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Toaplan Arcade Garage: Flying Fire Shark

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Toaplan Arcade Garage: Flying Fire Shark

Par Thatgunman - Il y a 2 heures

On ne sait pas trop pourquoi, mais quatre ans après sa sortie japonaise, la compilation Hishou Same! Same! Same! finit par débarquer en Europe sous un titre nettement plus compréhensible : Toaplan Arcade Garage: Flying Fire Shark. Développée par M2, dont la réputation dans le domaine du rétro n’est plus à faire, cette compilation réunit deux titres emblématiques de Toaplan et les accompagne de quelques bonus dont le studio japonais a le secret. Déjà disponibles dans Toaplan Arcade Collection Volume 1, retrouver ces deux jeux dans cette nouvelle compilation peut toutefois donner une impression de déjà-vu : que reste-t-il donc à découvrir lorsque deux classiques ont déjà été compilés à plusieurs reprises ?

Shot Triggers prend enfin l’avion !

Il aura fallu attendre 2025 pour que la gamme Shot Triggers passe enfin la douane et arrive officiellement en Europe. Lancée dix ans plus tôt, celle-ci propose des versions particulièrement soignées de grands classiques du shoot them up, sous la houlette de M2. Le studio s'est notamment illustré avec les portages de jeux d'arcade dans la série Yakuza, la plupart des SEGA Ages, de la PlayStation 2 à la Switch en passant par la 3DS, mais aussi avec les compilations Contra, Castlevania et Ganbare Goemon, sans oublier une impressionnante collection de consoles mini, de la Famicom Mini Weekly Shonen Jump 50th Anniversary Version à la Mega Drive Mini, en passant par la PC Engine Mini.

Avec Shot Triggers, M2 pousse particulièrement loin le soin apporté aux versions arcade. L'émulation se veut aussi fidèle que possible, la latence est traquée jusque dans ses moindres retranchements et les fameux « gadgets » viennent compléter l'expérience. En profitant des espaces laissés vacants par l'affichage original, qu'il soit en 4:3 ou en format vertical, M2 y installe une multitude d'outils permettant notamment d'afficher des informations supplémentaires ou d'analyser sa partie. Battle Garegga, Ketsui, DoDonPachi Dai-Ou-Jou ou encore la série Aleste sont ainsi passés entre les mains du studio avec une réussite certaine.

Depuis quelques années, c'est toutefois Toaplan qui occupe une bonne partie de l'attention de M2 avec la gamme Toaplan Arcade Garage. Après Tiger-Heli en février, c'est donc au tour de Flying Shark et Fire Shark de fouler enfin le sol européen dans le cadre de Shot Triggers.

Sortis respectivement en 1987 et 1989, Flying Shark et Fire Shark comptent parmi les monuments du shoot them up de la seconde moitié des années 1980. Tous deux ont connu un important succès dans les salles d'arcade, avant de bénéficier de nombreux portages sur micro-ordinateurs et consoles. Flying Shark a notamment été adapté sur NES sous le nom de Sky Shark, tandis que Fire Shark a connu une version Mega Drive particulièrement réputée.

Il faudra toutefois sortir le portefeuille une seconde fois pour profiter de ces versions console, puisqu'elles ne sont accessibles qu'en DLC. Un choix plutôt discutable pour une compilation vendue au prix fort, d'autant que ces portages n'ont même pas droit aux fameux « gadgets » qui font une partie de l'intérêt des versions arcade. Une drôle de manière de célébrer deux classiques de Toaplan : pour profiter de tout le contenu, il faudra donc repasser à la caisse.

Le biplan, cette arme de destruction massive

Mais revenons à nos moutons. Dans Flying Shark comme dans Fire Shark, on prend les commandes d’un biplan lancé à l’assaut de flottes ennemies, de chars, d’avions et de tout ce qui peut raisonnablement se faire tirer dessus. Et c’est à peu près tout. Les deux jeux restent particulièrement rudimentaires dans leur approche, avec un contexte militaire on ne peut plus classique : une armée ennemie, une armée alliée, et nous au milieu pour faire le ménage.

L’âge des deux titres se fait d’ailleurs rapidement sentir. On incarne donc notre fameux biplan, équipé d’une puissance de feu relativement limitée, que l’on peut améliorer en récupérant les bonus marqués d’un « S ». Des bombes sont également disponibles pour infliger de lourds dégâts aux ennemis, mais surtout pour nettoyer l’écran des projectiles qui commencent à devenir un peu trop nombreux. Fire Shark apporte toutefois une petite variation : les « S » améliorent ici la vitesse de l’appareil, tandis que les « P » augmentent la puissance de feu. Une distinction bienvenue, surtout lorsque l’on constate à quel point le biplan se traîne au début de la partie.

Les environnements ne cherchent pas non plus à révolutionner le genre. On traverse la jungle, des entrepôts militaires et, bien évidemment, quelques complexes ennemis copieusement garnis en soldats, tanks et autres joyeusetés militaires. Cela peut sembler terriblement convenu aujourd’hui, mais dans la droite lignée de 1942, c’était parfaitement dans l'air du temps. Et malgré leurs limites techniques, les deux jeux ont plutôt bien traversé les décennies sur le plan graphique. Les décors sont colorés, lisibles et suffisamment variés pour éviter la monotonie. Mention spéciale à Fire Shark, qui bénéficie d’un excellent design pour ses machines ennemies, avec des méchas particulièrement réussis qui annoncent déjà certaines des obsessions mécaniques que Toaplan développera par la suite.

