Nintendo Switch

Port Royale 4

Test Switch

Port Royale 4

Par C-Ptique - Le 07/06 à 08:00

La série Port Royale débarque sur Switch ! Après plusieurs reports, le quatrième opus est enfin sorti en mai dernier. Le jeu nous promet rien de moins que de construire un empire commercial dans l’archipel des Caraïbes du 17ème siècle et même de mener des activités de piraterie. Un titre très ambitieux rappelant par moments la série des Anno, il ne pouvait pas échapper à notre rédaction et méritait bien qu’on lui accorde un test.

Devenir la perle des Antilles.

Port Royale 4 est un jeu de gestion mais contrairement aux apparences, ce n’est pas de la gestion de villes ou de colonisation, il s’agit de la gestion de commerce. Le but sera donc davantage de s’enrichir en réalisant des échanges commerciaux avec les différentes villes présentes grâce à notre flotte de navires, peu importe la nation que l’on incarne parmi l’Espagne, la France, l’Angleterre et les Pays-Bas. Il est évidemment stratégique d’acheter les marchandises où elles coutent peu cher et de les revendre là où elles coutent très cher. Comme les navires nécessitent d’être entretenus, il vaut mieux éviter les voyages à vide.

Les échanges commerciaux ne sont pas seulement destinés à nous enrichir, ils doivent également répondre aux besoins des différentes villes conformément à la mission qui nous a été confiée par le vice-roi. Or, chaque ville ne peut produire que 7 marchandises différentes avec plus ou moins d’efficacité, ce qui est insuffisant pour assurer sa prospérité, d’où la nécessité du commerce. Certaines ressources sont spécifiques à certaines villes (charbon, métal…) tandis que d’autres peuvent être présentes dans toutes les villes, notamment les artisans. Évidemment, plus une ville grandit et plus elle a des besoins exigeants.

Là où les choses se compliquent, c’est que la loi de l’offre et de la demande entre en jeu. Les marchandises les plus demandées sont celles qui valent le plus cher, celles les plus produites sont celles qui valent le moins cher et inversement. Très souvent, les marchandises produites dans une ville sont très abordables. Et surtout, les prix varient en fonction de la quantité de marchandises que l’on achète, autrement dit, les prix peuvent changer dès qu’on achète ou vend de grandes quantités d’une marchandise, ce qui peut réduire, voire anéantir la rentabilité d’un trajet.

Pour simplifier la tâche, il est possible de devenir l’administrateur d’une ville en échange de points de renommée (nous allons y revenir), ce qui nous permet de construire à notre guise. La construction des bâtiments demande certes des employés et des matériaux mais la production est quasiment gratuite, on peut l’optimiser grâce à des améliorations et on peut l’arrêter à tout moment, ce qui permet de jouer sur les prix. Il faut cependant s’assurer qu’il y ait suffisamment de demandeurs d’emplois et de logements disponibles pour que les manufactures tournent correctement, il faut aussi tenir compte de la disposition des bâtiments car ils peuvent avoir des effets positifs ou négatifs suivant leurs voisins. Par exemple, les résidences seront plus attractives si elles sont proches des églises et des tavernes et éloignées des champs et des mines (problèmes de bruits et d’odeurs) ou encore, les brasseries sont au top de leur productivité lorsqu’elles sont proches à la fois des champs et des résidences pour que les céréales et les employés aient le moins de chemin à parcourir.

L’enfer, c’est les autres.

Pour faire du commerce dans un archipel, on s’en doute, il est plus pratique d’avoir des bateaux. On peut demander à un chantier naval d’en fabriquer mais on peut aussi en acheter d’occasion, ce qui coûte moins cher même après l’avoir réparé. Il existe toutes sortes de navires, ils sont plus ou moins rapides, possèdent plus ou moins de capacité de stockage, mais ce qui compte le plus, c’est le tirant d’eau qui permet de manœuvrer dans des eaux plus ou moins profondes, ce qui se traduit par une vitesse plus ou moins importante à proximité des côtes.

Après avoir acheté nos navires, ce qui compte, ce sont les convois. Ceux-ci peuvent être constitués d’un ou plusieurs navires afin d’emporter plus ou moins de marchandises, il faut donc adapter les convois en fonction de la fréquentation de chaque axe que l’on constitue. Au début, les convois et les trajets doivent être gérés par nous-même mais une fois qu’on a trouvé un bon axe et qu’on a embauché un capitaine et un équipage, on peut établir une route commerciale composée d’un ou plusieurs convois afin que nos navires se débrouillent tout seuls, ce qui nous permet de nous concentrer sur la recherche de nouvelles routes. Les convois peuvent être gérés depuis les phares des ports.

