Proposé par le développeur Adglobe et édité par Binary Haze Interactive, Tokyo Scramble propose une expérience relativement rare pour être soulignée, survivre à une catastrophe survenue au cœur de Tokyo et les dangereuses créatures semblant débarqué d’une autre ère. Mais est-ce que derrière cette idée le gameplay arrive à suivre ? La réponse dans nos colonnes.
Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.
Bienvenue à Zurassic Park
Tokyo Scramble nous met dans la peau de Anne, une jeune femme musicienne se baladant librement dans le métro de Tokyo pour rejoindre un groupe d’amis. Il ne faut pas longtemps que pour la catastrophe intervienne, un énorme tremblement qui plonge notre protagoniste dans les tréfonds de Tokyo. Semblant être la seule rescapée, elle va devoir trouver un chemin dans les décombres pour tenter de regagner la surface. Hélas, trois fois hélas, une mauvaise surprise l’attend au bout de quelques mètres, des créatures aux allures de dinosaures semblent se balader dans les décombres. Appelés Zinos par notre protagoniste, vous allez devoir composer avec votre environnement et vos frêles capacités pour leur échapper.
Loin du jeu d’action, nous sommes ici sur un jeu de survie pure, ou le moindre contact avec un zino, ou le moindre précipice signifie la mort pour Anne. Le joueur devra donc faire marcher au maximum ses neurones pour tenter de trouver le bon chemin, et éviter ces dangereuses créatures qui ne souhaitent qu’une chose, vous servir au menu du jour.
Une narration fragmentée
Ne se contentant pas uniquement de vous faire avancer dans les couloirs (même si ça aurait très bien pu fonctionner tel quel), votre exploration sera régulièrement entrecoupée d’échanges avec vos amis de la surface lorsque votre réseau vous le permettra. Devant une camarade prise aux piège dans les décombres, on notera surtout que les personnages ont un caractère relativement exécrable vis à vis de l’héroïne, parlant tantôt de leur problème de cœur (les éternels triangles amoureux), ou encore du fait que Anne s’apprête à bientôt repartir en Amérique. Le tout étant seulement narré sous la forme de textos à chaque début de chapitre rend l’empathie très difficile pour les amis de la surface.
Au bout d’un moment, Anne sera rejoint dans les sous-sol par Ray, qui pourra l’aider en manipulant l’environnement, et en la sortant de situations désespérées. Si on aurait pu penser que l’union fait la force, le duo sera régulièrement séparée, par des situations pour le moins cocasse, pour ne pas dire franchement idiotes. L’ensemble du jeu est découpé sous forme de chapitres, et en réalisant certaines actions précises, vous pourrez également débloquer des éléments de lore pour les différents personnages, toujours sous la forme de textos. Dommage, ces derniers ne peuvent pas se lire en jeu, mais seulement dans le menu principal…
Règle N°1 : avoir un bon cardio
Les mécaniques de Tokyo Scrambre sont simples : vous planquer à l’abri des zinos, et profiter d’un moment d’inattention de leur part pour filer vers la zone suivante. Pour cela, vous passerez l’essentiel du temps à rester accroupie, le temps que les dinos détournent le regard. Des fois cela peut se faire de manière très fluide… et des fois, l’IA du jeu en décidera autrement et fera camper les monstres devant le seul chemin qu’il est possible d’emprunter vers la sortie. Pour réussir à sortir de certaines impasses, Anne pourra compter sur Diana, sa montre connectée qui lui permettra d’activer quelques infrastructures. Ouvrir un portique de sécurité, déclencher un éclairage ou une alarme, ou encore faire s’écraser des ascenseurs. Les actions apparaitront sur l’interface de jeu, et ce sera à vous de trouver comment utiliser la situation déclenchée à votre avantage.
Diane possède également une fonction de flash fort utile pour aveugler temporairement les zinos qui vous auraient pris en chasse. Et autant dire que cette fonction nous a sauvé les miches plus d’une fois… Jeu de survie oblige, vous faire repérer signe 9 fois sur 10 votre mort étant donné la rapidité des bestiaux. Outre votre montre, vous devrez aussi compter sur votre cardio… et c’est là où ça coince une nouvelle fois. Exit la barre de vie, ici seule votre fréquence cardiaque fait office de moniteur de santé. marcher et s’accroupir maintiendra votre fréquence entre 60 et 70 BPM, mais si vous avez le malheur de courir, non seulement vous ferez du bruit, mais votre fréquence montera rapidement en flèche. Si vous passé le seul des 170 BPM, l’écran s’obscurcie, Anne suffoque et peinera à retrouver son souffle, signant la plupart du temps sa mort car un zino aura vite fait de la croquer (pour rester poli). Ce cap est d’autant plus frustrant que la montée du BPM semble relativement irrégulière, et que parfois l’IA aux fraises des zinos nous oblige à piquer un sprint pour nous sortir d’une situation impossible.
Le jeu a bien mis en place un système de route multiple avec quelques embranchements à certains points, mais le résultat est souvent le même, on se sent parfois obligé d’y aller en mode bourrin, pas normal pour un jeu orienté survie et discrétion. L’écran de mort apparaîtra très régulièrement, que vous jouiez en mode normal ou difficile. Une mort vous ramènera tout simplement au checkpoint précédent, et un chapitre pourra se boucler aussi bien en 5 minutes qu’en 30 si vous ne savez/comprenez pas les actions qui sont attendues de vous. Si l’on couple cela avec une maniabilité trop rigide semblant venir d’une génération de jeux antérieurs, on a malheureusement pas l’envie de retourner sur l’aventure une fois celle-ci terminée, et ce même avec le système de scoring qui nous est proposé pour chaque chapitre.
Ambitieux… peut-être trop ambitieux
A la vue du trailer du jeu lors du dernier Nintendo Direct Partner Showcase, les premiers aperçus donnaient de bons espoirs sur l’esthétique globale du titre. L’ambiance caverneuse, certains éclairages, la modélisation de la protagoniste et des zinos. A force d’être en échec face à certaines créatures on comprend que chacune a son mode de fonctionnement, et il devient alors plus aisé de leur échapper. Malheureusement c’est au niveau des textures que le jeu est à la traîne, affichant par moment des éléments vraiment pas folichons (voire des textures qui chargent pendant les cinématiques). On notera tout de même dans les bons points une traduction des textes de qualité, et un doublage anglais et japonais.
Côté son justement, le soin apporté à l’ambiance sonore est là-aussi très travaillé. Les bruits des zinos, les grincements et autres bruits métalliques renforcent le côté oppressant de certaines situations. Personnellement j’ai un peu plus de mal avec la respiration de l’héroïne que je trouve un peu trop bruyante même lors des déplacements normaux, mais aussi une bizarrerie assumée par les développeurs, où l’on entend Anne chantonner à certains moment. Drôle de sens des priorités lorsque l’on cherche à échapper à des dinosaures qui ne rêvent que de vous bouffer les miches.
On finira avec un petit point sur le « multijoueur ». Tokyo Scramble se présente comme une aventure solo, mais vous propose de partager l’expérience via le Gameshare de la Nintendo Switch 2. Concrètement, on contrôle toujours un seul personnage, mais pendant que le joueur 1 se contentera de déplacer l’héroïne, l’autre joueur quant à lui peut gérer la caméra, ainsi que les différentes actions déclenchées par la montre connectée. Si cela est déroutant et peut fonctionner dans les moments dits calmes, autant vous dire que cela devient rapidement injouable quand le stresse monte.

