Nintendo Switch

Dracamar

Test Switch

Dracamar

Par ggvanrom - Le 15/05 à 08:00

Les jeux de plateformes en 3D indépendants continuent de fleurir sur Nintendo Switch, souvent inspirés par les grands classiques du genre. Avec Dracamar, le studio propose une aventure familiale colorée mêlant exploration, collecte et transformations, dans un style s'inspirant des jeux de plateforme de l'ère PS2. Derrière sa direction artistique sympathique et ses idées parfois intéressantes, le titre peine toutefois à convaincre totalement, notamment à cause d’un aspect technique très fragile sur la console de Nintendo. Malgré quelques bonnes trouvailles et une progression agréable, l’expérience laisse souvent un sentiment d’inachevé.

Test réalisé à partir d'une version fournie par l'éditeur.

Un voyage entre îles et monstres mignons

L’aventure de Dracamar nous entraîne à travers une série d’îles reliées entre elles via une carte du monde. Une quinzaine de niveaux sont à découvrir, répartis dans 5 biômes différents, chacun proposant sa propre ambiance visuelle et ses ennemis spécifiques. Pour progresser d’île en île, il ne suffit pas simplement de terminer les stages. Le joueur doit récupérer plusieurs éléments essentiels : des orbes de monstres obtenues en éliminant les créatures appelées Mokis, des graines bien cachées dans les niveaux et des étoiles servant de monnaie principale pour pouvoir acheter des cosmétiques pour vos personnages.

Cette boucle de progression fonctionne plutôt bien et pousse naturellement à revisiter les niveaux afin de fouiller un peu plus les environnements. Chaque biôme se conclut également par un combat de boss, apportant un minimum de variété au fil de l’aventure. Le jeu propose aussi trois personnages jouables. Malheureusement, ce choix reste essentiellement cosmétique puisqu’aucune différence de gameplay n’est présente entre eux. Un point un peu dommage, surtout dans un jeu qui aurait gagné à offrir davantage de variété dans sa prise en main.



Plateforme, transformations et exploration légère

Le gameplay de Dracamar repose sur une formule très simple : notre héros peut sauter et frapper. Rien de particulièrement original au premier abord, mais le jeu ajoute une mécanique centrale grâce à Iko, un petit Oki capable de se transformer pour interagir avec l’environnement. Impossible de ne pas penser à Cappy dans Super Mario Odyssey tant certaines idées semblent directement inspirées du titre de Nintendo. Iko peut prendre possession de certains éléments du décor ou débloquer des capacités temporaires permettant d’ouvrir de nouveaux passages ou résoudre de petites situations environnementales.

Le titre reste globalement très accessible et ne se montre jamais réellement difficile. Les amateurs de challenge risquent même de trouver l’ensemble un peu trop permissif. D’autant plus qu’il est possible de “casser” de nombreuses phases de plateformes en abusant des doubles sauts et des attaques aériennes pour atteindre des zones sans réellement suivre le parcours prévu. Ici on est davantage centré sur un titre plutôt destiné à un jeune public. Quelques activités annexes viennent malgré tout casser la routine, notamment grâce aux talismans à récupérer qui débloquent des séquences de shoot’em up en avion. Une idée sympathique qui apporte un peu de fraîcheur à l’ensemble, même si ces passages restent assez anecdotiques.

Malheureusement, plusieurs défauts viennent ternir l’expérience. Les collisions sont souvent mal gérées, en particulier avec les ennemis rapides. Résultat : on encaisse régulièrement des dégâts de manière injuste, simplement parce que les hitboxes manquent de précision. Autre frustration assez étonnante : il est possible de mourir directement sur la carte du monde en tombant dans l’eau. Une mécanique punitive qui paraît surtout inutilement agaçante dans un jeu aussi accessible.

Une version Switch techniquement en difficulté

C’est probablement sur le plan technique que Dracamar déçoit le plus sur Nintendo Switch. Le jeu souffre de nombreux bugs graphiques : textures qui disparaissent, scintillements fréquents, éléments du décor qui chargent mal, vol en deltaplane, sans deltaplane… Rien de totalement bloquant, mais suffisamment présent pour nuire régulièrement à l’immersion. Plus problématique en revanche, certains bugs impactent directement la progression. Le PNJ chargé de réparer les ponts entre les îles a notamment tendance à ne pas déclencher correctement ses cinématiques. Dans certains cas, il faut relancer le jeu pour pouvoir continuer normalement.

L’ensemble donne l’impression d’une version Nintendo Switch non terminée, qui aurait mérité davantage de polish avant sa commercialisation. C’est d’autant plus regrettable que la direction artistique reste plutôt agréable et que certains environnements possèdent un vrai charme. À 24,99€, le tarif paraît également un peu élevé au regard de l’état technique actuel du jeu sur la console hybride de Nintendo.

5.5
Dracamar n’est pas un mauvais jeu. Son univers coloré, ses transformations inspirées de Super Mario Odyssey et sa progression basée sur l’exploration offrent quelques moments agréables. Le jeu se parcourt facilement et conviendra sans doute à un public jeune ou peu habitué aux jeux de plateformes exigeants. Malheureusement, entre son manque de challenge, ses collisions hasardeuses et ses nombreux soucis techniques sur Nintendo Switch, difficile de réellement conseiller le titre au prix demandé. Avec davantage de finition et plusieurs correctifs, l’aventure aurait probablement pu se montrer bien plus convaincante sur cette plateforme.

  • Une direction artistique colorée et agréable
  • Les transformations de Iko apportent un peu de variété au gameplay
  • L’exploration des niveaux et la recherche des collectibles fonctionnent bien
  • Pas mal de de bugs techniques sur Nintendo Switch
  • Collisions imprécises et dégâts souvent injustes
  • Un prix de 24,99€ difficile à justifier dans l’état actuel sur Nintendo Switch
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