Nintendo Switch

Dandara

Test Switch

Dandara

Par Rubix_Man - Le 20/03 à 09:00

Sorti à l’origine en février 2018 sur plusieurs consoles dont la Nintendo Switch, Dandara, l’oeuvre du studio brésilien Long Hat House, revient via une mise à jour gratuite massive sortie ce mois-ci, offrant par son nouveau contenu et ses améliorations diverses une toute nouvelle expérience. L’occasion pour nous de vous donner notre avis sur ce Metroidvania onirique au gameplay unique en son genre.

Le monde du Sel

Dans un univers où la Création et l’Intention vivaient en parfaite harmonie, une entité maléfique fit son apparition, détruisant l’équilibre qui préservait la liberté des citoyens. Une lueur d’espoir s’éveilla cependant, nommée Dandara, votre avatar tout au long de cette aventure. Metroidvania dans son gameplay, le titre se démarque de prime abord par son parti pris original: le personnage que vous incarnez ne peut pas se déplacer de gauche à droite comme on pourrait s’y attendre de la part d’un jeu en 2D à vue horizontale. En effet, le mot d’ordre dans le gameplay de Dandara est “contrainte”, ce qui n’en fait pas pour autant un défaut. Le seul moyen de déplacement mis à votre disposition est le saut d’une plateforme à une autre. La gravité n’est pas de mise, ainsi votre personnage pourra se retrouver dans tous les sens possibles et imaginables, concept par ailleurs intelligemment exploité (mais nous y reviendrons). Toutefois, n’escomptez pas pouvoir sauter de mur en mur aussi facilement; Seules les sols et murs de couleur blanche pourront accepter vos petits pieds, et encore, s’ils ne se trouvent pas à une distance trop éloignée de votre plateforme première.

Partant de là, Dandara vous offre une multitude de mondes à explorer, ayant chacun, comme le veut le bon sens, leur esthétique, leur bestiaire et leurs gimmicks propres, sans oublier des boss redoutables à affronter, qui sauront vous récompenser en cas de victoire par des améliorations de votre équipement qui vous aideront à poursuivre votre aventure. Ces différents domaines proposent, Metroidvania oblige, de multiples embranchements et l’exploration est de mise dans ce périple qui aura tôt fait de vous faire perdre votre Nord. Même si la carte - obtenue assez rapidement après le début du jeu – vous permet de savoir quelle est votre orientation par rapport à la caméra et par rapport, justement, au Nord, il n’est pas difficile de se perdre, sans compter que le jeu ne vous donne que rarement la direction à suivre. Votre instinct est donc votre seul guide, et il faut croire que le mien manque de fiabilité, car il m’est maintes fois arrivé de tourner en rond en ne sachant pas où aller.

En dehors de cela, l’univers de Dandara est particulièrement accrocheur. L’ambiance, volontairement onirique, fait de par le thème principal du titre l’éloge de la créativité, de la diversité, et la direction artistique contribue grandement à ce voyage dans l’imaginaire, que ce soit par son style graphique en pixel-art particulièrement soigné et surtout sa bande-son nébuleuse et enivrante. Le scénario, enrichi grâce à la mise à jour Trials of Fear, apporte de la profondeur au titre et permet de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l’aventure. Bien que peu relativement peu nombreux, les personnages rencontrés marquent les esprits tant par ce qu’ils représentent que par leur impact dans le gameplay.

Dynamisme, exigence et difficulté

Revenons à la manière dont se joue Dandara. Plusieurs craintes peuvent pointer le bout de leur nez quand on apprend la façon dont se contrôle le personnage principal, questions dont les développeurs se sont assurés de pouvoir y répondre en rassurant rapidement les joueurs. Premièrement, n’est-il pas compliqué et laborieux de devoir perpétuellement viser pour sauter d’une plateforme à une autre? Non, car les créateurs de chez Long Hat House ont paré à ce problème en offrant un système de visée automatique cherchant automatiquement le sol ou le mur le plus proche de vous en fonction de l’inclinaison de votre stick. Ainsi, si vous souhaitez vous déplacer rapidement sans trop de précision, il vous suffira d’appuyer avec frénésie sur le bouton A tout en maintenant plus ou moins le stick droit dans la direction de votre choix. Il suffit de quelques minutes pour prendre en main ce gameplay peu commun, on prend assez rapidement nos marques et contrôler Dandara se révèle rapidement une partie de plaisir, tant qu’il n’y a pas d’ennemis en chemin.

