension entrée et rapportent plus ou moins de points. En complétant les trois mini-quêtes durant une exploration, une grande Poké Ball dorée apparaît, renfermant de nombreuses Extra-Baies et objets utiles. Problème : les zones explorables via les failles sont des portions très limitées d’Illumis, qui se comptent sur les doigts d’une main. Elles sont jonchées de Méga-Cristaux, d’objets destructibles et d’échafaudages. Sachant à quel point nos Pokémon aiment se coincer dans les décors exigus, la navigation devient vite laborieuse, d’autant plus que l’esthétique monochrome accentue cette sensation d’enfermement.
Le DLC marque également le retour d’une centaine de Pokémon supplémentaires. Cependant, si comme votre serviteur vous aviez déjà complété le Pokédex à 100 % avant de vous lancer dans ce contenu additionnel, sachez que ces nouveaux Pokémon apparaissent au compte-gouttes dans les failles, à condition d’avoir la chance de les voir apparaître… et de les localiser à temps. À noter que les Pokémon capturés dans ces dimensions retrouvent ensuite un niveau tout à fait normal, généralement autour du niveau 30. À chaque chapitre, une fois la jauge de mission remplie, vous débloquez un combat contre un nouveau Pokémon Férox. Ces affrontements permettent d’obtenir de nouvelles Méga-Évolutions ainsi qu’un nouveau type de Méga-Gemme, les Méga-Gemmes Z, offrant une puissance accrue sur une courte durée. Ces combats de boss proposent de nouveaux schémas, plus ou moins inspirés, avec un avantage appréciable : la capture du Pokémon est automatique à l’issue du combat.
Un DLC frustrant
Au total, ce DLC propose 80 quêtes annexes, 130 Pokémon et 19 nouvelles Méga-Évolutions. Le contenu est bel et bien présent, mais une fois encore, c’est la mise en forme et l’aspect répétitif qui risquent de décourager les joueurs déjà échaudés par la structure de la fin du jeu principal.
Les zones manquent de variété, et enchaîner les mêmes objectifs toutes les cinq minutes pour remplir une jauge qui augmente à chaque chapitre ne fait qu’amplifier la lassitude. Comptez environ 3 000 points par exploration de faille, alors que le dernier chapitre exige 50 000 points pour affronter le boss final, et près de 100 000 points pour accéder aux Pokémon optionnels.
Ajoutez à cela le fait que les Pokémon les plus rares nécessitent des recettes de donuts très spécifiques, avec des baies précises en fin de jeu, et il devient presque indispensable de farmer les baies à chaque exploration. Si le grinding n’est pas un problème en soi lorsque l’on sait à quoi s’attendre, l’imposition d’un timer strict rend l’expérience nettement moins agréable. Sans oublier la quête annexe des deux Crabominables, dotés de l’un des doubles types les plus faibles de la licence, mais qui auront sans doute traumatisé plus d’un joueur. Comptez environ une quinzaine d’heures pour terminer l’aventure principale du DLC. Quant à la complétion du Pokédex et des quêtes annexes, chacun avancera à son propre rythme.

