Non-binaires dans Tomodachi Life, Censure dans Dispatch - Devon Pritchard devient la cible des internautes
Il n'est jamais difficile pour une société reconnue par le grand public d'officier un changement de direction sans casse. Au remplacement de Reggie Fils-Aimé par Doug Bowser, certains internautes et joueurs avaient l'impression d'avoir perdu une partie de leur attachement à la firme. Et le début 2026 n'a pas vraiment arranger les choses avec la retraite de Doug Bowser, désormais remplacé par la première femme présidente de Nintendo of America : Devon Pritchard.

En place officiellement depuis moins d'un mois, il faut dire que Devon Pritchard est la cible sur les réseaux sociaux de commentaires particulièrement virulents, notamment concernant certains choix de la firme sur les questions de genre, ou encore la censure des jeux vidéo. Car après-tout, si une femme arrive à ce poste, elle va forcément tout chambouler n'est-ce-pas ? (NDLR : c'est de l'ironie, je précise au cas-où)
Dans le cas des versions Nintendo du jeu Dispatch évoquées plusieurs fois cette semaine, il lui a été reproché par exemple d'avoir participé à cette censure, et à cette volonté du moment de vouloir imposer du "politiquement correct" dans toutes les œuvres. Hors les derniers échanges du studio et de Nintendo ne montrent en aucun cas une volonté propre à Devon Pritchard d'agir de quelque manière que ce soit sur la censure de ce jeu.
L'autre exemple de la semaine concerne le jeu Tomodachi Life : Une vie de rêve, à paraître sur Nintendo Switch le 16 avril prochain. Les joueurs étaient déjà étonnés de voir que le titre n'aurait pas de fonctions en ligne (un comble pour un jeu axé sur la dimension sociale), et que le partage d'image serait limité. Mais ce qui a déclenché la grogne de certains concerne l'identité de genre, pouvoir déclarer un Mii non-binaire, et pouvoir régler des préférences de relation avec n'importe quel genre dans les règlages du jeu. Si les questions de non-binarité ont prix de l'ampleur ces dernières années, il faut aussi se rappeler que cet ajout dans l'opus de 2026 est une réponse à une vieille critique de la version originale de Tomodachi Life (2013), qui n’offrait pas de relations homosexuelles et qui avait été critiquée à l’époque.
Malheureusement pour Devon Pritchard, quand un nouveau dirigeant arrive, il devient le visage public de l’entreprise. Les médias et les joueurs associent instinctivement toutes les décisions récentes à cette personne, même si elles ont été prises avant son mandat, choses qui ont été démontrées avec les deux exemples ci-dessus. Dans notre "monde moderne", où la nuance semble de plus en plus effacée, et où les joueurs et internautes semblent de plus en plus polarisés, chaque sujet touchant à la censure ou à des enjeux sociaux devient un point de focalisation des critiques ou des moqueries. C'est d'autant plus navrant quand on sait que le jeu vidéo est censé réunir au lieu de diviser, et heureusement, il y a aussi des internautes pour démontrer que les accusations qui lui sont faites ne peuvent pas lui être reprochées en l'état.
Une situation extrêmement tendue en l'état, et qui ne justifie en rien cet acharnement sur sa personne. Peut-être fera-t'elle des choses très bonnes pour la firme, tout comme elle pourrait faire des choix très mauvais, mais ce n'est pas en moins d'un mois que l'on peut affirmer comme certains qu'elle a déjà retourné la politique de Nintendo (sachant qu'en plus Satoru Shibata a été nommé CEO de NoA pour renforcer la coordination globale avec le siège au Japon).

