Orbitals est un jeu d'aventure et d’énigmes en coopération, sorti le 3 septembre 2026 en exclusivité sur Nintendo Switch 2. Développé par Shapefarm et édité par Kepler Interactive, le jeu nous embarque aux côtés de nos protagonistes, Maki et Omura, dans une aventure intergalactique à vivre à deux. La direction artistique à l’ambiance rétro, inspirée de nos animés japonais des années 80, nous fait découvrir tout son univers sur un véritable ton de nostalgie.
Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.
Vers l’infini et au delà
L'histoire commence sur une séquence animée plutôt tendue, où deux personnages se disputent dans un contexte de catastrophe spatiale, tandis que des secousses font rage à bord du vaisseau. On y voit un jeune homme, Togen, ainsi qu'une femme plus âgée, Kinakoko, qui s'inquiètent de la sécurité de deux orphelins, Maki et Omura. Face à la menace, Togen les place dans une machine, dans l'espoir de mettre leur vie en sécurité. Le processus se déroule avec succès, conserve leur conscience intacte, et rematérialise leur corps. Quinze ans plus tard, ces enfants sont devenus deux jeunes adultes, qui déambulent en courant dans la base spatiale de la colonie, un lieu où se retrouvent tous les survivants de la tempête d'antan. Maki et Omura sont deux explorateurs inséparables qui ont grandi ensemble. Maki est une mécanicienne au tempérament fort et spontané, tandis que Omura est un cartographe plus réservé et réfléchi. En plus d’avoir une relation très forte, ils forment une équipe très complémentaire, et se comprennent vite, ce qui rend leurs échanges fluides et agréables. Ils se dirigent vers leur navette spatiale, qu’ils voient en très mauvais état, avec plusieurs départs de feu. Ils se mobilisent donc pour régler la situation.
En arrivant sur les lieux, deux équipements sont à disposition. Parmi eux, le grappin pour ouvrir les trappes enflammées et le pistolet à eau pour éteindre les flammes. Sur les conseils de maintenance de mamie Kinakoko, nos protagonistes sont orientés vers la salle des machines pour activer les systèmes de réparation et redémarrer le moteur. Dans ces déplacements, un nouvel équipement fait son apparition, le canon à rayon, qu’il va falloir coordonner avec les appareils déjà en place pour réparer les dégâts. La combinaison nécessaire est clairement indiquée à l’écran, et permet de se concentrer sur nos actions. Une fois la situation résolue, ils retrouvent Togen, devenu le chef de la colonie, qui leur annonce que la tempête cosmique laisse apparaître des brèches qui s'agrandissent, ce qui la rend complètement instable et dangereuse. Il leur demande de traverser ces brèches pour aller chercher des boîtiers d'alimentation, afin d’activer les boucliers de la base spatiale et protéger la colonie. Pour développer une puissance suffisante à leur protection, il annonce qu'il faut localiser et récupérer au moins trois de ces appareils.
C'est donc parti pour la toute première expédition de Maki et Omura, à la recherche des équipements nécessaires à la survie de leurs proches. Mais avant, il vont devoir fouiller un vaisseau abandonné pour récupérer des améliorations pour leur navette. Le contexte est posé, et sur les indications de Togen, ils vont affronter les dangers de l’espace, en passant par de nombreux endroits, et découvrir moult secrets au fil de leurs aventures. L'histoire est découpée en un peu plus d'une dizaine de chapitres, donnant sur des biomes différents, en passant des champs d'astéroïdes aux mines de matière abyssale puis des profondeurs gelées aux cimetières de vaisseaux. Maki et Omura vont ainsi explorer de nombreux territoires inconnus, et aussi hostiles qu’impressionnants. Sur la route, nos protagonistes vont faire la rencontre d’une multitude de créatures, des robots, des esprits et d’autres espèces animales ou biologiques. Tout au long de leurs rencontres et de leurs découvertes aussi improbables qu’importantes, ils vont se faire une idée de la vie à l'extérieur de la base spatiale, ce qui va avoir un impact sur leur développement. Aux côtés de nos deux amis, c'est tout un univers dans lequel on se retrouve plongé, et qu’on a de cesse de découvrir.