Pour que les routes commerciales gagnent en efficacité, il faut s’assurer que les navires progressent dans le sens du vent car évidemment, ils iront moins vite s’ils avancent à contrevent. Attention aussi à éviter les zones régulièrement frappées par des tempêtes. On comprend donc que pour avoir de bonnes routes commerciales, il ne suffit pas de trouver les villes où on fait de bonnes affaires, elles doivent aussi être idéalement situées le long des routes formées par les vents. Affecter des navires militaires pour la protection des routes augmente leur rendement en éloignant les pirates, de même qu’un capitaine pour les gros navires.

Pour ne rien arranger, nous ne sommes pas seuls. Toutes les villes ne seront pas forcément alliées, par conséquent, il ne sera pas toujours possible de commercer avec elles. Il faut donc surveiller l’état des relations entre notre pays et les autres nations, ce qui peut se vérifier en allant consulter le vice-roi, le big boss de la colonie. Le vice-roi, tout comme les villes, peuvent aussi nous demander des tâches à effectuer et en échange, nous gagnons de la renommée et des récompenses spéciales comme des nouvelles tactiques ou des cartes au trésor. La renommée peut être gagnée aussi en envoyant des marchandises particulières à la capitale de la colonie qui les enverra en Europe. Les points de renommées peuvent servir aussi à engager des capitaines, avoir des licences de construction ou obtenir des bonus intéressants comme des réparations plus rapides.

Il est malheureux que ces phases de recherche et d’établissements de route soient inutilement compliqués par l’impossibilité de contrôler la vitesse du jeu par un simple raccourci. Les routes commerciales sont difficiles à créer, pas vraiment pour cerner les bonnes routes à pour réaliser des échanges mais plus pour créer les routes elles-mêmes. Il est vrai que la variabilité des prix complique aussi l’établissement de routes rentables.

Marchand ou pirate, pourquoi choisir ?

Pour gagner de l’argent dans Port Royale 4, on peut faire du commerce mais on peut aussi se livrer à des activités moins légales, à savoir la piraterie. Il suffit de prendre le contrôle d’un de nos navires et de hisser le drapeau pirate, un abordage réussi permet de gagner gros mais c’est en contrepartie d’une perte de réputation auprès du vice-roi qui sera moins enclin à nous récompenser. L’effet inverse se produira si on attaque des pirates ou des ennemis, à condition pour ces derniers d’avoir une lettre de marque qui nous y autorise.

Les batailles représentent le deuxième point d’intérêt du jeu. Lorsqu’une confrontation entre navires a lieu, on peut choisir de la rejoindre ou de la résoudre automatiquement, la première option est meilleure si les chances de gagner sont inférieures à 50%. Une fois la bataille engagée, le terrain ressemble à un damier hexagonal qui correspond aux mouvements possibles des navires mais chaque bateau dispose de points de rotation, ce qui limite les manœuvres de rotation. Les combats se déroulent au tour par tour mais plus on a de navires en jeu, plus on a de manœuvres possibles, donc plus on a de chances de gagner la confrontation. La puissance de frappe de chaque navire dépend du nombre de canons et de marins emportés mais il est possible aussi d’aborder les autres navires pour récupérer leur butin, à condition d’avoir assez de marins.

Autre aspect à gérer pendant les batailles : les tactiques. Celles-ci offrent des avantages le temps d’un tour comme plus de dégâts ou plus de déplacements mais une fois utilisées, il faut attendre quelques tours pour qu’elles soient rechargées. Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut tirer des deux côtés d’un navire à chaque tour, on peut donc optimiser les dégâts en se mettant entre deux ennemis.

8.5
Port Royale 4 est un jeu très complet qui offre de nombreuses possibilités pour s’enrichir. Il sait se renouveler grâce à la gestion de villes et de batailles qui surviennent de temps à autre. La principale difficulté, en bien comme en mal, réside dans l’établissement des routes commerciales car il ne suffit pas de chercher les bonnes opportunités, il faut gérer les vents, les capacités des navires, les pirates, les rivaux, la variation des prix, etc… Il sustentera le commercial qui sommeille en vous mais moins le gestionnaire.

  • Les nombreuses opportunités commerciales.
  • La possibilité de gérer les villes et les productions.
  • Le gameplay imaginatif des batailles.
  • Didacticiel très complet.
  • La grande personnalisation des parties.
  • La mer, un personnage à part entière qui ne laisse pas dompter si facilement.
  • La difficulté de la procédure pour créer des routes commerciales.
  • Pas de raccourci pour gérer le temps.