Nintendo Switch 2

Layers of Fear: The Final Masterpiece Edition

Test Switch 2

Layers of Fear: The Final Masterpiece Edition

Par babidu - Il y a 18 heures

Alors que les deux premiers Layers of Fear étaient déjà sortis séparément sur Nintendo Switch, leur refonte en un seul et même jeu se faisait attendre. Cette absence est désormais corrigée. Bloober Team s’est lancé dans un portage ambitieux de ce Layers of Fear ultime, déjà disponible sur des machines plus puissantes, avec l’objectif clair de proposer une version à la hauteur des attentes sur Nintendo Switch 2. Mais que vaut réellement ce portage ? Le résultat trahit-il une nouvelle console déjà dépassée ou, au contraire, vient-il nourrir de réels espoirs pour l’avenir de la Nintendo Switch 2 ?

Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.

Un retour forcément personnel

Dès les premières minutes, le constat est limpide. L’immersion est immédiate. Le jeu ne prend aucun détour inutile pour montrer ce qu’il a dans le ventre. Il s’agit d’un portage de haute volée, pensé comme un véritable hommage à ces œuvres majeures de l’horreur vidéoludique. Layers of Fear installe son ambiance dès le lancement et s’impose naturellement par sa mise en scène et son atmosphère, sans chercher à masquer ni son âge ni son héritage. Si certains aspects plus datés restent perceptibles du côté du gameplay, ils deviennent presque invisibles dès lors que l’on se concentre sur la proposition visuelle. Techniquement, il ne s’agit pas de redécouvrir Layers of Fear, mais bien de le retrouver, dans une version pensée pour être plus confortable et plus flatteuse. Ayant découvert le premier épisode à sa sortie et suivi ce remake d’un œil relativement distant, ce portage s’impose comme une excellente manière de se confronter à nouveau à ce que le jeu cherche à raconter, tout en dialoguant avec ses propres souvenirs. Ce retour fonctionne d’autant mieux que le regard porté sur l’œuvre a évolué. Les nouveautés visuelles, les ajustements techniques et le soin global apporté à cette version donnent envie de replonger dans cette histoire avec une maturité différente. L’expérience se révèle enveloppante, parfois oppressante, mais toujours maîtrisée. Plus que la peur brute, c’est l’ambiance qui domine, sublimée par ce portage, et qui rappelle immédiatement pourquoi Layers of Fear demeure une référence incontournable du jeu d’horreur narratif.

Layers of Fear n’est pas un jeu anodin à relancer plusieurs années après sa première découverte. À l’époque, l’expérience avait marqué durablement, moins par la peur frontale que par la force de son ambiance et la singularité de sa proposition, rappelons tout de même que le premier titre est sorti il y a désormais dix ans. Le jeu avait laissé une impression persistante, celle d’une œuvre profondément atmosphérique, capable de raconter beaucoup avec peu de mécaniques, à la manière des jeux Amnesia de Frictional Game. Revenir aujourd’hui sur cette version ultime permet surtout de mesurer l’évolution du regard porté sur l’œuvre. En l’occurrence, ici le mien. Le jeu n’a pas fondamentalement changé dans son propos, mais la manière de l’aborder, elle, est différente. La maturité et le rapport aux récits plus introspectifs donnent une autre lecture à ce qui se joue à l’écran. Ce nouvel écrin sublime une œuvre parfois trop brute à l’origine mais qui a su se bonifier avec le temps. Là où certaines séquences pouvaient autrefois impressionner par leur mise en scène, elles ont désormais trouvées en moi  un écho plus profond dans leur dimension narrative et symbolique. Ce qui m’a surtout frappé, c’est que l’attachement aux thématiques et à la plume Lovecraftienne est toujours là, il a même été renforcé, pour les mêmes raisons qu’à l’époque. L’ambiance, l’écriture, la manière dont Layers of Fear parle de création, d’obsession et de culpabilité conservent une force intacte. Cette version Nintendo Switch 2 n’efface pas mes souvenirs, elle les prolonge. Elle m’a permis de retrouver une œuvre marquante, non pas figée dans le passé, mais suffisamment solide pour supporter un regard plus exigeant et plus lucide, après pléthore de jeux dévorés en 10 ans. Pour les joueurs totalement vierges de la licence, cette édition rassemble plusieurs chapitres solides au sein d’une œuvre globale cohérente. Il ne s’agit pas ici d’un simple remake du premier épisode, mais bien d’une unification des deux jeux, enrichie de contenus supplémentaires. Une édition définitive de deux jeux pour ne former qu’une seule et même œuvre majeure. 

