Nintendo Switch

Nine Sols

Test Switch

Nine Sols

Par ggvanrom - Le 10/05 à 14:00

Sorti en novembre 2024 sur l’eShop, Nine Sols débarque enfin en version physique sur Nintendo Switch avec une réputation déjà solidement installée auprès des amateurs de metroidvania exigeants. Développé par Red Candle Games, le titre mélange folklore taoïste, science-fiction cyberpunk et affrontements millimétrés dans une aventure qui ne cherche jamais à flatter le joueur. Ici, chaque combat se mérite, chaque victoire s’arrache, et chaque erreur se paie immédiatement. Ayant fait l’impasse sur le titre lors de sa sortie initiale, l’heure est venue de rattraper notre retard.

Test réalisé à partir de la version physique du jeu sur Nintendo Switch

Entre mythologie et transhumanisme : une quête aussi mystique qu’intime

Difficile de parler de l’histoire de Nine Sols sans empiéter sur ses nombreuses révélations. Le jeu nous place dans la peau de Yi, un héros taciturne réveillé après un long sommeil dans un monde gouverné par les “Sols”, des figures quasi divines mêlant technologie avancée et symbolique spirituelle. Là où beaucoup de metroidvania se contentent d’un prétexte narratif, Nine Sols construit progressivement un univers dense, porté par une écriture étonnamment mature. Le jeu aborde des thèmes comme l’immortalité, le deuil, la mémoire ou encore le rapport entre l’humain et la machine, sans jamais sombrer dans la démonstration prétentieuse.

L’univers tao-punk imaginé par le studio fonctionne admirablement grâce à son sens du mystère. On découvre son histoire par fragments, au détour d’échanges, de documents ou simplement via l’exploration des environnements. Cette approche renforce l’implication du joueur et donne constamment envie d’en apprendre davantage sur les ruines de cette civilisation en déclin. Même si les informations récoltées en début de jeu peuvent faire peur, tout les rouages de l’intrigue se mettent en place petit à petit au fur et à mesure de votre progression.

Surtout, Nine Sols évite le piège du récit inutilement cryptique. Même lorsque certains éléments restent volontairement ouverts à l’interprétation, l’aventure conserve une vraie dimension émotionnelle. Yi n’est pas simplement un avatar silencieux : ses motivations évoluent, ses relations prennent de l’ampleur et certains moments frappent bien plus fort qu’on ne l’aurait imaginé au départ. Les premières minutes de jeu vous feront rapidement comprendre que l’histoire que vous vous apprêtez à vivre n’aura rien d’un compte de fée, ni d’une partie de plaisir

Parer pour survivre : le ballet brutal de Nine Sols

Si Nine Sols impressionne par son univers, c’est surtout par son gameplay qu’il laisse une véritable empreinte. Le jeu emprunte la structure classique du metroidvania, mais son système de combat évoque davantage un jeu d’action technique à la sauce “souls-like”. Yi débute avec des actions basiques, un saut, un bouton d’attaque, un dash… la possibilité de placer des talismans explofits… et un bouton de contre. Le cœur de l’expérience de Nine Sols repose sur la parade. Oubliez l’esquive permanente : ici, apprendre les patterns des ennemis devient indispensable. Chaque affrontement ressemble à une danse létale où la moindre hésitation peut être fatale. 

Cette philosophie transforme radicalement la progression. Les ennemis ordinaires restent dangereux jusqu’au bout, tandis que les boss constituent de véritables épreuves de maîtrise. Certains combats demandent plusieurs tentatives avant de réellement comprendre leur logique. La frustration est présente, surtout si l’on est pas un amateur du genre Souls Like, mais l’échec est le plus souvent dû à un manque de maîtrise. Mais il y a quand même quelques petits points négatifs comme l’absence de frame d’invulnérabilité après avoir pris un dégât, ou encore le respawn après une chute qui te place devant un ennemi qui t’enchaîne dans la seconde. Il y a toujours un mode de difficulté histoire si vous voulez vous concentrer sur l’intrigue, mais c’est tout de même passer sur l’intérêt majeur du titre, l’aspect challenge.

L’exploration n’est pas en reste. La carte se dévoile progressivement avec son lot de raccourcis, capacités à débloquer et secrets bien cachés. Le rythme trouve un bon équilibre entre tension des combats et respiration contemplative, même si certains allers-retours pourront fatiguer les joueurs moins patients. Sur Switch, les contrôles répondent parfaitement, un point essentiel pour un jeu aussi exigeant. La précision des inputs reste fiable, que l’on joue en portable ou sur téléviseur. Une réussite importante tant le gameplay repose sur le timing et la lecture des animations.

Cyberpunk taoïste : quand l’élégance rencontre les limites de la Switch

Artistiquement, Nine Sols est une claque permanente. Le mélange entre architecture asiatique traditionnelle, néons futuristes et créatures mécaniques donne naissance à une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Chaque zone possède sa propre atmosphère, parfois mélancolique, parfois oppressante, parfois même horrifique, mais toujours cohérente. Les animations dessinées à la main apportent énormément de personnalité aux personnages et aux affrontements. Certains boss affichent même une mise en scène spectaculaire sans jamais tomber dans la surenchère gratuite.

La bande-son mérite également d’être saluée. Les compositions mêlent instruments traditionnels et sonorités électroniques avec une subtilité remarquable. Les musiques savent aussi bien accompagner les moments contemplatifs que renforcer l’intensité des combats les plus nerveux. Techniquement, la Nintendo Switch s’en sort honorablement, mais non sans concessions. En mode portable, le rendu reste très propre et parfaitement lisible malgré la richesse des décors. En revanche gros point négatif sur les temps de chargement. Chaque changement de zone peut demander entre 10 et 15 secondes de temps de chargement, et dans un metroidvania, c’est extrêmement long…

8
Nine Sols ne cherche jamais à séduire tout le monde, et c’est précisément ce qui fait sa force. Derrière son exigence assumée se cache un metroidvania d’une rare cohérence, capable de marier narration ambitieuse, direction artistique marquante et gameplay extrêmement satisfaisant. La version Nintendo Switch réussit globalement à préserver les qualités de l’expérience originale malgré quelques compromis techniques mineurs. Pour les amateurs de jeux d’action exigeants et d’univers singuliers, difficile de ne pas recommander cette aventure aussi belle que brutale. Un voyage fascinant, parfois éprouvant, mais constamment mémorable.

  • Direction artistique exceptionnelle
  • Système de parade extrêmement satisfaisant
  • Univers riche et intrigant
  • Excellente bande-son
  • Sensation de progression très gratifiante
  • Difficulté parfois abrupte
  • Les temps de chargement entre les zones
  • Certains allers-retours un peu longs
  • Courbe d’apprentissage exigeante
Pas d'images pour ce test.