Nintendo Switch 2

Unrailed 2: Back on Track – Nintendo Switch™ 2 Edition

Test Switch 2

Unrailed 2: Back on Track – Nintendo Switch™ 2 Edition

Par Thatgunman - Le 11/06 à 18:20

C’était l’un des jeux phénomène de 2020. Grâce à son concept aussi simple qu’efficace, sa grande rejouabilité et son potentiel de chaos coopératif, Unrailed! avait rapidement trouvé sa place parmi les incontournables des soirées entre amis… et des sessions de streaming. Avec une formule aussi claire et minimaliste, difficile pourtant d’imaginer une suite capable d’apporter de véritables nouveautés. Et pourtant, six ans plus tard, alors que l’engouement autour du premier opus est depuis longtemps retombé, Unrailed 2: Back on Track arrive enfin. Après une annonce remontant à quatre ans et trois années passées en accès anticipé, le titre débarque sur la plupart des plateformes. Une question se pose alors : le studio Indoor Astronaut peut-il rééditer le succès du premier épisode ?

Une logistique à toute vapeur

Le principe de base reste d’une simplicité désarmante : conduire un train jusqu’à sa destination en construisant une voie ferrée au fur et à mesure de sa progression. Mais ne vous attendez pas à un parcours balisé. Ici, rien n’est préparé à l’avance : la collecte des ressources, la fabrication des rails, leur transport et leur pose reposent entièrement sur vos épaules.

Pour mener à bien votre mission, vous disposez de différents outils permettant d’abattre des arbres, de briser des rochers ou de déblayer le terrain. Le bois et la pierre ainsi récoltés serviront ensuite à fabriquer les précieux rails nécessaires à l’avancée du convoi. Une activité qui pourrait sembler presque relaxante sur le papier… sauf que la locomotive, elle, ne vous attend jamais. Dès le départ, elle poursuit inexorablement sa route, et sa vitesse augmente progressivement au fil des niveaux, faisant grimper la pression d’un cran supplémentaire.

Toute la difficulté du jeu repose ainsi sur la gestion des priorités et l’optimisation du temps. Il faut constamment jongler entre la récolte des ressources, leur acheminement vers le wagon de fabrication, la pose des rails et la résolution des nombreux imprévus qui jalonnent le parcours. Obstacles surgissant sur la voie, traversée de rivières, rafraichissement de la locomotive pour éviter la surchauffe : les tâches s’accumulent souvent sans jamais laisser le moindre répit. Le tout sous la menace permanente de voir votre train atteindre le bout des rails avant que vous n’ayez eu le temps de prolonger la voie.

Lors des premières parties, tout semble sous contrôle. La locomotive avance à un rythme tranquille, les ressources abondent et le trajet jusqu’à la gare suivante se résume souvent à une simple ligne droite. Une situation presque confortable… qui ne dure évidemment pas.

Un convoi nommé galère

Au fil de la progression, les choses se compliquent rapidement. Les parcours deviennent plus sinueux, les obstacles plus nombreux, et l’organisation de votre convoi commence à se retourner contre vous. Il n’est pas rare de se retrouver bloqué par ses propres wagons au moment précis où l’on a besoin d’atteindre une ressource située à l’autre bout de la carte. Quant à l’alarme signalant que le train arrive au bout des rails, elle finit par devenir un compagnon de route particulièrement envahissant, retentissant toutes les trente secondes.

Cette montée en tension est globalement bien maîtrisée et constitue l’une des principales forces du jeu. Elle est soutenue par une prise en main qui, sans être irréprochable, se montre suffisamment efficace pour ne jamais entraver le plaisir de jeu. Dans les situations les plus chaotiques, il arrive toutefois de perdre de vue l’objet transporté ou de ramasser la mauvaise ressource dans la précipitation. Un défaut particulièrement perceptible en mode portable, où l’interface révèle davantage ses origines PC et atteint ses limites en matière de lisibilité.

À l’issue de chaque niveau, le jeu propose plusieurs embranchements permettant de poursuivre l’aventure. Certains itinéraires sont plus exigeants que d’autres, mais offrent en contrepartie de meilleures récompenses. Car chaque gare atteinte, tout comme la réalisation de certains défis spécifiques, rapporte des vis servant à améliorer votre convoi.

Ces améliorations prennent différentes formes. Il est possible d’ajouter de nouveaux wagons spécialisés, comme un transformateur capable de convertir une ressource en une autre, un wagon permettant de traverser librement le train, ou encore des espaces de stockage supplémentaires. Les wagons déjà acquis peuvent également être améliorés et dotés de capacités inédites : attraction automatique des ressources proches, ou encore la réduction de la vitesse du train.

Cette dimension de progression apporte une véritable profondeur à l’expérience. Les améliorations obtenues compensent progressivement l’accélération constante de la locomotive et offrent davantage de solutions face aux défis rencontrés. Certes, un train plus long devient également plus encombrant et complexe à gérer, mais avec les bons choix d’équipement, il est possible de construire un convoi particulièrement efficace, capable de surmonter la plupart des situations les plus critiques.

Une progression jamais acquise

Il faut aussi savoir qu’Unrailed 2: Back on Track repose sur un système de progression en boucle. Le jeu vous fait enchaîner une poignée de niveaux générés dans un même biome jusqu’à ce que vous ayez accumulé suffisamment de vis pour tenter un niveau bien plus redoutable. Réussir cette épreuve permet alors de changer de biome, d’accéder à une nouvelle série de niveaux… et, bonne nouvelle, de voir temporairement votre train ralentir un peu.