Attentes vis-à-vis du portage et manette en mains

Avant même de lancer le jeu, les attentes étaient élevées. Non pas dans l’idée d’assister à une démonstration technologique, mais bien d’obtenir une version capable de mettre réellement en valeur Layers of Fear sur Nintendo Switch 2. L’enjeu était simple : proposer une version propre, stable et respectueuse, sans compromis trop visibles. Très rapidement, le doute s’estompe. Le portage surprend, et plutôt dans le bon sens. Visuellement, techniquement et en termes de confort, Layers of Fear s’exprime ici avec une assurance qui tranche avec ce que proposait la Nintendo Switch première du nom. L’image est plus nette, l’éclairage plus travaillé, les effets de lumière et d’ombre gagnent en profondeur, et l’ensemble se montre remarquablement stable, y compris dans les séquences les plus chargées.

Ce qui frappe toutefois, ce n’est pas tant la performance brute que l’intelligence du portage. Layers of Fear n’a pas été adapté à la va-vite. Il semble pensé pour la Nintendo Switch 2, comme si le jeu avait enfin trouvé un terrain d’expression à sa mesure sur une console Nintendo. Le portage respecte clairement son public et ne donne jamais l’impression d’être une version au rabais. Reste une nuance importante. Pour les joueurs déjà familiers de cette version ultime sur d’autres supports, il s’agit avant tout d’un portage, très réussi, mais sans bouleversement majeur. En revanche, pour celles et ceux qui n’avaient connu que les anciennes versions sur Nintendo Switch, cette mouture Nintendo Switch 2 s’impose comme une évidence. La console semblait taillée pour l’accueillir et le pari est réussi.

Manette en main, Layers of Fear confirme rapidement ce que l’on sait déjà de lui. Le jeu repose sur une prise en main volontairement simple, presque minimale, et cette version Nintendo Switch 2 ne cherche pas à en faire davantage. Les déplacements sont fluides, les interactions lisibles, et rien ne vient parasiter l’expérience par une surcouche inutile. Le minimalisme des contrôles, qui se limite à quelques interactions dans un cadre de walking simulator, s’impose ici comme une vraie force. Layers of Fear n’a jamais eu l’ambition d’être un jeu d’action ou un survival horror classique, et il l’assume pleinement. Le gameplay s’efface au profit de l’ambiance, laissant au joueur l’espace nécessaire pour observer, ressentir et se laisser porter par la mise en scène. Quelques passages viennent néanmoins rompre légèrement cette tranquillité, avec des séquences un peu plus rythmées ou dirigées. Rien de véritablement exigeant, mais suffisamment pour rappeler que l’on est bien face à un jeu vidéo. Ces moments restent rares et bien intégrés. Sur Nintendo Switch 2, le confort global renforce cette sensation de fluidité, que l’on joue en mode portable ou sur téléviseur. Le jeu laisse respirer le joueur et ne donne jamais l’impression de lutter contre ses contrôles.

Technique, confort et ce que ce portage ajoute vraiment

Sur le plan technique, Layers of Fear se montre particulièrement convaincant sur Nintendo Switch 2. Le jeu profite clairement du gain de puissance de la machine, sans chercher à en faire une démonstration ostentatoire. L’image est plus propre, plus stable et plus cohérente dans l’ensemble de l’expérience. Les textures gagnent en netteté, l’éclairage en profondeur, et les effets visuels participent pleinement à l’atmosphère. L’expérience reste agréable en mode docké comme en mode portable. Joué moitié moitié, le jeu conserve une identité visuelle solide, même si le mode docké offre un confort visuel supérieur. Le port du casque est fortement recommandé, et la présence d’un port jack sur la manette Pro s’avère particulièrement appréciable. Le travail sur le son mérite une mention particulière. Le sound design reste l’un des piliers de l’expérience et s’impose ici avec une grande efficacité. Joué au casque, le jeu renforce considérablement la tension et le malaise, même si les haut-parleurs de la Nintendo Switch 2 s’en sortent honorablement. Ce confort global participe pleinement à la réussite du portage, qui permet enfin à Layers of Fear de s’exprimer sans les concessions trop visibles de la génération précédente.

Au-delà de la technique, la vraie question reste celle de l’apport réel de cette version Nintendo Switch 2. La réponse se situe dans l’immersion et la légitimité. Pour la première fois, Layers of Fear semble pleinement à sa place sur une console Nintendo. Le confort, la stabilité et la qualité de l’expérience, notamment en mode portable, renforcent sensiblement l’impact de l’œuvre. Le jeu gagne en accessibilité sans perdre en intensité. Ce portage apporte aussi une forme de reconnaissance. Layers of Fear n’est plus une adaptation contrainte ou secondaire, mais une proposition complète, pensée pour tirer parti de la Nintendo Switch 2. Il s’inscrit naturellement dans la ludothèque de la machine. Pour les joueurs déjà équipés ailleurs, cela reste cependant un portage. Pour les autres, il s’agit sans doute de la manière la plus pertinente et la plus confortable de découvrir l’expérience. Notamment grâce à la versatilité de la console. 

