Nintendo Switch

Constance

Test Switch

Constance

Par Thatgunman - Le 22/05 à 11:00

Sorti à la fin de l’année dernière sur Steam, Constance proposait une aventure présentée comme un metroidvania, portée par une direction artistique dessinée à la main et une approche centrée sur la psyché ainsi que la santé mentale. Le studio allemand btf Games avait également prévu des versions consoles, dont une sortie sur Switch fixée au 1er mai 2026. La date étant désormais arrivée, il est temps de découvrir ce que cette adaptation a dans le ventre. Alors, que vaut Constance sur Switch ?

Burn-out paradise

Dans Constance, on incarne une graphiste du même nom, projetée dans un univers onirique dont elle cherche naturellement à s’échapper pour retrouver sa vie normale. Mais un obstacle se dresse rapidement sur sa route : le train censé la ramener chez elle est immobilisé par d’étranges fils. Constance doit alors partir en quête d’un moyen de libérer ce train et de rentrer chez elle. Derrière cette trame se cache évidemment une forte dimension symbolique. Au fil de l’aventure, le jeu dévoile les difficultés qui ont peu à peu nourri le mal-être de l’héroïne. Vie professionnelle étouffante, problèmes personnels, traumas d’enfance ou pression sociale : les thèmes abordés parlent facilement au joueur et illustrent avec justesse la descente progressive de Constance vers le burn-out. Les différentes séquences interactives retraçant son passé sont particulièrement réussies, retranscrivant efficacement la sensation d’oppression provoquée par le travail ou l’entourage.

Chaque biome exploré permet ainsi d’en apprendre davantage sur une facette de la vie de Constance et sur les raisons qui l’ont menée à cette chute. Sur le plan du gameplay, le titre adopte une structure de metroidvania assez classique, mêlant exploration d’environnements semi-ouverts et acquisition de nouvelles capacités permettant d’accéder à des zones jusque-là inaccessibles. Pourtant, de ce côté-là, Constance peut aussi laisser un sentiment mitigé. Si chaque biome regorge d’embranchements, les connexions entre eux restent assez limitées et manquent d’organicité. La plupart des zones ne sont accessibles que via un ou deux passages bien précis. Les améliorations débloquées au fil de l’aventure ouvrent certes quelques nouveaux chemins, mais leur nombre demeure relativement restreint. Malgré tout, cette progression plus dirigiste a un avantage : elle évite les allers-retours excessifs et permet au rythme du jeu de rester fluide du début à la fin.

Le nombre d’environnements reste relativement limité, un choix qui permet de privilégier une aventure concise, mais dense en narration et en variété. Chaque zone visitée affiche ainsi une identité forte et une réelle inspiration artistique. Ici, les habituels décors interchangeables du jeu vidéo laissent place à des environnements cohérents et inventifs, capables de renouveler régulièrement l’expérience visuelle. La direction artistique, donnant un rendu dessiné, apporte une véritable douceur au regard et s’appuie sur une palette de couleurs particulièrement soignée. Sur ce point, Constance est une réussite évidente. Les quelques personnages croisés au fil du voyage possèdent eux aussi beaucoup de personnalité, renforcée par des dialogues bien écrits. L’ensemble de l’univers bénéficie d’un soin manifeste et affirme une identité artistique immédiatement reconnaissable.

Chaque coup de pinceau a un prix

Mais au-delà de son esthétique, Constance doit aussi convaincre manette en main. Comme tout bon metroidvania, le jeu enrichit progressivement sa palette de mouvements au fil de l’aventure. Au départ, Constance ne dispose que d’un saut et d’une attaque de base, avant d’apprendre rapidement à dasher, utiliser un grappin ou encore rebondir sur son pinceau à la manière de DuckTales. Car dans le monde réel, Constance est illustratrice, et son arme dans cet univers intérieur prend logiquement la forme d’un pinceau. Celui-ci est directement lié à une jauge de peinture qui conditionne l’utilisation de la plupart des capacités. Une fois cette réserve épuisée, il reste possible d’utiliser ses techniques, mais au prix de points de vie. Et si les objets permettant de récupérer de la santé sont fréquents durant l’exploration, les affrontements contre les boss rendent cette mécanique beaucoup plus exigeante.

