Nintendo Switch 2

LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir

Test Switch 2

LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir

Par rifraff - Il y a 2 heures

En mélangeant l’univers et l’esthétisme des briques de LEGO avec d’iconiques franchises de la pop culture, les jeux vidéo LEGO, développé par le studio anglais Traveller’s Tales, ont créé un genre à part entière. Élaborée savamment en 2005 avec LEGO Star Wars, la formule, jouable à deux sur un même écran, n’a eu de cesse d’être améliorée et peaufinée, pour le plus grand bonheur des jeunes (et moins jeunes) joueurs. En pratique, il s’agit toujours d’adapter en LEGO, un univers de fiction bien connu, en l’agrémentant de beaucoup d’humour et d’une touche de gentille irrévérence, en prenant garde de ne jamais dénaturer le matériau original. C’est d’ailleurs probablement l’un des secrets de longévité des jeux LEGO, celui de rester toujours très fidèle et respectueux des licences « legoïfiées », de façon à ce que les fans de ces licences les revendiquent et s’y réfèrent. Ainsi LEGO Star Wars a été considéré pendant longtemps, par certains, comme la meilleure adaptation vidéoludique de la trilogie originale de Georges Lucas. Et on peut probablement dire ça aussi pour Batman avec le premier LEGO Batman, sorti en 2008 (notamment sur Wii), qui a pu pendant quelques mois faire figure de référence des aventures de la chauve-souris de Gotham...  En tout cas, jusqu’à la sortie du premier opus de la trilogie Batman Arkham du studio Rocksteady qui a rebattu les cartes et imposé une autre lecture des aventures du caped crusader, avec un gameplay novateur, devenu instantanément une nouvelle norme des jeux d’action. Et tout d'un coup, une idée de génie : et si on mélangeait les jeux LEGO Batman avec les jeux de la trilogie Arkham ?

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR BATMAN SANS OSER LE DEMANDER

Après des années fastes, aujourd'hui, les jeux vidéo Batman sont beaucoup plus rares. Le dernier LEGO Batman, l’épisode 3, est sorti en 2014, un an avant, Batman Arkham Knight, l’ultime épisode de la trilogie Arkham. Il y a bien eu d’autres jeux Batman et des apparitions du justicier à droite à gauche, mais rien de véritablement impactant et c’est la même chose d’ailleurs du côté du cinéma ou la suite du film de 2022, The Batman de Matt Reeves se fait toujours attendre...  Autant dire que LEGO Batman : l’héritage du chevalier noir est un petit événement pour tous les fans du héros DC.

Le jeu se présente en effet comme une véritable anthologie des aventures de Batman, combinant de nombreuses références aux différents comics, films et jeux vidéo. Le jeu n’adapte pas un film ou un comics en particulier mais s’inspire de quasiment tout ce qui a été fait jusqu’à présent avec Batman. Si vous connaissez bien le héros DC, vous allez vous régaler en reconnaissant des séquences entières mais aussi des personnages, des répliques et même d’insignifiants détails provenant de tous les films sortis jusqu’à présent, mais aussi des séries télés, des animés, des comics et bien sûr des jeux vidéo.

Une anthologie

On commence d’ailleurs avec le Batman version Nolan avant d’évoquer la bande dessinée culte d’Alan Moore, SOURIEZ ! et de citer le film de Tim Burton, Batman, le Défi (HELLo tHERE) ou encore  l’inénarrable Batman et Robin avec George Clooney et même Batman Forever de Joel Shumacher

C’est un festival de références, de clin d’œil et de caméo, le tout entrecoupé de gags non-sensiques. Mais au milieu de tout ça, il y a une référence évidente qui est le cœur du jeu et permet, d’une certaine façon, de réunir tous les univers. En effet, assez vite, Batman débarque à Gotham qui n’est ni plus ni moins que la version LEGO du Gotham des jeux Arkham. C’est d’ailleurs assez impressionnant visuellement. La ville est vraiment magnifiquement reconstituée en briques de LEGO avec de superbes effets de lumières et de reflets ( mais aussi de fumée, d'eau, de flammes),  de belles textures et un tas de petits détails qui la rend tout de suite fascinante.

LEGO Batman Arkham

On prend véritablement plaisir à se balader dans cette ville immense découpée en plusieurs quartiers (qu’on découvre au fur et à mesure) avec un vrai sens de l’ambiance (on entend les klaxons ou des voitures passer au loin) et du détail avec des petites affiches et des graffitis divers et variés un peu partout. Parfois, on se croirait  carrément dans un tableau vivant et, à l’arrivée, c’est vraiment une des belles réussites du jeu. Mais l’influence des jeux Arkham se retrouve aussi et surtout jusque dans le gameplay du titre qui reprend grosso-modo la panoplie de mouvement et de gadget du héros version Rocksteady. On peut se balader dans la ville à pied ou en batmobile (d’ailleurs beaucoup mieux gérer que dans Arkham Knight) mais aussi en utilisant le grappin ou en volant tout simplement. On peut aussi scanner son environnement pour voir ce qui se cache derrière ou encore utilisser une mousse explosive...