Une question de coordination
Dans Orbitals, on met les pieds dans un jeu d’aventure spatial, qui se partage obligatoirement en coopération asymétrique à deux joueurs. Les éléments de jeu sont affichés sur un même écran, scindé en deux. Cependant, il faut avoir en tête que deux manettes complètes sont requises pour pouvoir participer à l’aventure, il faut donc prévoir le nécessaire pour les besoins du mode de jeu en local. Parmi les choix de jeu, on peut jouer en local, en ligne, à travers la fonction de partage ou le pass ami, qui permettent d'inviter un ami et de partager son aventure à partir d’une seule cartouche. Pour garder un certain confort visuel, il reste intéressant de jouer avec un grand écran afin de ne rien manquer des détails environnementaux avec lesquels interagir. Avant de partir en mission, il faut sélectionner, selon les indications à l’écran, l’un des équipements demandés avant de pouvoir partir en mission. Nous pouvons emporter jusqu’à deux équipements, dont les capacités sont à combiner pour surmonter les dangers. Nous avons à disposition un canon à rayon, un grappin ou un pistolet à eau. Ils sont sélectionnés par le binôme, puis conservés jusqu'à la fin du niveau. Au fil de nos explorations, un même équipement est exploité de différentes manières.
Les puzzles environnementaux savent tirer partie de nos équipements, tout en prenant soin de renouveler l'expérience, en complexifiant la mécanique utilisée pour avancer dans les niveaux. Les énigmes environnementales peuvent être corsées et nécessitent une réelle observation pour en venir à bout. De plus, les phases de plateforme sont exigeantes dans leur timing pour effectuer les actions entre les deux partenaires. Les niveaux nécessitent une vraie dextérité, doublée d’une réelle communication pour permettre une coopération simultanée, où chacun a un rôle à jouer pour faire avancer l’autre de manière interactive. Le jeu a une base indicative et nous donne les informations à l'écran pour nous guider sur certaines actions, met explicitement en objectif les équipements à prendre, et assiste la visée de tir quand on pointe sur un élément important. Il se joue de manière linéaire avec des objectifs principaux à remplir. On retrouve également de nombreuses interactions secondaires dans les environnements, et cela dès le début de jeu, où l'exploration de la base spatiale et du vaisseau prend davantage d'intérêt que de commencer d'emblée la mission principale de l'histoire. Il est possible de piloter la navette spatiale du duo afin d'entrer dans les failles, et arriver dans les lieux où Togen nous envoie.
Chaque personnage, à une place qu'il peut switcher avec l’autre, si l’envie de changer de fonction leur en dit. En effet, quand l’un, prend le siège du pilote, pour diriger le vaisseau, esquiver les attaques et utiliser des missiles électriques pour désamorcer les boucliers. L'autre dispose du poste de canonniers pour faire feu sur des cibles et les pousser grâce à une onde de choc. Dans leurs aventures, ils devront passer à travers moults dangers et champs d'astéroïdes avant d'arriver à bon port. Là aussi, on remarque une certaine rigidité sur l’exploration, car on ne peut qu’avancer ou basculer à droite ou à gauche. L’exploration reste limitée et se cantonne au domaine strictement fonctionnel de se mouvoir d’un point A à un point B. Au fil des niveaux, on peut tomber sur des moniteurs, qui permettent à nos héros de télécharger des modules d’entraînement et loisirs. Cela débloque des mini-jeux, que l’on retrouve directement sur la navette spatiale du duo, en plus des interactions de jeu déjà disponibles dans la base spatiale, dont le score est comptabilisé. L’ensemble des résultats sont affichés sur un écran du vaisseau, afin de garder une trace de nos prouesses. Certains pourront être joués en coopération, tandis que d’autres sont plus compétitifs. Entre deux missions, les joueurs peuvent ainsi se diriger vers ces petites activités en extra.
