Nintendo Switch

Melatonin

Test Switch

Melatonin

Par ggvanrom - Le 29/03 à 19:00

Avec Melatonin, la Half Asleep propose une expérience qui sort clairement des sentiers battus. Disponible sur Nintendo Switch, le jeu s’inscrit dans la lignée des titres rythmiques… mais sans interface envahissante ni indications classiques. Ici, tout repose sur l’observation, l’écoute, et surtout le ressenti. Minimaliste dans son approche, mais ambitieux dans ses intentions, Melatonin tente un pari risqué : nous plonger dans un univers de rêves où gameplay et narration se confondent. Et contre toute attente, ça fonctionne souvent très bien. À l'occasion de la sortie de la version physique du jeu en partenariat avec Super Rare Games, nous avons pu mettre la main sur un exemplaire pour vous proposer un test sur ce jeu qui est tout de même sorti il y a plus de 3 ans sans avoir fait spécialement parler de lui malgré ses qualités.

Test réalisé à partir d'une version physique fournie par Super Rare Games.

Tout n'était qu'un rêve !

Melatonin raconte son histoire sans mots, à travers une succession de rêves mettant en scène un personnage confronté à ses pensées, ses habitudes et ses anxiétés. Si vous êtes un amoureux de jeux de rythme, vous verrez là un parallèle assumé avec la licence japonaise Rhythm Paradise?. Chaque niveau représente une facette du quotidien de notre personnage : la consommation, les relations sociales, le travail… Le tout est revisité sous forme de séquences oniriques parfois absurdes, et parfois étonnamment parlantes. C’est là que le jeu brille : il laisse une grande place à l’interprétation. On comprend progressivement que ces rêves traduisent un certain mal-être ou une fatigue mentale liée à notre mode de vie moderne. C’est subtil, jamais moralisateur, mais suffisamment évocateur pour marquer le joueur.



Rhythm Paradise? sous somnifères

Le principe du gaemplay est simple : réaliser des actions en rythme avec la musique. Sauf qu’ici, aucune interface ne vient aider le joueur. Pas de jauge, pas de bouton affiché, pas de timing visuel évident. Il faut apprendre en observant les animations et en écoutant attentivement les sons. Chaque niveau introduit une mécanique différente : attraper des objets au bon moment, éviter des obstacles, synchroniser des actions répétées etc..

Le jeu repose énormément sur la mémoire et le ressenti. Les premières tentatives sont souvent chaotiques, mais une fois que l'on saisit le rythme qu'essaye de mettre le jeu en place, la satisfaction est réelle. Cependant, ce choix d'avoir une interface épurée peut provoquer quelques petits soucis : un manque de lisibilité, les mécaniques à assimiler, et l'absence d'indication qui peut être confus sur certains minijeux. Heureusement, un mode entraînement est là pour adoucir l’expérience, même si le jeu reste exigeant dans son approche. Chaque mode propose deux modes de difficulté, proposer de gagner entre 1 et 3 étoiles selon votre performance, et chaque chapitre se finit par une épreuve "megamix" compilant les minijeux du chapitre en cours.

Une ambiance onirique

Visuellement, Melatonin adopte une direction artistique pastel très douce, presque hypnotique. Les couleurs sont apaisantes, les animations fluides, et l’ensemble dégage une vraie cohérence. On est clairement dans une esthétique “relaxante”, à la limite de la somnolence, mais jamais ennuyeuse. Chaque rêve possède sa propre identité visuelle, ce qui évite toute monotonie. Mention spéciale à la bande-son, qui joue un rôle central. Les musiques lo-fi accompagnent parfaitement le gameplay et participent pleinement à l’immersion. C’est simple : sans elles, le jeu perdrait une grande partie de son intérêt.

8.5
Melatonin est une expérience à part. Ce n’est pas un jeu qui cherche à impressionner par sa durée de vie ou sa complexité, mais plutôt par son atmosphère et son approche sensorielle. Il séduira surtout les joueurs en quête d’originalité et de sensations différentes. À l’inverse, ceux qui préfèrent des mécaniques claires et immédiates risquent de décrocher. Au final, c’est un titre imparfait mais sincère, qui mérite qu’on s’y attarde… ne serait-ce que pour sa proposition unique.

  • Une direction artistique douce et cohérente
  • Un gameplay original et immersif
  • Une bande-son lo-fi réussie
  • Une difficulté parfois mal équilibrée, surtout au début
  • Un manque de lisibilité qui peut rendre certaines séquences frustrantes
Pas d'images pour ce test.