Avec son nom improbable et son style immédiatement reconnaissable, Mullet Madjack débarque sur Nintendo Switch avec une proposition aussi simple qu’efficace : un shooter ultra nerveux, pensé comme une montée d’adrénaline permanente. Inspiré par une esthétique rétro-futuriste complètement assumée, le jeu ne cherche pas à faire dans la subtilité. Mais derrière ce déluge visuel et cette promesse de vitesse, tient-il vraiment la distance ?
Test réalisé à partir d'une copie fournie par l'éditeur.
De l'action futuriste et ultra-violente
Dans Mullet Madjack, on incarne un héros dopé à la rage, plongé dans un univers cyberpunk délirant où tout semble conçu pour nous éliminer. Dans ce futur, l’HOMME et INTERNET ont fusionné pour créer un nouvel être. Cet être a besoin de DOPAMINE toutes les 10 SECONDES, sinon il MEURT ! C’est dans ce contexte que nous incarnons donc Mullet Madjack, un humain amoureux des années 90, chargé par la Peace Corporation pour sauver la « princesse influenceuse » du robot Mr Bullet et de son armée de robots tueurs, les Robillionaires
La princesse étant retenue dans une tour, le pitch est volontairement minimaliste : grimper étage après étage la tour infestée d’ennemis pour accomplir votre mission. Si le titre ne propose pas de grandes envolées scénaristiques ici pour se focaliser sur l’essentiel, quelques surprises sont tout de même à prévoir côté scénario. L’univers, en revanche, fait le job. Entre inspirations anime, ambiance années 90 et humour noir, le titre impose une identité forte. C’est outrancier, parfois absurde, mais ça colle parfaitement à l’expérience proposée.
Un gameplay sous dopamine
Le cœur de Mullet Madjack, c’est son gameplay sous tension permanente. Chaque niveau fonctionne comme un sprint où le joueur doit avancer, tirer et survivre le plus vite possible. Comme indiqué précédemment, sans un shoot de dopamine, vous mourrez en 10 secondes. Votre temps est ainsi affiché sur un moniteur que vous tenez de la main gauche, et pour remonter votre espérance de vie, pas le choix, il faut boire du soda, éliminer un maximum d’ennemis pour obtenir 2s de répit par morts, ou, plus efficace, avoir un objet en possession pour lancer un finisher bien sanglant.
La mécanique centrale impose ainsi de tuer sans cesse des ennemis pour gagner du temps, créant une pression constante qui empêche toute pause. Résultat : un jeu extrêmement dynamique, presque hypnotique, où chaque seconde compte. Les sensations sont excellentes, les contrôles répondent bien et la boucle de gameplay devient rapidement addictive. Le stick gauche pour se déplacer, le droit pour viser, ZR pour tirer, et ZL qui est un bouton fourre-tout pour dasher / donner un coup de pied, faire un finisher. Le mode histoire est divisé en plusieurs chapitres, répartis sur plusieurs étages (sauf pour la dernière partie du jeu). Un étage vous prend généralement entre 40 et 60secondes pour atteindre la sortie, qui est accessibles via de multiples chemins plus ou moins évidents (portes, portes cachées, aération etc.).
À chaque fois que vous atteignez la fin de l’étage et donc l’ascenseur, la Peace Corporation vous propose comme dans un rogue like classique de débloquer une récompense. Cela peut être une nouvelle arme (mon préféré restera toujours le fusil à pompe), une capacité pour votre personnage, ou des bonus / éléments de décors additionnels. Chaque fin de chapitre se conclut généralement par un combat de boss, où la contrainte de temps n’est plus d’actualité. À noter que contrairement à la version PC, l’ensemble des modes de difficulté sont disponibles d’entrée de jeu. Plus vous partez sur un mode facile, plus votre temps de survie et les bonus de temps lâchés par les ennemis augmentent (voir plus aucune contrainte temporelle dans le mode le plus facile). A l’inverse, le mode de difficulté maximale vous fera cracher vos tripes avec un petit permadeath en bonus.
L’intensité proposée par Mullet Madjack a un prix. Le jeu peut devenir épuisant sur la durée, et la moindre erreur est souvent fatale. Certains passages demandent une précision chirurgicale, ce qui pourra rebuter les joueurs moins patients. C’est avant-tout un fast FPS, un genre pas toujours évident à appréhender à la manette. Pour le coup, avoir un mode utilisant le gyroscope des Joy-Con aurait pu être sympa (un mode souris aurait également été parfait si le titre avait eu le droit à une version Nintendo Switch 2).
Un style visuel explosif… mais pas toujours lisible
Visuellement, Mullet Madjack mise tout sur un style flashy et agressif qui se démarque tout de suite, et qui lui donne une vibe unique. Couleurs néon, effets visuels omniprésents, animations rapides : le jeu ne fait jamais dans la retenue. Cette direction artistique renforce l’identité du titre et participe grandement à son immersion. Cependant, sur Nintendo Switch, cette surenchère visuelle peut parfois nuire à la lisibilité de l’action. Dans les moments les plus chargés, il devient difficile de distinguer clairement les menaces, ce qui peut entraîner des morts frustrantes. Techniquement, le jeu reste stable dans l’ensemble, et je n’ai pas eu affaire à des chutes de framerate.

