Avec GRIDbeat!, la Nintendo Switch accueille un jeu indépendant qui mélange habilement réflexion et rythme. Derrière son concept minimaliste se cache une expérience exigeante qui mise autant sur votre sens du timing que sur votre capacité à anticiper. Accessible en apparence, mais redoutable dans ses défis, le titre cherche clairement à séduire les amateurs de casse-têtes nerveux.
Test réalisé à partir d'une clé fournie par l'éditeur.
Un hacker avec le sens du rythme
GRIDbeat! fait le choix d’une narration discrète. Ici, pas de scénario élaboré ni de personnages développés : le jeu mise sur une ambiance abstraite et une progression purement ludique. Vous avancez à travers une série de niveaux symbolisés par des grilles évolutives, avec pour seul fil conducteur une montée progressive en difficulté. Vous incarnez ici un hacker passionné qui décide d'infiler Knoss.OS, le réseau d'entreprise le plus sécurisé au monde. Détecté par les protocoles de sécurité, votre Salut se trouve dans votre sens du rythme avec la musique ambiante du système. C'est ainsi que vont s'enchaîner les niveaux, faisant office de mini-donjons, avec son lot de pièges, d'ennemis et d'énigmes qu'il faudra réussir à hacker / contourner pour trouver la sortie. Il y aura tout de même quelques dialogues à découvrir lors de votre progression, et une intrigue qui se découvre peu à peu sous la forme de mails que vous récupérer le long de votre aventure.
Être synchro avec le Système
Le cœur de GRIDbeat! repose sur un principe simple : interagir avec une grille en suivant un rythme précis. Chaque action doit être réalisée en cadence, sous peine de voir votre progression compromise. Au fil des niveaux, de nouvelles mécaniques viennent enrichir la formule, des cases à activer dans un ordre précis, des obstacles dynamiques, des variations de tempo, des combinaisons de mouvements à mémoriser etc.. Votre barre de vie est représentée par de la Data. Chaque mauvaise action ou impact fait baisser cette jauge, et une fois à zéro, c'est le game over.
Le jeu brille particulièrement par sa montée en difficulté bien calibrée. Les premiers niveaux servent d’introduction accessible, mais très vite, la précision devient essentielle. La moindre erreur de timing peut coûter cher, car il n'y a pas de checkpoint natifs. Or, certains niveaux peuvent se révéler longs, et si vous ne faites pas attention, vous n'êtes pas à l'abris de vous manger un tir de missiles que vous n'avez pas vu venir juste après une téléportation. Pour vous aider, vous pourrez également débloquer des hacks qui vous permettront de simplifier votre progression, comme la possibilité de freezer vos ennemis, de créer des leurres sur des nœuds qui occuperont vos ennemis, ou de créer un backup en cas d'élimination. Sur Nintendo Switch, le gameplay fonctionne parfaitement en mode portable, avec une prise en main immédiate. Les vibrations HD ajoutent même une petite dimension sensorielle appréciable.
Le son au service du gameplay
Visuellement, GRIDbeat! adopte un style minimaliste et épuré. Les grilles géométriques et les effets lumineux s’accordent parfaitement avec le rythme du jeu. Ce choix artistique, bien que simple, est cohérent et efficace, et rappelle cette époque rétro/néon que l'on pouvait apprécier dans les années 80-90. Cependant minimalisme ne veut pas dire que le jeu n'est pas beau. On est clairement sur une esthétique travaillée qui flatte la rétine.
La bande-son quant à elle est un élément central de l’expérience. Chaque niveau est construit autour d’un rythme précis, et les musiques électroniques accompagnent parfaitement l’action. Le son n’est pas qu’un habillage : il devient un véritable outil de gameplay, et peut proposer des choses vraiment agréables à l'oreille, mais qui peuvent manquer de variété passé un certain temps sur le jeu.