On retrouve aussi l’influence des jeux Arkham dans le système de combat du jeu même si, comme dans les autres jeux LEGO, il ne faut pas s’attendre à un système de combat très pointu et que bien souvent il suffira de marteler les boutons pour triompher des ennemis. En pratique, on frappe avec Y mais on peut aussi esquiver avec le bouton A ou passer au dessus d’un ennemi pour briser sa garde ou encore, à certains moment, enclencher un coup spécial (prétexte à un gag) ou encore surprendre un ennemi par derrière avec la gâchette R sachant que la plupart du temps, le coup à sortir est indiqué à l’écran.

LEGO Batman pour tous

Après, cela dépend aussi du niveau de difficulté choisi. Il y a quatre niveaux de difficultés que l’on peut changer à tout moment. Le premier « classique » est comme son nom l’indique, le niveau de base qui limite les combats ; le second « chevalier masqué » est sans doute le plus équilibré avec des combats plus stimulants notamment grâce à des ennemis au schémas un peu plus élaborés mais toujours des aides visuelles et des vies illimités. Les deux autres modes, « Chevalier Noir » et « Absolu » sont déjà plus ardus avec des vies limitées, des ennemis beaucoup plus nombreux (et hargneux) et plus aucune aide visuelle. Faut pas non plus s’attendre à un challenge impossible mais forcément, dans ces modes là, marteler les boutons en regardant ailleurs ne permettra pas de venir à bout de certains combats et il faudra un peu plus d’investissement et  de technicité pour en voir le bout sous peine de devoir les recommencer plusieurs fois.

Alors, semble-t-il qu’il y a un public et une demande pour ces niveaux de difficulté dans les jeux LEGO, et c’est donc bien que ça existe, mais honnêtement, de notre côté, « on est pas venu là pour souffrir, ok ? » et l’intérêt des jeux LEGO, c’est, à notre humble avis, plus la découverte, l’exploration et l’ingéniosité des énigmes que les difficulté dans les combats. De ce côté, on est d'ailleurs plutôt bien servis avec une multitudes de séquences différentes, pas mal de parodies de séquences (comme un jeu de danse à la place du scène de baston) et de très nombreux puzzles liés aux spécificités des différents personnages et souvent basés sur la coopération.

Le (pas) dynamique duo

LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier noir est d'ailleurs un jeu conçu avant tout pour être joué à deux sur le même écran et on serait tenté de penser qu’il prend en effet toute sa saveur à deux. Il est vrai que le jeu va beaucoup plus vite à deux, avec des séquences moins redondantes puisqu’on peut véritablement agir en même temps, comme tenir un mécanisme qui retient une porte ouverte pendant que l'autre joueur passe de l'autre côté...

Le problème, c’est que lorsqu’on joue à deux, l’écran se scinde en deux parties, amoindrissant grandement son impact visuel et même par moment ses performances. Il est vraiment dommage que Traveller’s Tales est abandonné le partage d’écran dynamique des premiers titres réunissant les deux parties de l’écran dès lors que les deux personnages jouables sont côte à côte. Alors certes, aujourd’hui, les jeux sont plus complexes et les environnements bien plus vastes que dans les premiers jeux LEGO mais, il y a de très nombreuses séquences du jeu qui pourrait facilement être jouées à deux sur un seul écran (lors des combats de groupe par exemple) et ça rendrait vraiment le jeu plus agréable à jouer à deux.

Des mécanismes classiques

Heureusement, le jeu peut aussi parfaitement se jouer seul. Il faut savoir que lors des séquences de gameplay, Batman est toujours flanqué d’un sidekick (Gordon ou Catwoman par exemple) et il peut passer d’un personnage à l’autre au gré de ses envies mais aussi et surtout des nécessités du level design, chaque personnage ayant des spécificités uniques. C’est parfois, à la longue, un peu pénible, car ça casse notre élan. Par exemple, on arrive avec Batman devant une porte fermée mais la serrure ne peut être débloquée que par Gordon ; alors on change de personnage et on dirige Gordon pour simplement appuyer sur X devant la serrure. Ce n’est clairement pas très palpitant.  De plus, si ça n’arrivait qu’une fois, ça passerait mais comme ce sont des situations qui se reproduisent très souvent, ça devient redondant. Il aurait fallu trouver un moyen de permettre à Batman de se débrouiller seul ou que Gordon, dirigé par la console, puisse faire automatiquement ce genre d’action. 

