Nintendo DS

The World Ends With You

Test DS

The World Ends With You

Par fisico - Le 25/05/2008 à 17:36
Autrefois connu sous le nom de “ It’s a Wonderful World ” (aka Subarashiki kono Sekai), The World Ends With You débarque en occident en ce doux printemps.
Sorti de nulle part, ce projet des studio Jupiter (Kingdom Hearts Chain of Memories) designé par Nomura sensei himself et édité par Square-Enix, avait créé la surprise lors de son annonce tant par la nature du projet (une nouvelle licence) que par son contenant (le jeu baignant dans un univers très japonisant).
Contre toute attente le jeu est finalement édité dans nos vertes contrées mais… en anglais, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenu.




Neku, métier : héros cliché à la Nomura.


L’introduction du titre en cinématique semi-animé est assez explicite sur la nature du héros que vous vous apprêtez à incarner : "Dégage de mon chemin, tire toi, va en enfer, j’ai mes valeurs, les tiennes tu te les mets la ou je pense (en anglais évidemment)".
Le ton est donné, on dirigera donc bien un héros-fashion-asocial, et bien sur le bonhomme s’ouvrira peu à peu au fil du scénario, à croire que depuis Cloud rien n’a évolué (en occultant Crisis Core bien sûr).
Evidemment, notre bonhomme sera contraint de s’ouvrir, puisque pour une raison qu’il ignore encore (mais que vous découvrirez rapidement) il s’est retrouvé embarqué dans un sombre jeu ou il est contraint de remplir des missions abracadabrantesques, sous peine de se faire effacer, ni plus ni moins.
Au-delà de la gêne que cela lui occasionne, un second poids vient alourdir son fardeau : ces missions doivent impérativement s’effectuer en duo ! C’est là qu’intervient comme convenu la jeune fille sociable et joviale qui permettra au garçon de s’ouvrir au monde ! La demoiselle se nomme ici Shiki et vous épaulera durant l’aventure et les combats, quelle brave fille quand même !




En haut, en bas ou les deux ?

C’est là un des aspects qui avait intrigué plus d’un internaute sur le web : les combats se déroulent simultanément sur les deux écrans de la console, et chaque membre du duo y mène le MÊME combat individuellement.
Si la phrase ne vous semble pas clair pas de panique, une image est toujours plus parlante que des mots :



Comme vous pouvez le voir, Neku combat sur l’écran inférieur et Shiki sur l’écran supérieur.
Les ennemis que vous affronterez seront les mêmes sur les deux écrans, c’est à dire que si le monstre X possède 100Pv et que Neku lui inflige 60 dégats et Shiki 40, le monstre X (appelé Noise dans le jeu) sera effacé (cette logique s’appliquant également pour la jauge de vie commune entre Neku et son coéquipier).
Dans la pratique le joueur aura le choix entre s’occuper uniquement de l’écran inférieur et de Neku, ou de s’occuper de Neku ET de son coéquipier sur l’écran supérieur, mais attention l’être humain a ses limites…

En effet, et cela a été testé par votre serviteur, il est impossible de mener correctement ces deux aspects du combat tant il faut rester concentré sur les mouvements des ennemis sur un écran comme sur l’autre.
Mais revenons-en au gameplay, sur l’écran du haut il vous sera demandé d’entrer une séquence de direction via la croix directionnelle (ou les boutons pour les gauchers), fort heureusement tout cela n’arbore pas la technicité d’un jeu de rythme comme certaines sources (uhuh) le laissait entendre, l’option bourrinage de votre croix sur la gauche ou la droite marchera très bien pour envoyer Shiki, Joshua ou B… tabasser les vilains Noises sur l’écran supérieur.
D’un point de vue plus technique, ces séquences à la croix directionnelle disposeront de trois embranchements, qui, si ils sont entrés dans le bon ordre, vous permettront de lancer une bonne vieille attaque spéciale de derrière les fagots.
Et ici aussi, même si c’est un peu plus long évidemment, le bourrinage de la croix vous permettra également de déclencher cette fameuse attaque spéciale.
A vous de voir si vous laisserez l’IA gérer cette partie du combat, ou vous occuperez de tout en mode manuel, ou encore opterez pour un compromis (le jeu n’étant pas radin sur la customisation comme on le verra plus tard).

Revenons sur Neku, car quoi qu’il arrive l’écran inférieur restera la partie la plus importante du combat, stylet oblige, toutes les attaques se réaliseront à l’écran tactile : cela ira du simple pointage de l’ennemi pour lui “ blaster sa face ”, à un matraquage pour faire pousser un pic de glace sous son postérieur, voire un frottage pour le brûler ou faire trembler la terre sous ses pattes, voire encore souffler dans le micro pour le blesser en faisant monter les décibels.
Tous ces pouvoirs se déclencheront via des “ pins ” que vous récupérerez soit par le biais du scénario, soit par le drop (les objets que laisse l'ennemi après l’avoir vaincu) soit via les boutiques en échange de quelques yens.
Le drop restera tout de même votre source majeure de pins et les gars du studio Jupiter ont eu la bonne idée de permettre au joueur d’influencer les probabilités de drop après un combat.



