Quatrième opus de la célèbre série des Elder Scrolls de Bethesda, Oblivion avait fait un tabac lors de sa sortie en 2006, au point d'en demeurer encore aujourd'hui l'un des épisodes les plus appréciés de cette saga, si ce n'est le plus populaire. Pétri de qualités innovantes pour l'époque, tels qu'un immense monde ouvert, des quêtes secondaires marquantes ou encore ses nombreuses guildes, ce RPG nous revient aujourd'hui dans une version remasterisée. Ainsi, nos rutilantes Switch 2 voient débarquer ce titre sous une forme rafraîchie et plus en phase avec une expérience vidéoludique de 2026. Ce qui nous amène à nous interroger sur les ajouts proposés ainsi que sur les performances promises par l'éditeur. Partir à l'aventure du côté de Cyrodiil sera t-il toujours un plaisir, 20 ans après sa sortie initiale ? C'est ce que nous allons tâcher de voir dans ce test !
Test réalisé à partir d'une clef fournie par l'éditeur.
Un peu d'histoire
La quête principale du jeu consiste à aider l'héritier du trône de monter sur ce dernier suite à l'assassinat de son père. Vous devez ainsi éviter que le royaume tombe entre les mains maléfiques de votre ennemi juré, Mehrunes Dragon. Mais ici, la quête principale sert presque de prétexte à la réalisation de beaucoup de tâches secondaires, qui constituent d'ailleurs le charme de ce jeu. Les quêtes secondaires ont ainsi une importance primordiale, qui font que vous jouerez à ce jeu pendant des heures et des heures sans forcément vous soucier d'accomplir votre destin. On se retrouve ainsi embarqué dans une atmosphère à cheval entre le Seigneur des anneaux et Game of Thrones, dans lequel les mini jeux pourrons vous happer très facilement. Vous pourrez par exemple créer vos propres potions, qui seront plus performantes lorsque vos capacités d'alchimistes seront bien développées. L'art du crochetage de serrure n'aura plus de secret pour vous avec un peu de pratique, tandis que la filature de vos ennemis vous permettra de les espionner dans leur vie quotidienne. Vous pouvez également faire baisser les prix des articles disponibles dans le jeu grâce à vos capacités à convaincre : pour cela il faudra user des meilleurs arguments, tels que plaisanter, se vanter ou encore admirer, pour obtenir gain de cause.
Sitôt la création de votre personnage et le tutoriel passé, qui consiste à traverser les égouts de la cité impériale pour fuir votre condition de prisonnier, le monde de Cyrodiil s'ouvre alors devant vous et il n'appartient qu'à vous de pouvoir vivre l'aventure d'Oblivion tel que vous l'entendez. Il existe plusieurs centaines de quêtes annexes donc vous n'allez clairement pas vous ennuyer ! Libre à vous par exemple d'aller jouter dans l'arène afin de maximiser les compétences de votre avatar et surtout de gagner une arme unique en son genre et particulièrement utile pour la suite de vos aventures. A vous également d'user de persuasion pour convaincre les différents personnages que vous ne cesserez de croiser sur votre route pour qu'ils vous aident au mieux durant votre quête. Les combats ont des allures de FPS, avec la possibilité de se battre à l'épée, de parer avec votre bouclier, de jeter des sorts mais aussi d'utiliser votre arc et vos flèches. Des guildes parsèmeront également votre chemin, tentant de vous recruter, tels la guilde des voleurs, mais aussi celle des mages, des guerriers… Heureusement, un journal de quêtes est de la partie pour vous permettre d'y voir plus clair, surtout si vous avez tendance à entamer plusieurs quêtes d'un coup !