La plupart du temps, les partenaires sont imposés avec leurs techniques utiles à la progression mais au bout d’un moment, le joueur pourra invoquer celui qu’il souhaite pour utiliser ses talents.

Évidemment,, le fait que Batman soit toujours accompagné n’est pas conforme aux séquences originales (tirées des films ou des comics) « parodiées » par le jeu mais mine de rien cela apporte beaucoup de vie et d’humour puisque les deux personnages papotent souvent ensemble pour faire avancer ou comprendre l’intrigue, ou simplement pour faire une blague.

Un doublade de qualité

Depuis les premiers jeux LEGO, qui étaient muets, Traveller’s Tales a fait énormément de progrès et dans ce domaine, ce nouveau jeu LEGO en fait la démonstration avec non seulement un super doublage en français mais aussi des dialogues qui tombent justes et s’enchaînent (souvent) très bien. Idem pour les cinématiques qui sont bien intégrées au jeu au point d’avoir parfois l’impression de regarder un animé interactif. La réalisation est donc très solide tout comme le gameplay qui a été grandement amélioré depuis les derniers jeux. Le fait de s’être inspiré des jeux Arkham rend l’ensemble beaucoup plus agréable à prendre en main en laissant plus de choix au joueur.

Beaucoup de variété et d'humour

Évidemment,, on passe beaucoup de temps à tout casser sachant qu’il y a vraiment beaucoup de chose à casser mais aussi à reconstruire. L’un des mécanismes qui revient souvent consiste d'ailleurs à casser plusieurs éléments pour avoir suffisamment de briques pour construire un engin quelconque indispensable à la progression. C'est assez classique. On a aps le choix : faut casser les bons éléments (sous peine de tourner en rond) et après la construction est automatique. A priori, après de nombreuses recherches et tentatives, il semblerait que Traveller’s Tales ait abandonné l’idée de créer des mécanismes de jeux complexes, laissant le choix au joueur... Et c’est tant mieux. Le jeu réussit à garder éveiller l’intérêt des joueurs par son imaginaire, son rythme trépidant et la variété des situations mais aussi en enchaînant les gags, les références et une multitude d'idées différentes. C'est bien simple, d'un niveau à l'autre, on pourrait presque croire à des jeux LEGO différents. Grâce à cela le jeu reste toujours amusant et surprenant, et on prend plaisir à découvrir les différents environnements et niveaux. Dommage que certains niveaux soient un peu trop long, ajoutant des séquences et des rebondissements qui ont plutôt tendance à alourdir l’expérience plutôt qu'à l'enrichir.

Un contenu très riche

Le jeu s’articule en effet en plusieurs très longs niveaux ouverts que l’on parcourt  en étant (télé)guidé et qui se résument souvent à des missions très simples (se rendre à tel endroit, retrouver tel artefact ou tel personnage...) correspondant à des séquences connues (par les films ou les comics) de la mythologie Batman. Si l’intrigue se déroule comme une bobine de fil à suivre, le jeu regorge de sous-quêtes comme trouver et casser des objets précis, réussir à atteindre des coffres, résoudre des énigmes, arrêter des malfrats ou encore collecter des artefacts. Il y a aussi les briques rouges et les briques d’or sans même parler des mini briques rondes qui font office de monnaie et permettent d’améliorer ses compétences ou d’acheter de nouveaux costumes. Rien qu’à Gotham, le nombre de sous-quêtes est assez conséquent laissant tout de même penser que celles et ceux qui voudront jouer longtemps après avoir vu le générique défiler (au bout d’une quinzaine d’heures à peu près) auront de quoi faire.

De plus, l'édition Deluxe du jeu propose une mission supplémentaire avec le Joker et Harley Quinn, de nouveaux costumes et accessoires ainsi que le mode Chaos pour semer la zizanie dans la ville avec les super-vilains.

8
Extrêment bien réalisé et très simple à prendre en main, LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier noir est non seulement l'un des meilleurs jeux LEGO sortis ces dernières années mais aussi une véritable ode au héros des DC Comics avec une avalanche de références et de gags qui en font un incontournable pour tous les fans de Batman.

Points positifs

  • LEGO Batman Arkham
  • Visuellement réussi
  • Gotham magnifique
  • L'humour LEGO
  • Une tonne de références
  • Un contenu conséquent

Points négatifs

  • Des mécanismes parfois redondants
  • Pas d'écran partagé dynamique
  • A deux, c'est mieux mais moins beau