Ambiance, direction artistique, rythme et défauts

S’il y a un domaine où Layers of Fear continue de faire la différence, c’est dans sa gestion de l’ambiance. La peur n’est jamais brute ni gratuite. Elle s’installe progressivement, portée par la direction artistique, les histoires racontées et un sound design toujours aussi redoutable. Les décors se transforment, les repères disparaissent, et la mise en scène joue constamment avec l’anticipation. Les jumpscares existent, mais restent rares et mesurés, laissant la tension s’installer dans la durée. La direction artistique demeure l’un des piliers du jeu. Dix ans après, elle conserve et affirme une force d’évocation remarquable. Chaque tableau, chaque distorsion de l’espace traduit l’état mental des personnages, sans jamais sombrer dans le gratuit. La narration environnementale fonctionne toujours aussi bien, en trouvant un équilibre des plus juste entre suggestion et explicitation. Sur la durée, la formule montre toutefois ses limites. Le rythme varie selon les chapitres, avec une qualité inégale d’un segment à l’autre. La répétition se fait surtout sentir lors des transitions entre les différentes histoires. Layers of Fear fonctionne donc mieux en plusieurs sessions qu’en un seul enchaînement. Chaque histoire reste suffisamment distincte pour éviter une réelle lassitude et il faudra compter une grosse quinzaine d’heures pour en faire le tour. Une histoire, une pause, une histoire, une pause, fut pour moi le meilleur rythme pour profiter à fond de l’expérience. 

Layers of Fear n’est pas le jeu le plus stimulant d’un point de vue purement ludique. Son gameplay reste limité et toutes les histoires ne se valent pas. Certains mécanismes accusent le poids des années, sans réelle volonté de renouvellement. Ces défauts sont visibles, mais rarement rédhibitoires. Les qualités de l’ensemble compensent largement ces faiblesses. L’ambiance, la cohérence thématique, la mise en scène et le confort de jeu font de cette version Nintendo Switch 2 une proposition toujours aussi prenante. Layers of Fear ne cherche pas à se réinventer, mais assume pleinement ce qu’il est. Grâce à un portage soigné et respectueux, il offre aujourd’hui l’une des meilleures manières de redécouvrir cette œuvre, en particulier en mode portable.

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Layers of Fear sur Nintendo Switch 2 ne cherche pas à se réinventer. Il assume pleinement ce qu’il est, avec ses forces et ses limites. Mais grâce à un portage soigné, confortable et respectueux, il parvient à offrir l’une des meilleures manières de redécouvrir cette œuvre aujourd’hui, en particulier en mode portable. Le jeu s’adresse avant tout aux amateurs d’horreur psychologique, d’ambiances travaillées et de narration environnementale. Ceux qui recherchent de l’action, du gameplay profond ou une peur basée sur le jumpscare risquent de rester à distance. Pour les autres, Layers of Fear demeure une expérience marquante, toujours capable de laisser une empreinte durable. Oui, relancer Layers of Fear sur Nintendo Switch 2 valait le coup. Et oui, ce portage permet enfin au jeu de s’exprimer pleinement sur une console Nintendo.

  • Une ambiance toujours aussi marquante, qui s’installe immédiatement et ne lâche jamais vraiment le joueur
  • Une direction artistique forte, cohérente et encore très évocatrice malgré le poids des années
  • Un sound design remarquable, qui joue un rôle central dans l’immersion et la tension
  • Un portage soigné sur Nintendo Switch 2, stable, confortable et visuellement convaincant
  • Une vraie légitimité sur console Nintendo, notamment grâce au mode portable
  • Une unification intelligente des deux jeux et de leurs contenus, qui donne une lecture plus cohérente de l’ensemble
  • Une narration environnementale efficace, qui raconte beaucoup sans lourdeur ni cinématiques envahissantes
  • Un gameplay très limité, qui pourra laisser à distance les joueurs en quête d’interaction ou de défi
  • Un rythme inégal selon les chapitres, avec des histoires plus marquantes que d’autres
  • Une structure parfois répétitive sur la durée, surtout lors des transitions entre les différentes histoires
  • Peu de surprises pour les joueurs ayant déjà fait cette version ultime sur d’autres supports
  • Une proposition qui reste très dirigiste et contemplative, et qui ne conviendra pas à tous les profils