Un pas en avant, deux morts en arrière

C’est finalement du côté du gameplay que l’âge des deux titres se fait le plus ressentir. Leur relative lenteur permet certes de mieux anticiper les trajectoires des ennemis et des projectiles, mais la difficulté souffre de quelques travers typiques des shoot them up de l’époque. Le système à checkpoints n’arrange évidemment rien : à chaque mort, on recule d’un cran et l’on perd au passage les améliorations accumulées. Autant dire que la remontée peut rapidement tourner au chemin de croix, surtout lorsque l’on doit affronter un passage avec un appareil revenu à sa puissance de départ.

Le problème est particulièrement sensible dans Fire Shark, dont la vitesse initiale du biplan est désespérément faible. Une caractéristique déjà pénible dans les niveaux classiques, mais franchement handicapante face à certains boss, où l’on aimerait disposer de quelques kilomètres par heure supplémentaires plutôt que de contempler notre avion se faire méthodiquement shooter.

Et pourtant, une fois la mécanique assimilée, quelque chose finit par fonctionner. On se laisse embarquer d’un niveau à l’autre, à pulvériser les vagues d’ennemis par paquets de dix, jusqu’à ce que le défilement, les explosions et les projectiles finissent par produire cette petite sensation de flow propre aux bons shoot them up. Puis arrive la fin… ou plutôt ce qui devrait en être une.

Car autre grand classique de l’époque, terminer le jeu ne signifie pas vraiment en avoir terminé avec lui. Une fois le dernier niveau franchi, on repart au premier et la boucle recommence, jusqu’à ce que mort s’ensuive. 

Sortez la boîte à outils !

Mais heureusement, si vous bloquez encore sur le premier niveau ou si vous avez simplement envie de transformer votre écran en véritable tableau de bord de science-fiction, M2 a pensé à vous avec ses fameux gadgets. Découvrir les gadgets d’un Shot Triggers, c’est un peu comme ouvrir ses cadeaux de Noël. Le studio se décarcasse à chaque fois pour trouver ces petites fonctions qui finissent par changer complètement notre manière de jouer.

En plus de permettre de modifier une quantité impressionnante de paramètres, comme le nombre de vies ou de bombes, la difficulté ou encore certains réglages de la partie, les gadgets donnent accès à une véritable mine d’informations en temps réel. Une vue plus globale du niveau permet notamment de repérer le prochain checkpoint, tandis que différentes jauges affichent la santé des boss, le niveau de nos améliorations ou encore diverses informations sur la partie en cours. Et comme toujours avec M2, il suffit de découvrir une nouvelle fonction en pleine partie pour se retrouver à sourire bêtement devant son écran.

Et puisqu’il fallait bien une petite cerise sur le gâteau, M2 a même pensé aux ennemis qui surgissent par le bas de l’écran. Une flèche vient signaler leur arrivée, histoire d’éviter de se faire cueillir par une attaque venue de derrière. Un détail tout bête, mais particulièrement appréciable dans un jeu où la moindre seconde d’inattention peut se payer comptant.

Tous ces ajouts rendent l’expérience moins abrupte, mais surtout beaucoup plus lisible. Ils permettent de comprendre progressivement les rouages des deux jeux : le fonctionnement du score, celui des bonus, l’évolution de la puissance de feu ou encore les caractéristiques de nos projectiles. Les gadgets sont donc bien davantage qu'une simple béquille destinée à faciliter la partie. Ils constituent un excellent outil pour décortiquer un shoot them up jusque dans ses moindres mécanismes, y compris lorsqu’on pense déjà le connaître sur le bout des doigts.

Dommage, dès lors, que les portages console soient laissés sur le bord de la route. Ils ne profitent pas du même traitement et présentent pourtant un certain nombre de différences avec les versions arcade. Voilà qui aurait mérité quelques gadgets supplémentaires pour mieux les mettre en lumière.

9
Si vous n’avez pas encore craqué pour l’une des nombreuses ressorties de ces deux SHMUPS emblématiques, Toaplan Arcade Garage: Flying Fire Shark constitue une excellente porte d’entrée pour les découvrir. La qualité de l’émulation, la profusion d’options et les nombreux gadgets permettent de profiter de deux monuments de Toaplan dans des conditions particulièrement soignées. Pour les amateurs du genre, c’est également une belle occasion de replonger dans ces deux titres sous un autre angle. Entre les outils d’analyse, les nombreuses informations disponibles à l’écran et les possibilités de personnalisation, M2 offre largement de quoi satisfaire les joueurs qui aiment autant décortiquer leurs jeux que les parcourir. Une nouvelle fois, le studio japonais démontre son savoir-faire et sa capacité à accompagner ses classiques de tout un arsenal d’outils pertinents. Flying Fire Shark confirme une fois de plus qu’entre les mains de M2, même un énième portage d’un classique de l’arcade peut encore avoir quelques surprises à offrir.

Points positifs

  • La qualité de l'émulation au top
  • M2 n’a pas lésiné sur les moyens en matière de gadgets
  • L'addition de toutes les options de qualité de vie qui rendent les deux jeux plus accessibles que jamais !
  • La meilleure manière de découvrir ces deux grands classiques du Shoot Them Up

Points négatifs

  • Au prix de 29,99 €, on aurait aimé avoir accès aux conversions console...
  • ... Et si possible, avec quelques gadgets

Thatgunman

For great justice
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