De la nouveauté
Les affrontements gagnent en dynamisme grâce à des mouvements retravaillés et à une mise en scène plus percutante, les nouvelles animations améliorent la fluidité globale. Les Joy-Con 2 détachables peuvent également servir de souris, une option particulièrement appréciable pour ceux qui préfèrent une prise en main proche de celle d'un PC, que ce soit pour ajuster la précision d'un tir à l'arc ou naviguer plus facilement dans les différentes interfaces. Le jeu propose aussi une visée gyroscopique, même si on dénote un manque de précision et d'efficacité par rapport à d'autres jeux utilisant cette fonctionnalité. La caméra à la troisième personne se montre désormais plus agréable à utiliser, ce qui n'est pas du luxe ici. A noter que le contenu additionnel est de la partie, avec les extensions Shivering Isles et Knights of the Nine. Le contenu proposé est suffisamment dense et généreux pour nous tenir en haleine pendant des dizaines d'heures.
Tout n'est cependant pas parfaitement maîtrisé. L'intelligence artificielle réserve parfois quelques réactions étonnantes, certains effets visuels persistent alors qu'ils devraient avoir disparu, et les mécaniques liées à l'infiltration peuvent se montrer particulièrement imprévisibles. Des petits dysfonctionnements qui rappellent que, malgré les améliorations apportées à l'ensemble et qui se remarquent aisément par rapport au jeu d'origine, les bizarreries d'Oblivion n'ont pas toutes disparu avec ce remaster. Retrouver par séquence l'expérience du jeu d'origine fait bien partie du lot, les anciens joueurs apprécieront peut-être et verront cela comme un clin d'œil mais les néophytes pourront y voir des défauts agaçants. Mais on ne boudera pas notre plaisir avec l'ajout en plus de nouveaux équipements et de nouvelles quêtes qui décupleront le plaisir de jeu et d'exploration durant de longues sessions.
Et visuellement, ça donne quoi ?
Graphiquement, Oblivion Remastered réussit à offrir une prestation visuellement séduisante sur la Switch 2. Tournant sous Unreal Engine 5, Cyrodiil affiche un visage bien plus moderne et donc bien plus agréable à observer : les paysages, aussi bien urbains que campagnards sont bien détaillés, les personnages et les environnements ont été bien retravaillés et le tout donne une nouvelle dimension aux différents endroits explorés. Les reflets, l'éclairage et plus globalement les différents effets lumineux participent eux aussi à ce renouveau, qui permettent une meilleure immersion aux joueurs. Les donjons et les cités se montrent ainsi très propres et détaillés au niveau de leur apparence. A noter que la VF de 2006 a disparu, purement et simplement, ici il faudra se contenter de la VO avec sous-titres en français. Un peu dommage pour la communauté francophone qui avait réservé un bon accueil à la VF de 2006, qui, bien que kitch de nos jours, aurait mérité d'être également proposée dans ce remaster… Heureusement, la bande-son est toujours aussi diablement efficace et permet toujours une immersion profonde dans le jeu.
La Switch 2 doit néanmoins faire quelques sacrifices dès que l'aventure prend de l'ampleur. Cyrodiil et ses grandes étendues montrent les limites de la machine, avec des arbres qui scintillent parfois, du décor un peu brouillon ainsi que quelques zones de flou au lointain. Ainsi, les paysages lointains sont moins fournis, la végétation perd en densité et certains éléments apparaissent avec un niveau de détail réduit, tandis que les bâtiments et les ombres peuvent parfois mettre un peu de temps pour se charger. Sur la TV du salon, l'ensemble s'approche des 1080p, avec un upscaling qui reste parfois perceptible, alors qu'en nomade le tout se révèle légèrement plus doux, puisque le petit écran parvient à mieux masquer les imperfections. On constate également parfois quelques difficulté d'affichage à l'écran lors de mouvements rapides de caméra. Des défauts visibles, même si rien de réellement bloquant pour avancer dans nos quêtes, mais qui n'empêchent pas ce remaster de conserver une réelle beauté, à l'instar des autres machines sur lesquelles tournent ce remaster, tout en rappelant les limites auxquelles doit faire face nos flambant neuves Switch 2.