De manière générale, les commandes sont intuitives, et bien que l’on ne possède pas de tutoriel en début de jeu pour nous informer de chacune des touches, certaines indications de commandes apparaissent à l’écran quand le besoin s’en fait sentir. Néanmoins, on note un changement de touche pour des commandes semblables en fonction du mode de jeu. Par exemple, pour accélérer, il faut appuyer sur B dans l’espace, exercer une pression sur le joystick quand on court, ou appuyer sur ZR depuis le vaisseau, ce qui peut apporter une certaine latence dans la prise en main, en passant de l’un à l’autre. De plus, on alterne entre des phases d’exploration en coopération, aux séquences animées, puis le retour au hub pour décompresser avant de repartir en mission, et il faut admettre que chacun de ces éléments isolés sont très bien maîtrisés. Mais on peut ressentir un certain impact sur le rythme du jeu, notamment dans son parcours, à travers un enchaînement répétitif entre l'exploration et la résolution d’énigmes puis les déplacements allers-retours entre le vaisseau et l'espace à l’allure d’un bon vieux “métro-boulot-dodo”. Bien que cela soit justifié par le scénario, cela casse parfois la cadence de l'histoire.
A l’inverse, on ressent qu’un travail a été fait pour nous surprendre, car certains affrontement ou autres moments d’évasion permettent des transitions sur un autre style de gameplay, passant de l'exploration en 3D à une progression horizontale sur des plateformes en 2D, tantôt même de manière verticale, et mélange quelques genres supplémentaires comme le rythme ou le shoot’em up. Ces changements apportent de la diversification, mais restent assez brèves, avant de retourner à notre style de gameplay initial. Il y a peu de combats de boss, mais ceux-ci sont particulièrement intenses et demandent une belle concentration, en plus de la coordination habituelle. Que cela soit pour les boss où l'exploration des niveaux, le jeu, bien qu'exigeant sur ses différentes phases, n'est en rien punitif et permet aux joueurs de revenir au plus près de leur échec, en conservant bien évidemment la progression. En raison de la présence de Jakob Lundgren, qui a contribué aux level design des jeux du studio Hazelight tels que Split Fiction, It Takes Two ou A Way Out, la comparaison avec l’expérience en coopération de Orbitals est inévitable.
Néanmoins, il faut reconnaître que le jeu se démarque par une identité qui lui est propre, qu’on n’oserait comparer aveuglément avec d’autres jeux du genre sous peine de passer à côté de la richesse qu’il peut offrir. En effet, l’expérience proposée est maîtrisée dans plusieurs domaines. Orbitals se démarque par une direction artistique originale et orientée sur la nostalgie de nos animés d’époque. De plus, il utilise des idées de gameplay où la coopération est orientée différemment, avec une possibilité de se répartir les postes, les tâches ou les capacités d’armes d’une mission à l’autre. Il dégage également une vision plus complexe de la coopération, où chaque partenaire doit compter sur l’autre de manière précise et spontanée, afin de créer une synergie, ce qui assure que chacun soit investi en permanence dans l’action du jeu.
Une touche de nostalgie
On comprend bien que le cœur du jeu est la coopération, mais encore faut-il retrouver une certaine connexion entre nos protagonistes. Et cela est chose faite, car la relation et la complicité entre Maki et Omura est chaleureuse, et crée une atmosphère touchante et fluide où l'on se sent bien. De plus, bien qu'il y ai assez peu de personnages, on ressent un vrai lien avec les habitants du vaisseau, et surtout avec Togen et Mamie Kinakoko, dont la présence prend autant de place dans l’histoire que dans le cœur de nos héros. Tous ensemble, ils ressemblent à une petite famille. On s'attache à leurs personnalités, à leurs tracas, on comprend leurs idées et on soutient leurs choix. Le fait que les dialogues soient en français renforce davantage ce lien et l'immersion dans cette histoire. On félicite la localisation française des doublages, où des comédiens de doublage bien connus tels que Brigitte Lecordier, Pascal Gimenez ou Victor Niverd, qui prêtent leur voix à certains personnages pour notre plus grand plaisir. Il aurait quand même été intéressant de pouvoir développer davantage le lore et l’histoire des personnages secondaires à travers du contenu annexe, afin de pouvoir davantage comprendre et s’impliquer dans l’histoire.
