Après un passage remarqué sur PlayStation 4 puis une version enrichie sur PlayStation 5, Final Fantasy VII Remake Intergrade débarque enfin sur Nintendo Switch 2. Attendu de pied ferme par les fans, ce portage promettait de faire tenir Midgar dans le creux de la main. Ayant pu essayer une démo jouable lors de la Gamescom 2025, j'étais rassuré quant à la qualité du travail de Square Enix et mes espoirs n’ont pas été déçus. Voici mes impressions après une nouvelle aventure de près de 30 heures sur Nintendo Switch 2, qui s’ajoute à mes précédents runs de 2021 (PlayStation 4) et 2023 (PlayStation 5).
Test réalisé à partir d'une version envoyée par Square Enix.
Une troisième run en mode nomade
L’attrait principal de cette version Nintendo Switch 2, c’est bien sûr la portabilité. Pouvoir arpenter Midgar en déplacement procure un plaisir tout particulier. Dans les faits, j'ai joué environ 28 heures en moins de deux semaines, à raison de deux heures ou plus par jour. L’essentiel de l’aventure s’est déroulé en mode portable, confortablement installé, même si j'ai également testé la partie en mode téléviseur. Bonne surprise : les deux modes de jeu s’avèrent impeccables en termes de jouabilité. Que ce soit avec les manettes attachées en nomade ou avec la manette Pro en docké, les contrôles répondent au doigt et à l’œil, sans latence perceptible. Je note au passage que l’écran tactile n’est pas mis à contribution, mais cela n’handicape en rien l’expérience vu que le gameplay n’en avait pas besoin.
Jouer en portable impressionne par le simple fait d’avoir un jeu de cette ampleur entre les mains. Sur l’écran haute résolution de la Nintendo Switch 2 (plus défini que celui de la Nintendo Switch originale), l’image est fine et détaillée, rendant justice à la direction artistique du jeu. Le mode téléviseur n’est pas en reste avec un affichage en grand écran très proche de la version sur consoles concurrentes, mais le côté nomade apporte un confort et une flexibilité qui m'ont permis d’avancer à mon rythme, où que je sois. Clairement, la Nintendo Switch 2 offre ici le meilleur des deux mondes : l’immersion d’un grand RPG et la liberté d’une console portable.
Un portage solide techniquement, mais énergivore
Sur le plan technique, Final Fantasy VII Remake Intergrade sur Nintendo Switch 2 tient clairement ses promesses. Le jeu tourne à 30 images par seconde de façon stable, un choix identique à la version PlayStation 4 d’origine. Si la différence se ressent au départ lorsque l’on vient de la version PS5 en 60 fps, l’adaptation est rapide et surtout durable. Très vite, le framerate cesse d’être un sujet, tant la fluidité générale permet de profiter pleinement de l’action. Visuellement, le portage se situe à mi-chemin entre la version PlayStation 4 et la version PlayStation 5. Les modélisations des personnages, les effets de lumière et les décors de Midgar n’ont subi que des ajustements mineurs. Certaines textures paraissent un peu moins fines que sur PlayStation 5 et l’on perçoit occasionnellement un léger flou en mode portable dans les scènes les plus chargées. Ce phénomène est d’ailleurs un peu plus visible durant l’épisode INTERmission centré sur Yuffie, où quelques environnements m’ont semblé légèrement moins nets. Rien de réellement gênant en jeu, mais suffisamment perceptible pour être signalé, preuve que même un portage très réussi implique des compromis.
Pour autant, le rendu global reste bluffant pour une machine portable. Final Fantasy VII Remake Intergrade fait sans conteste partie des plus beaux jeux disponibles sur Nintendo Switch 2. Les transitions entre cinématiques et gameplay sont fluides, les temps de chargement extrêmement courts, quasiment invisibles et aucune saccade notable n’est venue perturber l’expérience, y compris lors des affrontements les plus spectaculaires. On joue, tout simplement, sans se soucier de la technique, ce qui reste impressionnant pour un titre initialement pensé pour des machines bien plus puissantes. Le revers de cette performance maîtrisée concerne en revanche la consommation énergétique. La Nintendo Switch 2 fait tourner le jeu sous Unreal Engine 4 sans broncher, mais la batterie est clairement mise à contribution. En mode portable, la console chauffe légèrement sur la durée, sans jamais devenir inconfortable en main, mais surtout l’autonomie fond rapidement. Comptez environ deux heures de jeu avant de devoir recharger, ce qui reste dans la moyenne basse. Il serait cependant malhonnête d’en faire porter l’entière responsabilité au jeu. On parle ici d’un RPG massif, visuellement ambitieux, qui pousse la machine dans ses retranchements. La limite tient autant aux choix matériels de Nintendo qu’à l’exigence technique du titre et Square Enix fait globalement ce qu’il peut avec les contraintes imposées. Dans un monde où il est rare de se retrouver dans un endroit sans prise électrique, ce défaut peut se voir grandement atténué par notre mode de vie moderne, que Jenovah bénisse les prises électriques dans les wagons de train !
