Nintendo Switch

PARANORMASIGHT: The Mermaid's Curse

Test Switch

PARANORMASIGHT: The Mermaid's Curse

Par Kosmo56 - Il y a 4 heures

Paranormasight : the curse of the mermaid est le deuxième épisode de la petite, mais prometteuse série Paranormasight. Après une bande-annonce remarquée lors du dernier Partner Showcase, voyons donc ce que nous réserve cet intrigant jeu. Anglophobes s’abstenir, il y a pas mal de lecture au menu.

Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur

Un visual novel dopé aux hormones… de poisson

L’histoire de Paranormasight se déroule essentiellement sur l’île de Kameshima (qui ressemble à une tortue) et tourne autour du mystère des sirènes et du fait que manger leur chair rend immortel, un mythe folklorique bien connu au Japon. Vous vous réveillez au fond de l’océan, et un être étrange, le Storyteller, vous dit que vous allez suivre l’histoire de Yuza Minakuchi, une jeune homme de 18 ans apprenti plongeur. Dès l’entrée de jeu, il vous prévient que l’histoire de Yuza va dépendre de vos choix mais qu’il y’ a des choses que vous ne pourrez pas changer. Cette déclaration est accompagnée de l’image glaçante de plusieurs cadavres de personnes que vous ne tarderez d’ailleurs pas à rencontrer. L’ambiance est posée, vous avez devant vous une enquête pleine de mystère, de surnaturel, de rebondissements et d’horreur diablement efficace.



Paranormasight est donc un visual novel avec quelques éléments interactifs et des énigmes, ainsi que des épreuves ponctuelles. Mais l’histoire ne vous est pas racontée de manière chronologique, et vous changerez régulièrement de protagoniste afin de vous laisser mijoter dans le suspense et de suivre plusieurs lignes narratives. D’ailleurs, des changements dans l’histoire d’un protagoniste peuvent influencer celle d’un autre, et le tout est non-linéaire. Vous pourrez du coup revenir dans un chapitre terminé pour en voir une autre fin, changer le rôle de certains personnages, et ainsi avancer plus tard, le tout grâce à une timeline qui se complète au fur et à mesure. Ça a l’air compliqué ? Ça ne l’est pas vraiment, mais par contre, il vous faudra suivre, et il vous faudra LIRE. Vous pouvez accélérer les dialogues ou passer des scènes mais ce sera à vos risques et périls.

En effet le jeu vous posera des fois des questions vous demandant de répondre grâce au clavier virtuel, et vous devrez souvent avoir lu le codex, les fichiers, les profils et vous en rappeler d’éléments importants pour pouvoir passer ces blocages et avancer dans l’histoire. Le jeu a quand même l’amabilité de souligner les termes importants, donc vous ne serez pas totalement perdu, mais cela va vous demander un peu d’investissement de temps et de mémoire. Autre mécanique essentielle, la pêche en apnée à laquelle vous devrez vous entraîner afin de gagner des meilleurs statistiques pour quelques passages qui vous seront autrement bloqués à quelques moments du jeu. Vous n’êtes pas face à un simple roman interactif mais bien à une expérience plutôt singulière et intrigante.

Le frisson des abysses

Si vous êtes familier avec des titres comme la série des Phoenix Wright ou Famicom Detective Club, alors Paranormasight pourrait bien vous parler, mais il va falloir passer une barrière de langage : le jeu est en anglais et lecture n’est pas optionnelle. L’ambiance, également, est différente, tirant sur l’horreur, le suspense et l’angoisse. Tout pris dans l’histoire que vous serez, et avec des conditions d’échec bien réelles, Paranormasight prend plaisir à vous surprendre à grands coups de rebondissements bien flippants, de conséquences funestes à vos choix. La violence, et l’horreur sont surprenantes et pour les fans de l’épouvante à la japonaise, vous serez servis ! L’ambiance tient également dans les visuels du jeu, mélange de modèles 3D statiques (ou presque) et de prises de vue semblant réelles qui communique efficacement et plutôt élégamment les situations et les enjeux.

Dans les bémols du jeu, nous sommes face à un obstacle de taille quand à la masse d’informations à retenir. En effet, à la fin du jeu, il vous faudra carburer pour vous remémorer tous les noms, tous les endroits et toutes les relations. Alors oui, tout est dans le dossier de l’affaire, mais bonne chance si vous décrochez un moment avant de revenir, d’autant plus que le Storyteller, s’il donne des indices, reste plutôt mystérieux. Ainsi, atteindre les différentes fins du jeu ne sera pas toujours une partie de plaisir et quand on est coincé, le détail qui manque peut être noyé (haha) dans la masse. L’interface, un peu lourde, ne vous aidera pas, d’ailleurs, même si on s’y fait. Le fait de devoir refaire des chapitres pourra également être un frein si jamais vous galérez à trouver ce qui vous manque, même si, encore une fois, les chapitres « complets » sont bien signalés. La durée de vie est plutôt honnête et le tout se boucle en une douzaine d’heures, ce qui est honnête compter tenu du prix En soi, Paranormasight contient les défauts inhérents à son genre, mais sait aussi les dépasser à bien des reprises.

7
Difficile de recommander Paranormasight : Curse of the Mermaid si vous ne parlez pas couramment anglais. C’est un excellent visuel novel, novateur et effrayant à souhait, mais tellement rempli à ras bord de texte qu’on ne peut se permettre de pas parler la langue de Shakespeare. Pour les quelques anglophones qui restent, préparez-vous pour un jeu d’enquête prenant, angoissant, et très bien construit qui vous fera sûrement passer quelques nuits blanches à cogiter… ou à vérifier que rien ne s’est glissé derrière vous dans l’obscurité.

  • Une histoire prenante et surprenante
  • Une ambiance horrifique très réussie
  • Plusieurs fins pour une bonne rejouabilité
  • De quoi cogiter un moment, si on aime ça
  • Pas de VF, et beaucoup de lecture
  • Demande un certain investissement de temps et de mémoire
  • Des passages à refaire encore et encore en quête d'un changement