Pour renforcer le sentiment d’immersion, on voit que les environnements regorgent de détails, et les différentes créatures rencontrées se meuvent naturellement. L’exploration de la base spatiale est vraiment vivante, et chaque personnages non joueurs vaquent à leurs occupations quotidiennes, ce qui donne sur de nombreuses interactions rigolotes. Les réactions des créatures rencontrées en escapade, des habitants du vaisseau ou de certaines installations, se font à travers des animations vraiment sympathiques, ce qui donne envie de les découvrir sur l'ensemble des éléments rencontrés. La panoplie de réactions mises à dispositions entre nos personnages apportent également un vrai caractère supplémentaire. Les visuels environnementaux en vue d'ensemble sont somptueux, donnant sur des prises de vues impressionnantes. Le jeu tourne bien, avec des déplacements et des animations fluides qui n'ont posé aucune difficulté ou ralentissement quelque soit les moments affichés à l'écran. La bande son accompagne agréablement le jeu, sans en faire de trop. Les bruitages sont bien réalisés et ajoutent même un côté épique aux actions menées. Chaque élément à le droit à son bruit, que cela soit dans les interactions, les actions, les créatures ou les éléments environnementaux, ce qui contribue à une ambiance sonore vivante et appliquée.
Le thème principal, interprété par Mami Ayukawa, qui a déjà prêté sa voix à d’autres opening d’anime des années 80, est un atout supplémentaire que le studio s’est offert. Cette musique, très entraînante et fidèle à l’ambiance d'antan, reste en tête et se rapproche des openings et bande sons bien connus. Les transitions entre les phases de gameplay et les scènes d'animation se font de manière fluide et s'imbriquent impeccablement dans son ensemble. Les scènes animées entre les différents chapitres se regardent parfaitement, donnent du lien et permettent de garder l’intérêt du joueur. Afin de gagner en authenticité, le studio a également fait appel au très qualifié Hidetoshi Yoshida, du studio d’animation Massket, afin d’appliquer les codes visuels des animés japonais de l’époque, à travers ses méthodes traditionnelles de création d’anime en cel-shading. Ce savoir-faire permet de retranscrire le langage visuel et la sensibilité de cette génération. Les personnages, leurs expressions et mouvements, les décors ainsi que les couleurs ont été conçus pour évoquer les années 80 et accrocher le joueur. A travers ce style esthétique s'inspirant des classiques de l'animation japonaise, avec des cinématiques dessinées à la main, Orbitals nous plonge dans une direction artistique qui touche le joueur dans sa nostalgie avec une justesse impeccable.
Ainsi, le charme opère, et l’ensemble de ces éléments nous donne l'impression d'évoluer au sein même de nos meilleures références d’animation japonaise de l'époque. La reproduction de l’empreinte des dessins animés japonais des ces années-là est vraiment réussie, et nous replonge de manière très agréable, dans la thématique de science-fiction sur l’espace, bien connue de la génération. Enfin, il faut annoncer que la durée de vie d'Orbital est d'environ 7 heures de jeu. Cela semble être plutôt court, mais il faut admettre qu'il offre une expérience agréable et prenante, avec suffisamment de contenu pour profiter de l’aventure sans qu’elle paraisse trop longue ou redondante. Au-delà, cela aurait pu pousser sur les limites de répétitions déjà présentes dans les allers-retours. On comprend donc que malgré nos envies d'en apprendre davantage sur l'histoire, les personnages ainsi que cet univers, cela semble être un choix des développeurs pour garder l’implication des joueurs du début à la fin, tel un bon restaurant qui nous propose son menu phare.