Reste enfin la question du stockage. Avec près de 88 Go requis en version numérique, Final Fantasy VII Remake Intergrade s’impose comme un poids lourd de la ludothèque Nintendo Switch 2. C’est contraignant, surtout pour celles et ceux disposant de peu d’espace libre, mais difficilement surprenant au regard de la densité du contenu et de l’ambition visuelle du jeu. À ce niveau de production, la taille n’est plus une anomalie, mais une conséquence logique, qu’il faudra simplement anticiper. Le jeu fait peu ou prou la même taille que sur les plateformes concurrentes. À qui veut expérience équivalente ne ronchonnera pas sur une taille équivalente !
Midgar, Wall Market et réacteurs : le plaisir intact
Replonger dans Final Fantasy VII Remake sur Nintendo Switch 2, c’est l’occasion de revivre les moments forts de la première partie de cette saga. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’épopée de Midgar n’a rien perdu de sa superbe. Que l’on soit fan de la première heure ou nouveau venu, l’aventure captive du début à la fin grâce à une mise en scène magistrale et un contenu riche en passages mémorables. Pour ma part, j'ai pris un plaisir fou à retrouver toute la section du Wall Market et le pittoresque personnage de Don Corneo, toujours aussi réussie avec son mélange d’humour et d’action. Cette partie mythique, où Cloud doit se déguiser pour infiltrer le manoir de Corneo, est rendue de façon flamboyante dans le remake et la Nintendo Switch 2 n’a aucun mal à restituer les éclairages néon et l’ambiance survoltée du quartier le plus déjanté de Midgar. Autre grand moment qui m'a de nouveau marqué : les missions dans les réacteurs Mako. Le chapitre d’ouverture dans le réacteur 1, déjà culte en 1997, bénéficie ici d’un traitement hollywoodien qui donne des frissons, surtout lors de l’affrontement contre le gardien scorpion. Même en connaissant l’issue, rappelons qu'il s'agissait de ma troisième partie, la tension reste palpable, signe d’une mise en scène réussie et d'un jeu de haute volée. Enfin, la fin du jeu, sans rien divulgâcher, surprend toujours autant par son intensité et les libertés prises avec le scénario original. Cette conclusion audacieuse avait fait couler beaucoup d’encre à la sortie PlayStation 4 et elle conserve tout son impact lors de cette troisième partie. En rejouant, je savoure aussi mieux les indices disséminés tout au long de l’histoire.
Il faut noter que, connaissant déjà le jeu par cœur après deux runs préalables, cette nouvelle traversée a été plus facile. En normal, j'ai "roulé" assez vite sur les combats en connaissant les faiblesses ennemies et la meilleure utilisation des matérias. Le système de combat, qui mêle action en temps réel et pauses tactiques, reste un modèle du genre et j'ai vite repris mes habitudes pour optimiser chaque affrontement. Si jamais vous recherchez du challenge, le mode Difficile se débloque après avoir fini le jeu et offre une rejouabilité corsée bienvenue. Il est regrettable que la sauvegarde interconsole ne soit pas à l'ordre du jour tant j'aurais aimé enfin faire cette partie en mode difficile qui m'attend depuis quelques années. À l’inverse du mode difficile, les nouveaux venus ou les joueurs voulant simplement profiter de l’histoire disposent aussi d’options d’accessibilité avec un mode facile des plus bienvenus. Cette version Nintendo Switch 2 introduit une fonction de progression simplifiée qui permet d’activer divers modificateurs facilitant le jeu (par exemple, rendre la barre de vie toujours pleine, remplir automatiquement la jauge ATB, obtenir de l’EXP doublée etc.). Libre à chacun de personnaliser la difficulté selon son plaisir de jeu. En ce qui me concerne, j'ai surtout apprécié de pouvoir emporter l’aventure partout et la parcourir à mon rythme. La portabilité m'a encouragé à explorer davantage de contenus annexes que lors de mon premier run. Quêtes secondaires, mini-jeux, entraînements au squat ou à la danse, tous ces à-côtés que j'avais pu négliger sur TV trouvent parfaitement leur place en mode portable, lors de petites sessions détente. Résultat, j'ai vu bien plus de choses dans Midgar cette fois-ci, sans jamais ressentir de lassitude.
