Sorti initialement en 1999 sur PlayStation sous le nom Milano no Arbeit Collection, la jeune Milano débarque pour la première fois en Occident en 2025 grâce au travail d’Implicit Conversions, sous un nouveau nom : Milano’s Odd Job Collection. L’enthousiasme de la jeune héroïne réussit-il à nous séduire 25 ans après sa première parution ? Réponse ci-dessous.
11 ans et déjà dans la vie active !
Initialement développé par Westone, à qui l’on doit la licence Wonder Boy, Milano’s Odd Job Collection nous met dans la peau de Milano, une fillette de 11 ans qui vient d’entamer ses vacances scolaires. Sa mère devant malheureusement être hospitalisée, Milano doit partir en vacances chez son oncle. Mais une fois arrivée à destination, elle découvre que ce dernier est lui-même parti en vacances… Seule dans cette ville et livrée à elle-même, elle compte bien prouver à ses parents que, du haut de ses 11 ans, elle peut se gérer en totale autonomie. Pour cela, elle enchaînera les petits boulots avant de se détendre le reste de la journée.
40 jours pour s’occuper
Milano’s Odd Job Collection se découpe en deux phases distinctes. Sur les 40 jours à patienter jusqu’au retour des parents, vous jonglerez entre la réalisation de petits boulots dans la ville de Zucchini et des activités dans la maison de l’oncle. Au total, 8 minijeux sont à découvrir, proposant des activités variées :
- La plonge dans un restaurant, où il faut secouer le stick pour récurer une assiette plus ou moins sale, tout en évitant les ustensiles volants.
- La traite de vaches volantes, où vous devez courir dans un pré pour agripper les pis et traire la vache, tout en évitant les animaux dans vos pattes.
- La récolte de fruits, avec un panier à dos, en prenant garde aux insectes.
- La livraison de pizzas en scooter (à 11 ans !), où il faut éviter voitures et plots sur un scrolling horizontal pour livrer à temps.
- L’infirmière, un minijeu plus technique reposant sur des manipulations de touches et un peu de mémorisation.
- Le fast-food, qui rappellera des traumatismes aux anciens équipiers polyvalents : prendre la commande, puis la préparer le plus vite possible.
- Une session pâtisserie, un puzzle-game où l’on doit aligner les aliments pour créer des gâteaux, en évitant les animaux.
- Enfin, un dernier minijeu de rythme à débloquer au parc après avoir augmenté certaines statistiques.
Chaque minijeu rapporte de l’argent, à dépenser dans la seconde partie du jeu. La qualité des activités est globalement homogène, même si vous aurez forcément vos préférés. En augmentant votre niveau de Skill, vous débloquerez des niveaux de difficulté supplémentaires, augmentant votre rémunération.
Tuer le temps, littéralement
Une journée type se découpe ainsi : déplacement en ville, choix d’une activité (travail ou détente), retour à la maison de l’oncle pour vaquer à ses occupations, puis coucher. L’aspect gestion reste très minimaliste : pas de faim, pas d’hygiène, rien de ce genre. À la maison, vous pouvez effectuer jusqu’à deux activités : ménage, lessive, cuisine, etc. En accomplissant certaines actions, Milano obtient des points de Skill, Mood et Energy. Ces statistiques servent à débloquer les minijeux, tandis que la Skill permet d’accéder aux difficultés supérieures.
Au moment du coucher, plusieurs options s’offrent à vous : lire un magazine, faire un vœu en espérant une étoile filante pour obtenir un bonus, ou passer une commande via catalogue (avant l’ère des smartphones !). Le catalogue permet d’acheter du mobilier pour décorer la maison et débloquer des actions supplémentaires. Utiliser le bureau augmente par exemple les Skills, tandis que s’occuper des plantes améliore le Mood. Les activités domestiques sont toutefois automatiques : aucune interaction réelle, et on finit vite par accélérer l’animation. Au bout des 40 jours, une cinématique de fin se déclenche, identique quelles que soient vos actions, accompagnée d’une évaluation parentale aux critères assez flous.
Si le jeu est plaisant à découvrir, il devient rapidement extrêmement répétitif. Les minijeux disponibles dépendent de la météo et de vos statistiques, ce qui fait qu’une bonne moitié du temps vous vous rabattrez sur 2 ou 3 activités seulement. L’évolution des statistiques est également assez opaque : impossible d’être certain à 100 % que regarder la TV ou lire un livre augmentera vos Skills, selon le programme ou l’endormissement de Milano. Pour pallier la répétitivité, les développeurs proposent heureusement un mode arcade accessible dès le départ, permettant de jouer librement aux 8 activités avec la difficulté de votre choix pour viser les meilleurs scores. Préparez cependant des réflexes de cheval pour les modes les plus élevés !
C’est joli, mais…
Esthétiquement, rappelons qu’il s’agit d’un titre de 1999 porté tel quel sur consoles modernes. Inutile donc d’espérer un remaster visuel : les textures sont datées et le rendu brut. En revanche, les animations, très soignées à l’époque, tiennent encore très bien la route en 2025. Pour sa sortie en Occident, le jeu profite d’une traduction anglaise, largement suffisante vu la quantité de texte. À noter que les sous-titres doivent être activés manuellement pour apparaître dans les cinématiques.
Côté contenu, on regrette que le concept n’ait pas été poussé davantage : plus de personnalisation de la maison ou d’activités annexes aurait été bienvenu. L’émulation apporte tout de même quelques ajouts accessibles via le bouton – : retour en arrière, sauvegarde/chargement rapide, filtre cathodique, galerie de 33 illustrations et système de trophées. Les complétionnistes devront refaire plusieurs runs pour débloquer tous les éléments, certains objets du catalogue coûtant une véritable fortune.

