Le travail à l’usine c’est un peu l’opposé direct de la créativité, non ? Et cette créativité, elle est vitale pour un loisir tel que le jeu vidéo. Alors, est-ce la raison pour laquelle quand on voit un jeu estampillé Game Mill, ou Idea Factory en l'occurence, nous tremblons dans nos chausses, attendant rien de plus qu’une expérience fonctionnelle tout au plus ? Cela se pourrait, et se confirme.
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Ariana and the bored player
Rien ne va plus dans le royaume de fantasy générique N°458. Les livres générant la magie sont corrompus, et du coup, bah y’a plus de magie. Heureusement, voilà Ariana qui peut quand même utiliser de la magie (ça tombe bien) et qui va aller boucher les nids de poules magiques dans les livres magiques telle une agent de la DDE magique. Et comment ? Bah en rentrant dedans et en revivant l’histoire tout en tuant des monstres pardi! C’est pourtant logique. Voilà donc notre Loli attitrée partie pour 8 mondes tout petits, décevants, et ne sachant pas raconter une histoire. 8 Mondes bien sûr reliés par un seul hub sombre et super relou, sinon ce n’est pas drôle. Et quand on parlait de revivre une histoire, on parle juste d’images fixes qui se déplacent sans animation, et avec des bulles de dialogues et des livres à lire. On allait quand même pas espérer une mise en scène sympa, non ?
Ariana and the Elder Codex est un jeu d’action 2D avec un peu de plateforme et d’exploration, et le moins qu’on puisse dire, c’est que rien n’est très réussi : des environnements génériques à souhait au bestiaire minable en passant par le combat pas fun, il n’y a rien à sauver si on apprécie un peu le genre et qu’on a joué à n’importe quoi d’un peu connu. Les idées sont pourtant là, et pas si mauvaises en théorie, mais rien ne va dans leur exécution, et rien ne retient l’attention. Commençons par l’exploration, très linéaire dans des mondes tout petits composés de différents tableaux. Alors oui, vous pourrez y revenir une fois armé de nouvelles compétences, mais l’intérêt est limité. En plus, le level design est aux fraises, avec des trous partout, des passages secrets dans des murs pas signalés et des arènes de combat non-adaptées.
Le combat, d’ailleurs, est le pire raté du jeu. Vous pouvez assigner 6 sorts à vos touches, sorts d’une sélection plutôt grande que vous débloquez dans l’ordre de votre choix, mais l’ennui est qu’une fois habitué à un setup, vous n’allez plus jamais en changer, le but étant de bêtement infliger des dégâts et non d’avoir des coups différents. De plus, un système de charge élémentaire vous décourage d’avoir plein de sorts variés, mais plutôt d'avoir les même sorts d’un seul élément afin de maximiser les dégâts. Vous pouvez bien améliorer vos attaques avec des ressources, mais la différence semble plutôt minime et tous les coups manquent d’impact. On a aucune satisfaction à défourailler ses ennemis, aucun plaisir à les faire tomber dans les trous ou les éclater par terre ou jongler avec. On tape, ils subissent, se relèvent avec de la super armure et voilà. Et étant donné que même votre contre vous prend un « slot » de magie, on se contente juste de bourrer le sort de soin en cas de souci et ça passe, même face aux boss. C’est dommage, ces derniers sont le seul ajout sympa du bestiaire à peine composé d’une dizaine de créatures d’ailleurs (les recolors ne comptent pas.) Au moins la torture ne dure pas très longtemps, avec quelques 5 heures au compteur si on traîne un peu.