Il faut alors explorer un maximum de niveaux afin d’améliorer progressivement son convoi, jusqu’à être capable d’affronter le « boss » du biome et poursuivre l’aventure. Mais cette progression n’est jamais acquise. Chaque boucle supplémentaire rend les niveaux plus exigeants, notamment à cause de l’accélération continue de la locomotive. À vouloir trop pousser sa chance, on risque facilement de voir une partie prometteuse partir en fumée après une simple erreur de gestion.

Ce système fonctionne remarquablement bien, car il n’existe pas de stratégie universelle. Comme dans tout bon roguelite, il faut constamment adapter son itinéraire, revoir son « build » de train et composer avec les opportunités du moment. L’aléatoire joue évidemment un rôle important dans la difficulté, mais le jeu reste globalement bien équilibré : avant de choisir votre prochain embranchement, vous pouvez consulter le type de récompenses ou les événements qui vous attendent, comme la présence d’une boutique en fin de parcours.

Le principal défaut de cette structure, c’est la durée des parties. Une session complète dépasse facilement l’heure de jeu (autour d’1h30 en moyenne de mon côté), ce qui peut décourager l’idée de relancer immédiatement une nouvelle tentative. Les développeurs en ont heureusement conscience et permettent désormais de reprendre une partie à partir d’un biome déjà atteint, plutôt que de recommencer systématiquement depuis le début.

À chaque fin de partie, vous récupérez des écrous à dépenser dans le menu principal pour débloquer de nouvelles locomotives ou divers éléments cosmétiques. En solo, l’expérience reste très agréable, mais elle montre assez vite ses limites : les niveaux d’un même biome finissent par se ressembler et toutes les parties ne sont pas forcément palpitantes.

L’enfer, c’est les autres

En coopération, en revanche, le jeu change complètement de dimension. Outre un mode versus opposant deux équipes pouvant accueillir jusqu’à quatre joueurs chacune, le cœur de l’expérience reste ce mode coopératif où l’on traverse les niveaux du mode solo à deux, trois ou quatre joueurs. Des cartes parfois anecdotiques en solitaire deviennent alors de véritables terrains de chaos organisé : pour être efficace, il faut communiquer, anticiper les déplacements des autres et se répartir les tâches en permanence.

Le roguelite tranquille des débuts se transforme alors en party game frénétiquement désordonné. Paradoxalement, les niveaux peuvent même devenir plus difficiles à plusieurs, simplement parce que l’on se gêne mutuellement dans l’urgence. Mais c’est précisément là que le jeu révèle tout son potentiel. Les situations absurdes s’enchaînent, les plans improvisés tournent au désastre, et les réussites de dernière seconde deviennent mémorables. Le jeu étant jouable en ligne, l’utilisation du GameChat s’avère d’ailleurs presque indispensable pour coordonner efficacement son équipe.

Et pour les amateurs de solo, pas de panique : un partenaire contrôlé par l’IA peut vous accompagner. Vous pouvez lui assigner des tâches spécifiques à l’aide des gâchettes ZR et ZL, ou même prendre directement le contrôle du personnage avec le bouton -. L’intelligence artificielle n’est pas parfaite (il lui arrive de se coincer dans un décor ou de rester immobile sans raison apparente) mais, la plupart du temps, elle se montre étonnamment compétente (notamment en prenant certaines initiatives) et permet de jouer confortablement sans devoir surveiller chacun de ses mouvements.

Dernier atout majeur du jeu : l'éditeur de niveaux, qui permet de créer ses propres niveaux puis de les partager en ligne avec la communauté. Une fonctionnalité particulièrement bienvenue, tant les outils mis à disposition sont complets. Les possibilités de personnalisation du terrain sont suffisamment riches pour qu’il soit parfois difficile de distinguer une création communautaire d’un niveau généré par le jeu lui-même.

Malgré sa sortie relativement récente, Unrailed 2: Back on Track bénéficie déjà d’un catalogue conséquent de niveaux créés par les joueurs. Certains d’entre eux proposent d’ailleurs des défis particulièrement corsés, venant renouveler l’expérience et prolonger sensiblement la durée de vie du titre.

7
Au final, Unrailed 2: Back on Track réussit à marier avec efficacité un concept immédiatement accessible et des mécaniques roguelite particulièrement accrocheuses. Certes, il n’atteint pas tout à fait le pouvoir addictif des références du genre, notamment en raison d’une certaine répétitivité qui finit par apparaître au fil des heures. Mais grâce à sa progression bien pensée, son rythme soutenu et sa formule toujours aussi efficace, il parvient sans peine à donner envie d’y revenir régulièrement pour une nouvelle tentative. C’est toutefois en multijoueur que le titre révèle pleinement son potentiel. Le chaos permanent, les situations improbables et la nécessité de coopérer dans l’urgence transforment chaque partie en véritable aventure collective. Facile à prendre en main, immédiatement compréhensible et générateur de moments mémorables, Unrailed 2: Back on Track coche toutes les cases du jeu idéal pour les soirées entre amis ou en famille. Une suite qui ne révolutionne pas la formule originale, mais qui l’enrichit suffisamment pour confirmer tout ce qui faisait déjà le charme du premier épisode.

  • Le concept de base est accrocheur
  • Des mécaniques roguelite bien intégrées
  • Le mode multijoueur a de quoi vous faire redécouvrir le jeu sous un nouveau jour
  • Pas mal de contenu, s'il on compte les cosmétiques, les locomotives et l'éditeur de niveaux
  • L'intelligence artificielle ne s'en sort pas trop mal
  • Parfois confus, essentiellement en mode portable
  • Le jeu peut se montrer rapidement répétitif en solo

Thatgunman

For great justice
Pas d'images pour ce test.