Nous sommes en droit de nous méfier quand un jeu indépendant est fait par un ancien d’une grosse boîte, car pour chaque Bloodstained par Igarashi, nous avons plusieurs Mighty Number Nine par Inafune. Pourtant, Shinonome, dirigé en partie par des anciens de Capcom ayant travaillé sur la saga Resident Evil, ou encore des gens ayant participé à la série Shiren the Wanderer réussi un très bon mélange d’influences et de talents.
Test réalisé sur une version fournie par l’éditeur
Errer dans les ténèbres, la peur au ventre, l’oreille tendue… c’est fun !
Shinonome Abyss nous met dans la peau de Yono, une jeune exorciste qui va être confrontée à une série de bâtisses habitées par des monstres : les Mononokés. Votre but ? Traverser les bâtiments truffés de menaces grâce à vos maigres ressources, et ressortir intact de l’autre côté malgré les milles morts qui vous attendent ! Facile ? Pas tellement, car malgré que Yono soit une exorciste, elle reste bien démunie face aux hordes de monstres avides de chair humaine, et vous devrez faire bosser vos méninges efficacement et rapidement si vous ne voulez pas servir de repas à un Gaki. Le jeu propose deux modes : un mode histoire qui sert un peu de tutotriel où vous explorerez des bâtiments de plus en plus complexes et dangereux alors que Yono est à la recherche de son frère, deux modes ou les labyrinthes seront générés au hasard, un accessible, et l’autre infernal. Et quel que soit votre choix, la moindre erreur vous sera fatale.
Dans ce jeu, vous devez gérer de maigres ressources et un inventaire mince tout en vous défendant contre des monstres, ce qui rappelle beaucoup Resident Evil. Afin de vous aider, vous pourrez écouter les bruits des autres pièces accessibles afin de savoir si des Mononokes y sont présents, et possiblement lesquels, afin de vous préparer en conséquence. Par exemple, une sorte de prière dite d’une voix démoniaque révèle la présence d’un Oni ou d’un Moine corrompu, et vous pourrez ainsi poser un piège en prévision pour les immobiliser, ou même leur tirer dessus de votre salle ! Et oui, malgré le côté « écran par écran » du jeu, tout le bâtiment « existe » bien en temps réel. Ainsi, vous pourrez tendre des pièges, attirer des monstres, voire même les tuer « off-screen » mais eux aussi peuvent vous suivre ou vous repérer sans que vous le vouliez si vous ne fermez pas une porte après vous par exemple. Donc oui, vous allez passer votre temps à vous arrêter, à écouter, et à flipper. C’est parfait, un survival-horror comme on en fait plus !
Pour vous aider, vous aurez un pistolet, mais vos munitions sont comptées, et les ennemis ne restent pas immobiles ! Vous aurez également à gérer votre faim, votre santé, mais aussi quelques états anormaux comme le saignement grâce à des bandages. De rares pièces bonus pourront vous soigner, et vous pourrez trouver de nouvelles armes, mais ne comptez pas dessus. Vous pourrez également trouver des pièges et même des extensions d’inventaire, mais de trop grandes poches sont la promesse de vous emmêler les doigts dans le feu de l’action ! Certains ennemis demandent également un objet spécifique pour s’en débarrasser, comme des talismans, alors il faut bien les gérer. Finalement, des prières, très rares, vous donneront un bonus mortel à déclencher quand vous êtes dans la panade, mais leur déclenchement est capricieux ! Alors gardez toujours une image mentale d’où vous laissez vos objets, jusqu’à ce que vous tombiez sur la carte.
La mort, puis on recommence
N’y allons pas par quatre chemins, Shinonome Abyss est très difficile ! Vous êtes fragiles, et les ennemis sont de véritables menaces. Il suffit d’une griffure empoisonnée pour chercher à tout prix un antidote qui n’a pas été généré, et paf, la mort. Ou de croiser un esprit dès les premières salles, et ce saligaud vous pourchassera sans relâche, vous empêchant de vous arrêter tant que vous n’aurez pas trouvé une ou deux amulettes. Les donjons aléatoires peuvent en devenir hyper frustrants ! Mais ceux de l’histoire ne sont pas en reste, proposant des situations désespérées ou des énigmes vous demandant un objet spécifique. C’en est presque désespérant tant le jeu ne vous tient pas la main, voire vous laisse dans votre trou, sans lumière, en compagnie de monstres. Mais si vous aimez le challenge, vous en sortirez d’autant plus grandi ! Même Yono semble en avoir marre car plus tard dans le jeu, elle débloquera un mode « démon » lui donnant de meilleures capacités, mais rien qu’arriver là sera ardu !
D’ailleurs, si les premiers niveaux se révèlent déjà bien difficiles, la suite est encore pire. Et la suite de ça également. En fait, le mode solo est plutôt long et propose plusieurs dizaines de niveaux ! Combinez ça avec les donjons aléatoires, et la durée de vie est immense !!! On sent bien l’influence de la série Donjons Mystères dans ce jeu, pour le meilleur et pour le pire. Et difficile de s’ennuyer car les pièces des maisons sont plutôt variées, entre les endroits moisis, les sous-sols glauques, les extérieurs paisibles ou les pièces remplies de chair qui veut vous ajouter au tas ! Graphiquement, en tout cas, nous sommes face à un joli pixel art bien creepy, suivant les codes de J-horror. Évidemment le jeu exploite son côté sonore donc il doit être très réussi et malaisant pour être efficace, et c’est bien le cas ! Si jamais vous devez jouer à bas volume ou même en muet, vous pouvez le signaler au jeu, qui affichera même les onomatopées.