Custom in Shibuya

En effet via votre portable (forcément puisque vous êtes une fashion victim dans le Shibuya Underground) vous pourrez moduler à loisir votre niveau vers le bas afin d’augmenter les chances de drop après combat, une option sympa pour les joueurs souhaitant récupérer un maximum de pins, et accessible puisque le titre se révèle assez équilibré pour que n’importe quel joueur lambda puisse se permette un rabaissement de niveau.
Bien évidemment le nombre de pins utilisable pendant les combats sera limité par vos decks (au nombre de 4) personnalisés et extensibles jusqu’à 6 pins. Ces mêmes combats pourront être enchaînés sans temps mort, puisque, non-aléatoires, ce sera à vous de toucher les icônes Noise au stylet afin de déclencher les combats. Ainsi, libre à vous de cliquer sur plusieurs icônes afin d’enchaîner les combats (limité à quatre dans un premier temps, puis jusqu’à seize via l’achat de l’objet adéquat).
L’appartenance des pins à différentes catégories ayant des bonus/malus selon la zone de combat vient également complexifier l’ensemble, même si ceux-ci ne prennent une réelle importance qu’uniquement dans le mode hard ou ultimate…


Plus de 300pins différents sont disponibles dans le jeu.


De la même façon, et comme dans tout bon RPG, votre “ équipement ” sera prépondérant afin d’augmenter vos statistiques en attaque, défense, synchronisation (ce qui permet de lancer des attaques spéciales), voir votre bravery (plus celle-ci sera élevée plus vous pourrez porter un équipement de qualité).
Là où TWEWY est particulier, c’est que cet équipement se récupérera intégralement dans les divers magasins de Shibuya contre des yens sonnants et trébuchants, il sera même possible d’obtenir quelques articles “ extra ” de la part des vendeurs en augmentant l’affinité que vous entretiendrez avec eux, celle-ci s’acquerra tout bêtement en achetant un maximum d’articles dans leur boutique, et oui, c’est bien connu, il faut raquer pour se faire des amis.
L’achat de nourriture sera également possible, hamburger, sodas, ramen, pas la peine de manger équilibré pour augmenter ses stats, car l’alimentation vous permettra également d’augmenter vos différents niveaux d’aptitudes, de manière définitive cette fois. Pour cela rien de plus simple, d’abord donner l’aliment à votre protagoniste préféré ensuite effectuer un certain nombre de combats (déterminer par le nombre de cases à coté de l’aliment ingéré) afin de digérer le tout et le tour est joué.



De la 2D Hype

A l’opposé de la tendance actuel des softs sur DS, le jeu prend le parti d’adopter une bonne vieille plastique 2D à l’ancienne pour laquelle la console est bien mieux adaptée. Si commercialement cela fait bien sur moins vendeur (le gros Bill moyen préférant toujours la 3D à la 2D), esthétiquement le résultat est bien meilleur. Shibuya est intégralement reconstitué dans une 2D fixe splendide de manière plus ou moins réaliste, des dizaines de quidams fréquentent chacune des zones du quartier tendance de Tokyo, et si on pourra pester contre leur inutilité (on ne peut pas leur parler, ni lire les pensées pour la majorité d’entre eux) et leur aspect carton pâte made in Ikea (plusieurs sprites étant répétés fréquemment dans un même décor) leur simple présence contribue à rendre Shibuya plus vivant et plus agréable à arpenter.
En combat, les différents ennemis, malgré une animation assez sèche, sont tous plus que correctement modélisés, on n’évitera pas la redite de monstres (vous savez le “ même monstre qu’au début sauf qu’au lieu d’être bleu il est rouge et qu’on lui a triplé ses stats ”), mais ces derniers se montreront tout de même assez diversifiés pour ne pas lasser le joueur, d’autant plus que ceux-ci, en plus d’être fun et dynamiques s’avéreront agréables à l’œil, grâce aux différents effets des pins à l’écran.


C’est beau, c’est fluide, et ça en jette un max.



A boire, à manger et à écouter.

Comme si cela ne suffisait pas, les développeurs ont enfoncé le clou en nous offrant une aventure longue, beaucoup plus que ce que l’introduction ne le laisse entrevoir et si l’on rajoute à ça les quêtes annexes, l’attrait irrésistible que le joueur ressentira à rejouer le jour de son choix (option débloquée en finissant le jeu), et une journée bonus se concentrant sur le mini-jeu Tin Pin et permettant d’en apprendre plus sur le mystérieux Mr. H. Autant dire que c’est durant plusieurs dizaines d’heures que vous resterez scotché sur vos deux écrans et ce d’autant plus que l’OST… est de qualité à moins d’être complètement nipponophobe (néologisme le retour, tadada) vous ne pourrez qu’être enchanté par la trentaine de morceaux chantés présents, même si leur répartition hétérogène et pour le moins douteuse est fortement regrettable.




The World Begins With You!


Alors récapitulons, graphiquement ça claque, l’histoire partant d’une base simplette s’étoffe pour finalement devenir diablement accrocheuse, le gameplay , bien qu’imparfait par endroits, remplit pleinement son office, la bande-son conforte le titre dans son ambiance bien à lui, l’aventure est assez longue et doublée d’une replay value conséquente…

Oui clairement, à condition d’être anglophone et non réfractaire à la culture j-pop, The World Ends With You s’impose comme le jeu du moment et le meilleur RPG sur DS, ni plus ni moins.
8
The World ends with You est donc bien l’ovni tant attendu par des milliers, souffrant d’une couverture médiatique trop minime comparativement à ses confrères sur DS et de sa non-traduction en français. La création des studios Jupiter n’en demeure pas moins excellente, et pour peu que la langue de Shakespeare ne vous soit pas inconnue, je ne peux que vous recommander de vous ruer sur ce jeu pas comme les autres…

Points positifs

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Points négatifs

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