Réalisation et musique : une claque toujours au rendez-vous
Même si la claque visuelle est un peu moins forte quand on vient de la version PS5, FFVII Remake reste un spectacle éblouissant sur Nintendo Switch 2. La direction artistique de Midgar, avec ses taudis éclairés aux néons, ses installations industrielles et ses panoramas à couper le souffle, est servie par un moteur 3D qui tient la route. Certes, on pourrait chipoter sur quelques détails techniques : on l’a dit, l’image en portable est légèrement moins nette dans certains passages très chargés et les modèles 3D peuvent sembler un brin moins fins que sur les consoles plus puissantes (les chevelures, comme celle de Cloud, sont par exemple un peu moins détaillées qu’en ultra HD). Mais dans le feu de l’action, ces minimes différences s’oublient, tant le jeu parvient à afficher des graphismes somptueux sans faire trembler le framerate. Square Enix a manifestement peaufiné son portage aux petits oignons et je n'ai pu observer ni bug graphique gênant, ni downgrade majeur qui viendrait ternir les tableaux. Redécouvrir Midgar en 2026 avec ce niveau de fidélité, qui plus est sur une console portable, relève presque du miracle technique, un miracle auquel on s’habitue très vite tant on est pris par l’aventure.
Un mot enfin sur la bande-son, qui constitue l’un des atouts les plus éclatants du jeu. Les compositions originales de Nobuo Uematsu et autres musiciens, réarrangées pour ce remake, accompagnent chaque scène avec brio. Mention spéciale à la musique, avec des thèmes cultes comme le thème de combat ou celui de Sephiroth qui reviennent dans des versions orchestrées magistrales, qui donnent la chair de poule au bon moment. Les nouveaux morceaux ajoutés pour ce remake s’intègrent parfaitement à l’univers, j'en veux pour preuve que je serais incapable de dire lesquels sont nouveaux ou lesquels sont anciens, n'ayant jamais fait le Final Fantasy VII original. Jouer en nomade avec un bon casque audio permet d’ailleurs d’apprécier encore plus ces musiques exceptionnelles, isolé du bruit environnant. Côté doublage, on retrouve les voix françaises, anglaises ou japonaises (au choix) de haute qualité introduites dans ce Remake. L’ambiance sonore générale est du même acabit que la réalisation visuelle, à savoir soignée, chouchoutée et bien mise en valeur.
Un rêve de fan dans la poche
En définitive, Final Fantasy VII Remake Intergrade sur Nintendo Switch 2 s’impose comme une franche réussite. Square Enix livre ici un portage de haute volée qui permet de (re)découvrir l’un des meilleurs jeux de la décennie dans des conditions inespérées sur portable. Le pari était audacieux : faire tenir un tel bijou graphique sur une console Nintendo et il est largement relevé. Certes, cette version n’apporte pas de contenu inédit par rapport aux autres supports, et les joueurs ayant déjà écumé le titre sur PS4 ou PS5 ne seront pas surpris quant au fond. Mais la possibilité de jouer où l’on veut, quand on veut, avec une réalisation quasi intacte, suffit à renouveler le plaisir de jeu. Final Fantasy VII Remake reste une aventure magistrale, à la fois fidèle et novatrice vis-à-vis du classique de 1997, et cette itération Switch 2 offre une nouvelle raison de s’y plonger.
Les fans de la première heure apprécieront de pouvoir emmener Midgar partout avec eux, tandis que les nouveaux venus ont enfin l’opportunité de découvrir ce premier chapitre d’une saga qui s’annonce épique, désormais sur une console Nintendo moderne. Difficile, enfin, de ne pas penser à la suite. Ce Remake n’est que le début d’une folle aventure, appelée à se poursuivre avec Rebirth puis à se conclure dans un troisième épisode. Square Enix ayant montré son sérieux avec ce portage, on peut raisonnablement espérer continuer, puis terminer, l’épopée sur Nintendo Switch 2.

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