Car c’est un peu de ce côté que le jeu perd des points. Les affrontements au commencement du jeu offrent une courbe de difficulté satisfaisante. Au fur et à mesure de votre progression, les ennemis se font d’autant plus coriaces que vous acquérez, en tant que joueur, de l’expérience et de la maîtrise. Cependant ce bonheur ne dure qu’un temps, et passé la moitié du jeu, de nombreux passages surchargés d’ennemis redoutables passeront leur temps à vous barrer la route. Sachant, que vous ne pouvez ni bloquer les attaques (ou alors bien peu), ni esquiver sur les côtés, il n’est pas rare de se retrouver encerclé sans autre option que de devoir tirer dans le tas en espérant pouvoir créer une brèche. Le problème résulte dans le fait que votre cadence de tir est assez lente et peu puissante par rapport aux points de vie des adversaires, qui ont quant à eux une force de frappe importante cumulée à une vitesse dans leurs attaques qui font qu’il est bien difficile d’anticiper et d’esquiver ces offensives lorsque le nombre d’ennemis est trop grand. Dommage, car le gameplay de Dandara et les affrontements ne manquent pas de dynamisme et offrent souvent des situations grisantes et agréables. Mais la frustration qui peut découler de certaines situations ternit quelque peu le tableau.

Afin de vous soutenir dans ces rudes épreuves, outre les améliorations obtenues par le biais de votre progression dans le scénario, il vous est possible, lorsque vous vous trouvez à proximité d’un campement (les checkpoints du jeu), d’améliorer quelques compétences de Dandara, à savoir votre nombre de points de vie, votre quantité de jauge spéciale, et la quantité de coeurs et de jauge qu’il vous est possible de régénérer via des exhausteurs dont l’utilité se révèle capitale, compte tenu des faits mentionnés plus haut. Ces améliorations ont bien évidemment un prix, que vous aurez à payer avec la “monnaie” du jeu acquise en éliminant les ennemis et en ouvrant certains coffres. Il peut être difficile d’obtenir ces améliorations en fin de jeu, car, une fois encore, les ennemies dans Dandara sont coriaces et peuvent vous anéantir rapidement et dans ce titre, toute votre monnaie durement acquise est perdue si jamais votre personnage sombre dans le monde du Game Over. Il vous est alors nécessaire de retourner sur le lieu de votre dernier décès pour récupérer votre bien, mais si par malheur vous vous faites occire de nouveau avant même d’avoir pu revenir sur les lieux du crime, toute votre monnaie s’en ira dans le néant, ce qui peut faire rouspéter, ronchonner, bougonner et même, osons le dire, mettre en doute la vertu de certaines mamans.

Les Epreuves de la Peur

Malgré ces quelques défauts (qui ne sont, en somme, que relatifs à votre expérience en tant que joueur), Dandara fait de son mieux pour proposer une aventure agréable et il faut bien avouer que le tout est réussi. L’oeuvre de Long Hat House ne laisse pas indifférent, elle sort du lot en apportant sa touche personnelle de multiples façons et l’édition Trials of Fear apporte de nombreuses corrections, de nombreux ajouts à un jeu qui n’avait déjà pas à rougir de son contenu. Si par exemple vous vous trouvez en difficulté et que vous n’êtes pas une tête de mule comme votre serviteur ici présent, il est tout à fait possible d’user de bonus mis à la disposition du joueur facilitant grandement votre expérience de jeu. Checkpoints supplémentaires, énergie illimitée et retour à la vie dans la salle où vous avez péri sont proposés sans conditions, sans malus pour le joueur moins expérimenté.

Par ailleurs, la dernière mise à jour actuelle de Dandara apporte trois nouveaux royaumes à explorer s’incorporant avec justesse au milieu de l’aventure principale, se confondant en elle pour apporter plus de densité au titre. De nouveaux boss, des dialogues approfondis et de nouveaux bonus viennent s'ajouter au contenu déjà généreux de Dandara. A l’issue de ces épreuves vous attend un second boss final épique, exigeant, qui mettra un terme à cette aventure peu commune. Ce qui transpire dans l’oeuvre de Long Hat House, c’est l’amour du jeu vidéo et de l’art. Les créateurs du jeu ont été aux petits soins et ont longuement retravaillé leur copie avant de fournir l'édition Trials of Fear, aboutissement perfectionnée d'un titre déjà finement construit. Vendue à quinze euros sur le Nintendo Eshop européen, Dandara, à l’instar du célèbre Hollow Knight, vaut largement son prix. L’aventure vous prendra de 6 à 8 heures selon votre expérience et votre façon de jouer, ce qui peut sembler peu mais si l’on prend en compte la densité du titre et le dépaysement qu’il procure, ces heures là ne seront pas gâchées.


 

 

8
Oeuvre vidéoludique atypique, éloge de l’art et de la créativité , Dandara laisse un souvenir très agréable et sait marquer les esprits par son gameplay certes restrictif mais intelligemment maîtrisé ainsi que sa direction artistique de qualité. Exigeant mais adapté aux différentes sortes de joueurs, Enchanteur et onirique, le titre de Long Hat House se veut généreux et l’édition Trials of Fear ne fait que renforcer les atouts d’un jeu qui avait déjà de quoi se défendre devant la concurrence. Si l’aventure vous tente ne serait-ce qu’un peu, n’hésitez plus et plongez tête baissée dans l’univers de Dandara !

  • Un univers enchanteur et onirique
  • Gameplay atypique, nerveux et efficace
  • Level design varié
  • Bon rapport qualité/prix
  • Difficulté parfois frustrante
  • Peu d'options pour esquiver les attaques ennemies