Nintendo Switch

Les Aventures De May : L’Etrange Disparition

Test Switch

Les Aventures De May : L’Etrange Disparition

Par Miki-Daisuki - Il y a 19 heures

Sorti initialement sur Nintendo DS en 2011, le sympathique point & Click du studio V5 Play les aventures de May : l’étrange disparition, s’est récemment décliné sur la switch en version dématérialisée pour finalement avoir droit à sa version physique au mois de mai 2022. Onze ans plus tard, faut-il se (re)plonger dans les entrailles de Dragonville ?

Ça plane pour moi

Alors que la jeune May et son petit frère Terry profitent d’une sortie en montgolfière, une tempête soudaine balaie tous ses occupants. A son réveil, la jeune fille ne peut que constater les dégâts : la voilà perdue dans un lieu inconnu et son frère a disparu. Mais arpenter les rues peu sûres de Dragonville, c’est aussi plonger tête la première dans les secrets bien gardés d’une bourgade beaucoup trop calme pour ne pas recéler quelques mystères. En premier lieu adressé à un jeune public par son ton globalement léger, le scénario n’occupera ici qu’une place relativement limitée. Un objectif, un méchant, un ou deux mystères sous-jacents, sont les menus ingrédients d’une histoire qui offre le minimum requis pour ne pas donner l’impression au joueur d’enchaîner les énigmes sans véritable contexte. Elle saura toutefois se montrer suffisante pour donner envie d’en connaître le dénouement, pour peu que l’on se contente d’un bref coup d’œil aux dialogues du jeu, totalement inintéressants pour la quasi-totalité d’entre eux et qu’on préférera donc lire en diagonale. Les énigmes avant tout, donc. 

Joue-la comme Layton

Idole des jeux d’enquête à dimension narrative, le Professeur Layton apparaît encore aujourd’hui comme le chef de file d’un genre qui fit les beaux jours de nos consoles portables, mais qu’on ne verra plus tellement chez Nintendo après la fin de la saga en 2013. Il est ainsi difficile pour May de passer à côté du parallèle avec la série à succès de Level 5, ne serait-ce que parce qu’elle lui emprunte un certain nombre de caractéristiques, à commencer par son gameplay. Pour avancer, il faudra donc se rendre d’un tableau à l’autre à l’aide des flèches indiquées par la boussole et parler au personnage présent sur la scène pour déclencher un dialogue débouchant sur une énigme qu’il faudra résoudre pour obtenir l’aide de son interlocuteur. Chaque casse-tête réussi octroi au joueur un certain nombre de points, lesquels permettent de débloquer des indices voire de passer une énigme qui nous donnerait trop de fil à retordre.

Côté difficulté, justement, May ne cède pas aux sirènes de la facilité comme on aurait pu s’y attendre, instillant un challenge plus ou moins important selon le type de casse-tête auquel on fait face. Et autant dire que sur ce point, les développeurs n’ont pas ménagé leurs efforts. Porté par une variété impressionnante d’énigmes, allant de la recherche d’objets cachés aux problèmes de maths et de logique en passant par des jeux de rythme, May contourne habilement tout sentiment de redondance comme de lassitude. Une très bonne chose puisque la durée de vie est à la hauteur de ce que l’on peut attendre du genre : comptez une quinzaine d’heures environ pour finir l’aventure et au moins le double si vous souhaitez résoudre toutes les énigmes, principales comme « bonus ».

Un constat plus que positif qui se retrouve malheureusement entaché par un portage switch qui multiplie les faux raccords et les choix discutables, à commencer par l’organisation des écrans de jeu. Car contrairement à la DS qui permettait d’afficher les consignes sur un écran pendant que l’autre permettait la résolution de l’énigme, l’hybride de Nintendo ne possède évidemment pas cette faculté. Et si le portage de Katrielle Layton avait résolu ce même problème en proposant de couper l’écran en plusieurs parties pour tout afficher en même temps, May impose au joueur de constamment jongler entre la fenêtre de consigne et la fenêtre de réponse. Un choix qui peut s’avérer particulièrement agaçant lorsqu’il est primordial d’avoir l’énoncé sous les yeux, et tout en sachant que le portage abandonne le tactile au profit des boutons et du stick analogique, beaucoup moins précis. Ajoutons également comme ombre au tableau un certain nombre de bugs gênants qu’on espère voir corriger dans un prochain patch, à l’image de ce casse-tête 61 qui ne possédait ni le bon énoncé, ni la bonne énigme, l’apparition soudaine d’allemand ou d’anglais, ou encore ce désagréable flou affectant des illustrations qui n’ont manifestement pas été réadaptées aux dimensions de l’écran Switch.

Une belle ambiance

S’il y a bien un domaine où May parvient à s’extirper le mieux de l’ombre de son homologue au haut-de-forme, c’est dans sa direction artistique. Qu’il s’agisse des décors comme des personnages, les développeurs ont su apporter une véritable identité visuelle à leur jeu du long des quatre mondes visités dans l’aventure. Un soin et un sens du détail qui se retrouvent jusque dans les énigmes, qui possèdent leur propre illustration dédiée. L’on aurait en conséquence aimé avoir la possibilité d’interagir avec l’environnement plutôt que de se contenter de cliquer sur le personnage qui l’occupe, ne serait-ce que pour s’attarder davantage sur des détails. Les petites scène d'animations, elles aussi faites à la main, constituent quant à elle de sympathiques intermèdes, qui sont d’autant plus appréciables qu’elles bénéficient d’un doublage français. Aux décors s’ajoute un joli travail musical, les touches de violon apportant ce sentiment de plénitude illusoire, mais toujours juste, qui accompagne agréablement le joueur tout au long de son aventure. Le manque de bruitages, cependant, instaure dans le même temps un paradoxal sentiment d’austérité d’autant plus constatable lors de la validation d’une énigme, par exemple, qui ne donne lieu qu’à l’apparition d’une sobre fenêtre noire de félicitation, et le nombre de points gagnés.

6.5
Portées par une avalanche de casse-têtes en tout genre et de sympathiques personnages, Les Aventures de May plairont sans conteste aux amateurs d’énigmes et aux nostalgiques des années DS qui trouveront leur bonheur au sein d’un jeu qui a choisi de faire primer cet aspect sur tous les autres. Une prise de risque qui donne un jeu globalement très agréable à faire, si tant est que l’on fasse fi de ses défauts et de sa jouabilité parfois bancale, dans le sillage d’un portage relativement moyen qui ne rend pas nécessairement hommage à l’épisode original.

  • Une pléiade d'enigmes
  • Une bonne durée de vie
  • De jolies animations et des décors soignés
  • Manque d’ambiance sonore et d’interaction avec son environnement
  • Un portage Switch très décevant
  • Un scénario et des dialogues lacunaires
  • Une jouabilité contrariée par l’absence du tactile
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