C’est d’ailleurs lors des combats que cette jauge de peinture révèle toute son importance. Les affrontements demandent de rester constamment en mouvement pour esquiver les attaques de plusieurs ennemis simultanément, tout en veillant à ne jamais gaspiller un déplacement inutile. Très vite, cette gestion devient un véritable exercice de réflexion et de précision, où chaque action doit être effectuée au bon moment. Certaines séquences de plateforme reposent également sur cette logique, même si elles se montrent globalement un peu moins exigeantes que les combats.

Dans l’ensemble, le jeu reste relativement accessible. Les phases de plateforme se montrent peu punitives et chaque échec renvoie presque immédiatement le joueur à proximité de l’endroit où il est tombé. La véritable difficulté apparaît surtout lors des affrontements contre les boss. Ces combats demandent davantage de maîtrise, certains patterns nécessitant des réactions rapides et une exécution sans hésitation. En cas de blocage, il est toujours possible de partir à la recherche des « inspirations », des améliorations à équiper sur Constance qui peuvent considérablement faciliter certaines rencontres. Malgré cela, chaque boss représente un véritable pic de difficulté.

Les premiers affrontements restent assez abordables, notamment parce que les capacités de Constance sont encore limitées à ce stade de l’aventure. En revanche, vers la fin du jeu, la multiplication des mouvements et des possibilités peut rapidement devenir déroutante, au point de rendre certains combats particulièrement intenses.

Des bonnes idées plein la carte

Constance intègre également plusieurs options de confort assez rares dans le genre. Une mini-carte peut par exemple être affichée instantanément via le stick droit, sans interrompre l’action. Le jeu propose aussi un appareil photo permettant de capturer un écran et d’associer automatiquement cette image à un emplacement précis sur la carte. Une fonctionnalité ingénieuse, même si son utilité reste relative étant donné le faible nombre d’allers-retours nécessaires pour terminer l’aventure et la facilité avec laquelle on mémorise les passages bloqués.

Avec environ huit heures de jeu pour voir le générique de fin (davantage pour les joueurs qui prennent le temps d’explorer les contenus annexes), Constance offre une aventure dense et particulièrement prenante. Malgré quelques montées de difficulté, le jeu ne devient jamais réellement frustrant, car chaque échec paraît généralement justifié par une erreur de timing ou une mauvaise décision du joueur. À chaque mort, deux options sont proposées : réapparaître au dernier checkpoint ou reprendre directement dans la salle du combat, mais avec des ennemis renforcés et impossibles à traverser avec le dash. Une idée surprenante au premier abord, puisqu’elle associe une option plus permissive à une contrepartie handicapante, tandis que la solution plus classique ne comporte aucun malus. Pourtant, ce système fonctionne bien et pousse le joueur à évaluer le risque en misant sur sa capacité à mieux maîtriser les patterns ennemis malgré la difficulté accrue.

7
Au final, Constance s’impose comme une aventure particulièrement réussie, à la fois bien écrite, bien pensée et soignée dans sa réalisation. Grâce à ses nombreuses qualités, le titre peut facilement séduire un large public. Ceux qui recherchent un metroidvania labyrinthique demandant d’étudier constamment sa carte risquent toutefois d’être déçus. Ici, l’expérience mise davantage sur une progression fluide, une ambiance douce-amère et des thématiques universelles, le tout soutenu par un gameplay solide et quelques idées particulièrement inspirées.

  • Style graphique très réussi
  • On s'identifie rapidement à Constance du fait de l'universalité des thèmes abordés
  • La jauge d'endurance est bien pensée, et ajoute une dose de technicité au gameplay
  • Quelques options de qualité de vie dont certains devraient s'inspirer
  • La difficulté en pic à chaque combat de boss
  • Peut-être un peu trop linéaire

Thatgunman

For great justice
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